SECTION EST
109 milles à'820 420. rte harnais $84,200,780 27 milles, Piles, 4 812,000, resserre 324,000 26 milles, Joliette et Berthier (prix d'acquisition). 176,000
Payé par le syndicat... Miss ere dat et ebs $4,700,000
Il n’y a donc qu’une différence de $3,000 par mille entre les deux sections, laquelle s'explique facilement si l’on compare les ponts de Hull, Gatineau, Buckingham, la Rouge, Lachute, Ste-Rose et St-Vincent aux ponts de Terrebonne, St-Maurice, Champlain et Ste-Anne et si l’on considère la valeur spéciale d: l’entrée du chemin à Montréal et de l'installation aux casernes, toutes choses qui valent bien au moins $500,000 de plus. Aussi les ponts en fer de la section ouest ont 2,197 pieds de plus que ceux de la section est, et, en y fixant une moyenne de $90 par pied, l’une des sections coûte $200,000 de plus que l’autre. Il faut y ajouter les mêmes montants pour différence dans la maçonnerie, On avouera que les travaux de l’extension à Montréal valent bien $200,000 extra.
On a aussi dit que le gouvernement faisait un cadeau de $5,000,000 à des spéculateurs. Le gouvernement avait déjà donné par législation ces $5,000,000 et plus pour la construction de la ligne, si on tient compte de la valeur du Bloc A.
Voici ce que disait dans son rapport de 1872, M. Russell, agent des bois de la Couronne pour la section d'Outaouais.
‘ Mon estimation approximative de la valeur actuelle du bloc A, dit-il, est de $4,229,606..... mais on peut augmenter cette valeur jusqu'à $5,228,965.”
Les terres que nous avions données pour ces chemins valaient à elles seules, $5,000,000, ei la législature avait en outre voté $2,600,000 en argent, Comment après cela peut-on prétendre que le gouvernement ait fait une mauvaise affaire en vendant au prix de $8,000,000 ?
J'en arrive à une objection qui peut se résimer en ces mots : “ Les travaux à faire par les acquéreurs sur la ligne provinciale, ne donnent pas d'argent au gouvernement,
Mais depuis quand les améliorations faites par ur Rae
sur la propriété qu'il a acquise, mettent-elles de l'argent dans le gousset du vendeur ? Depuis quand est-il permis à un homme sonsé de dire sans provoquer les risées: J'ai vendu une terre $2,000, mais comme l'acheteur doit y bâtir une maison de $1,000, ma propriété se trouve en réalité vendue $3,000.
Le gouvernement ne vend pas une terre, il est vrai : c’est un chemin de fer qu'il vend : mais sur ce chemin de fer, il était obligé de dépenser $1,250,000 pour travaux immédiats. Les syndicats en achetant assumen cette responsabilité. Nous avons des contrats actuellement signés pour une bonne partie de ces obligations, et si nous ne vendons pas, le trésorier sera obligé de charger son budget de tous ces montants: car si nous gardons la ligne il nous faut absolument dépenser ce million et quart; mais n'ayant pas d'argent pour payer ces travaux, le gouvernement les impose à son acheteur et se libère d'autant, car quelle différence y a-t-il à retirer soi-même un million et quart ou le fäire payer par un autro pour 8oi ?
M. l’Orateur, je l’ai déjà dit, je veux laisser de côté les récriminations qui pourraient être faites contre les administrations précédentes, au sujet de la politique ou de l'exploitation du chemin de fer. C’est ce que nous avons voulu en disposant de ce chemin, et mes collègues et moi, nous sentons en ce moment l'immense responsabilité qui pèse sur nous. Nous avons à soumettre à votre approbation l'affaire la plus importante qui se soit présentée devant cette Honorable Chambre depuis la Confédération. Le sort et l’avenir de notre province sont attachés à cette question. Les gens qui ne pensent qu’à entasser des billets de banque dans leurs coffres, les caractères qui suintent la vénalité, ces gens qui ne songent qu'à leurs intérêts personnels, et qui n’estiment leurs semblables qu’en autant qu’ils sont favorisés de la fortune, cette classe d'hommes, M. l'Orateur, n’est point faite pour apprécier une mesure comme celle que nous traitons dans le moment, Mais le gouvernement, lui, qui sent et apprécie toute la responsabilité qui lui incombe en ce moment et qui comprend que le devoir devant lequel il se trouve le rehausse et le grandit,—le gouvernement, dis-je, a voulu envisager cette grande mesure au point de vue de l’intérêt du pays, et se mettre au-dessus de toutes ces considéra-
tions mesquines de parti ou d'intérêts personnels, Ah! M. l’Orateur, la richesse et l'argent, «est beau, comme moyen, peut-être ; mais, enfin, c’est bien petit pour les gens qui pensent au-delà de leurs intérêts personnels, ceux qui, comme nous, sont à la tête d’un gouvernement et, ministres du pouvoir, savent so mettre au-dessus d'aussi mesquines considérations, Heureuse. ment pour l’intérèt de notre peuple, heureusement pour ce beau système constitutionnel qui nous régit, heureusement, dis-je, que dans le fonctionnement de ce système, presque toujours ceux qui ont été chargés de l’appliquer s’en sont tirés sans y laisser des lambeaux de leur honneur et de leur réputation.
