PARC RER CN SR RS A SA ON
Montréal, 31 janvier 1878.
Au Com. Ch. Fer, Québec, | Monsieur,
J’ai l'honneur de vous transmettre sous ce pli une soumission pour la location du chemin, ete... ......
Les personnes que je représente désirent que je fasse remarquer au gouvernement qu’elles entendent se faire constituer en compagnie incorporée, etc............
E. Ler. DE BELLEFEUILLE.
Montréal, 25 février 1878.
Hon. C. B. DE BOUCHERVILLE, Québec.
Cher Monsieur,
Je désire vous mander que je suis autorisé à déclarer que les personnes au nom desqnelles j'ai fait une soumission pour la location du chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental sont les mêmes qui demandent maintenant à être incorporées sous le nom de Northern Transit Co., etc.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur, E. Ler. DE BELLEFEUILLE,
Or, le bill incorporant cette compagnie du Northern Transit Co, comporte le bureau suivant des directeurs provisoires : Sir Hugh Allan, Jacques Grenier, Henry Bulmer, Michel Laurent, Sévère Rivard, E. Lef. de Bellefeuille et J, ©. Villeneuve.
Et Sir Hugh Allan, qui était à la tête de ce syndicat et qui connaissait ce qu'il faisait en 1878, qu'offrait-il pour le chemin *‘ complet et fini ?”” Voici ses chiffres :
loyer offert
mill. par mille.
Division ouest... issues 1384 $350 $48,475 Division est... . 1888 250 47,125
Il ne faut pas oublier que ces messieurs du Northern Transit sont les mêmes qui ont offert cette année dans le syndicat Allan-Rivard un loyer annuel de $425,000, avec privilège d’acheter ; ce qui démontre que leur offre de 1878 n'était faite qu’en vue du loyer, tandis que l'offre de cette année n’est faite que dans un but d'acquisition.
Les locataires en 1878 n'auraient certainement pas complété à leurs frais notre chemin, ei les dépenses qu'ils auraient été obligés de faire au compte de construction, quand on songe qu'il nocs a fallu dépenser depuis ce temps jusqu'à ce jour plus de $2,500,000, auraient absorhé complètement le montant du loyer deux fois la durée du bail. Ajoutons encore qu’il était impossible d'obtenir des locataires des garanties suffisantes contre la détérioration du chemin. L’exigence de telles garanties aurait été l'imposition à cette compagnie de conditions ruineuses.
Aussi, qu'est-ce que le gouvernement de 1877 demandait comrie garantie ? Il demandait un dépôt de 650,000 pour tout le chemin depuis Québec à Aylmer. Si une garantie plus forte eût été demandée, c’eût été écraser la compagnie qui voulait louer, D'un autre côté, avec une garantie peu élevée, vous courriez le risque d’avoir à reprendre votre chemin au bout d’un certain nombre d'années, considérablement déprécié en valeur et nullement en état de lutter contre des compagnies rivales puissantes. Vous étiez obligé de reprendre cet enfant malade et sans aucune force pour l'avenir.
Dans tous les cas, l'ingénieur du gouvernement gardait la surveillance des travaux et veillait à l'entretien de la voie. C'était de fait le gouvernement qui faisait exploiter son chemin en se déchargeant sur d’autres du soin de trouver le trafic et de percevoir les revenus.
Maintenant supposez le cas d’un accident entraînant des dommages considérables, Pense-t-on que les intéressés se seraient bornés à porter leur réclamation contre la compagnie ? N'aurait-on pas prétendu, et avec droit, que le chemin étant toujours sous la surveillance de l'ingénieur du gouvernement, le gouvernement demeurait responsable de tout ce qui arrivait sur la ligne ? Lors même que vous auriez passé une loi rendant les locataires responsables des dommages résultant d’acci-
dents arrivés sur votre ligne, croyez-vous que, supposons le cas où 25 personnes auraient été tuées, les familles de ces personnes ainsi tuées ne se seraient pas adressées au gouvernement pour en réclamer des dommages ? Et lors même que vous leur auriez dit que les locataires de la ligne étaient seuls responsables, on vous aurait répliqué qu’en votre qualité de propriétaires de la ligne vous étiez responsables ; et le gouvernement aurait été foi cé de payer la note pour ne pas froisser le sentiment public qui aurait été contre lui on semblable cas.
On voit donc de suite quelles conséquences auraient pu entraîner l’affermage pur et simple de notre chemin.
Pour toutes ces considérations, le gouvernement en est venu à la conclusion qu’il ne devait pas louer le chemin, et s’il y avait une autre conclusion à laquelle nous pourrions arriver, c'était ou de vendre le chemin ou de le garder. L’affermer était encore pis que de le garder!
