APRES ER
P'AÉCIETS
pe
tère n'est-elle pas une circonstance qui comporte une injustice, même une insulte préméditée ? Mais, dira-t-on : “Vous ne voulez pas accepter d'emploi.” Ce n’est pas à une raison. Mes amis et moi, il est vrai, nous ne voulons pas en accepter sans des garanties ; mais, puisque vous avez bien trouvé quelques noms français pour siéger dans le con seil, même pour assister à la cour martiale, ne pourriez-vous pas en trouver de même force pour siéger dans le cabinet ? ”
C'est ainsi que parlaiènt nos hommes politiques, à cette époque. Ils étaient peu nombreux, et, cependant, ils tinrent eu respect toute la cohorte des ennemis de la race française et les empêchèrent d'aécompl': ieur dessein de la faire disparaître ou de la tenir dans un état d’avilissement pire que la mort. Îl n’est pas surprenant que la génération actuelle vénère les noms ds ces compatriotes et qu’elle les transmette avec amour à ses descendants.
La position du ministère-Draper devenait fort critique : il allait succomber, si le gouverneur ne fût intervenu pour le tirer d’embarras. Il demauda une dernière entrevue avec M. La Kontaine, et, cette fois, les négociatiuns furent couronnées d’un p'ein snccèx.
Nous citons textuellement ce qui suit de Turcotte, (Le Canada sous ? Union].
‘Le rs septembre (I) MM. La Fontaine et
œrsmmmasensesesnsese COCCLELECEEPPECONEPCECCEPCOEPENOOENENTENPOCNNENCRCREnnEnnnnnnnnrenneennncnennneree eee ÉLECIT
rte is, 1.” |, 1l des avé on ne Out
ues, , CEdes rent e où ue la ation es et jants.
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PROC ELLLEL LES
Baldwin prêtaient serment comme procureurs généraux et chefs de la nouvelle coalition. Quelques jours après, M. Aylwin devenait solliciteur général du Bas-Canada, et M. Small, réforr.'ste, solliciteur général du Haut-Canada. Un siége :lans le cabinet fut réservé à M. Morin, qui devint, le ro octobre, commissaire des terres de la couronne. La place de greffier au conseil exécutif fut donnée à M. Parent, député du Saguenay ; ce dernier abandonuna son comté à M. Morin.
Voyons comment M. David aparécie cet événe ment.
“Le premier janvier mil huit cent quarante-deux M. Moriu était fait juge de la cour de circuit pour Kamouraska et St=Thomas, et le 13 (1) octobre suivant, ii acceptait le portefeuille de commissaire des terres de la Couronne dans le ministère de Baldwin-Lafontaine, [2] et se faisait élire au Saguenay, à la place de M. Etienne Parent, qui abandonnäit la politique pour devenir greffier du conseil exécutif. :
“ Durant le règne du parti conservateur, de mi huit cent quarante-deux [3] à mil huit cent qua-
rante-huit, les plus grands cfforts furent faits pour ©
mnnnnnnsnsmmmnnnamsnne ns sta nn esse nn ten nes n ne mme nn me nn en donnes ame ane n nn tn nana és dns sets mess nes ses
[1] Comme on v'snt de le voir, Turcotte donne la date du 10 octobre.
[2] La Fontaine-Baldwin, et non pas Baldwin-La Fontaine.
[3] De 1843.
détacher M. Morin de la phalange libérale qu: conduisaient MM. Lafontaine et Baldwin. * Toutes les séductions ne purent ébranler sa vertu politique comme sa fidélité à ses princies : il refusa toutes les faveurs et le pouvoir sans l’assentiment ;et la coopération de son chef politique. Et, cenendant, il était pauvre, presque s413 ressources.’
‘ Il venait donc de se former un ministère, dit Turcotte, dont les principes politiques différaient E ( entièrement de ceux de son prédécesseur. Sa doc- € trine ‘était de gouverner selon les vœux du peuple € et de ses représentants ; chaque origine devait | € être regardée comme ayant un droit égal à la pru- d tection du pouvoir. Par là, il vonlait réellement A r mettre en pratique le gouvernement responsable, ! qui n'avait existé que de nom sous le ministère précédent, et donner à ce principe la plus grande extension possible, L'administration canadienne, gi
telle qu'elle était constituée, possédait la confiance
dé toute la population, si l'on excepte le faible ! a
parti ultra-conservateur, que la coalition des libé- no
raux des deux provinces venait de réduire à l’im-
puissance. Elle renfermait des membres d'élite te
et d’une capacité reconnue. L:
M. La Fontaine, premier ministre, devait à la | de
franchise, à la noblesse et à l'indépendance de son À de
caractère le poste élevé qu'on venait de lui offrir; M tè
il avait su mériter le respect et l’éstime de toutes . ! de
les nuances politiques, Doué d’une belle intcllis gence et de talents remarquables, il s'était toujours
ue RTS
dit
ient \ocuple vait proment able, stère ande enne, ance able libél'im- ’éhite
à la le son Dffrir ; outes ntcllis ujours
La
montré l'énergique défenseur des droits du peuple. C'était à lui que revenait le mérite de l’heureuse alliance des libéraux des deux provinces.
En sa qualité de chef le plus influent et le plus respecté des libéraux du Haut-Canada, M. Baldwin avait droit à la conduite des affaires dans sa province. Cœur probe et honnête, il sera maintenant l'ami inséparable de M. La Fontaine: ces deux hommes d'état distingués étaicnt dignes de commander aux destinées du pays. M. Baldwin avait invoqué, il est vrai, l'union des Canadas, mais une union juste envers tous les Canadiens, Aussi avait-il défendu les droits des libéraux du Bas-Canada chaque fois que l'ex-ministère les avait blessés.
M..Morin luissa le banc judiciaire pour venir occuper un emploi auquel le portait le vœu public. Humble et modeste à l’extrême, il se montrait énergique lorsqu'il s'agissait de défendre ua ‘principe. Toute la vie de cet homme laborieux et intègre | avait été employée au bieu de ses concitoyens. Sa nomination fut donc accueillie favorablement.”
