PREMIER ANNIVERSAIRE
Mercredi, le service anniversaire de l’honorable Augustin-Norbert Morin a été célébré à l'église de: N.D. de St-Hyacinthe. Le révérend M. F. Morio, : frère de l’illustre défunt, a chanté la messe, et l'ab-: sonte a éte faite par S. G. le nouvel évêque de St- : Hyacinthe. Mgr Lynch, évêque de Toronto, était présent, ainsi que le révéreid M, Méthot, recteur. de l'Université Lavai, qui venait rendre hommage. à la mémoire de l’honorable juge, lequel avait été. Doyen de ia Faculté de Droit de cette magnifique institution. On remarquait, dans la nef. entre au- . tres citoyens distingués, les hons. juges Sicotte et. Berthelot. Au chœur se trouvaient environ 40: membres du clergé des divers diocèses de la pro-
vince, qui, malgré la fatigue des deux grandes
fêtes de la consécration et de l'installation de l'évêque de” St-Hyacinthe, avaient voulu retarder
leur retour pour exprimer la vénération que leur
avait inspirée l'hon. A.-N. Morin. La présence de
ces pontifes et de ces prêtres en grand nombre at
testäit comme l’église du Canada savait apprécier le mérite de celui qui avait montré en sa personne un grand citoyen, l'honneur de son pays, et, en même temps, un chrétien édifiant. Cet homme si éminent avait manifesté ce que doit être un catholique dans les hauts rangs de la société par'les études profondes qu’il avait faites sur la religion, par ses efforts constants pour maintenir les intérêts de l'Eglise en ce pays, par la profession ouvérte de - son attachement à la foi, et par la pratique des dévoirs qu'elle impose et des vertus qu'elle inspire. Il a enseigné, par son exemple, comment l’accomplissement des exigences de la religion peut et doit
s'unir au dévouement laborieux" pour la patrie.
C'est, ce que le clergé a voulu faire sentir par l'hommage qu’il à rendu à sa mémoire en cet anpiversaire du jour qui l’a enlevé de la société. l'Eglise se plaît à conserver le souvenir de ceux qui lui ont été fidèles ; elle a pour cux des solennités qui glorifient leurs noms sur là terre, et peuvent être utiles à leurs âmes dans un autre séjour ; elle enseigne avec quelle respectueuse affection on doit rappeler ceux qui ont passé sur la terre en faisant
le bien, Elle fait ainsi réaliser la prophétie du
te
psalmiste qui se chante dans son office funèbre : ‘In memoriâ aeternâ erit justus et ab auditione malà non timebit”: le juste aura une mémoire éternelle, et il n'aura pas à craindre un jugement défavorable. Ces dernières paroles convenaïent parfaitement à celui sur la tombe duquel elles re-
“ tentissaient, car une de ses qualités éminentes à
été une bonté de cœur qui lui interdisait toute expression défavorable aux autres. Il mérita d'avoir, en retour, une mémoire qui se répandra de plus en plus au milieu des bénédictions de la Religion et des louanges de la Patrie.