‹ L'honorable A.-N. Morin [microforme]Chapitre 23 sur 41 · PRIRENT EE · texte numérisé non relu

PRIRENT EE

juio, 1854: elle avait été retardée par l'incen lie du palais législatif, à Québec. Cet édifice, ancien

palais de l’évêque catholique, avait été, près d'un d' demi-siècle (de 1791 à 1838), le théâtre des luttes ce politiques qui ont illustré l’histoire de notre pro- vé Vince. Le Dès le commencement de la session, des amende- C ments, qui équivalaient à un vote de non-confiance, | on furent adoptés par un vote de 42 contre 29. Ue de vote démontrait que M. Hincks était abandonné dela plupart de ses. partisans, tandis que M. Mo- Fr rin était encore soutenu par la majorité des libé- d: | raux du Bas Canada. sé des I] n’y avait pas encore une seule loi d'adopté= dt lorsque le gouverneur vint proroger les chambres, dat,

le 20 juin, ou 7 jours après leur réunion. Le 24, il se servait de la prérogative royale pose dissoudre le parlement et faire un appel au peup'e de la décision prise par l'assemblée législative. Le gouvérneur agissait ainsi d’après l'avis de ses ministres,

Cette détermination pgit l'opposition par surprise : ; elle s'attendait à être appelés à former un ministère. Aussi ne se gêna:t-elle pas pour blâmer le gouverneur, qui, cependant, n'avait enfreint aucun principe conititutionnel. [1)

PRRRRERECREERNCEREEEEENREREEEnEneenneERcEnencnnnnErnencnnnnecnnnncnEEnEnNNEnErONNNENTENOEPENPONNENENNENTONPNENUNR .—….—

(1) De tous les députés hostiles au gouvernement Hincks-Morin, celui qui manifesta son dépit le plus ouvertement fut M. Cauchon. Voir Le Journal de Québec de cette épbque,

Les élections eurent lieu au mois de juillet et d'août. La corruption se fit sur une si grande échelle que, dans certains endroits, le nombre de votes enregistrés dépassa le chiffre de la population totale.

Le parti ministériel eut l'avantage dans le Bas- Canada ; mais, dans l’autre section de la province, il se trouva en minorité, quoique M. Hincks y fût élu dans deux comtés,

Malgré ses nombreux et longs services, M. Morin perdit son élection dans Terrebonne contre M. G.-M. Prévost. Histoire répétée de l’ingratitude des hommes. Peu de temps après, le comté de Chicoutimi se fit un honneur de lui confier son mandat, et il le ft par acclamation. *

“M. Papineau, l’âme du parti libéral démocratique, refusa de briguer les suffrages populaires. Il se retira de la vie publique, d'où il n'aurait pas dû sortir, [1] après les troubles insurrectionnels, pour le bien de sa réputation et de sa gloire passées, La masse des Canadiens a blâmé avec sé-

| vérité sa conduite politique, depuis son retour 1 de l’exil : le témps et les événements ont donné raison au parti La Fontaine-Morin. Cependant, si ce grand patriote a pu se tromper, il n’en restéŸpas moins une des gloires nationales du Canada, un

CON NPEN OENEEENNEEEERRRErTEnRNnEtEnenEnnnnnnnnnnnnnnnnnnnners conne ENENNNNE se nee000p2000 0000000006 00000 …—

[1] Evidemment, Turcotte a voulu dire ici: 6ù {l . n'aurait pas dû rentrer ; ; Car, sutrement, il ya contre: sons.

de ses plus beaux ornements, Ses services passés seront toujours vivaces dans‘la mémoire des Cavadiens.”

Nous allons voir, maintenant, comment M. L.-O.

. David apprécie les événements qui se sont passés sur la scène politique, de 1851 à 1854, événements que nous avons cru devoir rapporter au long, afiu de mieux faire comprendre le rôle important qu'a joué le sujet de cette biographie.

‘“ M. Lafontaine (1) abandonna le pouvoir et la politique en mil huit cent cinquate et ur, M. Morin devint premier ministre du Bas:Canada, avec M. Hincks pour le Haut-Cauada.- Lors de la chute de cette administration, en mil huit cent cinquante-quatre, le chef du parti conservateur haut-Canadien, MeNab, forma avec M. Morin un gouvernement de coalition,

“ Les élections de mil huit cent cinquante-quatre avaient été acharnées ; des jeunes gens de ta-

lent, ardents et passionnés, avaient pris d'assaut

plusieurs comtés et venaient d'entrer dans la chambre...

# M. Morin, battu à Terrebonne, dans un comté qu'ilavait comblé de bienfaits et de témoignagnes

defpatriotisme, avait été obligé de se faire élire à

Chicoutimi. C'était le commencement. d’une époque où la popularité demandaït des qualités ou

Re mins vppsbomsatentetmiantetes ne mp nets nes pesant nm en ts ete test pen eue pes .….

ti C'est ainsi que vid écrit toujours le nom de M. La Fontain ne, M: Pari ge

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Le gin, le minist s'agit Cañtie

des défauts que M. Morin n'avait pas. M, Morim avait plutôt l'air d'un évêque en visite pastorale qu'un candidat en quête d’un comté ; il parlait avec la simplicité et la franchise du bon curé qui faitle prône à ses paroissiens depuis vingt-cinq ans.” à

Au sujet de cette élection que M. Morin perdit, à Terrebonne, une personne fort distinguée nous a communiqué le détail suivant :

‘“ Vous savez, nous a écrit cet ami de M. Morin, que le Canadien éminent dont vous écrivez ia vie, a perdu une élection dans le comté de Terrebonne qui lui devait trop pour ne pas se montrer iugrit.

Lors.-de la présentation: des candidats,son concurrent dit, pour se recommander aux électeurs : ‘ Vous savez, messieurs, que je suis un enfant du comté ; c'est au milieu de vous que j'ai acquis ce que je.possède.”

M. Morin repartit : ‘Il est vrai que je suis étranger au comté, maï3 j'y ai dépensé, pour son avantage, une grande partie de ce que j'ai pu acquérir ailleurs.”

Le malin. auteur de Za Pléiade rouge prète aux électeurs de Terrebonne, en cette occasion, le mot : Non-hunc, sed Barabbam.

Le cinquième parlement fut ouvert par lord Elgin, les septembre, 1854. Dès le premier jour, le ministère Hincks Morin subit un échec, iorsqu'il s'agit de. norimer l’orateur de la chambre. M. Caftier, lo eandidat ministériel, fut un par uve

majorité de trois voix. Les ministres considérèrent

ce vote comme un manque de confiance dans leur administration, et offrirent leur démission.

C’est alors que fut formé le ministère McNab- Morin, dont il a été dit un mot déjà, L:2s ministres du Bas Canada étaient tous les mêmes qui avaient formé le cabinet Hincks-Morin, c’est-à-

dire, à part de M. Morin : MM. E.-P. Taché, P.-J.-

O. Chauveau, J. Chabot et L.-T. Drummond.

Comme on le voit, c'étaient des hommes dévoués, ‘de talent, ct doués de tous les sentiments du pa-

triotisme le plus pur et le plus éclairé, La grande

majorité des Canadiens n'avaient cessé, depuis lour asteusion au pouvoir, en 1851, de leur donner toute leur confance, et cette même confiance ne leur fit pas défaut plus tard.