La, population française, après avoir été si longtemps opprimée, pouvait, dès lors, et grâce à MM. La Fontaine et Morin surtout, se livrer à l'espoir de meilleurs jours.. Nous verrons bientôt qu’à ces deux hommes, dont les 1.oms sont écrits en caractères ineffaçablesidans notre Histoire, vinrent s’unir des Canadiens non moins remarquables, par la probité, les talents et l'amour du pays : MM. Taché, Et.-P. et J.-C., Geo.-Et. Cartier, P, 0 Chauveau,
as 122 —
Jean Chabot J.-E. Turcotte, etc.
“ De plus, dit encore Ls.-P. Turcotte, l'accepta-
tion du pouvoir par MM. La Fontaine et Morin réfutait mieux que les meilleurs arguments les fausses imputations si souvent portées contre les Français du Bas-Canada, savoir : que leur lutte était une lutte de race ; qu'ils étaient des hommes intraitables, guidés par leur seule haine contre le gouvernement établi, et qu’il était impossible de former une administration: contre jaquelle ils ‘ne fussent prêts à se ranger.”
La presse anglaise montra une plus grands vi mModératiou dans ses écrits, et avoua,bien que trop tard, que, par leurs princip®s justes et leur noble caractère, les Canadiens auraient dû, depuis longterhps, faire partie du conseil! exécutif.
A propos, mettons en ‘regard le langage du 77e- . rald; de Montréal, en 1838, avec son langage’ de ds oi
" Les écrivains de cette feuille francophobe avaient écrit, mettant à du leur haine contre nous : “Pour avoir la paix, il faut que nous fassions uné solitude de ‘ce pays ; il faut balayer les Canadiens’ de la face de la terre.” (Ce'sont les mêmes écrivains qui, avec d’autres, avaient peint M. La Fontaine, M. Morin et quelques-uns de leurs compatriotes comme des ‘hommes d’uné intelligence bornée, suns éducation, sans lumières et aveuglés par d'é-
troits préjugés. Et, pour donner une idée com-
plète de leurs sentiments ignobles, ces mêmes
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le motard, Cafacethps;
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écrivains du ZZerald avaient encore écrit : ‘“ Nous avons vu la nouvelle potence faite por M. Bronsdon, et nous croyons qu’elle va être élevée aujourd’hui [le :9 novembre, en face de la nouvelle prison, de sorte que les rebeiles pourront jouir &’une perspective qui ne manquera pas sans doute d’avoir l'effet de produire un sommeil profond et, des songes agréables. Six ou sept pourront s'y trouver à l'aise ; mais un plus grand nombre peuvent y trouver place dans un cas pressé.” (1) !
Flagorneurs et rampants comme le sont presque toujours les gens dénués de nobles sentiments, les écrivains du ZÆZeral/d écrivaient, 4 ans après, alors que MM. La Fontaine et Morin étaient au pouvoir : “Ja conduite des Canadiens-Français mérite tout éloge, d'autant plus qu’elle est marquée au coin du bon sens, de la modération et de la
. courtoisie, et qu’elle est digne de limitation gé-
nérale.” * La session de 1842 5e terminait le 12 octobré : elle avait duré à peu près cinq semaines, Plusiéurs lois importantes avaient été sanctionnées à une grande majorité, généralement double du nombre des votes contraires. C'est à cette session qu'il fut
décidé de ne plus tenir le parlement à Kingston,
bourg insignifiant qui avait été choisi par lord Sydenham, comme nous l'avons déjà vu. On rétablit la franchise électorale dans les faubourgs des
commons À
(1) Garneau, :
en recevant l'approbation donnée à sa politique
villes de. Québec çt de Montréal, qui en avaient été privés injustement par le même autocrate. Ea un mot, presque toutes les grandes mesures de ce gouverneur et du conseil spécial furent ou abolies ou amendées de manière à nous rendre justice. Il y avait bien l'ordonnance des municipalités qui fut ajournée avec la loi des écoles.
La politique si sage et si juste de Sir Charles Bagot à l'égard de notre race souleva contre lui de l'opposition ct même de graves injures de la part de quelques ultra-conservateurs. Sur les 11 ministres de l'administration La Fontaine Baldwin, il my avait que deux Franco-Canadiens, M. La Fontaiue et M. Morin, ct sur les 84 députés, 20 seulement, ce qui n'empêchait pas les ennemis du gouverneur et de sôn ministère, de crier, tout comme aujourd’hui, dans certains quartiers, à la domination française.
. Le gouverneur se co sola de tous cès cris, de toutes les injures à son adresse en voyant l’approbation donnée sincèrement à sa conduite par la grande majorité des deux populations, et, plus tard,
par le ministère impérial, qui confirmait, en même temps, les nominations qu'il avait faites.
‘ Le Canada, dit Turcotte, commençait à peive à ressentir les cffets d’une administration si juste, lorsqu'une grave maladie s'empara du gouverneur et le ravit bientôt à l’affectien des Canadiens. Cet événement déplorable contrista gravement le cœur
arles
ui de
part
1 midwin, f. La és, 20 nis du omme mia -
is, de appropar la is tard, )litique mème
à peiue i juste, crneur Cet le cœur
de 3es fidèles sujets, qui demandèrent à genoux sa . prompte guérison. De toutes les parties ‘du pays s'élevèrent des concerts de prières pour obtenir le rétablisscment de sa santé, et de nombreuses adresses de condoléance lui furent présentées par toutes les classes du peuple.
‘ On vit, dit un journal d'alors, un étrange spectacle présentant d’un côté le dévergondage et l’inhumanité avec lesquels, dans leur emportement, les /0rys ont outragé le représentant de la reine jusque sur son lit de douleur, et les menaces de séparation qu'ils ont imprudemment adressées à l'Angleterre en conséquence de l'adoption de sa politique ; de l'autre côté, les unanimes et touchants témoignages de sympathie pour le noble invalide, ét de loyauté franche ét cordiale pour le gouvernement: anglais, qui ont été comme ie cri du cœur d'une
population morale, reli gieuse et trop longtemps maltraitée.” à
Et cette amitié de nos compatriotes, ils l'accordaient cordialeïnent à Sir Charles Bagot, non pas pour nous avoir accordé des faveurs injustes que nous n'avons jamais demandées, mais simplement pour nons avoir rendu Ja justice à laquelle nous avions doit, tant il est vrai que nous n'avons jamais voulu autre chose que /uséice égale pour tous.
