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plus que tout le reste, la croyance que ce n'était pas à moi de marcher en avant, lorsque de plus anciens et plus habiles politiques occupaient déjà le poste de chefs dans cette partie de la province ; le fait est que je craignais de mal représenter les opinions des autres et je croyais être presque seul
dans ma manière de voir, et qu’à moins de modi-
fier cette manière de voir, je ne devais pas me re-
garder comme représentant l'opinion générale ici. Toutefois, voyant s'approcher le temps où 1l me
faut vous répondre, ayant vu beaucoup et conver-
sé avec un graud nombre des députés ou autres li-
béraux, je dois, à tout événement, vous faire con-
naître l’idée que j'ai de notre position actuelle, et
bien que je demande à être considéré comme par-
Jant pour moi seul, j'oserai dire qu’une grande par-
tie de nos députés temberaient d'accord avec moi.
Pour résumer tous les détails en peu de mots, je
suis contre l’Union et ses principaux points, com- ‘me je crois que devrait l'être tout Bas-Canadien
honnête, Mais je ne suis pas pour la violence ni
la hâte. Je ne m'attends pas à une révocation di-
recte, au moins pour un certain temps ; et, par con-
séquent, je ne désire pas prendre une attitude hos- | tile et embarrasser le gouvernement à cause de \ l'Union. Je veux convaincre les autorités de leur erreur, et leur donner le temps nécessaire pour la réparer. Quant à des déclarations et protestations énergiques,quoique modérées,nous serions indignes d: ceux que nous représontons si nous ne les fai:
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sions pas. Nous ne pouvons pas sacrifier ni compromettre leurs droits essentiels ; nous espérons même qu’une majorité libérale nous prêtera son appui pour les affirmer.
Mais je ne suis pas pour entrer en lutte avec les autres branches à raison de quoi que ce soit, s'il y a moyen, ni pour arrêter le cours des affaires, ainsi que quelques-urs ont pu se l’imaginer. Nous devons dire quels sont les défauts auxquels 1l faut remédier, et, jusqu’à ce que ce remède vienne ou soit refusé, faire de notre mieux pour inspirer au gouvernement colonial cette politique et ces principes libéraux et populaires qui, dans leur application, tendraient à assurer les libertés et le bien-être de tous. Si, bienimalgré moi, je dois faire de l’oppo: sition, je ne la ferai pas systématiquement. Je suis pour la paix, l'union et l'harmonie, s'il y a possibilité d'y arriver. Je soupirais encore pour ces bienfaits, lorsque je résolus d’entrer de nouveau; dans la vie publique ; je me retirerais Lientôt dans la vie privée s'ils devaient nous manquer encore longtemps. J'irai plus loin et dirai sans hésitation que j'appuierais de bon cœur un gouvernement dont les efforts tendraisnt à les conférer justement et honvêtement. Il y a naturellement beaucoup à faire, ou plutôt à défaire, pour me convaincre que tel est le but du gouvernement, quand, depuis des années, il n'a été avancé en théorie et mis en pratique d’autres plans que ceux qui avaient en vue la destruction et la ruine de mes compatriotes. Mais,
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cher monsieur, s’il est encore possible d'avoir justice, qu’on nous la fasse et qu’on aide ceux qui nous l'offriront, ceux qui sont ou pourront être prêts à gouverner suivant la libre expression des désirs et des sentiments du peuple. Vous pouvez être convaincu que je ne désire pas chercher querelle au gouverneur actuel ni à aucun autre. J'espère que toute ma vie je serai, comme je crois que je l'aiété et encore plus que jamais, si je le puis, au dessus des querelles et des considérations individuelles. Avant que les détails de l’Union fussent connus, et avant que cette loi eût reçu son exésution, je me suis parfois imaginé que je pourrais contribuer, même dans une modeste mesure, à réconcilier le gouvernement avec le peuple. C'était là mon seul but, et, ainsi que j'ai eu l'honneur de le dire à lord Sydenham la seule fois que j'ai conversé avec lui, je ne croirais pas qu’il valôt la peine pour moi de me mêler plus longtemps d'affaires publiques, si je n'avais pas l'espérance de voir cette harmonie subsister à la fin. Je puis me tromper, et je me trompe très souvent ; mais, pour atteindre ce but, je consacrerais avec plaisir encore quelques années de mes plus ardents labeurs, si je pouvais être amené à croire que nos efforts seraient utiles à nos concitoyens, ct nos avis écoutés en haut lieu.
Mais en voilà assez au point de vue général.
J'espère que vous ne craignez pas dé malentendus entre vous et moi ; pour ma part, je n’en crains pas. Les explications et les détails qui suivent
vous convaincront, je l'espère, que jies réformistes des deux provinces doivent agir et agiront de concert, bien que les circonstances particulières à chaque ancienne province les mettent respectivement dans une position différente,
Vos lettres sont franches, d'une grande portée, et, pour moi, satisfaisantes. Chacun des quelques amis à qui je les ai communiquées, les ont jugées ainsi, et quant à ceux à qui je n°en pouvais donner connaissance complète, j'ai pu me convaincre, par des moyens indirects, qu'ils s'accordent avec les idées générales que ces lettres comportent. Parfois, il ya division sur les mots et sur les dénominations, de même qu’il peut y en avoir entre vous et M. Neilson ici, alors qu’il n'existe pas de différence pratique. Par conséquent, vous ne devez pas vous alarmer de certaines expressions employées par un ou deux de nos hommes publics, dans la presse ou dans leurs discours. Et même, dans l’esprit de M. Aylwin et de M. Neiïlson, de qui vous croyez avoir à vous plaindre, ces expressions ne s’appliquent pas à vous, j'en suis certain, mais seulement à quelques-uns de ceux que vous admettez vousmême n'être pas portés, sous certains rapports, à
rendre justice au Bas-Canada. Non pas que j'ap-
prouve rien qui puisse tendre à irriter ou désunir, mais quaud je vois de pareilles espérances de bonne entente et de confiance mutuelle, je m'y attache ardemment. Vous avez vu de qu2lle manière l’idée de faire de la révocation une condition sine qud non
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et de s'abstenir dé siéger jusqu’à ce qu'elle ait été obtenue — idée que l’Ayrore avait conçue — a éte combattue par le Canadien.
Il n'y a pas deux, ou peut-être pas uu des députés de Québec qui adopteraient la ligne de conduite recommandée dans ces articles de l'Awrore; quant aux députés de Montréal, je serais très étonné qu'ils pensassent autrement que nous. J'ai pensé qu'à ce sujet l’article de M. Parent, en date du 9 avril, calmerait toute inquiétude. Nul doute que ce dernier article vous a satisfait. Ici, chacun { continue à avoir la plus grande confiance en vous \ et les réformistes du Haut-Canada, et à vous être reconnaissant personnellement, comme rédacteur, pour votre défense du caractère et des droits canadiens.
Quant aux partis, dans la nouvelle Chambre, il peut y avoir probablement cinq nuances ou divisions, dont trois de votre côté et deux du nô-
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Ronan rage.