‹ L'honorable A.-N. Morin [microforme]Chapitre 13 sur 41 · PES · texte numérisé non relu

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marcher dans le sang de ses concitoyens, amis ou ennemis.”

A cette élection de 1841, M. Morin devint député du comté de Nicolet.

: En dépit de toutes les fraudes, de toutes les indigoités du gouvernement, et dont on a pu se former une idée par les citations que nous venons de faire, les électeurs du Bas-Canada firent noblement leur devoir. Presque partout où la franchise é!'ectorale fut observée, ils choisirent des députés hostiles à l'union. C'est ainsi qu'ils purent élire 23 membres libéraux ou anti-unionistes ; et 19 unionistes ou conservateurs anglais supportèrent le gouvernement, Sur ces 19, six devaient leur élection à la violence, trois au défranchiss>ment des villes de Québec et de Montréal, et sept tenaient des emplois du gouvernement, c'est-à-dire t6 députés sur 19 qui devaient leur élection à des moyens illégaux ou corrupteurs.

A Québec, les Canadiens s'étaient assemblés, à l'appel de MM. Morin et Neiïlson, pour s'entendre sur les bases d’un programme électoral, qui fut adopté dans presque tous les comtés du Bas-Canada. Les points saillants de ce programme étaient la recommendation aux électeurs de n'élire que des députés hostiles à l’acte d'union, ou prêts à eu demander le rappel ou l'amendement, et opposés à toute levée de taxes et à tout emploi des deniers publics par le gouvernement sans le concours M représentants du peuple.

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Ce fut le 8 de mai de 1841 que M. Morin adressa.la lettre suivante à l'hon. Francis Hincks, représentant alors le comté d'Oxford, dans le Haut- Canada. M. Hincks, qui a eu une belle carrière politique, n'était alors que simple député et journaliste. Dès l'été de 1840, M. La Fontaine, au grand mécontentement des conservateurs, s'était mis en communication avec lui et avec M. Baldwin, ce dernier au cœur honnête et aux vucs larges.

Voici cette lettre de M. Morin, remarquable à tous les points de vue, et qui n’a pas besoin de commentaires,

Québec, 8 mai 1841 Cher monsieur,

Je dois solliciter votre indulgence, et vous exprimer mon sincère regret, pour n'avoir pas pu répondre plus tôt aux lettres très importantes que vous m'avez adressées ainsi au’à notre ami commun, M. Lafontaine, qui me les a envoyées sous le prétexte — non fondé à mon avis — qu'étant en dehors de la Chawbre d'Assemblée, il ne devait pas en être regardé comme le c4ef. Maïs pour ne parler que de mes propres retards, qui sont loin d'être dus à un manque personnel de respect et d'amitié pour vous, ou à un manque de sympathie et de conformité de sentiments pour nos affaires communes, plusieurs circonstances m'ont fait différer cette réponse: d'abord, ma santé qui a été mauvaise depuis quelque temps, ensuite ma défiance à entreprendre d'écrire l'anglais, puis enfin,

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