Reprenons notre citation de Turcotte,
Voyant que sa santé ne s’améliorait pas, sir Charles demanda à la métropole la nomination d'un sucéesseur : : il ne voulait pas que sa maladie
RME SN M é À OT dE VS NE de
nuisit aux affaires du pays. Au mois de mars 1843, -
il remit les rênes du pouvoir entre les mains de . * - sir Charles Metcalfe. Sa santé s'affaiblit pewà peu,
et, le dix-neuf mai suivant, il rendit le dernier sou-
pir entre les bras de son épouse éplorée. Quelques {
jours après, Lady Bagot partait pour l'Europe avec
les restes mortels de cet excellent gouverneur,” Il était mort à l'âge de 62 ans. (1)
enndnbsaen cs eat) ob sronebaresbsesandnetenss ce ssbusdasuspdene optsnnoséeus mec done vatenenien dr ent sorsels sens ebss dans ste) d esse En 0 (1) Nous étions bien jeune lorsque, sous le toit pa- Le. 1
ternel, nous entendions M. Morin dire à notre père Û combien avaient été touchents les adieux de sir Charles Bagot aux membres du conseil exécutif, quelques jours P avant son décès Voici ces belles et touchantes pa- n roles du gouverneur bien-aimé, sur son lit de mort, et L. fa rapportée par les Mélanges Keligieux : m . “Je vous ai réunis, messieurs, pour vous faire mes d derniers adieux, et pour vous remercier, de la manière 8 la plus publique que je-puisse ie faire, du précieux 9 p- 0 puique vous m'avez donné pendant une époque impor- n tante de la crise politique. Je vous remercie aussi de | Le
la sympathie ct de la bienveillance que vous m'avez témoignéesau milieu de mes angoisses ; par ce moyen, les affaires publiques ont pu avancer, et l'attention la plus entière êtie àccordée aux intérêts du pays, sans
, me charger que du tronhle lo plus minime possible, | eù Ceci m'a été d'un gran soulagement personnel. | ag Messieurs, je m'étais rendu garant à la mère-patrie 1
de la ferme loyauté de ce pays, et j'ai le plus grand plaisir à reconnaître que vons-mêmes, messieurs, et le pays, avez amplement jus:ifié la garantie. S'il en eût été autrement, je sernis descendu au tombeau avec la réputation d'un insensé. Tel que sont les choses, je sens que je n’ai rien dont je doive me regentir : tout Pe ce que j'ai fait, je le ferais encore sous de semblables : circonstances, Nous ne sommes que des instrumerits entre les mains de l’ître suprême, et nous ne pouvons
à de SP ap dE gs dt ge pau AR a a EE COR ss SET A PAS LI Add an PSN N + : I 1 SENTE Ô
cu Sir Charles Metczalfe, successeur de sir Charles dé. Bagot, arrivait à Kingston le 29 de mars 1843, et " prenait, le lendemain, les rênes du pouvoir.
u- | Nous devons suspendre ici la narration des ac- 1es | tes politiques auxquels a pris part M. Morin, pour ec mentionner un événement important dans sa vie | à intime,
M. Morin, né en 1803, se mariait à 40 ans, # manee | demoiselle Adèle Raymond, de Saint-Hyacinthe.
4 | Doués tous deux des plus beaux sentiments du père PARENT Bassssonssacset tas # anses til ee dites bases aon tte niet édnr tarde dl Tes nette fnsoonodh ohms doses ses sdve8 note cites CO rrles prévoir les desseins de la Providence, mais mon juge- Que ment est fort de la conviction que ce que nous avons : Lier # fait sera, par la suite, prouvé être ce qu’il y avait de 1, © mieu*< à faire. Il peut y avoir des individus qui soient désappointés de la marche qui a été suivie, qui penme | sent que d'autres mesures auraient été préférables, pière et qui nous reprochent, et à vous et à moi, ce que kè p” | nous avons fait sous la dictée de nos consciences. Je NE ne le puis empêcher ; je le regrette, et je pardonne br | leurs injures. Je n'étais pasici pour leur plaire, ni dudit pour plaire à aucune coterie par le sacrifice des prinpare cipes constitutionnels.
Lo. In __ . Jele répète, je me réjouis de tout ce que j'ai fait, Avr D et je me chagrine seulement de ce que je n’ui pu faire
davantage. Je cesse d'être votre gouverneur et vous laisse le soin de défendre ma mémoire, ce que vous ne
patrie : sauriez mieux faire qu'en vous prévalant de la posigrand tion que nous avons gagnée pour pousser vers sa conetle sommation, par tous les moyens à votre disposition, eneût | l'œùûvre que nous avons commencée, et que nous vec ps avons acheminée jusqu'où les circonstances nous l’ont ses,
rt j permis. Et je me félicite de la pensée que votre tà-
. chesera d'autant plus aisée que je suis remplacé par un lables homme dont les dispositions sont semblables aux mer!is miennes, mais dont les talents sont plus grands,”
D uvons
cœur et de l'intelligence, leur union fut une suite contiuuelle de bonheur aussi grand ct aussi pur qu’il nous est donné de l’avoir sur cette terre.
Ce fut peu de temps après son mariage que M.
Morin allait, avec sa compagne, visiter la maison où il étaît né, située, alors encore, dans les concessions de la paroisse de Saint-Michel de Bellechasse, mais faisant partie, depuis 1851, de la paroisse de Saint-Raphaël. Son père, décédé l'année d'auparavant, avait quitté là, sous son humble toit de la-. boureur, celle qui avait été pour lui une épouse chrétienne dans la vraie acception du mot. La mère fut heureuse de serrer sur son cœur et l'enfant bien-aimé et sa nouvelle enfant, madame Morin.
Nous offrons au lecteur la généalogie de Mme veuve Morin, dont nous pouvons garantir l’exactitude,
Du côté paternel.
Bernard Raymond, de la paroisse de la Croix- Rousse, à Lyon, a eu pour fils AUGUSTIN Raymond, qui est veu de France au Canada avec Montcalm. Après la cession du pays, il s'établit à Montréal, où il se livra aù commerce, Il épousa Marie-Anne Demers ct eut pour fils, en 1780, (1) Joseph, père de Mme Morin. Joseph Raymond alla à Saint- Hyacinthe, pour s'y livrer au commerce ; et, le 24
LL DEEE DEL EEE EEE EEE EC EU OCR EE CEE CCC ECC COORPPERPEEC PERRET ET
+ [1] Coïncidence assez curieuse : le père de M. hot rin naissait aussi en 1780,
ite pur
juin 186, il épousait Marie-Louise Cartier, Îl mourait à Saint-Denis de le rivière Chambly, le 2 5 août, 183r.