M. John-A. Macdonald (devenu sir /oln), formait partie de ce cabinet de coalition : il était le procureur général du Haut-Canada. Il avait alors acquis une grande expérience : avec ses talents incontestables et ses connaissances variées, il devait, avant longtemps, se placer au premier rang parmi nos hommes politiques. Au contact des députés bas-canadiens, il s'était dépouillé peu à peu de ses préjugés contre la race française et sa religion ; ct nous le voyons, de même que sir Allan, se montrer autsi juste et aussi généreux à notre égard qu'il avait été violent et injuste. |

Quelques écrivains, entre autres Bibaud, jeune, ont blämé M. Morin de s'être allié à sir Allan Mc.

LT dan

Nab, sans tenir compte des événements de cetté époque et de la position critique daus laquelle se

seraient trouvés de nouveau les Bas-Canadiens, si

tous leurs chefs s'étaient retirés du pouvoir. “ Les libéraux du Bas-Canada, dit Turcotte, ne crurent pas devoir refuser une alliance qu'ils

avaient été sur le point d'accepter en 1845- #71 [1]

aurtout lorsque c’étaient les conservateurs qui ve: paient à eux, et qui se soumettaient à leur politique et à leur programme. En effet, les chefs con-

servateurs, se conformant au vœu populaire, s’en-.

gagèrent à favoriser le règlement des réserves du clergé et de la tenure seigneuriale, la reconstruction du conseil législatif, enfin toutes les mesures de la politique libérale, préparées par le ministère Hincks-Morin. Oubliant donc les torts du passé,

les'anciennes rivalités politiques, les conservateurs

et les libéraux s’unirent, dans ce moment de crise, pour faire fonctionner la constitution. Chaque parti fit sa part de sacrifices : il en coûtait beaucoup aux conservateurs de mettre de côté les principes qui leur étaient chers ; de même, ilen coûtait

aux libéraux du Bas-Canada de foire cause com-. mune avec leurs ennemis, leurs oppresseurs d'au-

trefois.

6... La coalition des conservateurs et Fe libéraux modérés des deux sections de laprovince

était certainement le meilleur r parti qu'il y eût à.

CTP ESS CE EEE PEER PE PREREENTECCEREEEE EEE CREER CPCE PTE PPPOENERPEEPTECEERERECEE PRES once cms

Remarquons que les chefs libéraux avaient 6t6

[ bihxke d’avoir refusé cette alliance,

prendre, dans cette circonstance critique. Les deux

partis commandaient la majorité dans le Haut et

le Bas-Canada. D'ailleurs, les cleargrits etles dé- | mocrätes étaient trop peu nombreux ; et il n'y

avait pas d'allianco possible entre, ces derniers et les conservateurs, à cause de leurs principes trop L opposés. F

“Les coalitions ne sont pas tqujours justifiables : ti elles sont imposées par la force des événements, d comme une nécessité politique, justifiées par la él division des partis et par l'abandon des principes. ne L'histoire des gouvernements constitutionnels nous q:

en offrent plusieurs exemples.

“ Les conservateurs avaient rendu jusqu'alors LÉ toute alliance impossible avec les libéraux, à | ‘cause de leurs-vues dominatrices et exclusives ; mais, en répudiant leur opposition aux mesures libérales, ils abaissaierit la barrière qui les avait sépa. rés des libéraux. Le youvernement responsable, qu'ils avaient finalement reconnu, avait mis fin à leur ancienne politique et les avait transformés : ils se constituèrent en un nouveau parti : celui de et

conservateur-libérai. Ce. parti ainsi régénéré al. | le Jait marchér maintenant dans la voix modérée du | progrès et de la réforme.

“Les libéraux du Bas-Canada virent avec joie ce changement de la politique conservatrice. Ils avaient déjà fait trop de sacrifices pour maïntenir l'union avec les en ou libéraux ses Haut-

Canada.”

Loiu donc de trouver, avec certains écrivains

méticuleux, que M. Morin ait commis une faute en s'alliant, dans les circonstances que nous venons de rapporter, aux conservateurs de eetteé oqué, nous croyons au contraire qu'il donna une nouvelle preuve de ses sentiments de patriotisme et de son désintéressement ; car il est reconnu qué l’ingratitude des électeurs de Terrebonne l'avait dégoûté de la vie publique et qu'il avait décidé, après cette élection, de se retirer de la scène politique. D'ailleurs, sa sañté commençait déjà à décliner, quoiqu'il n’eût alors que 51 ans. |

Ea annonçant la formation du ministère, en chambre, M. Morin déc'ara que ni lui ai ses collègues n'avaient fait l'abandon d'aucun de leurs prin: cipes ; que les mesures préparées par la dernière aduwinistration reviendraient sur le tapis, et que les conservateurs s'étaient engagés à favoriser la séeularisation des réserves du clergé, l'abolition de la tenure seisneuriale, etc.

L'adresse fut emportée à une grande majorité, et les amendements de la gauche n “obtient Lis | le tiers des votes.

La première mejure du cabinet MoNab. Morin fut celle qui ratifiait le, traité de réciprocité commerciale entre le Canada, le Nouveau-BrunSwick, | la Nouvelle-Ecosse, l'île du prince Edouard'et lés Etats-Unis.

Le procureur général, M. Drummond, prétenta, au nôm du ministère, un projet de loi aux fins

” LTÉE

d’abolir les droits et les devoirs féodaux dans le Bas Canada. C'était à peu près la même mesure que le conseil législatif avait rejetée à la session précédente. C'était un travail hérissé de difficultés, vu les divers intérêts en jeu et qu’il fallait concilier. Plusieurs autres projets avaient été proposés par M. T.-0. Taché, par M. Archambault, par la convention de Montréal, etc., preuve que la solu-

tion de la tenure seigneuriale était une question .

difficile à régler de manière à la rendre acceptable à tout le monde. ;

Après avoir subi plusieurs modifications, le projet ministériel passa dans l’affirmative par une majcsité de 39 voix.

Cette loi nommait des commissaires chargés de faire les cadastres dans les seigneuries, et elle créait un tribunal su cour scigneuriale, ayant le pou- .voir de décider les points de droit qui devraient être soumis aux commissaires, afin de constater les droits réels des seigneurs et ceux que les censitaires pourraient rarheter.

Cette cour seigneuriale s'assembla, le 4 septem- . bre, 1865, sous la présidence de Sir Louis-H. La Fontsine. Les. jug's de cette cour étaient, vutre .M. La Fontaine : MM. Morin, Duval, Caron, MondeletgBowen, Aylwin, Day, Smith, Yahoo Me- - .reüith, Short et Badgley.

La loi seigneuriale a été, sans aucun doute, d'un grand avantage à l'industriel et au cultivateur ; S'un autre côté, elle a aboli un système qui était

ain ss peut-être lé meilleur, au commencement de la co- Jonie, mais qui ne convenait plus à notre siècle, Ce fut donc ure amélioration qui a été considérée comme étant la plus grande ct la plus utile qui se soit opérée, par l'entremise de: la législature, sous Je régime de l'Union. Cette loi sera toujours là “Comme un monument impérissable des chefs libé- ‘raux : MM. La Fontaine et Morin. Ce qu'il y a de bien remarquable, c'est que ce changement d’un système né avec le pays et qui s'y trouvait profon- . dément enraciné »ar plus de deux siècles d’existence, s’est fait de la manière ia plus paisible, ‘ C'était, comme l’a dit M. La Fontaine, toute une révolution dans nos institutions ; et cetic révolution, qui, dans d'autres pays, n'aurait pu s’opérer ” ‘sans effusion de sang et sans remuer l'édifice so. elai jusque dans ses fondements, s’accomplit paisiblement, à l'honneur de la population, sans trouble. et sans aucune commotion.”

