MM
Juimié ces trou sistai l'ava:
Joux, de l'é réussi ce tal “esse,
66 E assist
- à l'église. En pénétrant dans l'enceinte sacrée,
les assistants retrouvaient dans les décorations la fidèle expression du deuil qu’ils portaient dans le. cœur.
# L'intérieur du temple, d’un.sty'e sévère, n’admet aucune dorure,et les lugubres décorations se détachaïent ainsi avec plus d’efft sur la pâle couleur des murs, de la voûte et des colonnades. Au-dessus du catifalqu?, d: noires draperies, retepuces à Ja voûte par une croix noire, s’associaient à la douleur générale, et semblaient s'ineliner sous le poids de l’amertume. Les murs, tapissés de sinistres insignes, mêlaient leur langage expressif à ce concert de regrets, qui s’exh:lait, à la fois, de l’âme ct du regard des assistants, de l'autel ct du cata-
: falque, de la voûte et des parois assombris, La
lumière des cierges reflétait une vague lueur sur ces grandes ombres, et l'imagination semblait retrouver, dans ces vaciilations, le vol d’une âme assistant aux douleurs exhalées autour du corps qui l'avait portée. 3
“ Quelques amateurs de Montréal, entre autres MM. Guenette, S. Valois, Valade, Gravei et Mail- Joux, sous l’habile direction de M. l'abbé Valade, de l'évêché, s'étaient chargés de la partie vocale et réussirent, par leurs accents touchants, à jeter sur ce tableau navrant, une nouvelle teinte de tris- «esse,
# Le service fut chanté par M. le G.-V. Cazeau, assisté de M, C. Poulin, comme diacre, et de M,
ASC ER AR Re ee: PNR RPM DS WINENEEX TI RS :
Le:
Guillaume Raymond, fils du représentant, comme sous-diacre,
“ Bientôt les mots solenne!s Zn paradisum retentirent, et la foule partit à la suite du cercucil,
vers la fosse pratiquée dans les caveaux de l'église, :
. Ÿ ’ n . ,) mais accessible par l'extérieur.
Nous l'avons vue, cette fo:se, où sa à attendant le grand jour, les rare pores HR ‘toyen dont nous avons FRGQnLé ia vie, pu ip traits principaux. (C'est là qu’il dort, en fa
l'autel de saint Joseph, qu'il a imité dans son hu: |
| est là qu'i ime milité et sa candeur ; c'est là qu’il dortcet homm
de Bien, en attendant que le son éclatant de la | ? k |
trompette vienne réveiller les Morts au fond de
leurs tombeaux, et les rassemhler tous devant le |
n$ sonum tréue du Seigneur, (“Tuba mirum spargens ; per sepulcra regionum, coget omnes ante thronum,
Ce jour de la colère, ce jour terrible (dies irae) | ke ose | n'aura rien d’effrayant pour le juste qui rep
gli roissiale de Sainrtsous ce marbre, dans l’église paroissia
Hyacinthe ; car, durant touts sa carrière terrestre, | Jyac ;
il a été un modèle de vertus chrétiennes ; son
âme était marquée du sceau divin : l'amour deses
frères, et plus particulièrement l'amour de ceux 9)
qui avaient faim et soif, formant les membres pri: |
vilégiés d'un Dieu compatissant. Le es irae, le
dies i/la, w'aura donc rier de terrible pour Sue AE tin-Norbert Morin, au grand jour de la Rétribu-f{
tion universelle : à ceux qui. vivent comme il a
D tous ses |
vécu,
ne pe!