Du côté maternel.
Jacques Cartier, venu de France {de l'Anjou}; au milieu du dernier siècle, a épousé une demoiselle Mongeor, grand’ tante de Mgr Signaï. Ils eurent deux fils, Jacques et Joseph. Jacques se fixa à Saint-Antoine de la rivière Chambiy, où il acquit, daos le commerce, une certaine fortune. Il fut membre du premier parlement canadien. Il s’était marié à Uévile Gurvoise. Ils eurent un fils . qu ils nommérent aussi du nom de Jacques, et
qui devint le père de George-Etienne Cartier, d'il-
lustre mémoire.
Joseph Cariier, un des‘deux fils de l'ancêtre, au Canada, s'établit à Saint-Hyacinthe, après avoir épousé, à Québec, Marie-Anne Cuvillier, tante de
l'hon. A. Cuvillier, orateur de la chambro. Ils eu-
rent, entre autres enfants, Mariboue, la mère
. de Mme Morin.
. Madame: A.-N, Morin est née le 2r septembre 1818. Elle était de 15 ans plus jeune que sun époux.
Mgr Raymond, de Saint-Hyacinthe, aussi remarquable par: ses connaissances qüe par ses grandes vertus, est le frère de Mme Morio, ainsi que M. Remi Raymond, marchand et député au per . lement, à l’époque de la confédération.
Il ya aussi une sœur, nommée Odile, qui n’est pas mariée.
+ Nous ajoutons deux remarques qui ont Jeur importance.
La maison bâtie par le grand-oncie de Mme Morin, Jacques Cartier, en 1782,est la plus ancienne - de la rivière Chambly ; (1) et la maison bâtie par sou grand-père, Joseph Cartier, est la plus ancienne du comté de Saint-Hyacinthe et des comtés voisins, Elle date de 1795. Ces deux maisons gont éncore habitées par les descendants de ceux qui les ont construites, La première a 103 ans d'existence, et | “celle de Saint-Hyacinthe, 90 ans. PURE ;
Quelque temps après l’arrivée du gouverneur Metcalfe, les ministres .urent réélus par acclama- ‘ 4 I tion ou par de fortzs majorités, moins M. Baldwin, 1
qui perdit deux élections coup snr coup. ‘On sait déjà qu'en 1841, lorsque M. La Fontaine avait été forcé d'abandonner ie comté de Terrebonne, M, Baldwin contribua fortement à faire élire son ami Bas-Canadien dans le Haut-Canada. Celui-ci, à “ , son tour, contribua à faire élire.son:ami Haut-Ca-
nadien dans le Bas-Canada, à Rimouski, où il
fut élu par acclamation. Les libéraux de notre d province furent heureux d'accueillir cethommedis |! d tingué et de s'acquitter, en même temps, de ladett.. | de reconnaissance et d'honneur contractée en 1841. |
n'annentnnnnsasanamnnen ee men ne rene cp anne Rene 00 000000000000 dnsssnnccnnénsnppsnsssescnssnsnene de tésetsn dons és votes ses des
[1] Nous avions l'avantage de visiter, il ya dans, cette relique d’un autre siècle,
st M. Baldwin visita son comté en compagnie de M. La Fontaine. Sur toute la route, de Québec à m=. Rimouski, ce ne fut qu’une marche triomphale, Nos braves campagnards sortaient en foule pour [o- M saluer et acclamer, sur son passage, par des bravos ne enthousiastes, cet ami sincère des Canadiens. Les Dar. drapeaux et des banderolcs portant des devises apne propriées, flottaient au souffle de la brise ; des ns. | coups de fusil répétés réveillaient l’écho endormi ore sur les bords enchanteurs du grand fleuve, et, paront tout, aur cette route de soixante lieues, on criait : ,êt “Vive M. Baldwin !”’.
’ On savait que ce Haut-Canadien, cet Anglais, eur était l'ami de nos hommes de confiance : MM. Mo-
ma2- | rin, La Fontaine, etc. ; qu’il travaillait, de concert
in, avec eux, à nous faire rendro justice, et cela suffsait : sait à cetto brave population, si longtemps oppriété mée et csiomniée. Le nom de M. Morin, du bon M. M. Morin, comme on l'appelle encore dans nos ami paroisses d'en bas, était pour beaucoup dans ces ci,à ovations à M. Baldwin; car on le connaissait, lui, -Ca- personnellement, et l’on sait encore comme il proù il : voquait l'estime et le respect par sa figurc franche otre et honnête, par ses manières toujours marquées au dis= coin de la plus grande politesse, même pour les
plus humbles dans l'échelle sociale. [1] :
CPP OPEN PORENERCCECCREET EE COCP CECEPEPCPCECECEECOECONCOCCERERENEECEREREEREnERnEncEnrOnnentrrEEnEnEEnnEnEnnREuN ….
[1] En 1843, l’auteur de cette biographie faisait ses études au collége de Sainte-Anne de la Pocatière, et c'est là qu'il vit M. Baldwin et M. La Fontaine pour
sn 107 48
Les chambres furent convoquées le 28 septembre.
Sir-Charles Metcalfe ouvrit la troisième session du premier parlement par un discours qui plut généralement. Rien ne présageait encore la résignation du ministère La Fontaine-Baldwin, dont nous allons donner les causes déterminantes aussi brièvement qu'il sera possible de le faire ; et, si nous entrons dans tous ces détails, c’est que M. Morin faisait partie de l'administration à la veille de résiguer.