Lord Elgin sanctionna les actes de la première partie de la session de 1854,avant son Cépart, qui e t lieu le 19 décembre. Le nm de ce gouverneur sera toujours en grande estime oarmi la population du Bas Canada, qui à la mémoire du cœur et qui saura toujours trouver la distance qui sépare un Durham et un Sydenham d’un Bagot et d'ur Elgin.

Il y eut ur ajournement des chambres du 18 | décembre, 1854, jusqu'au 23 février, 1855. | F … Le successeur de Lord &lgin fut Sir Edmond-

SA HS SSL PE ct CUS fe NAS MD PU RE MEANS CR VE AE LS ANSE OR SRE CL

DENT AT VON d Va.

Walker Head. Nommé gouverneur le 21 septem-

univ

bre, 184, il ne prit les rênes de l’administration È batti

que le jour où Lord Elgin les lui remettait : le 19 ‘ de se décembre suivant, | | bles «

Peu de temps après, M. Morin se retirait du mi- nistre

nistère, l’état de sa santé, comme il l'avait déjà È gran déclaré à ses collégues, ne lui permettant plus de E de 8p continuer d'occuper la charge de commissaire ou | aussi ministre des terres de la couronne et celle de pre- à jours

mier ministre du Bas-Canada. MM. Duval et pressi. Caron avaient remplacé les juges Panet et Ro:land, D Dbovci

| le premier décédé, et l’autre à sa retraite. Onof- 1 rester: frit alors à M. Morin et à M. Badgley de rempla- | distinc é cer MM. Duval et Caron comme juges de la cour | De supérieure. Le 27 janvier, 1855, ils acceptaient E avec t

tous les deux cette position honorable. M, Morin | “M

avait alors 51 ans et quelques mois. et de's

M. Morin, dit ‘Turcotte, avait certainement défaite toutes les qualités qui conviennent à un juge : con- À ctréo naissances approfondies de la loi, bon jugement, | muinistr amour du travail La confiance qu'on avait eue juge de jusqu'alors en lui, le suivit sur le banc judiciaire, | mil huit qu'il orna par ses vastes connaissances, par son in- 1 “Ja tégrité et ses vertus. Ii rendait plus tard d’émi- D etplus nents services comme commissaire de la codifica- L “Ave tion des lois civiles, et comme doyen de la faculté Œ Dphiloso: de droit, à l’Université-Laval.” pliquai

Puis au sujet de sa retraite du ministère et de la sait ses vie politique, le même écrivain a dit avec raison : Re ut “ La retraite de M. Morin causa des regrets

universels. Ce véritable patriote, après avoir combattu un quart de siècle pour conquérir la liberté de ses Concitoyens, laissa des souvenirs impérissables-dé droïture et d’intégrité. Bien qu'il fût ministre pendant l’épojue des chemins de fer et des grands traveus publics, qui donnèrent lieu à tant de spéculations irdividuelles, il sortit du cabinet aussi pur qu'il y était entré. Sa conduite fut toujours noble et‘exempte de tout blâme, Il fut l’expression parfaite de l'honnête h:mme politique, du boucitoyén et du sincère catholique. Sa mémoire restéra eh véuération parmi les Canadiens, sans distinction d'origine.”

De.son côté, voici ce qu'a écrit M. L..0. David avec tout autant de vérité :

“M, Morin, après trente années de dévouement et de sacrifices à son pays, comprit la portée de sa défaite ; (1) il vit que son rôle politique était fini, et résolut de consacrer le reste de ses jours à l’admuinistration de la justice. [l accepta la charge de juge-de la cour supérieure, à la fin de la session de mil huit cent cinquante-cinq.

‘Jamais juge ne fut plus intègre, plié impartial et plus pénétré de la grandeur de ses fonctions.

“Avec quelle science il discutait l'origine et la philosophie du droit, et avéc quelle justice il appliquait la loi ! Combien de fois il passait et repassait ses décisions au creuset dé la justice l”’

Mnnnsrsssanesamsanensanesnanannemannn nant eme ennsntasenanentssssannnnns (iééétnandanbansenseensetesanséatenesne nan mens tant hs sean nee

(1) Dans le comté de Terrebonne.

Lors de l'inauguration de l’Université Laval, le 21 septembre, 1854, M. Morin, déjà nommé pro:

fesseur de droit à cette grande et noble institution, reçut le diplôme de docteur en droit en: même temps que M. Crémazie.

Le projet de loi ministériel qui ordonnait Ja codification des lois civiles du Bas-Canada, fut du nombre des actes législatifs les plus importants passés sous l’Union : c'était l’œuvre de M. Cartier. On sait que le Bas-Canada avait subi une révolution légale par l'abolition de son ‘;stème seigneu-

rial Le moment était donc venu de démèler les lois du pays restant en force, et favorables à la codification des lois civiles et des lois de procédure, Ce travail devait se faire par trois commissaires, ayant deux secrétaires: On devait d'abord classer et coordonner les lois en force, et mentionner, à chaque article, l'autorité sur laquelle on s'était appuyé. Ce premier travail, qui était assigné aux commissaires, ou codificateurs, devait être soumis ensuite aux juges, puis au gouvernement, qui en ferait une mesure publique,

‘La nécessité de la codification [1] se faisait gravement sentir, comme le remarqua M. Cartier, parce que le Bas-Canada cest peuplé d'hommes aux origines différentes. La connaissance du droit civil ne pouvait être mis à la portée de tous que par le moyen de la codification ; de plus, les sources

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(1) Turcotte,

d'où.

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dans le dierait Com allait ê exiger € des con nement . Cateurs fant ce cette œ:

On s'est attaché ; manièro terminé même o “Cha de la cod Day et une arde abréger confié ce

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d'où.sont tirées ces lois sont si variées, que leur connaissance exige de grandes recherches. Une partie de ces lois. a été empruntée au droit romain, ou prise de la Coutume.de Paris ; les autres sont consignées dans les édits et ordonnances, et dansles statuts provinciaux. La codification remédierait donc à ces grands inconvénients.”

Comme on le voit, la tâche des codificateurs allait être difficile, longue et pénible. Elle allait exiger des hommes de grands talents et possédant des connaissances légales supérieures. Le gouvernement fit un choix judicieux en nommant codifcateurs MM. Morin, Caron et Day, en leur confiant ce travail gigantesque. Ils commencèrent cette œuvre en 1859, et la terminèrent en 1864. On s'est accordé à reconnaître que M. Morin a attaché son nom à la codification de nos lois d’une manière impérissable, Coïncidence étrange, le code, terminé en 1864, devenait en force en 1865, l’année même où M. Morin décédait.

“Chargé, en mil huit cent cinquante-neuf, [1] de la codification de no3 lois avec les honorables Day et Caron, il se livra à ce grand travail avec une ardeur et une application qui contribuërent à abréger ses jours précieux. Ceux qui lui ont confié cette tiche glorieuse ne pouvaient attacher un plus grand nom à une œuvre nationale. Ses magnifiques rapports sur les Testaments, les Do-

LLSLERELECCECECENOCCRENOECEERECECECCEPPECECCOOEEEEEEERENEREREECERERE EEE PE CC EEEEEEOECSENOEEECEEREEEREREREEEREENENRNRE

[1] M. L.-0. David.