Qu:
laquel p'eure ont ét Mort s tho'iqu O0:
mort a qu'un, bonheu comme la mort c'est l'a:
C'est Mme :
au COup Chose ici, en P Deux mort, M Québec Vous ap étrange Morin e Trois Sainte -A Morin ét:
vécu, Dieu a promis un bonheur éternel, et ce Juge ne peut se tromper ni nous tromper.
st Quant à sa digne compagne, cette épousé pour ji laquelle il a été si bon, voilà déjà vingt ans qu'elle nor p'eure celui qi n’est plus. Ses larmes, cependant, } ont été les larmes d’une chrétienne qui sait que la , en Mort sépare sans désunir. Le grand écrivain cauci- | tho!ique, Louis Veuiilot, l’a écrit :
s SES “Où dit que le bonheur n’est plus, quand la e de mort a frappé sur des cœurs qui n’en faisaient plus
n hu: À qu'un, et les a séparés ; mais c'est une erreur : le mme À bonheur que Dieu a fait, et que l'on a voulu de la À comme il l’a voulu, est ajourné, il n'est pas détruit ; À de À la mort sépare et ne désunit point, La douleur, ant le À C’est l'amour, et cet amour-là.est le bonheur.”
onum A C'est cette pensée consolanté qui a soutenu um,”) À Mme Morin, et qui l'a empêchée de succomber irae) À au coup cruel qu’elle recevait, le 27 juillet, 1865.
epose M Chose étrange ! que nous aimons à consigner Saint: À ici, en passant.
estre, Deux mois, presque jour pour jour, avant sa
mort, M. Morin disait, dans le salon d'un ami, À Québec :—* Que diriez-vous si, dans deux mois, : vous appreniez mon décès ?” Cette demande étrange et faite sans à-propos avait frappé Mme Morin et ses amis.
Trois jours avant son départ de Québee pour tribu: 4 Sainte-Adèle, où il devait mourir subitement, M. il a 8 Morin était descendu dans sa. paraisse natale, età 4 tous ses parents, à toutes ses mombreuses connais-
; son deses ceux s pri ae, le. ugus-|
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sances, it avait fait ses adicux comme devant tre les derniers qu'il leur ferait,
Était-ce là un pressentiment dû simplement au hasard, ou à un avertissement secret que Die en-
voyait au cœur de son bon serviteur ?...... Quoi: qu'il en soit, la prophétie s’est trouvée vraic : le::
pays devait perdre, deux mois plus tard, un de ses plus nobles enfants.
Nous donnons en entier l’article nécroïogique.
du Journal de l'Jnstruction Pubiigue, quoiqu'il ne s'applique pas à M. Morin seulement. Les deux autres personnages distingués dont parle M. Chauveau, MM. Taché et Beaujeu, étaient, surtout le premier, des amis intimes du sujet de cette bio-
graphie. Comme on le verra, ils avaient, peu de temps avant leur mort, dîné ensemble chez un ami, à Québec. L'amitié qui unissait ces trois compa-
triotes nous engage à donner intactes les belles re-
marques que M. Chauvéau a écrites sur leur
compte et dans le même article.
# L'espace de temps qui s’est écoulé depuis notre
dernière causerie est ordinairement celui des fêtes
et des plaisirs de l'été, des célébrations nationales,
de la villégiature. Rien de cela n'a manqué, sans doute, cette année, maïs ‘ces gaietés ont été tellement brisées, tout a été tellement assombri par le
décès d’homimés importants dans la société, que
nou:
aujo que 66 ] gistr.
frapp d2 la depui lorsqu public Beau; la nou reuser ne pot quelqu tences main, jeu, le 66 M.