Si l'on considère le rombre et l’utilité des mesures passées pendant cette troisième session, on se convaincra que le ministère dont M. Morin faisait partie, n’etait pas resté inactif. L'administration était puissante et populaire. On aurait de la peine à trouver, dans notre histoire rarlementaire, une autre adininistration qui ait déployé autant de force, d'énergie ct de talent que celle-ci. Elle posséuait la confiance presque générale des deux provinces, et, bien différentes des administrations précédentes, elle n’abusa point de son pouvoir; elle
sennennennnninensenstnannns Posté émane anne te nn nnn dune phnppsrienaenennasiens spé ss nets nu tag. ECOLE EEE EE PC ECEEPPCECENENEEENCET 7"
la première fois. ‘Les autorités du collége firent à ces deux hommes distingués une réception digne d'eux. Ce fut un camarade de classe, Eloi Dion, auiourd'hui M. l’at bé Dion, curé de la Rivièré-Ouelle, qui prononça l'adresse en anglais, à laquelle M, Baldwin répondit dans Ja même langue. Quoique 42 ans nous séparent bivntôt de cette époque, les traits principaux de ce discours remarquable sont encore gravés dans la imémoire de celui qui écrit ces lignes, ‘
fut filèle à sa devise : rendre justice égale à tous
les partis et à toutes les origines, administrer les
affaires suivant le vœu du peupie. Et, cependant,
ce ministère résigua le 27 novembre, 1843, après
avoir vécu 14 mois seulement. On vota les sub-
* sides, ct les chambres furent prorogées le 9 de décembre suivant. Le motif de cette démission fut la question des emplois publics.
“ Accoutumé, dit Turcotte, à adimiuistrer les af faires publiques daus les colofiies où le gouvernement constitutionnel n'avait pas été établi, Sir Charles s'était soumis'avec peine, depuis son arrivée au Canada, à Ja nécessité de consulter ses ministres en toutes circonstances Plusieurs fois, il avait cru faire. des nominations politiques sans prendre l'avis de son conseil ; il avait accordé ou offert des emplois à des personnes qui étaient reconnues hostiles à ce dernier. Il avait, en plusieurs :irconstances, montré de la sympathie envers les conservateurs, alors membres de l’opposition.”
Les ministres considéraient comme contraires au principe du gouvernement constitutionnel ces actes du gouverneur, et ils eurent avec lui des entrevues pour demander des explications. Le gouverneur prétendit qu'il n’était pas obligé de consulter ses conseillers sur les nominations aux emplois publics. C'était, suivant lui, abaisser le caractère de sa charge, et même yio/er son devoir, que de faire un
tel abandon de la prérogative royale. On voit que
a mRSaE pp êre DR
== A AR LT LES NT ST 2e FC See SR :
Jeurs vues, ils n'avaient d'autre alternative que de
le gouverneur commettait une grande erreur de jugement, en prétendant que la concession de ce. point avilissait son autorité. Ce qui ne déshonorait pas la couronne, en Angleterre, ne pouvait pas ja déshonorer dans une colonie. Les ministres de la métropole ont toujours exercé le patronage pu-* b'ic dans des vucs de parti, ce qui est une conséquence du régime constitutionnel. Ce qui prouve que sir Charles Metcalfe se trompait, c’est que, dès l'année suivante, il revenait de la position
prise en 1843.
“ Les ministres, de leur côté, ne niaient pas au gouverneur le droit de nommer les employés publics ; mais ils prétendaient avoir celui d'être consultés sur ces nominations, ou au moins d’en être avertis, afin de ne pas se trouver dans une fausse position. Ils réclamaient ce privilége, se croyant responsables envers les chambres et le public des nominations aux emplois publics comme des autres actes ministériels. Cette question était donc, süivant eux, liée aux résolutions du gouvernement responsable ; et le gouverneur, en refusant de les consultér sur ce point, ne se conformait pas aux principes de ces résolutions,” (Turcotte.)
D'un autre côté, ils avaient accepté leurs portefeuilles, sous Sir Charles Bagot, à la condition expresse d’être consultés sur les nominations aux emplois publics, et, du moment que le gouverneur persistait à faire ces nominations en opposition à
mn 180 2e
résigner. Îl n'était pas possible à des hommes d'honneur comme l’étaient M. La Fontaine, M.
Morin, etc., de conserver le pouvoir dans ces circonstances, sans s’exposer aux plus graves et aux plus justes reproches de la part de leurs amis.
D'après le principe de la constitution britannique, les ministres, après leur résignation, jouvaient se présenter à la chambre représentative pour y donner leurs explications, qui furent approuvées par un vote de 46 contre 23. Trois Bas-Canadiens seulement (c'était #rois de trop) votérent avec la minorité anglaise : MM. Denis-B. Viger, Neïlson et Noël.
.Iln'entre pas dans le cadre de ce travail de
faire yoir toute l'inconséquense de MM. Viger et
Neilsoa, surtout le premier, en votant comme ils le firent alors. . Disons seulement que M. Viger ne s'arrêta pas là dans cette fausse voie, et qu'il consentit à devenir le conseiller principal du gouvermeur et qu'il eut le triste courage de former une alliance politique avec M, Draper, après l'avoir combattu, jusqu'alors, avec acharrement.
Les ministres démissionnaires virent leur con-
«“duite approuvée non-seulement par la grande ma-
jorité des'représentanté, mais dé plus, par la masse de là population du Canada. Partout, généralement, on trouva juste le motif qui les avait engagés à résigner. Dans le Bas-Canada, les libéraux furent unanimiés dans leur approbation de la con-
duite de leurs chefs : ‘il fat inpoisible de les diviser.
Après g mois de crise miuistérie.le, pendant les: .quels Sir Charles Metcalfé u’eut qu'un ou trois conseillers provisoires, le ministère Viger-Draper fut formé, le 3 septembre, 1844.
Après la formation de ce ministère hybride, le gouverneur se décida à dissoudre le parlement, ce qu’il aurait dû faire, pour se conformer à la cou-. tume constitutionnelle, après la démission du ministère La Fontaine-Baldwin, ou encore rappeler ses ancicns ministres qui possédaient la confiance de la majorité des représentants, comme le prouvait
le vote de 46 contre 23 dont ila été fait mention plus haut, Le 23 septembre, une proclamation dissolvant le parlement fut émanée, ct les brefs d'élection suivirent de près. "
“ Deux grands partis[1] se dessinèrent dans la lutte électorale. L'un, composé de: libéraux des deux sections de la province, devait faire triompher les principes défendus par les membres du ministère La Fontaine-Baldwin, leur maniére‘d’entendre le gouvernement responsable, tout en condamnant le gouverneur dans son: retard'à former le ministère ; l'autre, composé principalement des ! | consepéstetirs du Haut ct du Bas-Canada, approu- | vait saos restriction les actes du Andes M op | ;
EPP PRRENERERERENEERERCECOEPECE CCE EECCECCEECEEEECEC EEE ETC UC EEE CES EEE CEE CCC COTE EEE PC ORENRRECRRERRETORERN
de
La cause défendue par les ci-devant ministres triompha dans le Bas-Canada. Les libéraux élirent une majorité. écrasante de leürs partisans. MM, Viger, Neilson et Cuvillier perdirent leurs élections. Le preunier fut défait dans deux comtés, ce qui ne l'em-
pêcha pas de garder. son portefeuille. . MM. Ls
Fontaine et A'ywin furent élus par acclamation, ainsi que .M. Morin, dans deux. comtés : celui du
“ Saguenay et celui de Bellechasse. Il choisit ce . dernier, et l'hon. P. de Sules Laterrière se fit élire
dans'le premier.