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hations et la Prescription appreudront à la posté- le com rité toute l'étendue et la profondeur de cette intel- l'enlev: ligence.” | bien ai:

Ajoutous encore que Geo.-Et. Cartier, d'illustre 4 compat mémoire, et excellent juge en ces matières, rendit Æ «Co justice au mérite de ce travail précieux, en le pré- Jes Car sentant à la législature. Il expliqua l'œuvre des D éminent ù trois jurisconsultes distingués, les principes qui les tionales avaient guidés, et les résultats qu'ils avaient ob- casions, tenus. Il dit què les commissaires avaient fait un Æ supérieu

code aussi complet et aussi sage que celui d’au- “Le cune nation, et que leur travail pouvait prendre hommes place à côté des codes Justinien et Napoléon. y avait à ‘ Le travail des codificateurs, ajouta M, Cartier, M était dés

* a été fait à l'imitation du code français, ét, 2n mar: Æ sant la chant sur ses traces, il n’y avait aucune crainte de d'uu jur

ne pas réussir... Si le Bas-Canada veut grandir, M mourait 1 s’il veut conserver son individualité et sa nationa- qua..sir lité, rien ne sera plus capable de réaliser ses espé- Æ tous les rances que l'adoption d’un code de loi. Quandles @ tant au lois du Bas-Canada pourront être mieux connues, & férer, lor que l'étude et l'application en seront plus faciles, Æ time illus nos voisins du Haut-Canada nous l'emprunteront, 4 Ces d «til aura son influence dans la confédération, si si grand elle a lieu.” [1] D cause de

Le 27 juillet, 1865, fut un jour de grand deuil raient à d pour tout le pays. Ce jour-là, l'honorable AuGus- Æ de 62 ans TiN-NoRBErT Mori mourait à Sainte-Adèle, dans | D'un a

PPPETEPETE ELITE CECILE res CCTECEPCEPOCERPEEPECCEPOEEEEOEEONEECERECEEESEEEEONENEEEEEEEEEEEEEE EEE EEE NET ENT TT CT III LILI LL : és FA RS

[1] M. Cartier pronongait ces paroles en 1865. (1) Au

le comté de Terrebonne : une maladie de cœur l'enlevait subitement à l'affection de son épousé bien aimée et à l'amitié fianche et sincère de ses compatriotes, sans aucune exception.

‘“ Comme l’a justement dit un de nos écrivains, les Canadiens perdaient en lui un jurisconsulte éminent, un vétéran distingué de nos luttes nationales, enfin une intelligence qni, en diverses occasions, a fait preuve d’une force de conception supérieure peut-être à toutes celles de son temps.

‘““Le Bas-Canada perdait ceup sur coup ses hommes les plus vénérés, les plus populaires, Il y avait à peine un an que sir Louis-H. La Fontaine était déscendu prématurément dans la tombe, laissant la réputation d’un giand homme d'ét:. et d'uu jurisconsulte distingué. Sir Etienne

* mourait le 29 juillet, 1865, chargé, comme le re.aar-

qua sir Narcisse Belleau, son successeur, [1] de tous les honneurs que sa souveraine, son représentant au Canada et le peuple pouvaient lui conférer, lorsque la mort vint frapper une autre victime illustre : l'honorable juge Morin.”

Ces deux amis d'enfance, ces deux homunes de si grand mérite et de dévouement inaltérables à la cause de leur pays, MM. Taché et Morin, mouraient à deux jours l’un de l’autre, M. Morin à l'âge de 62 ans.

D'un autre côté, un écrivain que nous avons cité

LOPCEEPEENENEEPPEPEEEEC PP COCECEE CEE ECCPCECE ER ECEREECERCPCRSEECEREPEORET EC EPREEECCER CR SPORE CREER ss

(1) Au cabinet minis iel,

plusieurs fois, au cours de cette biographie, M. L. O. David, a écrit, au sujet du deuil universel causé par le décès de M, Morin, les belles remarques que nous allons rapporter en entier.

“L'œuvre était couronnée, (1) le parlement venait de le sanctionner, et l’illustre juge était à se renoser de ses fatigues, à Ste-Adèle, dans la familie du Dr Lachaîne (sa retraite bien-aiméeŸ, lorsque le

glas funèbre jeta dans les cœurs attristés .a nou-

velle de sa mort. Une maladie promrnte avait eulevé au pays cette admirable existence.

“La douleur publique se manifesta de la manière la plus touchante ; le pays tout entier n’eut qu’une voix pour déplorer la perte d’un si grand et si honnête citoyen. Les populations accoururent autour du char funèbre qui emportait sa dépuille mortelle, à travers nos campagnes, vers la tombe que sa famille luï avait préparée à Saint-Hyacinthe. On venait de tous côtés saluer une dernière fois ce bon M. Morin, et on entendait dans la foule des voix qui disaient ‘qu’un tel homme n'aurait pas dû mourir.”

Le lecteur lira avec plaisir les dernières pages de la biographie abrégée qu'a faite M. David. Elles renferment des considérations aussi belles, auesi vraies qu’elles sont bien exprimées.

“M. Morin avait la taille haute et courbée ; tout dans son extérieur, ses manières et sa physionomie

D 2 DELL CEE CCECOPECEEPECECOEECECEECCEC ECO EEE CEPCCEEE CCE ECC CEEEEE CECECEEECCCCERECECECEECECCER EEE ENT ENNENT COTE T ! 1 LL 2

[1] Le travail de la codification.

respira posséd degté.

a de pli maine ; tion et.

mission bonnes “Ser\ nique o ses trav añnées vreté co gences c les intri, jours le de cette plaisir à "66 La lé désert coup pl ons fleur “Cette par deux Il consa ses dev dérober tions de pouvoir heures d

L74 mm

respirait la modestie, l1 bonté et la douceur ; et il possédait en cffet toutes ces qualités à ur haut degté. Il avait la quintescence de tout ce qu'il y a de plus noble, de plus grand daus la nature humaine ; son âme débordait de charité, d’abnégation et de dévouement. La vie était pour lui une mission, un sacrifice continuel, un enchaîncment de bonnes actidns.

“Servir Dieu, son pays et ses semblables fut l’unique objet de ses aspirations, le but constant de ses travaux et de ses efforts, depuis ses premièæs années jusqu’à ses derniers jours. Dans la pauvreté comme dans l'abondance, au milieu des exigences du monde et de la politique, à travers toutes les intrigucs et les influences pernicieuses, il fut toujours le même ; jamais rien ne put flétrir les fleurs de cette belle âme que Dieu semblait avoir pris plaisir à orner de ses dons les plus précieux.

‘# La vertu est belle sans doute, dans le cloître, lé désert, le sanctuaire, mais elle nous paraît beaucoup plus admirable encore, lorsque nous la voyons fleurir au milieu d'éléments si déiétères.

‘Cette riche nature était fécondée, alimentée par deux sources iutarissables : la foi et la piété. Il consacrait à la prière et à l'accomplissement de ses devoirs religieux tous les instants qu’il pouvait dérober au monde, aux affaires et aux présccupations de la politique. Dans le temps même où le pouvoir absorbait plus complètement toutes les heures de sa vie, lorsque ses collègues ne pou-

An MARIE.) At, 1,4" té PONT AR ELU RE TE gd PE à it DENTS UT In à 1” ue % + : | . TA 1 Ÿ

vaient le trouver à son-travail ordinaire, ils l'envoy-

aient chercher à l'église. le ‘Comment ne pas aimer la religion, quand elle | g

nous apparaît sous de pareilles couleurs? Qui peut | nier qu'elle ne soit, pour l’âme qui sait la compren- ne | dre et la pratiquer, le plus puissant élément de per- de | fection morale ct intellectuelle ? D de D “A, Morin n'a pu échapper aux défauts de ses Qu & qualités, à l'exagération de ses heureuses disposi- | ia D tions; sa délicatesse de conscience, dégénérait gue quelquefsvis cn scrupules, ct son humilité, sa dou- is: ceur en faiblesse, 11 n'avait pas l'énergie et l'ha- don bileté nécessaires au. chef d’un parti politique, au is

plutôt fait le. ministre d’un roi co:ume Henri IY : il eût été un autre Sully.

