CONQUE
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Un jour M. Conque a dit à sa femme :
— A propos, j’ai vu le Préfet ; nous avons longuement causé des affaires du département : c’est un homme charmant I...
Puis les mots ont été prononcés :
— Notre parti manque d'hommes...
— Il nous faudrait un homme comme vous, monsieur Conque !...
— Dans votre situation et avec votre caractère...
— Vous seul, ôtes susceptible de grouper autour de vous toutes les forces vives du parti...
Enfin, le Préfet a eu avec M. Conque, une conversation définitive nne conversation d une heure et demie, et pendant laquelle, aux pet sonnes qui faisaient antichambre, l’huissier disait gravement et d’un air pénétré :
— M. le Préfet est avec M. Conque I
Les solliciteurs avaient un geste :
— Alors ça va être long ?
— C'est probable t ajoutait l'huissier,
Sur le pas de la porte, au moment de quitter le cabim t préfectoral, M. Conque a répété pour la sixième fois, un peu congestionné :
' — Mais il est bien entendu, monsieur le Préfet, que je n’aliène rien de ma liberté d’action, ètde ma complète indépendance...
— Pas une once, mon cher monsieur Conque !
— Je conserve mes coudées franches, je n’ai les mains liées par personne; je n’accepte qu'à cette condition 1
— Dans d’autres conditions je ne vous l’aurais pas proposé, mon cher Conque I...
Et là-dessus, quand M. Conque a été parti, le Préfet a immédiatement télégraphié au Ministre de l'Intérieur:
— Candidature Conque nous est entièrement acquise: élection Conque est entre les mains de l'Administration.
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