‹ L'honorable A.-N. Morin [microforme]Chapitre 19 sur 41 · LEZ · texte numérisé non relu

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Au conseil légis:atif, M. Juies Qu:snel eut seul le courage de protester contre l'acte d'union. Nous avions là pourtant se? comhatriotes portant de beaux noms français. En justice, nous devons faire observer que M. Caron n'aväit pas encore pris son siége au conseil. |

. Pari les lois passées à cette première session d?s provinces unies, 1! y en eut une établissant des cours de tournée au de district ayant juridiction dans les affaires civiles au-d:s50u de £2o. - C'* acte resta en force jusqu'à l’année 1844.

Conformément à cetto loi, on érigea 22 districts daus le Bis-Canada, et 5 jiges furent nommés : MM. A.-N. Morin, H. Guy, C..E. Moalclet, Wm, Power st C. McKay.

M. L.-M. Viger remplaça M. Morin à la tenus tion du comté de Nicolet.

Vers la fin de la session, le gouverneur Chad. Poulett Thomson, fait baron de Sydenhim et d! Toronto, tombi malads tdes suites d’une chute de

le 18 septembre, le mijor général Citherow, no.nm: à cet effet député-go iveracur, prorogeait le park- #sment. Le lendemain, le gouverneur mouruit à Kingston : il n'était âgé qe de 42 ans. Comm: il n'avait rien fait pour mériter l'amitié des Ba :- Canadiens, sa mort ne çaisa que bien peu de regreis parmi eux.

neur Sydénham.

. cheval. Cet accident hâta la fin de la session, ct”

Sir Charles Bagot, baronnet remplaça le gouver- Nous ällions donc, après tant

d'aunécs d’iñtriguss ourdies dans l'o‘nbre contre nous, de fausses représentations et d’'injustices révoltantes, aVoir un gouverveur animé de meilleurs sentiments à notre égard !

Le nouveau gouverneur convoqua les chambres pour 1: 8 de septembre 1842.

La mort du gouverneur Sydenham avait laissé le ministère-Draper dans une pénible situation : il se trouvait presque incapab'e d'obtenir une majorité de la chambre. Le ci-devant gouverneur avait trouvé les moyens, légitimes ou nou, de procurer à cette administration de son choix une majorité, qui diminua rapidement apré; l'arrivée de son successeur. Les ministres avaient reconnu leur propre faiblesse, en s'adressant à quelques libéraux iufluents pour faire partie de leur ministère. Daus

l'été de 1842, M. Sullivan, le président du conseil

exécutif, avait eu des pourparlers avec M. La Fontaine et M. Morin, dans ce but.’ On avait fait aussi des démarches dans ‘e même seus auprès de M. Girouard et de M. Cartwright, Aucune de ces avances ne réussit.

Le but des ministres, en faisant ces offres à leurs ennewis politiques, était d'empêcher l'alliance qu’ils redoutaient, entré les libéraux du Bas-Canada et les conservateurs comme Sir Allan Mc- Nab et autres, qui leur avaient fait de l'opposition à la dernière session. ‘

D'un autre côté, une grande réaction s'était faite : en faveur de la politique use Des députés li-

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béraux avaient été élus presque partout, C'est ainsi que M. La Fontaine, qui avait perdu son élection, dans Terrebonne, comme nous l'avons vu, fut élu dans le comté de Hastings, Haut-Canada. Les réformistes de cette province firent cette élection pour donner aux Bas-Canadiens une preuve de leur sympathie. M. D.-B.Papineau, frère du chef des Patriotes, en 1837, remplaça M. Day dans le comté d'Outaouais, où les électeurs d'origine anglaise formaient la majorité. Nous avons vu aussi que M. L.-M. Viger succéda, dans le comté de Nicolet, à M. Morin, nommé juge du district de Kamouraska. Il y avait aussi M. James Leslie, autre ami dévoué de la politique libérale, que la violence avait empêché d'être élu, en 1841, et qui fut choisi par les électeurs de Verchères. R

Avec l'aide de ces nouveaux députés, l’opposition devenait redoutable, et la victoire .evait se ranger sous son drapeau,

D'un autre côté, Sir C'arles Bagot savait, depuis longtemps, que le ministère ne possédait pas la confiance de la majorité des Canadiens. Il résolut donc d= le reconstituer en.y appelant des hommes éminents et populaires. C'est pourquoi, dès les premiers jours de la session, il s'adressa à M. La Fontaine et lui offrit le portefeuille de procureur général du Bas-Uanada et deux autres pour ses amis libéraux.