‘ Enfin, la compagnie s’obligera de parachever le chemin de fer pour et moyennant la somme de quatre cent mille piastres, QUI SERA DÉDUITE du loyer, ou sur le prix de vente dans le cas où la compagnie achèterait.”
Ces $400,000 réparties sur vingt années font, avec les intérêts, $32,000 par année.
Ainsi le loyer de... TR TO PER ATOUT RAT PI ET ET PTE $462,500 Moins cette charge de... UT NET Dares tres se 32,000 Se réduit à... RS LP PA NET DES PP $430,500
Voici le fonctionnement de cet arrangement :
La vente actuelle produit sur notre budget :
Un dégrèvement fixe de... $456,000 Tandis que le montant du loyer, diminué de ces $32,000 ne donnait aue :
Loyer, Moins rembour. Montant réel.
Or la différence entre ces montants, les seuls dont nous aurions pu dégrever notre budget avec le loyer, et le montant
de $456,000 dont nous sommes sûrs maintenant de dégrever notre budget, donne des résultats surprenants quand on y regarde de près. Il ÿ a, en effet, en faveur de la vente actuelle, l'avantage qui suit :
Par an.
Pour les premiers 5 ans... ......,..., ......, ......, 863,000 du 16) AUTO D ATP sterrarenteneen a intranet dre dun 38,000
(6 EP antrens D Arret en ete ERrs 13,000 6 6 autres D ans surplus... 27,000
Monsieur l’Orateur, faites le calcul de ce que vaudra, dans vingt ans, la somme de $63,000 que nous aurions eu de moins cette année, Ce montant vaut dans vingt ans, par le jeu des intérêts, $167,159 ; la seconde année, notre surcroît d’obligations dans vingt ans est de $159,188, et ainsi de suite, car j'ai fait préparer ce tableau année par année jusqu'à la dernière année. On peut le vérifier; je sais qu'il est exact, et l’on trouvera qu’en nous bornant à louer notre chemin, nous aurions eu l’état de choses suivant ;
Charges extra sur notre budget ................... …. $1,193,135 Moins gain des derniers 5 ans... ......,..... 146,649
DéROICINEti der venssnteatitetieest Hg $1,046,486
Donc le loyer de 20 ans en faisant débourser $1,046,486, serait comme si le chemin eût été
vendu aujourd'hui.............,....,,... ES re te $1,600,000 MON Ce Te re te et ON A IR re 1,046,482 Cote set anti en $-6,553,518
I1ne faut pas oublier, comme je l’ai déjà dit, que l’amortissement n’est rien autre chose qu'une taxe sur la génération présente ; et chaque fois que vous vous arrangez pour faire cesser cette obligation de ‘’amortissement, votre budget y gagne d'autant. Or, quand notre chemin est vendu $7 ,600,000, il n’y a plus de nécessité de mettre un pour cent de côté sur ce montant, puisque, lorsque nos débentures seront dues, nous aurons le produit de notre vente pour les payer. Tandis
qu'avec un simple loyer, il faut toujours pourvoir à l'amortissement,
Voilà pourquoi je fais cette différence entre la vente et le louage au point de vue des ditlicultés budgétaires, et voilà pourquoi nous nous sommes décidés à vendre,
Je n'ai pas besoin, M. l’Orateur, de faire la nomenclature des propositions qui ont été fuites au gouvernement pour l'achat de son chemin, car ces propositions étaient inacceptables, à part celles de Hall, d'Allan-Ridley, d'Allan-Rivard, et les deux oftres du Pacifique et du syndicat pour la division-Est,
Je dirai que l’une de ces soumissions était de M. Ridley seul ot l’autre de MM. Ridley et Allan, Le gouvernement avait porté la condescendance si loin que je leur avais écrit que leur première offre était inacceptable et que, si elle n’était pas modifiée dans un sens que j'indiquais, elle n'avait aucune chance d’être reçue. J'ai fait cela par considération pour Sir Hugh Allan, et une seconde soumission me fut en conséquence transmise,
Quelques jours après, je reçus de M. Hal de Sherbrooke une autre soumission dont je vais parler de suite.
Elle était faite d’une manière intelligente, mais ne portait aucun nom, si ce n’est celui de l’avocat qui l’envoyait, et comme le gouvernement avait décidé de ne recevoir aucune proposition sans connaître ceux avec qui il aurait à transiger, celle-là fut mise de côté. En cela je ne faisais que suivre l’exemple des gouvernements deBoucherville et Joly, et aussi l'opinion d'hommes experts en ces matières,
L'hon. M. McKenzie, lorsqu'il était à la tête du gouvernement d'Ottawa, avait demandé par voie d'annonces des soumissions pour la construction du Pacifique; il attendit en vain durant un an, En effet, les hommes sérieux ne voulaient pas, dans une entreprise aussi importante, se trouver en compétition avec des gens sans position, sans moyens, sans r'esponsabilité.