“Cependant, :cet homme si timide, ei Jisible et

| } | | | L L3 ’ D ‘4 ministre d'un gouvernement responsable : il eût | | | | si doux, incapable de contredire et de froisser un

| enfant, était susceptible de pousser le courage et l'héroïsme jusqu'à la ‘mort en façe d'un devoir à | remplir, d'un principe à défendre. Il eût avec joie | versé son sang pour sauver sa nationalité et. glori- | fier sa patrie bien-aimée. Les destinées, le pro- | grès et l'agrandissement: de son pays le préoecu- | paient constamment ; le patriotisme inspirait tous ses actes, toutes ses pensées.

| “Convaincu que l'agriculture et la colonisation | étaient les deux bases:leÿ plus solides de notre ave. pir, il ne se, borna pas à les encourager .par des mesures publiques et des. discours; il travailla à

les promouvoir par des actes, des œuvres de dévouement porsonnel.

Il acheta des terres dans les cantons qui portent éon nom, ouvrit des chemins, établit des fermes, des moulins, et forma des noyaux de’popuülation qui . sont aujourd'hui -de belles et florissantes paroisses. Qui dira sa sollicitude, ses sacrifices pour ces petites colonies, où il amait à aller si souvent prodiguer des secours et des encouragements ?, Il aurait voulu ‘en faire.de vrais petits paradis terrestres, dont it eût été le dieu bienfaisant, ‘Foute son ambition, dépuis longtemps, était de se faire uh revenu suffisant pour aller passer le reste de ses jours au milieu de ces rudes populations des montagnenr. H devait mettre ce projet. à exécution aussitôt le travail de la codification ni. À

“ Quelques traits cueillis au hasard sur le bord du chemie parcouru pâr ce grând homme, dônneront l'idée des brillantes qualités que nous venons d'énuümérer.

4 Dans le temps qu’it pratiquaie à Moninent: comme avocat, un mendiant, encouragé par sa charité et sa patience, avait pris l'habitude d’allér-à son bureau-tous les jouts, souven:. plusieurs fois: déhs une même journée. Un jour, M: ‘Morin étant très occupé, fut troublé par l'arrivée dé’ son mendiant qui venait de passer au bureau. ‘Il s'approctie de luij dé peu impatienté, ét lui di, du'ton te plus doux qu'il ‘put prendre: ‘ Dites-donc, mon ami, vrainisht vous n'êtes pas mt pue n'êtes

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pas un honnête homme.” Le mendiant partit, l'air

sufpris et mécontent. Il avait à peine franchi:le

potte que M. Morin, tout bouleversé, se mit à cou:

rir apré lui,.nu-tête, dans la rue;.et lui dit en l'a-

bordant: ‘“ Mon bon ami,.je vous. demande bien

pardon ; je me suis servi d’une expression trop

dure ; je n'ai pas ew l'intention :de vous accuser | d'être: un choses homme ; non, non, je vous

l'assure.”

“Lorsqu'il allait dan ses cnhtèle. où. at le monde lui devait, au lieu de collecter, commé il:

s'était promis de. le faire en partant, il. vilait ses poches et-empruntait de l'argent pour revenir.

‘“ Un jour, un colon qui lui devait une vingtaine de piastres depuis longtemps, avait reçu une lettre sévère lui‘enjoignant de lé payer: Îl:se rend auprès. de M. Morin. et lui expose . sa pauvreté, le nombre de ses enfants,.etc., etc. ‘ Oui, oui, mon bon. ami, vous devez avoir beaucoup de misère en. effet ; vous avez une si nombreuse famille; ones, prenez ces cinq piastres; ça vous aidera” , .:

‘M, Villemure, son Agent, qui demeure. à St- Jérôme, dit que ces scènes. n'étaient pas rares, : :

“Quand il faisait travailler. quelqu'uo, il avait bien soin de lui recommander de lui ‘4arger assez cher pour.vivre, et souvent il leur donnait quoique chose de plus oue le prix demandé.

“ Il était l'avocat de tousiles clients qui ne-paient pes ; ÿ il distribuait les conseils à droite et à gauche,

sans se soucier sion les paierait, et il acceptait ée- -

qu'on lui donnait. Cette clientèle s'était tellement

attachée à lui, à Québec, que lorsqu'il fut devenu +} juge, elle voulut continuer d'avoir ses services. mie 1 C'était trop fort, il fut obligé de lui fermer sa porte, a L' | ée-qui lui fit beaucoup de-peine.

D À, ‘* [1 ‘rendait : indistinctement toutes les visites" " | - qu'on lui faisait ; plusieurs fois, on le rencontra 18: ! frappant à Ja porte d'an étudiant qui habitait des | LI mansardes ; et il était premier ministre ou juge de le : 1 ‘la cout d'appel QUE Ê il | , “Il avait coutume dedire, dans ses discours au es | “peuplé, en réponse aux accusations de ses adversaires, qu'il était loin d'être parfait ; qu'il faisait ine : tous ses efforts pour faire du bien, mais qh'il-ne rére : Assissait pas aitant qu'il ledésirait; que pour lui, au E il n'avit.rien à diré contre ses'aiversaires." Il faut le À #vouer que de pareils discours tratrsiont Pas un non : grand Succès’ aëjourd’hüi. sé orn n d en. | 154 Après s4 .défaitésà Pérréborine; eh: ai huit nez, “cent cinquavte-quatre, il écrivait 4 °M. Villemure

‘de bien prendre gârde de’ñe pas molester ceux + qui avaient vôté contre lui, dé demander plutôt de.

‘l'argent, ‘s'ilsen avait 2 Pre à ceux à svaient supporté sa/candidatares ©"?

:r# Malgré dù svhnibilite naturelle, il” paraissait ‘inaccessible à la ratiouné et Kia vetgeance, ‘et n’a- “wait pas même l'air’ dé savoir si cétix à qui il faisait Je bien discrete en 1e amis 6 LA ses enchemis.

thé pics joe, u ‘rencontré x: à Chain cé lui

avait vivement recommandé quelqü'un pour un emploi publis ; il s'avance vers lui, le chapeau bas, comme toujours, et commence par dire, suivant sa coutume, combien il était heureux de le voir, le prie de lui pardonner de n'avoir pu lui accorder sa demande, et lui assure qu’il allait faire comme pour luimême. “ Donnez-vous-en bien de garde, reptit M. Chauveau ; occupez-vous-en comme si . c'était votre ennemi, et je serai sûr de son suce ., Cette fine dcr —. magnifiquement oelui qui en était l’objet.