blisse qu'il a tant ; cette p former giquem enfin, | héros d noir du tres, da sa Sçigr
6 M nous ne nous sentous guère le courage de parler aujourd'hui d'autre chose que des grandes pertes
Lu que nous venons de faire,
fi- ‘ Dans une même semaine, la politique, Ja ma-
Loi: gistrature, la vieille noblesse canadienne, ont été
je: frappées. On s’informait avec anxiété, à Montréal,
58 d2 la santé du premier ministre, sir Etienne T'aché,
depuis quelque temps dangereusement malade, lorsque,‘faisant une cruelle diversion à l’inquiétude publique, deux cris douloureux retentirent : M. de Beaujeu se meurt, M. Morin est mort ! Quand la
A4 la nouvelle de la mort de M. Morin fut malheu- | ne reusement confirmée, on se dit que tant de sinistres che ne pouvaient pas arriver à la fois, et l’on espéra JAM, quelque temps que l’unc ou l'autre des dcux exisk, Je tences menacées nous serait conservée. Le lende- 10° À main, cependant, on apprit la mort de M. de Beaude -U jeu, le surlendemain celle du premier ministre. dub “ M. Morin est mort à Ste-Adèle, dans ces étapar blissements nouveaux du comté de Terrebonne FAT qu'il avait lui-même fondés, et qu'il affectionnait jeur tant ; sir Etienne Taché a terminé ses jours dans cette petite ville de Montmagny qu’il avait vue se* HE former autour de sa résidence, et qu’il avait «1 énerrates M giquement aidée dans ses rapides développements ; AT enfin, l'héritier des. de Beaujeu, le petit neveu du. sais héros de la Mon ngahéla, est mort dans son ma-
noir du Côtzau-du Lac, et a été réuni à ses ancêtres, dans la vieille égiise des Cèdres, chef-lieu de sa seigneurie, Quelques semaines plus tard, la
LÀ ra + AN 4 Pet ER SES PAT QE SL pr! TUE Ke Vo + VOS DAT: Lie ue TE TRY A es tot. x per SU LE NIET) Lenf de À CUT ART } FANPSATE € PL NME OR ON FR A FOR on AUS COMAIT
mort les eût frappés au sein de la capitale, l’un di. rigeant les délibérations du cabinet et les séances du conseil législatif, l’autre mettant la dernière main à la grande œuvre du Code, le troisième, enfin, siégeant au sénat, où il était l’un des derniers représentants de l’ancienne noblesse franco-canadiennc. Il n’y avait pas six semaines, nous assuret-On, que tous trois dîinaient ensemble chez un ami, à Québec même, et, quelques jours après, ils partaient, chacun de son côté, pour leur résidence favorite, d'où nul ne devait revenir.
‘ Les restes mortels de M. Morin ont été transportés de Ste-Adèle à St- Hyacinthe, en passant par Montréal ; ils étaient accompagnés d’une escorte se recrutant dans chaque paroisse que traversait le . convoi funèbre. Les populations entières accouraient sur le passage de cet homme si bon, si gé-
néreux, si hon:ête, que son nom restera comme
une légende dans les souvenirs populaires ; on voyait, dit un journal, les cultivateurs s’agenouiller le long de la route comme devant la châsse d’un
saint. M Morin, en se rendant à ses terres, ayait:
promis aux messieurs du collége de Ste-Thérèse de passer uno journée chez eux à son retour. Sa parole fut tenue ; le cor,s de M. Morin fut déposé dans la chapelle du collége, des prières et des offices funèbres y furent récitées.
‘“ Dès l’arrivée du convoi à Montréal, les cloches de l'évêché sonnèrent, et quelques amis et admirateurs du défunt se rendirent à la hâte à la chapelle
——. 223 nd
de l'évêché, où un Zbera fut chanté par les chanoines, après quoi le corps fut conduit à la gare du chemin defer. L'’incertitüde où l’on avait été de l'heure où le convoi arriverait, empêcha une démonstration plus imposante.
‘“ Les funéruii es eurent lieu à St-Hyacinthe, le lundi, 31 juillet ; un grand nombre de personnages importants de Québec et de Montréal y assistaient : les” hons. juges Caen, Drummond, Mondelet, Badgley et Sicotte, et ‘’hon. M. Dumouchel, con- : seiller législatif, étaient les porteurs des coins du poêle. Pa:mi ‘cs jarents se trouvait l’hon. M. Cartier. Le service fut chanté par M. le grandvicaire Cazeau, de Québec.