J'ai demandé là-dessus l'opinion de M. Shanly, l'homme de confiance consulté par M. deBoucherville, alors chef du gouvernement, et ensuite par mon honorable ami, maintenant le chef de la gauche. Le rapport qu'il m'adressa prouve que le gouvernement ne devait pe: agir autrement qu'il n’a fait.
Comme depuis un an nous parlions de vendre notre ligne
provinciale et que depuis deux mois passés le publie savait, par nos déclarations officielles, que nous devions vendre le chemin, tous ceux qui pouvaient songer à se charger d’une aussi grande affaire ont plus où moins correspondu avec le gouvernement. Nous avons reçu, en outre, des offres connues, Cinq ou six soumissions de personnes haut placées dans les finances, et de compagnies des plus puisssantes, mais comme ces propositions étaient d'une nature confidentielle, elles n'ont pas été déposées devant cette honorable Chambre,
Nous avons donc laissé savoir que le gouvernement ne recevrait aucune proposition d'achat de sa ligne sans que l’on y mentionnât les noms de ceux qui entendaient acheter, et comme M. iall a toujours refusé de donner les noms de ses associés ou des membres de son syndicat, nous avons, après consultation eutre mes collègues et moi, décidé que le gouvernement ne transigerait pas avec M. Hall, à moins que ce monsieur ne nous fit connaître les noms des membres de son syndicat.
J'ai déjà mis la Chambre au courant des négociations entre le gouvernement et la compagnie du Pacifique et quand nou: fûmes convaincus de l'excellence de nos arrangements, nous passâmes un ordre-en-conseil, C’est à la suite de cet ordre en conseil que j'eus le regret de perdre l’un de mes collègues dans le cabinet, Je ne parlerai pas de ceux qui ont profité de cette divergence d'opinion entre l’hon. M. Ross et moi, pour faire tout le mouvement malheureux qui s'est produit depuis, L'hon. M. Ross a cru devoir se séparer du gouvernement sur cette question, malgré qu'il ne fût pas opposé à la vente de toute la ligne. Il aurait été disposé à consentir à cotte vente, et l'année dernière, lorsque nous sommes allés ensemble, durant la session, à Ottawa, nous avons travaillé à obtenir de la compagnie du Pacifique et du Canada central les meilleures conditions possibles, et après deux semaines d'efforts nous avons vu avec regret que nous ne pouvions rallier à notre opinion ceux avec qui nous essayions de transiger,
Bien que j'aie perdu comme collègue mon honorable ami, cela n’a aucunement changé la politique du gouvernement sur cette question. La lettre de résignation que je reçus était dans les termes suivants :
DE L'IHON, J. A, CHAPLEAU 259
Montréal, 25 févrior 1682, L'honorable J. A, Chapleau, ‘ Premier Ministre, # Mon cher Monsieur le Premier Ministre ) “J'ai combattu sans résultat au sein du Conseil-exéeutif, la ‘ politique nouvelle que la majorité du Cabinet vient d'adopter
au sujet du chemin de fer provincial, “La vente de la partie ouest de ce chemin à une compagnie ‘ désintéressée dans le succès futur de la partie qui relre Québec “à Montréal, avec le projet de louer ou de vendre cette dernière ‘ partio à une autre compagnie, serait dans mon opinion, Con- ‘traire aux intérêts généraux de la province, et très préjudicia- ‘ble à ceux d'une importante section du pays.
‘ Dans les circonstances, il ne me reste que le moyen cons- ‘ titutionnel de résigner la Présidence du Conseil législatif,
ot de vous remettre le portefeuille de Crmmissairo de l'Agri-
‘“ culture et des Travaux Publies, vous priant de vouloir bien ‘faire agréer ma résignation par son Excellence le Lieutenant-
gouverneur, # J'ai l'honneur d'être, cher Monsieur le Premier Ministre, # Votre très humble serviteur, ‘ Joux J. Ross.”