., #Ilavait autant de talents que de qualités, autant d’aptitudes intellectuelles que de vertus. . #1TFy a eu dans ce pays,” dit M. Chauveau, ‘“ peu d’esprits plusinstruits et. plus curieux dé s'in- . Struire sur.toutes. sortes. de sujets... Il s'est occupé activement et avec succès d’une immense variété de sujets : droit romain èt droit moderne, théologie. et droit ecclésiastique, sciences, agri-, culture: instruction: publique, littérature, poésie, finences, statistiques, langues anciennes et langues modernes, rien ne semblait au-dessus niau-dessous . de ses recherches ni de son ambition de savoir...” . # Tous ses contemporains rendent deluile même témoignage. . Le savant M..Aubry, ex-professeur de J'Université-Laval, qui avait. connu .bien des grands hommes à Paris, disait gr re contré un-talent plus large et plus aniversel Mal heureusement, à l'exception de la codification.de nos lois, dont il partagera l'honneur avec ses hons-

si D © rables collègues, M. Morin, comme tous les homas, 1 mes de son époque, ne laisse aucune œuvre durasa ble après lui, aucun monument digne de son génie. sis L'histoire de sa vie vaut bien, il est vrai, tous les de- || chefs-d'œuvre qu'il aurait pu faire ; ses vertus et ses our à mérites seront un des plus beaux monuments élevés nes M àlagloire et à l'honneur de la nationalité canasi L dienne-française ; ils continueront après sa mort, ès.’ | comme pendant sa vie, à faire aimer et res- . qui | pecter une nationalité qui peut produire de tels hommes.” - ; au | Dans la biographie dont nous venons de donner | le dernier extrait, M. David a omis un autre trait eau, qu'ilrapporte dans la biographie de sir L.-H.

Fontaine. Ilesttrop beau pour que nous ie passions sous:silence. Le voici tel que l'a écrit M. David : à

“Hi [M. La Fontaine] se joignit à MM. Viger, + | 1 Duvernay et Morin pour diriger le mouvement na. | tional, dans le-district de Montréal, prit ia parole dans les assemblées publiques, contribua aux pre miers succès de Za Minerve, et contracta avec M. Morin cette amitié remarquable qui leur fut si utile à tous deux, et que la mort seule put briser.

4 M. Morin, timide et modeste, trouva-dans M. Lafontaine la direction énergique dont il avait besoin. Racontons, en passant, un fait qui donnera une idée de l'amitié de ces deux he hommes et de lour caractère.

#:M, Morin avait l'habitude:de PRE aux pauvres jusqu'à son dernier sou, et même, souvent, de :

rembourser les clients dont il avait perdu les causes, de sorte que, sa pension payée, il ne lui restait ja- maïs d'argent pour s'habiller. Un jour, M. La Fontaine lui dit qu'il ne voulait plus le voir paraître dans les rues avec l'accoutrement bizarre qu’il portait, que c'était un scandale, Il Jui mit vingt cinq louis en mains et lui enjoignit d'aller s‘habiller: M. Morin s’en allait chez un taiileurs lorsqu'il rencontre un client malheureux: dont ïl avait. rerdlu le procès : le client l'attendrit’ tellement sur son sort et sur le résultat de co procés, que M: Mori ini mit les vingt-cinq louis entre les . mains’en lui recommaudant: bien de ne pas en parler à M.-Lafontaine.: Mais M. Lafontaine, le voyant toujours avec la même toifette, les jours sui- . vants, se-décida: à lui demander.des explications, «M. Morin hésita un: moment,:mais) ne pouvant mentir, il finit par raconter l'affaire: M. Lafontaine -: le:gourmanda, malgré l'envie de rire qu'il avait, et lui dit -qu'il était décidé, cette fois,;-à l'emporter. ‘Il l'emmena chez un tailleur et lui: fit faire un ha- + billement complet.” 7 «

Nous aussi, nous avons recueilli, à Québec, dut qués traits qui font voir combien était compatissante, l'âme de M.-Morin. ‘Enpréssons-nous de les enregistrer avant qu'ils ne s’oublient,

: La porte de sa d'meure, à Québec, sur la rue Sainte Ursule et su: ia rue d'Auteuil, ; était littéralement-assiégée, du matin-au soir, par une foule de meudiants, - On: savait que: Madame Morin; toût

auses, tait ja- M. La oir pabizarre Jui mit d'aller ailleurs dont il it telleprocès, entre les “pas eu taine; le ours Suilications.

pouvant fontaine avait, et dt porter.

e un ha-

bec, quel-

ompatis

s-nous de

ar la rue itlittérae fouie de orin; tout

aussi bien que son noble époux, ne refusait jamais de faire l'aumône à tous ceux 4 tendaient la main, et il y'avait foule.

Madame Vachon, dont le nom a déjà été mentionné comme ménagère de M. et de Mme Morin, raconte avec émotion les traits de chärité dont elle a été témoin dans cette maison où habitait la vertu thévlogale par excellence : l'amour du prochain, C'est ainsi qu'elle a vu ce couple modèle se dépouiller des habits -qu'il portait, pour les donner aux pauvres. Elle nous a assuré avoir vu souvent M. Morin n'ayant pas un deuxième vêtement.

Un jour, cette même ménagère (Mme Vachon); répondait à un coup de sonnette que. ciuquante : mendiants, én moyenne, mettaient en branle, tous les jours... Croyant avec raison qu'il s'agissait de répondre à un des nombreux visiteurs, elle ouvre la,.porte:et présente ‘une large tränche de pain. Au lieu d'un meudiant, c'était M. Morin luimême, qui revenait chez Jui plus tôt que de coutume.: En voyant ce morceau de pain destiné à un de ses amis, M. Morin ne put s'empêcher de sourire et il ajouta : “C’est bien, Marie ; donnez à tous les pauvres qui se présentent. Qui sait ? peut-être,un jour, serai-je obligé de demander mon pain : Dieu donne et ôte à qui il lui plaît: D'ailleurs, la, charité n’appauvrit pos celui qui la fait par amour-pour Dieu.”

Madame Vachon raconte encorë que cet homme charitable et sa digne épouse faisaient venir de

leur ferme de Sainte-Adèle de 3 à 4 tinettes de beurre à la fois ; qu'ils achetaient des pièces entières de coton, etc, etc, et tout cela pour leur #0 breuse pratique.

Lorsque ces amis dés pauvres demeuraient sur la rue Sainte Ursule, M. Morin fut retenu par la maladie à la maison, l'espace de 3 ou 4 sémaïnés. Un jour qu'il était couché sur un sofa,-causäint âvec Madame Morin, leur: ménagère enteudit le bout de conversation qui suit :-—Si je mourais, ta chère femme, sais-tu que je ne te quitterais que peu de. chose pour vivre.

— Eh bien ! mon cher, reprit cette épouse modèke, Dieu me remettra ce :que nous. lui avons

* donné dans la personne de ses pauvres,

— Je pense, reprit M. Morin, que, sans refuser tout à fait à tous ceux qui tendent la maïn, nous pourrions leur donner moius lafgement, à l'avenir... mais il faudra que tu m’arrêtes,que tu m'émpêches de donnër comme par le passé ; car, c'est plus fort que moi, la vue des malheureux m'affigeÿ me remué. profondénient, et il faut qué je donne, Je crois que j'ai été imprévoyant : à l'avenir, tu seras la dispennatrice des aumônes que nous pourrons faire ; mais que je de voie-pas les pauvres gites rouge car je. pourrais m'oublier, :

: Cé coùr d'or se peignait lui-même: deos di ntimi: té. Il sst presque inutile d’ajoutef qu'ilavait-rai: ‘on. de craindre de souper, car il fut prodigue: à d'égard dès malheureux jusqu'à Fhoure de sé mort,

En EE

# Le cour mène où il va”, dit un vieux proverbe.

Un jour que madame Morin était sortie, dit encore Mme Vachon, je répondais à un coup de sonnette. En ouvrant la ‘porte, j aperçois une Irlandaise en haillons, à moitié ivre et portant dans ses bras un jeune enfant. C'était en hiver et il faisait bien froid, M. Morin allait sortir ; mais, à la vue de cette femme, il ne voit qu’une chose : qu'elle a froid et qu’elle demande un morceau de pain.