“Les funérailles de sir Etienne Tachéet celles de M. de Beaujeu eurent lieu le 2 août. L'église de Montmagny était remplie d'une foule immense, venue de toutes les parties de la province ; d'un nombreux clergé, des représentants de tous les dé- : partements publics. Les honneurs militaires furent rendus au défunt, qui, à sa position dé ministre de la’ milice, joignait les titres d'aide-de-camp de Sa Majesté la Reine et de colonel dans l’armée anglaise. S. E. le gouverneur-général s'était fait représenter par son secrétaire et un de ses aides-decamp. Les coins du poêle étaient portés par les: hôns. MM. Cartier, Macdonald, Campbell, Galt, Brown, Macdougall, Chapais et Langevin, tous collègues du défunt. Une oraison funèbre fut prononcée par M. le grand-vicaire Cazeau, qui, en ex-
posant la perte que le pays venait de faire, fit aussi allusion à Ja mort de MM. Morin et de Beaujeu.
“Si les funérailles de sir Etienne Taché firent déployer tnute la pompe civile et militaire de notre époque, on peut dire que celles de M. de Beaujeu présentèrent un spectacle qui rappelait les temps de la féodalité. Les habitants de toutes les paroisses des seigneuries du comté de Vaudreuil s'étaient rendus au manoir, les uns à cheval, les autres en voiture : la procession funèbre qui se forma pour se rendre à la paroisse voisine, lieu de sépulture de Ja funille, se déployait sur une immense étendue L'église des Céètires était toute tendue de noir, et chaque personne présente ayant un cierge allumé, une multitude de lumières vacillaient daus l’étraite enceinte. Les porteurs des coins du poêle étaient les hous. juges Aylwin et Mondelet, l’hon. M. Chauveau, le major Campbell, et MM. Delisle et Bouthillier. Une députation de la Société St-Jean- Baptiste de Montréal, dont le défunt avait été président, assistait aux funérailles.
* George-René Säveuse de Beaujeu naquit en 1810. Il y a quelques années, le dernier comte de Beaujeu étant mort, en France, M. de Beaujeu se trouva avoir droit au titre. Le 2r novembre, 1848, il fut nommé au ‘conseil législatif. Ilavait épousé Mlle de Gaspé, fille de M. Aubert de Gas pé, auteur des Anciens Canadiens. ‘Très versé dans l’histoire du pays, M. de Beaujeu s'est beaucoup occupé de recherches historiques et généalo-
giques , il était un des membres les plus actifs de la société historique de Montréal, et il laisse une bibliothèque contenant beaucoup de livres et de documents précieux sur l’histoire de l'Amérique. - Il avait à peine 55 ans lorsque la mort est venue l'enlever ; il laisse, outra Mme de Beaujeu, deux fils et plusieurs filles, dont l’une est entrée dans l’ordre des sœcrs de la Congrégation de Notre- Dame.
‘ Sir Etienne-Pascal Taché était né à St:Thomas, le 5 septembre, 1795. A la guerre de 1872, il entra, d’abord, comme enseigne dans le 5e bataillon des milices incorporées, puis passa dans le corps des chasseurs canadiens, avec lesquels il prit part à plusieurs engagements, et notamment à la bataille de Plattsburgh, où il perdit dix-huit hommes de s* compagnie. Îl avait commencé, dans les camps, des études médicales, qu'il continua au sortir de l’armée, sous la direction de feu le Dr de Laterrière ; il alla compléter ses cours à Philadelphie. Il s'établit, comme médecin, à St-Thomas, où il épousa, en 1820, Mlle Sophie Morency, dont il eut 15 enfants, dont six seulement lui survivent, Il ne tarda pas,à se faire une grande clicntèle, due à ses connaisbances, à son énergie, à son infatigable activité. En 1837, lors du soulèvement d'une partie du district de Montréal, M. Taché était partisan de M. Papineau, il fut au nombre des suspects ; maïs une visite que la police fit chez lui ue donna aucun résultat. Aux élections qui
suivirent la promulgation de l'Union, M. Taché fut élu pour le comté de l’Islet. Il suivit la politique du parti La Fontaine-Baldwin au pouvoir et hors Ê du pouvoir jusqu’en juillet, 1846, où il accepta la | charge d’adjudant général des milices. En chambre,
il avait toujours été partisan des lois municipales
et de l'instruction publique, ct il ne craignit point