M. La Fontaine ne crut pas devoir accepter ces

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offres. Il n’était pas encore certain, alors, de pouvoir se maintenir dans le ministère un temps raisonnable, Après ce refus, la discussion de l'adresse, ou discours du trône, commença.

M. Baläwin, cet autre ami des Bas-Canadiens, proposa un vote de non-confiance. Entre autres choses, il reprocha à M. Hincks son abandon du parti libéral, conduite qui avait détruit leur ancienne amitié.

M. La Fontaine prononça ensuite un discours rempli de dignité. M. Dunn lui ayant demandé de parler en anglais, nous allons voir comment lui répondit ce Canadien distingué. Il est bon de mettre sous les yeux du lecteur les fières et nobles paroles de M. Tafontaine, dans cette circonstance, ne serait-ce que pour faire une comparaison entre les hommes politiques de cette époque et ceux d'aujourd’hui ; entre les La Fontaine, les Morin, les Taché, les Quesnel, etc., qui affirmaient hautement leur nationalité en face des Anglais qui la méprisaient, et plusieurs de nos hommes publics qui semblent avoir honte de leur langue en face d’Aaglais qui ont perdu presque tous les préjugés in: justes d’une autre époque. Voici la réponse de M. La Fontaine à M. Dunn.

L’honorable membre, qu'on nous a souvent représenté comme ami de la population française, a-t-il oublié que j'appartiens à cette origine si horriblement maltraitée par l’acte d'union ? Si c'était le cas, je le regretterais beaucoup. Il me demande

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de prononcer dans une autre langue que

ma languo maternelles le premier discours

que j'ai à prononcer dans cette chambre ! Je mo

défie de mes forces à parler la langue anglaise ;

mais, je doi informer l'honorable merxbre, les au:

tres honorables membres et le public, du sentiment

de justice duquel je no crains pas d'en appeler, que,

quand même la connaissance de la langue anglaise

me serait aussi familière que celle de la langue

française, je n’en ferais pas moius mon premier dis- |

cours dans la langue de mes compatriotes, ne fût- | ce que pour protester solennellement contre cette |

injustice de cette, partie de l’aste d'union qui tend à proscrire la laugue waternelle d'une moitié de la I population du Canada. Je le dois à mes compa- |! s

triotes, je ‘le dois à moi-même.”

Après crtte réponse, ] M. Lafontaine, avec cette éloquence mâle qui sied si bien à l’homme d'Etat, | fit voir la part que devaient avoir les Franco-Canadiens dans le gouvernement,

46 L'honorable procureur général, dit-il, recon- 107" naît qu'il faut au gouvernement, pour rétablir la paix.et le contentement généra!, lacoopérationac- | 8 tive des Canadiens-Français. Nou-seulement ce 1 :

le

serait là un acte de justice, mais c’est encore un ! r appui que la nécessité appelle, Oui, cette coopé- Q ration est absolument nécessaire au gouvernement. | 1 Oui; il la lui faut ; oui, il.nous faut la lui donner, h

mais à des ous qui ne puissent en rien dimipuer ni affaibiir notre honneur et notre carac-

que urs mo ise ; au:

nent que; laise ngiie r dis- » fûtcette tend de la >Mmpa-

cette | l'Etat, o-Ca-

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tère. L'acte d'union, dans la pensée de son :14teur, a été d’écraser la population française ; mais on s’est trompé, car les moyens employés ne sont pas de nature à produire ce résultat. Les deux populations lu Haut et du Bas Canada ont des intérêts communs, et eiles finiront par sympathiser ensernble,

Oui, sans notre coopération active, sans notre participation au pouvoir, le gouvernement ne peut fonctionner de manière à rétablir la paix et la confiance qui sont essentielles à toute administration, Placés par l’acte d'union daas une situation exceptionnelle et de minorité dans la distribution du

pouvoir politique, si nous devons succomber, nous

succomberons du moins en nous faisant respecter.

Jene recule pas devant la responsabilité que j'ai

assumée, puisque, dans ma personne, le gouverneur genéral a choisi celui par lequel il voulait faire connaître ses vues de libéralité et de justice envers mes compatriotes. Mais, dans l’état d’asservissemert où la main de fer de lord Sydenham a cherché à tenir la population française, en présence des faits qu'on voulait accomplir dans ce but, je n'avais, comme Canadien, qu'un devoir à remplir : celui de maintenir le caractère honorable qui a distingué nos compatriotes et auquel nos \ nnemis les plus acharnés sont obligés de rende hommage. (Ce caractère, M. le président, je ne le ternirai jamais |

L'absence de tout nom français dans le minis-

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