‘: Marie, dit-il, préparez un verre de vin chaud pour cette pauvre femme ; moi, je vais la débar rasser de son enfant, qui, peut-être, a froid, lui aussi” La ménagère se donna bien le garde d'offrir du vin à la mendiante, dans l’état où elle la voyait ; mais elle lui prépara une tasse de thé et lui servit à manger. De son côté, M. Morin avait pris l'enfant dans ses bras, l’avait déposé sur un sofa et, de son haleine, il réchauffait ses petites mains rougies par le froid, tel qu’aurait pu le faire la mère la plus tendre. Après avoir mangé, la malheureuse s'était endormie près du poêle. :

— Vous ne vous êtes donc pas aperçu, dit la ménagère à M. Morin, que cette femme n'avait pas besoin de vin, qu’elle était gorgée de wiskey ?

— Vous pensez ? demanda M. Morin. Pauvre femme ! peut-être lui a-t-on donné un verre pour la réchauffer, il fait si froid ct elle est sim: “îtue, et, comme elle avait faim, ce verre lui a monté à Ja tête. Oui, pauvre mendiante, elle avait faim ; voyez comme elle a bien mangé. hay se re-

Joser ; et son enfant, ce cher petit, lorsqu'il s’éveillra, ayez soin de le faire manger tout autant qu'il le voudra, puis voyez si vous ne pourrez pas trouver quelque chose pour lui faire des vêtements plus chauds. Cher petit ange ! si jeune, et souffrir déjà de la faim et du froid ; mon Dieu ! que c'est triste |

Quel tableau pour un peintre !......Cet homme si grand par l'intelligence, ce juge si distingué, penché au-dessus de l'enfant dela Misère et peutêtre dé la Honte, le réchauffant et le couchant avec précaution sur un sofa moelleux, sans crainte de salir ses habits au contact de ces haillons vue saleté dégoûtante.

On peut dire, sans crainte de se tromper, que M. Morin a été grand devant les hommes ; mais qu’il a été encore plus grand aux yeux de Dieu, qui a vu mieux que nous son humilité et son grand cœur pour ses membres les plus chers : les pauvres.

M. le juge Routhier raconte les deux traits suivants :

M. Morin vit, un jour, sur les journaux, que la ! terre d’un homme du comté de Terrebonne était ! pour être vendue par décret. Quoiqu'il ne connût ! point cet homme, qu'il ne l’eût même jamais vu, ! il s'empressa de lui écrire pour l’informer que sa |

terre était décrétée et pour lui offrir ses services, au :

cas où il en aurait besoin.

Une après-midi, M. Routhier était en visite ches M. Morin, à Québec, lorsque la servante vint

AN DR dr dti id Titans noir dé hé n id à ot. hu, di NÉ NL Lo, Had 5 » À SAT DE TV à AT APAROE T RE FOSP OT WT Honey d4 ge ONEE LÉ ie © ons dl PODN RE e à RUE NET a NS AL Ta ft 1 Mr. “fs û Te VAUT < ; d

noicer que P.... demandait à voir son bienfait

s'éveilnt qu'il teur, 22 instant. , as trou- M. C est encore cet ho rme, qui, presque tous les tements Jours, reçoit, obcerva Mme Morin, de l'argent de ; souffrir mon mari, et cet argent il l'emploie à boire. Vraique c'est ment, ce n’est pas bien d'encourager ainsi un 1vrogne, tandis qu’il y a tant de pauvres qui feraient t homme un meilleur usage de nos aumônes, D'ailleurs, distingué, c'est qu homme qui peuk gagner sa. vie PAF:y0n » et peut- travail, s’il veut seulement cesser de boire, couchant — Madame, demande M *Routhier, j'ai un moyen as crainte de vous débarrasser de cet importun, si vous me le permettez.

s d’une 8 Sur la réponse an uie de Mme Morin, M.

Routhier sort du salon et, se dirigeant vers P......

er, que M. : Fi.

a qui attendait dans l’antichambre :— Que voulez-

is qu’il Le m1 d vous ici, dit-il à P......?

EEE" cœur — Je désire voir M. Morin, répond celui-ci. GRETA — M. Morin? il n’est pas ici.

Fi e — Où est-il donc ? us

ts SUI- : TT ER 7e] ee — Îl a déménagé.

— Depuis quand ? Je l'ai vu dans cette maison, ces jours-ci.

—Ila déménagé il n’y a que deux jours.

aux, que la 4 bonne était |

il ne connût : A à M k . — Pourriezjamais vu, Ve. ourriez-vous me dire où il demeure maintes mer que Sa A

— Ma foi ! je ne pourrais vous le dire.

| P....., grandement désappoimé, salua et sortit, ivtete che De retour au salon, M. Routhier raconta de’quelle té vint manière 1] avait éliminé et mystifié l'impottun,

services, au

ms

MR TOR ie JOUE MT 1

\— Ce que vous avez fait à, M. Routhier, n'est.

pas bien, s’empresse de.reprendre M. Moriu. Cé j pauvre malheureux a peut-être faim ; il va peut: d être se liver à quelque acte de désespoir. Ah! L

M. Routhier, ce que vous avez fait là est mal, Supposons qu'il boive comme vous le dites, il n’en est j: que plus.malheureux, et ce n’est pas une raiso®. Fa

pôur le laisser mourir de faim ou de désespoif, Î À Comme le dit si bien son incienne ménagère: d “ M Morin avait toujours un manteau à jeter sur fo

128 défauts des autres.” | Si oa l’eût laissé faire, ajoute M. Routhier, je | A crois que M. Morin, persuadé comme il l'était qué St

j'avais mal fait, auraït couru après P...... pour L 4° consoler et lui donner de l'argent. Sa Une personne haut placé: dans la hiérarché ol

j C ec

ecclésiastique, nous a écrit :

“ Une des qualités éminentes de l'honorable!

juge était la sensibilité du cœur. Il s’affectait vi‘! vement des malheurs des autres ; il avait unè grandé cimpassion pour les indigents, auxquels l faisait largement l’aumône. à

«Un jonr, une mendiante se présente chez lui il était très occupé dans ce moment. Absorb d par l'affaire qui attirait son aitention, il la congé, J dia brusquement et sans lui rien donner. Que t ques instants après, cependant, il se repentit de sou manque de charité, et, inmédiatement, san prendre son chapeau, il courut assez loin dans 1 sua pour retrouver cette femme, et, l'ayant r@

hier, n'est …

oriu, Ce jointe, il lui donna une piastre, après s'être vxcusé ES él de son moment de brusquerie.’

tre Ab Voici un autre fait que racontait le regretté M. | Charest, curé de Saint-Roch de Québec.

; “M, Morin était sorti avec Mme Morin, lors- :qu'une pauvre misérable vint de nander l’aurmône. Ayant appris qu'il n'était pas à la maïson, ellé s’en

} mal, Supil n'en est une raison |

oi, me | -désolait: elle fit connaîtr: à la domestique la proménagère : ; : .