d'encourir une certaine impopularité, dans son
comté, en luttant coutre ceux qui s’opposaient à
toute espèce de taxes locales, Le bon <ens du
peuple finit par lui rendre justice, et la plupart des
‘améliorations qui.ont été faites dans son district
sont dues à son initiative et à son énergie. Il oc-
cupa la charge d'adjudant-général des milices jus-
qu'en 1848, où il entra dans la seconde adiminis-
tration La Fantaine-Baldwin, comme ministre des
travaux publics, et fut en même temps appelé au
ronseil législatif, Ii fit partie du ministère Hincks-
Morin et du ministère MacNab-Morin. Lors de
la résignation de M. Morin, en 1855, M. Taché
fui choisi pour remplacer ce dernier et chargé de
reconstruire la section bas-canadienne du gouver-
nement. Plus tard, sir Allan MacNab ayant ré-
sigué, il forma, en 1856, l'administration Taché- MacDonald. Dans l'automne de ‘1857, il résigna,
et donna son appui au ministère MacDorald-Car- | tier ainsi qu'au ministère Cartier-MacDonald. En | 1858, il fut appelé en Angleterre et fait chevalier à
par la reine ; en 1860, il fut fait colonel dans l’ar- mée et aide-de camp de Sa Majesté, et élu prési-
dent du conseil de l'Instruction publique, et, en 1862, il reçut Cu Souverain Pontife la décoration de l'ordre de St-Grégoire-le-Grand. Lors de l'affaire du Trent, il fut nommé membre de la commission chargée de préparer un projet de loi pour . la réorganisation de la milice,
“Lors de la crise politique qui accompagna :a chute du ministère Sanfield MacDonald-Dorion, en 1864, sir Étienne fut successivement recherché par les deux partis. Il refusa d'entrer dans une coalition avec l'opposition bas-canadienne, et conseutit à former, avec le parti conservateur, la seconde administration Taché-MacDonald, dans laquelle il oceupa les charges de receveur-général et de ministre de la milice. En 1864, il présida les : conférences pour la confédération d's provinces, composées des ministres et hommes d'Etat délés gués par toutes ces colonies. + Quelque longue que soit cette liste de dignités et de fonctions publie ques, nous en avons encore omis plusieurs et d’assez importantes pour qu'on s’en parât volontiers.
‘ Sir Etienne n'avait réçu qu’une instruction incomplète dans son jeune âge ; il a dû son ayancement à ses talents naturels, aux études qu’il sut faire de lui-même, à son énergie et à l’heureuse combinaison des qualités qui formaient son caractère actif et courageux, mais en même temps prudent et persévérant. Dans les rangs de l'opposition, dans l'assemblée législative, il fit plusieurs excellents discours, pleins de feu et débités avec une
grande éloquence, mais aussi bien nourris de faits et d'arguments. Transporté au conseil législatif, chargé d'expliquer les mesures du gouvernement à un auditoire difficile à passionner, obligé de parler le plus souvent une langue qui lui était moins familière, il s'acquitta de cette nouvelle tâche avec, tact ét succès , mais sans pouvoir y déployer, bien souvent, les qualités oratoires qui lui étaient propres. Sir Etienne est mort à l’âge de 70 ans, ct laisse deux fils et plusienrs filles. On a de M. Taché quelques écrits remarquab'es, entre autres une lecture sur l'éducation physique, que nous reproduirons prochainement,
# L'honorable Augustin-Norbert Morin était né le 12 vctobre 1803, à St-Michel de Bellechasse, d’une famille d’honnêtes et pieux cultivateurs. Dès son enfance, il montra les plus grands talents et ‘les plus heureuses dispositions. Ses qualités furent remarquées, et, un jour, on amena à uneinsiitution que l’on avait entrepris de fonder à S$t- Pierré de la Rivière-du Sud, un jeune enfant très précoce, qui savait déjà beaucoup d'histoire, d'arithmétique et de géographie, et dont l’arrivée créa la plus grande sensat'on dans le nouvel établissement, C'était le jeune Morin, qui passa, quelques années plus tard, au séminaire de Québec, où il remporta les plus brillants succès. M. Morin, après avoir terminé son cours, hésita quelque temps entre l’état ecclésiastique et l'étude du droit. Sans réssources pécuniaires, il fut accueilli à Montréal
par l’hon. D.