. MM. Chauveau, Cauchon, Drummond et Wils
frid Nelson, du parti libéral, étaient de nouveaux
députés : puis apparaissait, sur la scène politique, |
M. John-A. Macdonald, alors ministériel...
La première session du deuxième parlement s’ouvrit à Montréal, le 28 novembre, 1844 Le gouvernemgnt ne pouvait compter que sur une faible majorité qu'il ntilisa pour commettre une injustice à l'égard de M. Morin.
‘“ Avant de prononcer le discours d'ouverture,
. dit Turcotte, Son. Excellence pria la chambre d’as-
semblée de choisir son président. -M. le procureur général Smith proposa Sir Allan McNab cornme candidat ministériel. : Le colonel Prince s’opposa à cette nomination, parce. que. Sir. Allan ne parlait pas le français, et proposa: le.nom de M. Morin, qui avait l'avantage de connaître également bien les derx langues. M. Cauchon ét M. Chauveau se panoncèrent fortement en aps de M,
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De, “ PRES == ART CRETE Le CESR. 1 a De = =
© membres influents du parti libéral.
Morin, et dirent qu’en justice pour Îles Canadiens d'origine française, le prérident devait parler la langue des deux populations. C'est pendant ce débat qu’un député du Haut-Canada, M. Ermatinger, déclarä que, dans le parlement d’une province anglaise, il n’était pas nécessaire que le président connût la langue française : ‘il considérait que la
chambre devait être anglaise de fuit comme de
nom. [1 1] Le nom de ce membre mérite de passér à la postérité. Sir Allan l'emporta de trois voix sur M. Morin.”
Les deux principales lois de la session furent celles qui concernaient les municipalités et les écoles de notre province, En principe, ces deux mesures étaient les mêmes que celles qui avaient été proposéés par M. Morin, à la session précédente, mais qu'on n'avait pas eu le temps de faire passer.
La législature fut prorogée le 29 mars 1845, après quatre mois de session, ù
Le ministère n'avait pu se maintenir qu’au moyen d'une faible majorité variant de 3 à 6. Lord
Metcalfe avait compris que, pour former un minis- |
tère tort et puissant, 1l fallait y adjoindre quelques
Dans ce but, M. Draper s'adressa à M. Curon. Il y eut, à ce sujet, une correspondance qui fut interrompue par le départ du gouverneur,
Aibtssqitareistès his tagsse dénésose.
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(1) Autre échantillon du fair play dont les Anglais
sonblent si fiers et dont ils ont tant abusé à notre .
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C'est vers cctte époque qu: le goût littéraire commença à se réveiller parmi la jeunesse canadienne, MM. Moïin, Chauveau, “Berthelot, Painchaud, Bardy, etc. aidèrent à ce réveil, et l'eutretinrent par des conférences publiques, et par leurs écrits, en prose et et en vers. [1]
En 1845, M. Moriu donnait, à Montréal, une conférence remarquable par la forme et par le fond. Il avait pris pour sujet : “ Les écoles communes du Bas-Cauada.” On y trouve d'excellents conseils dont nos gouvernants pourraient s'inspirer avec profit. Tes deux extraits suivants prouvent que M. Morin était pleinement en faveur de l’enseignement religieux tel que le comporte ce mot, et, par conséquent, hostile à la laïcisation, comme on la voudrait dans certains pays.
‘ La meilleure méthode, disait-il, que je crois être composée de la méthode individuelle ct simultanée, doit être celle des Frères des Ecoles Chrétiennes, si on en jage pär le nombre ct les progrès de leurs élèves, par l'attachement à leurs études que ces élèves manifestent, sans compter les idées
religieuses et morales infusées dans des populations ‘souvent irréfléchies sous ces importants rapports, ‘Les règles particulières d'association et de manière de vivre de ces dignes instituteurs, les empé-
evene.
CODEC ELEC LEE EOOCT ET TER PECPNTECEECPPCECECECEOECEECEECEE PRET
à # (] On trouvera, 4 la fin de’ce volnme, les poésies ° 6 L 1
Morin, celles du moins que nousavons pu nous
cheront de diriger les écoles communes, ‘êt même les écoles priñcipales de paroisses, excepté dans un petit nombre de localités plus ‘aisées. ‘ Mais, si-des écoles de’comté s'organisent et sont reconnues et aidées par l'autorité publique, qu'on les métte sans . hésiter sous la direction des Frères des Ecoles Chrétiennes, partont .où la divergence des croyan-: | ces religieuses n'inspirera pas-de préventions 0p- : ! | posées, préventions au surplus qui sont:peu partagées, et qu'une observation même superficielle devrait faire disparaître. Leurenseignement,; certes ! s'élève assezhaut pour toutes les cxigences de ceux qui voudraient voir. dans chaque comté une école d’un. ordre supérieur.” Plus loin; M. Morin dit : »: | ‘ Dans ces écoles, la lecture, l'écriture, l’ortho- : :! graphe, c’est à-dire un peu de grammaire donnée à priori, :et les élémens du caïcul, sont un mini- : À v mum ; heureux les élèves si le maître peut y ajou: : -: a ter.la grammaire raisonnée; ‘l’histoire, la géogra-
phie ; les élémens, ‘bien exposés, en sont attrayans - ! q pour de jeunes intelligences, au delà de ce qu'on | êt
peut croire. La cosmozonie mosaïque, l’histoire: : cq du peuple juif, celle de la venue du Sauveur et Ré-’ : ! ce parateur divin, sont les premières notions à incul- m quer. Si l'on a le bonheur d'avoir uuiformité de ! é eroyance parmi les parens dont les enfans fréquen- L et tent l’école, la direction, l'intervention même du c prêtre ou ministre, s'il en a le loisir comme:il en aura partout le zèle, pourra faire beaucoup plus,’
et rendre complète une instruction qui nè lé serait pas sans cela. Que si l'on en est venu à la division des écoles, permise comme de nécéssité à la minorité, l'on a les mêmes cart EE sous le a à poît religieux.”