Je crois sincèrement que mon honorable ex-collègne 4 commis une erreur de jugement en résignant éomime il l'a fait ; mais je respecte trop les opinions et le sentiment qui ont pu présider à la décision prise par mon ex-collègue, pour croire qu'il a pu être poussé par des motifs contraires à la loyauté : je ne doute pas qu'il n'ait pensé qu'en agissant ainsi, il agissait dans l'intérêt de ceux qu'il croyait représenter,
Le projet de vendre la section est séparément et à un syndicat local canadien s'impose à la considération favorable de tous ceux qui voudront l’examiner, tant au point de vue des affaires qu'au point de vue national, Du moment que nous avions réussi à nous faire du Pacifique canadien une ligne amie, intéressée, pour uno large part de son trafic, dans le succès de la partie est de notre chemin, j'ai cru que cette dernière partie du chemin resterait comme une école où nos jeunes gens pourraient venir se créer une carrière nouvello et se former de bonne heure à cette vie difficile des chemins de fer, de manière
à pouvoir ensuite arriver ailleurs, soit dans notre province, soit dans les chemins de fer en dehors de notre province, avec une expérience égale à celle des autres nationalités.
Si vous consultez des hommes qui sont mêlés à nos grandes entreprises et à tous les grands mouvements industriels, si vous consultez nos classes ouvrières, tous vous diront que la section est, si intimement liée aux intérêts de la province de Québec, ne devait nas passer aux mains d'étrangers. Et voilà pourquoi, appuyé sur ce sentiment unanime de notre population, je suis heureux que le refus du Pacifique ait fait que cette partie du chemin reste aux mains de personnes dont la vie et l'avenir sont étroitement liés aux intérêts de la province de Québec.
Nous avons essayé de trouver un syndicat, composé de personnes appartenant aux différentes nationalités et aux différentes localités, et jele dis avec plaisir, nous avons réussi au delà de toutes nos espérances. Je suis sûr de ne pas me tromper en disant qu'une ère nouvelle ne peut manquer de s'ouvrir sous la puissante influence de ce syndicat.
Malgré tout ce qui a été dit pour donner le change à l'opinion publique, j'espère qu'avant peu la population de Québec comprendra les avantages qui résulteront pour elle de la vente du chemin.
Je suis sûr que cette population intelligente, laborieuse, comprendra vite que le projet soumis par le gouvernement à cette honorable Chambre aura pour effet d'attirer, d'ici à un an, du travail pour au-delà de $2,000,000, et assurera à jamais à Québec les ateliers de construction et de réparation, les bureaux des ingénieurs et du surintendant des mécaniciens, c’està-dire tous les travaux nécessaires pour la partie est du chemin. La compagnie, ayant son bureau principal à Québec, donne par là même une garantie à la population de cette ville, que ses intérêts seront toujours sauvegardés,
Et je n’en ai aucun doute, cette population est trop intelligente pour ne pas comprendre qu'on a voulu la tromper en disant qu'on l’isolait des communications de l’ouest, quand c’est précisément le contraire qui va arriver!
Et depuis quand a-t-on commencé à soulever cette question d'isolement de la partie est du chemin ? Est-ce que ça n’a
pas toujours été l'intention de Québec de construire une ligne indépendante ?
M. Cauchon ne disait-il pas à Montréal que Québec voulait avoir une ligne de Québec à Montréal, complètement séparée de l’autre ?
Avant six mois, la population de cette ville comprendra ce que le gouvernement veut faire pour elle. Avant longtemps elle verra des élévateurs se construire dans ses immenses docks,.
On verra les gens entreprenants de Québec se mettre à la tête de nouvelles compagnies industrielles, et une ère de prospérité qu’on n’espérait même pas. Certes, un homme intelligent, un grand manufacturier de Québec, n’a pas hésité à saisir la portée de ce projet quant il s’est joint au syndicat ; et la population ouvrière de Québec, si elle veut être éclairée sur la question, n’a qu’à examiner la manière d'agir de ce monsieur qui à toujours été son meilleur ami et qui, lui, ne fait pas de politique au coin des rues, mais travaille à la prospérité de Qnébec. M. Bresse n’est pas de notre parti, mais il est de sa ville, de sen pays, et il a compris ce que nous voulions.
Maintenant, M. l'Orateur, je ne puis résister au plaisir de mettre devant cette Chambre les calculs fantastiques que l’on a faits sur la vente à la compagnie du chemin de fer du Pacifique. Nous croyions, nous, que nous avions fait un marché avantageux et quand le Pacifique nous disait : ‘“ Nous vous paierons tant,” ça voulait dire qu’il nous donnerait quelque chose en échange de ce que nous lui vendions. Mais nous nous trompions, paraît-il, et ceux qui ont la mission de défendre et d'éclairer la nation, ont fait le compte pour nous, et ce compte, M. l'Orateur, vous allez le voir. D'après ces messieurs, il reste acquis que la section ouest, vendue pour ie prix apparent de $3,600,020, ne nous rapportera pas deux millions,