-B. Viger et par d’autres citoyens ine fluents qui lui vinrent en aide. En 1825, il révéla à Ja fois son talent et son patriotisme dans une dettre adressée à l'honorable juge Bowen et publiéé sous forme de brochure. M. Bowen avait décidé que les #r4/s des cours de justice ne pouvaient pas être forrhulés en langue française. Peu ‘de temps après, M. Morin fonda La Minerve et en fut le premier rédacteur en chef. En 1828, il fut admis au barreau ; en 1830, il fut élu au parle. . ment par le comté de Bellechasse. Il fut de ce moment l'organe littéraire de son parti ; les principaux articles qui paraissaient dans les journaux étaient dûs à sa plume, et aucun document important ne se rédigeait sans sa participation. On peut dire qu’il créa parmi nous la langue diplomatique ; il sut trouver en français plus d'une tournure heureuse, quelquefois souvent au prix d’un néologisme, pour rendre les idées constitutionneiles et parismentaires anglaises, On se tire d'affaire plus facilement et moins patriotiquement, même en France, aujourd’hui, en empruntant tout bonnement les mots anglais-
“ En 1834, M. Morin, conjointement avec M. Papiñeau, rédigea les 92 résolutions. À cette époque, ise ft une scission dans le parti canadien ; M. Neilson, à Québec, MM. Cuvillier et Quesnel, à Montréal, se séparèrent de M. Papineau et entraînèrent avec eux un grand nombre d'hommes in.
$truits et la plus grande partie du clergé.
“# M. Morin fut délégué enr À gléturre pour représenter les griefs du pays ; il était porteur de la requête fondée sur les 92 rés iutious, qu'il remit à M. Viger, agent de la provinc:. Tous deux échouèrent dans leur mission et revinrent au Canada, décidés à pousser aussi loia qe pos,ib e la résistance à l’oligarchie qui nous gouvernait.
‘ Ea 1836, une seconde scission se fit dans les rangs du parti libéral, à l’occasion du vote des subsides.. Presque toute la députation du district de Québec, ayant pour organe Le Canadien, se prononça en faveur de Lord Gosford. M. Morin vint alors se. fixer à Qnébec pour y grouper autour de lui ceux qui étaicrt restés fidè'es à M. Papineau. Lors de l'insurrection, il fut. natuivllement soupçonné de complicité av.e les insurgés ; décrété d'arrestation, il dut se sauver dans les bois, et passer l'hiver chez ses amis à la campagne. Il
vint ensuite se constituer lui-même prisonnier et insista pour qu'on lui fit un procè:, ce qu’on ne jugea point à propos d'entreprendre. Remis en liberté, il fut au nombre des premiers députés élus après l'Uion, Il ne représenta que pendant peu de temps le comté de Nicolet et accepta la charge de juge de Circuit, qu'il abandouna, l’aunée suivante, pour entrer dans l’administration La Fontaine-Baldwi, comme commissaire des terres de la Couronne, Vers cette époque, ii épousa (1843) Mile Raymond, sœur de M. le Supérieur du collége de St-Hyacinthe. Aux élections qui eurent lieu après la rési-
” ee ai
gaation de l'administration, lors de la célèbre crise Metcalfo, il eut l'honneur d'être élu par deux comtés, cêux de Bellechasse et Saguenay. A l’ouverture du parlement de 1844, il fut-le candidlat de l'opposition pour la présidence de la chambre contre sir Allan MeNab, qui ne fut élu que par deux [1] voix de majorité. Depuis ce moment, il lutta avec énergie etavec d'autant plus de mérite que, n'ayant qu'une clientèle peu rémunérative, il ré-
t . Sista à toutes les ‘offres qui lui furent faites par le . gouvernement. ® Nos le:teurs n'ont pas oublié la x Célèbre correipon lance qu'il eut à deux reprises r É avec l’administration du jour, et les efforts qui fu- É rent faits pour le détacher de MM. La Fontaine et # | Baldwin et lui faire former un ministère de coali- 3 tion. Lors du triomph: de ses amis, après l'élec-
s, tion générale de 1848, M. Morin fut élu président rl M de l'assemblée législative, poste qu’il conserva
| | jusqu'en 1851, lorsqu'après la retraite de M. La
a Fontaine, il forma partie du ministère Hincks-Mo-
il | rin, comme s:crétaire- provincial d’abord, puis
: comme commissaire des terres de la Couronne.