On m'a accusé d'être ambitieux : j'ai une ambition, M. l'Orateur, j'ai l'ambition de travailler pour mon pays, afin qu'on puisse dire de moi dans l’avenir : ‘ Il a fait quelque chose pour son pays. Il s’est fait un nom et il a grandi la province qu'il a dirigée quelque temps.” Cui, je veux arriver à cela, et ce n’est pas une mauvaise ambition, que je sache. J'ai travaillé pendant vingt-trois ans pour mon pays, et si j'ai oublié de travailler pour moi, je remercie la Providence de m'avoir mis en état de l'oublier, Tout ce que j'ai pu donner de ma force, de mon énergie et même de ma santé, à mon pays, je le lui ai donné de grand cœur, sans arrière pensée, et n’attendant ma récompense que dans le sentiment d’avoir fait du bien.
M. l’Orateur, si la direction du parti conservateur pèse en ce moment sur mes épaules je ne suis pas sans en éprouver péniblement la responsabilité. C’est lorsqu'on voit quelques uns de ses amis se détacher de cette forte et puissante phalange que la douleur empoigne le cœur et que l’on souhaiterait n'être pas à ce poste gênant. Est-ce ma faute ? est-ce la faute du parti ? Voilà la première impression qui jaillit et qui s'impose. “ Peut-être n'ai-je pas l’habileté nécessaire pour diriger mon
- parti,” suis-je obligé de me dire souvent quand je vois poindre un mécontentement. ‘ Ou peut-être que je ne contrôle pas assez les tendances ou les aspirations de mes partisans,” ai-je parfois à me dire ; car je ne suis ni infaillible, ni impeccable, Mais ce que je sais, c’est que j'ai pour le moment la responsabilité des destinées de ma Province et que j'ai eu le courage d’y faire face. La tâche est lourde, trop lourde et je l'aurais fuie si ma conscience ne m'avait pas crié que la fuite est une
lâcheté. J'a situation est grave ; mais je n'ai pas lieu de me décourays:. J'ai reçu des consolations au milieu de ces épreuves. Mes compatriotes ne m'ont pas donné d’approbations équivoques et le verdict du 2 décembre dernier sera ma boussole. Le peujle a voté confiance en moi : c’est pour lui que je travaille et que je lutte. Je suis dans le parti, par le parti, pour mon pays. Mais le parti, M. l’Orateur, c’est un être compliqué et difficile. Il réunit bien des éléments distincts.
J1 y a les hommes qui croient, qui ont confiance.
Ily a les hommes d'action, ardents, dévoués dans la bonne comme dans la mauvaise fortune,
Mais il y a aussi les metteurs en scène, les officieux, les poseurs, tous ces incapables pleins de fatuité qui représentent la mouche du coche.
Il y a les rongeurs qui grugent çà et là chaque fois que l’occasion leur offre la chance d’un coup de dent, et qui vont, furetant partout en quête de quelque bonne curée.
Il y a les tireurs de ficelles, les intrigants, les envieux, les jaloux, les impuissants. Ce ne sont pas mes adversaires que je crains, ce sont ceux-là. Ils ont leur entrée partout ; ils portent la livrée du parti; mais le scrupule ne les atteint pas. Pour eux la trahison n'est rien ; ils ne visent qu'aux expédients. L'on s'étonne quelquefois de voir surgir tout à coup un mouvement dans des sphères où l’on s’y attendait le moins. On regard, on interroge, on s'étonne, on s'inquiète ; voilà une commotion dans l'opinion. On ne sait pas pourquoi ; on ne sait pas d’où ça vient ; mais la commotion est là et le mouvement s’accentue ; les plus dévoués protestent, l’irritation commence. L'opinion se soulève et devient incontrôlable, On se demande : ‘ Mais d'où vient donc cette révolte ? ”
Tous les mécontents sont du même parti, du parti de la révolte, de la vengeance, de la destruction.