} fonde misère à laquelle elle était réduite. À son à jeter sur |

retour, M. Morin en fut informé : elle avait fait connaître son nom et dit qu’elle habitait le quartier $t-Roch. Sur ces instructions, le juge partit imméiditement. Il parcourut une grande partie de RSaint-Roch, s'informant de porte en porte de la résidence de cette femme. Après bien des recher- | ches, il la trouva et lui fit une généreuse aumône.”

| Quand M. Morin allait visiter ses terres, au nord ide Montréa!, il se inontrait généreux pour les colons qui étaient allés s’y établir, et qui avaient engare peu de ressources. Connaissant la foi et la piété de ces braves gens, il leur distribuait en assez grand nombre des chapelets d’une certaine valeur. Où lui fit l'observation que ces personnes se se- D contentées de chapelets plus communs, —

outhier, je.

i] l'était qué se. pOur L

px ÿ1 a hiérarchie &

'affectait vi:

| avait uns!

auxquels É

bte chez lui, à t. Absorl , il la congé}

ner. Quel:

Q 4 ce sera une toutes pour eux ; ils les dat dérent repentit dell

a Avec soin et les laisseront à leurs enfants comme tement, San= {in dal un souvenir de famille.

H M. Morin avait acquis ses propriétés, dans le , l'ayant 14

Nord, plusieurs années avaut son mariage, et dans

LR

ne EE

le but d'encourag r, par son exemple, l'agr'culture et la colonisation.

Tout jeune, M. Morin s'était montré animé de la plus grande piété. Lorsqu'il assistait au catéchisme de sa paroisse, se préparant au grand acte de sa première communion, il s'était fait remarquer, entre tous ses camarades, par son assiduité, la ferveur de ses prières et par son désir de s’'instruire, M. McGuire, alors curé de Saint-Micnel de Bellechasse, remarqua l'intelligence ct la candeur de cet enfant, qui répondait d'une manière parfaite aux questions qui lui étaient faites. Il rendait un compte exact des instructions qu'il avait entendues ou des lectures édifiantes qu'il avait faites, soit au curé lui-même, soit à ses jeunes compignons, au sortir de l’église. Avec une naïveté respectueuse, il adressa't souvent à son pasteur des questions qui dénotaient son désir de s’instruire.

M. McGuire sentit pour ce jeune paroïssien un | bien vif intérêt, Frappé des talents qu'il annongait, il engagea les parents de cet enfant à lui pro- 4 curer une éducation classique. L

Nous tenons ce détail d’un prêtre qui l'a reçu 4 Jui-même de M. McGuire, alors qu'il était [M. Mc,

Guire] directeur du séminaire de Saint-Hyacinthe, | Comme on le voit, ce renseignement corrobore ce à que nous avon: déjà dit à ce sujet : que M. Mc-! Guire fut, au séminaire de Québec, simplement le protacteur du jeune Morin, dun: le père, qui était à l'aise, payait les plus gros frais d'éducation,

culture

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plement le;

, qui était Ltion.

sx di ET Gr jé AE Ne

Devenu homme fait et jusqu’à sa dernière heure, la piété de M. Morin ne connut aucun instant de tiédeur, Ilavait toute la foi vive de ses bons pa-

rents, qui étaient d'excellents chrétiens.

Il étudia toute sa vie la Religion dont les doctrinés sublimes le tenaient dans l'admiration, Il s'iutéressait aux luttes de l’Eglis: contre l’impiété et le Zbéralisme moderne qu'il avait en horreur. Persuadé que la société doit tout au Christianism-

les €" tements de l'Evangile maintenus par

l'Eglise. Sa bibliothèque renfermait des ouvrages

remarqu bles ayant pour objet l’Apologétique chré-

tienae. Ils’y trouvait aussi un certain nombre

de livres de piété à son usage.

Il avait une magnifique bibliothèque de droit et d'agriculture, contenant environ 1,800 volumes, la plupart avec de belles reliures. Le collége de Saint-Hyacinthe en est devenu l'hérétier, moyennant une certaine redevance en faveur de Mme Morin.

Par les nombreuses annotations que l’on trouve dans ces volumes, M. Morin en a triplé la valeur et a démontré d'une manière péremptoire qu'il avait acquis de profondes connaissances en fait d'agriculture et d'horticulture.

Sa bibliothèque littéraire n'était pas très volumineuse ; mais elle se composait d'ouvrages choisis avec goût, On n'y trouvait point de romans. Un prêtre qui a connu M, Morin intimement et

désirait voir domiuer de plus eu plus

SR

Eten Mon 5 mms

qui était uni à lui par les liens de l’amitié la plus étroite, nous a écrit :

“IT (M. Morin) a observé avec fidélité les commandements de l'Eglise. Ï1 priait avec un profond recueillement. Un jour, il avait'assisté à ia messe paroissiale, à Saint-Hyacinthe. Un chantre, qui appartenait à la classe des cultivateurs, l’avait remarqué ; il savait quiil était. Au sortir de l'église, il dit à ceux qui l’entouraient, en parlant de M. Morin : ‘“ C'est un des plus gros messieurs du pays ; il a une grande place ; mais il prie le bon Dieu humblement comme un habitant. Je passais près du chantre à cet instant, et j'entendis cet éloge du recueillemert de M. Morin, si drêlement exprimé.”

C'était bien là le plus beau compliment que pouvait faire ce cultivateur de la piété exemplaire’ de M. Morin que de la comparer à celle d’un Zabitant, car on sait {il faut le dire à notre honte] que nos campagnards peuvent en remontrer aux citadins sous le rapport de la ferveur, de la foi et de la piété.

M. Félix Fortier, ami et admirateur du sujet de cette biogranhie, et ci-devant greffier du Conseil exécutif, nous écrivait, en janvier dernier :

“ Tai bien conou M. Morin, surtout lorsqu'ilétait commissaire des Terres de la Couronne.

‘“ Homme de foi et de principes religienx, par conviction, ilétait, dans ses rapports sociaux, d’une politesse et d’une urbanité devenues très rares aujourd’hui. |

plus

comfond nesse , qui it rele l'éant de rs du le bon assais dis cet lement

e pouaire’de abitant, que nos

itadins la piété.

sujet de

Conseil

w'ilétait

nx, Par | x, d'une ares au:

‘ Citoyen es plus estimés et des plus respectés, patriote sincère et désintéressé, il était d’une intégrité et d’une probité remarquables.

“ La grande respunsabilité de ministre de la Couronne, surtont 1v:e le gouvernement responsable, était, à ‘es yeux, entourée de tant de dangers pour une personne consciencieuse, qu'il me dit un jour : “ Je vois bien que l’on ne peut rester long- “temps ministre et honnête homme, et je vais me retirer.”

# En effet, peu de temps après, il résignait sa charge de :mi:is! e

“ C'était encore le tenps où les ministres tenaient plus à /eur Aonneur qu'au poste élevé d'avie seurs constitutionncls du chef de l'Exécutif et au salaire du portefeuille.”

Nous avons reçu d'hommes distingués plusieurs lettres au sujét de la biographie de M. Morin. Les uns nous ont écrit pour nous encourager dans notre tâche ; les autres, pour nous donner des renseignements précieux, et dont nous avons profité.

Voici un estrait d’une lettre de sir Hector Langevin, écrite en novembre deruier :

‘ Cher M. Béchard,

“J'apprends avec le plus grand plaisir que vous avez entrepris d'écrire la vie de feu l'hon. A.- N. Morin. Je n'ai pas la moindre objection à ce que la Gédic:re de cette biographie me soit faite.

M. Morin a été mon premier patron à Montréal, en 1846.

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