le Il fut rejté aüx élections de 1854, dansle comté
ns 1 de Terrebonne, et élu de suite par le comté de
re Chicoutimi, ‘Après deux votes adverses, l'un sur
, | l'élection de l'orateur, dans la première session du
e. nouveau Parlement, l’autre sur l'élection contestée d, du comté de Bagot, MM. Hincks et Morin r&i-
CE …. CLS PACE TSRINNTUETT EN PER CERTES momirmiléésreienilérnisiisitahiitotstaleleliilants
h 1 ryois disent les journaux de la À rosé
M AI Fa JA LUC Tdi re à 9 MACINNIS CENTS (1 LA PRE HR OA PRE AE MR ot, Fe ME er ar NE AE EE AB à Fam Ê
gnèrent, et ce dernier fut immédiatement invité par sir Allan McNab à former un ministère de coalition, qu'il abandonna dans le mois de janvier suivant pour accepter la charge de juge de la cour supérieure. Quatre ans plus tard, il devint un des membres de la commission du code civil, tâche difficile qui absorba tous ses instants et ne contribua pas peu à abréger sa vie. Il eut cependant la satisfaction de terminer son œuvre et de lu ‘voir soumise à ï'appréciation de la législature et de l'opinion publique, quelques mois seulement avant sa inort.
“ Ily a eu, dans ce pays, peu d'esprits plus vastes et plus universels, peu d'hommes plus instruits et plus curieux de s’'instruire sur toutes sortes de: sujets, et certainement il n’y a jamais eu d’homme public aussi rempli de dé-intéressement et d’abné-
œ ES RIDE DDR ETES nd PE 2e pa A $ S %. È AE PS. 5 ;
gation, de bienveillance et d’urbanité, de modestie Aù à et d'humilité. Ces dernières qualités étaient même N.D peut-être poussées à l'excès, et l’emportaient sur frère son jugement si juste et si fin toutes les fois qu'il édité ne s'agissait pas de se juger lui-même. H pa
‘M. Morin s’est occupé activement ef avec prése
succès d’une imménse variété de sujets : droit ro. de l' main et droit moderne, théologie et droit ecclésias-
— : àlar tique, sciences, agriculture, instruction publique, Doÿe littérature, poésie, finances, statistiques, Jangues initié anciennes et langues modernes, rien ne semblait trés
être au-dessus ni au-dessous de ses recherches, ni. Bert
de son ambition de savoir, d'agir, et, en somme. mem|
de fuire le bien. Car tel était l'unique but de toutes ses pensées.
‘ Ces nécrologies, trop longues pour notre Petite Revue, trop courtes pour ce que nous'avions à dire, nous forcent à remettre à une autre livraison la mention de plusieurs autres décès qui ont eu . lieu, ici et à l'étranger.” ;