Un homme important se sépare de ses amis ; on s'étonne, on cherche les motifs qui ont pu le pousser à briser ainsi avec un parti dont il était un des chefs. Inutile de scruter ses motifs ; il a été lui-même la victime inconsciente de ces intrigants qui sont les chancres de leur parti ; il est la victime de ces gens dont l’ambition veille toujours, haineuse, épiant l’occasion de se venger. Ces gens-là vont sonnant la trompette et tâchent
de soulever les masses. Vous les verrez convoquer des assemblées, et grâce à leurs menées sourdes et perfides, les partisans les plus dévoués à un parti commencent à douter de leurs chefs sans pouvoir se rendre compte de leurs doutes ; souvent ces intrigants, ces désappointés réussissent à susciter une révolte, et si la main vigoureuse du chef ne vient pas réprimer ce commencement d’insubordination, adieu la discipline ! Vous pouvez vous attendre à une catastrophe, à un bouleversement qui ébranleront jusque dans ses bases le parti le plus solidement assis. Et quand la tempête s’apaise et que le calme renaît, on se demande avec étonn ment ; comment se fait-il que nous nous soyions laissés tromper aussi naïvement ? A quel propos toute cette excitation, ces récriminations, ces doutes, cette méfiance, cette trahison enfin ? Demandez-le à ceux-là qui ont soufflé le chaud et le froid dans les rangs du parti; ils vous répondraient, s'ils pouvaient être francs, que leur haine ctleur ambition personnelles les ont poussés à trahir leur parti,
Sur qui retombe la responsabilité de ce bouleversement ? Sur les naïfs, sur les empressés, sur les honnêtes gens qui, sans compétence et sans mission, s’imaginent dans ces moments an’iis devraient tout réformer.
De Bonald a dit quelque part que les très honnêtes gens et les drôles faisaient les révolutions, les uns, par méchanceté et par audace, les autres par crédulité et timidité. Si on laissait à ceux qui ont la responsabilité de découvrir l’origine du mal le soin de la découvrir et d'y remédier, on parviendrait vite à le détruire ; mais la mêlée commencée, on s'expose à blesser des amis et ce n’est que lorsque le mal est fait qu’on voit la futilité du combat. Il est trop tard ; les ruines sont là, les haines survivent et les partis politiques restent divisés et affaiblis.
Et les faisoeurs rient sous cape, rêvant une autre échauffourée,
Les rats ont trouvé du butin quelque part ; les tireurs de ficelles ont fait placer quelques créatures ; les impuissants ont régné un jour ou ont prolongé d'un jour leur empire usurpé.
M. l'Orateur', j'ai déjà passé à travers tout cela; j'y passe encore en ce moment, Je ne crains pas, parce que je n’ai rien à me reprocher, et que j'ai eu pour mon parti tout ce qu’il m'était possible d'avoir de sollicitude et de dévouement. Je me rappelle les mauvais jours de 1874 et les regards de défiance
que l’on m'adressait lors de l'affaire des Tanneries. J'aurais pu ressentir l'injustice criante dont j'étais alors l’objet.