L'extrait suivant, le dernier que nous ferons, renferme un conseil qui s'adresse aux jeunes gens venant de tériminer leurs études classiques.
‘“ Il ne me reste plus qu’un mot à dire ou piutôt à répéter. C’est que le grand vice de notre instruction est son défaut d'actualité. Conduisons ensemble, s’il est possible, la:leçon et l'application, le précepte et l'exemple ; lorsque nous ne le pourrons pas à notre satisfaction, faisons du moins comprendre à l'élève qu’il ne sait rien ou presque rien uw’usuel, et qu’il h’est muni que de jalons et de signes pour s’orienter et se reconnaître. J'ai vu des élèves de collége prétendre sérieusement à de hautes administrations, et j'aurais bien pu le faire moimême :] l'occasion s’eu était présentée. Le fait est qu’au sortir d’une école grande ou petite, on croit être rendu presque au terme de toute science y compris ses applications. J'étais décidément de cet avis à la fin de mes études de collége, et, avec mes condisciples, je mé nommais des homnus alors éminens et en évidence comme devant tout savoir et tout counaître : à peu près comme les étudians chinois doivent considérer le lettré qui a parcouru ses quatre-vingt-dix mille signes. Le remède se
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dans les suggestions qui précèdent. Dans tous les cas, l’humbl: ignorance vaut mieux que l’orgueilleuse présomption ; tâchons, dans les écoles qui portent ce nom comme dans la grande école du monde, d'être bien persuadé de l’étroitesse et de l'insuff-’ sance de nos connaissances et de nos vues ; nous y‘trouverons un encouragement à apprendre et surtout à nous en rapporter mieux à l'omnipotence et à l'omniscience du souverain Auteur de tout bien.” | Lord Metcalfe, affaibli depuis longtemps par une déplorable maladie, laissa subitement le Canada, le 26 novembre, 1845. Il mourait en Angleterre, le $ septembre de l’année suivante, âgé de 61 ans. Après le départ de lord Metcalfe, l'administration de la province fut confiée à lord Carthcart, commandant des forces militaires du Canada. Il fut nommé gouverneur-général, le 16 mars 1846, et, quatre jours après, il convoqua les chambres. Le ministère n'étant guère plus fort à cette session qu'il l'était à la session précédente, on tenta . d'opérer un rapprochement entre les libéraux et les conservateurs. Dans toutes ces négociations, MM. La Fontaine, Morin et Caron firent preuve de nobles sentiments en offrant de s’effacer, s’il était nécessaire, pour le bien du parti. Ils étaient encore prêts à faire des sacrifices personnels en s’alliant à un parti qu'ils avaient combattu, si, par ce moyen, ils pouvaient faire cesser l'agitation politique Là régnait depuis plus de deux aus,
C'est pendant cette session que fut réglée la question des biens dus Jésuites,au moyen d’une mesure
-provenant du gouvernement. Nous citons encore
Turcotte :
“ La loi pourvoyait, dit cet historien impartial et estimé, à ce que le revenu de ces biens, quise
. montait annuellement à £5,500, fût appliqué à
l'éducation commune dans le B2s-Canada. Pour l'année 1846, L 5,496 furent distribués aux institutions et aux colléges catholiques et protestants de premicr ordre ; mais ces biens ne se trouvaient pas appropriés au Bas-Canada seul ; on les avait réellement donnés aux catholiques et aux protéstants des deux provinces, puisque les allocations qui, en 1846 et plus tard, furent portées sur le revenu de ces biens, avaient été, jusque-là, puisées à même le fonds consolidé de la province. Aussitôt que la mesure du gouvernement fut connue du public, les évêques catholiques du Bas-Canada réclaméèrent ces biens dans une pétition à la légisiature. Ces biens, disaient-ils, avaient été donnés par les rois de France et par certains particuliers pour être employés à l'éducation des Français et à la
propagation de la foi catholique parmi les sauva- - ges, objets qui ne pouvaient être remplis que par
le ministère des évêques catholiques, et le parlement ne pouvait pas en changer la destination sans commettre une injustice envers les catholiques. Si ces biens leur étaient rendus, les évêques s'eugageaient à fonder une haute institution, où des
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chaires our le droit, la médecine cet les arts seraient établies, et à rendre compte à la législature de l'emploi des revenus de ces biens. +lcur réclamation fut inutile.
Ce fut en voin que M. Morin proposa de mettre ces biens à la disposition du clergé catholique di Bas-Canada pour les fins de l'éducation, et qu'il parla fortement en faveur de cette cause,. comme le firent aussi MM. La Fontaine, Drummond, Chauveau et Cauchon ; tout le parti ministériel, à l'ex ception de M. de Bleury, vota en corps pour la loi. De plus, tous les membres du Haut-Canada, y com-
‘pris M. Baldwin, s’unirent pour. enlever à l'Eglise de Rome ce qu’elle considérait à bon droit comme sa propriété, MM. Viger, Papineau et Taschereau furent sévèrement blâmés d'avoir voté pour une mesure .si peu libérale envers leurs coreligionuaires, Puisqu’its n'avaient pas assez d'influence. pour en empêcher l'introduction dans la chawbre, ils auraient dû 8e retirer : c'était la seule ligne de. conduite qu'ils eussent à tenir. Au cor “il législatif, MM. Bruneau et Massue protesté” ssi contre la mesure.”
La loi de milice, proposée par se ministère, passa sans opposition. C'était là le plus brau démenti : donné à .toutes les calomnies portées contre la ! P Joyauté des Bas-Canadiens. Le Dr E.-P. Taché ! le [depuis, sir Etienne] un des meilleurs amis qu'ait eus M: Morin, fit un discours très remarquäbié; par
* les sentiments de. patriotisme dont il était rempli.
ttre d'1 qu'il ime haul'ex a loi.
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glise mme Eau une aires.