J'aurais pu me plaindre et donner une forme imposante à ma plainte. J'étais maltraité, soupçonné, ostracisé. J'ai dû passer par une phase si brûlante et qui m'a tant fait souffrir que j'ai au moins le droit de constater que j'aurais pu recourir pour ma propre défense à ces cabales et à cette obstruction que des amis, des anciens amis, organisent aujourd’hui sans raison contre moi. J’ai cru qu’il valait mieux, pendant même que j'étais la victime, non pas d’une enquête, mais d’une persécution, chercher ma vengeance dans ma fidélité. Il y a des moments où les susceptibilités personnelles fermentent et l’emportent sur le sentiment du devoir. J'ai fait de mon mieux pour étouffer le ferment que tant d’imputations injustes sollicitaient. Et ce ne furent pourtant pas les occasions qui me manquèrent. Pendant la session de 1875, le sort du gouvernement de Boucherville fut longtemps entre les mains de mon ancien chef, l'honorable M. Ouimet, et entre ies miennes. L'honorable député pour Brome, maintenant mon collègue, le solliciteur-général, avait soumis à la chambre une motion rappelant les engagements du ministère précédent envers certains chemins de fer, Le gouvernement de Boucherville ne désirait pas reconnaître ces promesses et les membres de l’ancien gouvernement üe désiraient pas d’un autre côté voir leur parole répudiée. Et telle était la crise du moment que les ministres du jour songeaient déjà au déménagement. Un mot de l'honorable M. Ouimet et la majorité de la Chambre nous suivait contre un gouvernement qui semblait, comme je l'ai dit, mettre de la persécution dans son enquête des Tanneries. M. l'Orateur, nous n'étions pas et nous n'avons jamais été de l’école de la vengeance ou de la jalousie. Avant l'existence d’un gouvernement peu sympathique, avant la satisfaction de nos légitimes ressentiments, nous faisions passer l'intérêt du parti. Le gouvernement, c'était le parti et pour nous c'étaittoutdire. Aussi, nous n’hésitions pas à profiter d’un prétexte plausible en mettant notre honneur à l'abri pour sauver la situation ot laisser la vie au gouvernement. Telle avait été la vongeance de l'un de mes prédécesseurs qui aurait pu nourrir l'espoir, en faisant tomber le
gouvernement, de reprendre le poste que des défections lui avaient fait perdre injustement.
Quant à moi, l'avenir m'offrit aussi ma vengeance. Mon honorable ami, le chef de la gauche, et qui était encore alors le chef de la gauche, venait de lancer un défi chevaleresque, défi accepté avec un égal sentiment de courage par le chef du cabinet. Le tournoi devait se tenir à Ste-Croix où il eut lieu. Le chef de mon parti me fit l'honneur de songer à moi. Je ne me demandai pas de quelle manière l’on avait songé à moi dans la conduite de l'enquête ; je ne vis dans cette invitation que la voix du parti me demandant un service. Je m'y rendis, et je ne cacherai pas que c’est moi qui eus à supporter, cette fois-là, la chaleur du jour. Et l’un des meilleurs souvenirs de ma vie, l’un de ces souvenirs qui réconfortent ot font du bien, ce sera d'avoir pu rendre service à qui m'avait maltraité.
Je ne rappelle pas ces incidents pour rappeler une échéance et paraître insister sur un règlement de compte. Non, M. l’Orateur, je veux que mon gouvernement soit jugé sur sa politique et ses actes, mais je ne veux pas que dans le simple but de faire du mal on dénature cette politique et ces actes,
Je ne mendie pas du sentiment en notre faveur. Mais je veux rappoler tout simplement cette grande et essentielle vérité que la discipline du parti s'applique indistinctement à tous les membres du parti et dans toutes les phases de leur carrière, Quand on a su ce qu’elle valait, lorsqu'on avait le droit de l’imposer, on doit d'autant mieux en connaître le prix lorsqu'on est dans le cas de la pratiquer. Nous sommes dans une de ces positions où le parti pose ses exigences. Nous sortons de,, élections avec une majorité forte et bien prononcée ; nous avons une politique vigoureuse à faire prévaloir ; nous avons les finances à refaire ; nous avons une province à sauver et nous demandons à notre parti de la sauver, Nous, gouvernement, nous assumons cette grande responsabilité de promettre le salut à la province de Québec et je ne pense pas que ce soit le temps pour un autre élément ou pour une section du parti mal disposée de jeter dans la discussion un élément de discorde.
Je le dis sans crainte, M. l'Orateur, mes collègues et moi, nous avons gagné nos éperons ; nous avons travaillé, nous avons lutté ; assez travaillé ct assez lutté pour arriver à la brillante
victoire du 2 décembre ; assez travaillé et assez lutté pour réunir dans cette REA une députation forte, intelligente, patriotique et qui nous honore de sa confiance. Et, retranché derrière ce rempart de’ l'approbation du peuple, je le dis énergiquement et hautement : S'il nous reste une rude tâche à accomplir, il reste aussi des devoirs aux autres, et c’est au nom du gr and et beau parti conservateur que je réclame en ce moment de tous leur part de service et de devoir.