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passa renti re la aché qu’ait lé, par
M. Taché, ont dit les journaux de l’époque, prenait rarement la parole ; mais, chaque fois qu’il le faisait, il ne manquait jamais de faire sensation par son éloquence mâle et par un langage raisonné. Nous ne pouvons résister au désir de donner un extrait du discours auquel nous venons de faire allusion, et dont une phrase est demeurée et a été mille fois répétée : ‘Si jamais ce pays cesse un jour d’être britannique, le dernier coup de canon tiré pour le maintien de la puissance auglaise, en
Amérique, le sera par uu bras canadien.”
Le Dr Taché, réfutant les calomnies répétées par uné certaine presse au sujet de la loyauté de notre race, rappela les exploits de nos compatriotes, en 1812, et se porta garant d’une conduite auisi héroïque et aussi honorable, si l'occasion se préseutait de nouveau. .
SE une bonne organisation de la milice, dit M. Taché, est si nécessaire, pourquoi le gouvernement a-t-il, depuis nos malheureux troublès de 1837 ct 38, laissé tomber cette arme de la défense nationale ? Si le 3ouvernement a cru voir un symtôme de désaffection générale, chez nos compa-
triotes, dans l'aîte de. quelques centaines d'hom-
mes qui ont pris les armes, poussés au déséspoir par des admimistrations flétries et condamnées par les premiers hommes d'Angleterre, le gouvernement s'est trompé : quatre-vingt-dix à cent mille hommes, composant !a milice canadienne, étaient
là et n’ont pas bougé ; 5 ont confinué à soufhir,
&'attendre, à espérer. Si la masse eût été entiè-
rement désaffectionnée, comme nos ennemis se
sont plu charitablement à le publier, il s'en fût suivi des conséquences incalculables, Il serait à désirer que le gouvernement voulût enfin tout de bon ouvrir les yeux et nous rendre justice ; et, oubliant et notre origine et l’impatience de quelques-uns des
nôtres, ne plus se ressouvenir que des servic :réels
que nous lui avons rendus ; ne plus se ressouvenir que de ces jours de gloire où nous avons combattu pour le maintien de ses possessions sur ce conti: nent ; que de ce jour mémorable où trois ou quatre cents hommes, tous Canadiens-Français, depuis le commandant jusqu’au dernier trompette, se couvrirent d’une gloire immortelle en repoussant les efforts d'une colonne de plus de huit mille combattants, préservant par là le sol de la patrie de la souillure de la trace des pas de l'étranger. Ce que nos pères ont fait, ce que nous avons fait nous-mêmés pour la défense de cette colonie, nos enfants
seraient encore prêts à le faire, si l'on voulait ren-
dre justice au pays.
“Notre loyauté, à nous, n’est pas une loyéutls de
spéculation, de louis, chelins et deniers ; nous ne !
l'avons pas constamment sur les lèvres, nous n’en
faisons pas un trafic. Nous sommes, par nos habi- |
tudes, par nos lois, par notre religion, comme:l'’a
très bien remarqué mon ami, l’honorable-dépnté de |
la cité de Québec, monarchistes et conservateurs.
Tout ce que uous demandons, c'est que justice nous |
ps
Le) mm em
ntièis se n fût à dée bon bhiant s des ; réels avenir nbattu -conti- U qua depuis
je. COUsant les
ombatie de la Ce que pus-mèenfants ait ren-
rauté de nous.ne ous n'en
OE habi- :
me :l'a sputé de | vateurs.
ticenous |
soit faite ; ‘et, si un cnnemi se présente, vous ver:
rez nos légeriet joyeux bataillons voler à sa rencontre-comme à un jour de fête et présenter hardiment leurs poitrines au fer de l'assaillant, Mais, disent nos détracteurs : “Vous êtes des mécontents ! ” Un député, qui u'est pas à son siége, nous disait, il y a quelques jours : ‘Vous êtes des rebelles, nous dirons des u/fras ; nous possédans seuls la loyäuté par excellence ! ”
‘Mille et mille pardons, messi.urs. Traites-nous comme les enfants d'une même mère ct non comme des bâtards ; un peu plus de justice égale, non dans les mots, mais dans les actes, et je réponds que, si jamais ce pays cesse un jour d’être britannique, le dernier coup de canon tiré pour le maintien de la puissance anglaise, en Amérique, le sera par un bras canadien.
“Mais si tout le monde convient que:la milice est nécessaire, je dois dire aue, pour rendre cette arme efficace et telle qu’elle doit être : un boule vard impénétrable contre l'agression étrangère, il hñporte de faite quelque chose pour le peuple, pour ce peuple qui souffre depuis si longtemps, Il faut que l'administration, quelle qu’elle soit, agisse de manière à ce que l'on ne voie plus, dans cette immense province du Canada, qu'une grande f2mille connue sous le nom de sujets britanniques,
‘ayant dans chacun de ses membres, quelles que
soient son origine et sa rroyance, les mêmes droits
, L'RSE
aux faveurs et à la protection du gouverne.
ment..." | Telle était la trempe des hommes de cette époque, qui luttaient avec M. Morin contre les injustices du parti anglais. Ils avaient leur franc-dire et leur bien-dire ; leur courage ne savait jamais se plier ‘en face d’un principe ; et, toujours sur la brèche, ils ne cédaient jamäis un pouce de terrain à l’ennemi, qui ne pouvait s'empêcher de les admirer, S'ils n’ont pas obtenu tout ce qu'ils auraient dû obtenir, c'est qu'ils avaient contre eux une majorité vénale. On ne se trompe pas en donn.. tt à cette époque de notre histoire rolitique le nom de Temps héroïques.
Cetie session fut prorogée le 9 juin, 1846. Quelques jours après, M. Viger donna sa démission. 4 Au mois de juillet suivant, peu de temps après la retraite de M. Viger, le gouverneur chargea M. Draper de s'adresser à quelques Canadiens-Français, dans le but de les cngageer à faire partie du ministère. M. Draper écrivit à M. Morin et à
M. Caron, non pas pour les prier de former une ! nouvelle administration, mais pour leur faire savoir 4 que lord Cathcart leur offrait le choix sur trois | porteteuilles du conseil exécutif. Cette démarche, comme celle qui avait été faite en 1845, n’aboutit | à rien. Ces deux chcfs libéraux ne se sentaient ! nullement disposés à siéger avec certains membres !
du cabinet. Île réclamaient, au nom de leur par-
tisans politiques, et ils avaient constitutionnelle.