CÉRÉ SE
Re
Ses
Es
|| il a soutenues ; mais ce qu’on ne saurait oublier, il à Lévis surtout, c'est qu'il fut non-seulement (il un médecin habile : il fut, de plus, le médecin fl des pauvres, et ce sera son plus beau titre à (a l'amour de ses concitoyens.
|| Dans tous cas, il ne faut pas être grand || prophète pour pouvoir prédire que la mémoire | de cet homme de bien vivra au pays.
Afin de ne pas déranger l’ordre chronologique | de cette biographie, j'ai dù réserver pour la fin fl de cette étude quelques pages se rapportant à la
carrière militaire de l'honorable J.-G. Blanchet. ji À côté de l’homme politique et du médecin, | jaime à faire voir l’homme aux sentiments | patriotiques, celui qui, à l’heure du danger, entend l’appel de la Patrie, se lève avec ardeur, ll court sous les armes et offre à la mère commune la valeur de son bras et tout son sang.
En 1861, lors de la fameuse affaire du Trent. M. Blanchet s’occupa activement de notre milice, et il leva une compagnie prête à prendre du service.
Dans l'hiver de 1863, le gouvernement, vou- | lant mettre les forces du pays sur un pied plus |: efficace, organisa des bataillons de volontaires.
AL
ms Mes
M. Blanchet leva aussitôt le 17ème bataillon et en fut nommé lieutenant-colonel le 6 de mars de la même année. À venir jusqu’à la fin du mois de mai de cette année (1884), M. Blanchet a toujours eu le commandement de ce bataillon qu’il affectionnait tout particulièrement. Après en ayoir été le lieutenant-colonel l’espace de 21 ans, il laissa le commandement de son ‘“ cher 17ème” à M. Louis-Geo. Desjardins, député de Montmorency et officier d’un rare mérite. Il était, lors de sa promotion, le major de ce bataillon, après en avoir été longtemps l’adjudant, et il avait toujours été Le bras droit de M. Blanchet. D'ailleurs, M. Desjardins est remarquable par ses connaissances militaires, et sa stature fait de lui un officier supérieur de très belle apparence.
En 1865, M. Blanchet suivit les cours de l’école militaire et en sortit avec brevets de deuxième et de première classe.
Au printemps de cette même année, il commandait un bataillon formé de différentes compagnies de Québec et d’Ontario. Le quartier général de ce bataillon était à Laprairie et il devait surveiller la frontière entre Prescott, (Ontario) et Sherbrooke.
Les autorités militaires prenaient ces précautions à la suite de l'invasion des maraudeurs de
| ms À Le
| St-Alban, dans l'Etat du Vermont. Onsait que | cette équipée n'eut point de suites sérieuses.
qu Lors de l'invasion des Féniens, en 1866 et en | 1870, M. Blanchet devint le commandant de la | force active située au sud du Saint-Laurent et (l dans la partie est de la province de Québec.
|] Enfin, le i7me bataillon, commandé durant 21 ans par M. Blanchet, a toujours été considéré comme étant un des meilleurs de la force active. | Ses officiers sont presque tous sortis de l’école La militaire et plusieurs ont eu du service actif, {il Etant tous dévoués, aimant leur état et jouissant d’une bonne éducation, ces officiers font honneur au 17me et lui ont donné beaucoup de relief.
(| On se rappelle encore que, lors des grands | f camps de 1870, 1871, 1872, etc., ce bataillon fut LL remarqué pour sa belle tenue, sa bonne discipline et son habileté aux exercices. On se le qi montrait à l’envi en disant : “ Voilà le 17rac ; | c'est le bataillon du Dr Blanchet. ”
En 1879, l’hon. M. Masson, alors ministre de la milice, choisit M. Blanchet pour commander le corps des tireurs canadiens, au concours de Wimbledon, en Angleterre.
AE qytuil
Enfin, pour rendre justice à ce compatriote distingué, je dois encore ajouter ce qui suit :
PSS
C'est l'honorable M. Blanchet, le sujet de cette étude, qui a eu, le premier, l’idée d’un chemin de fer de Lévis à l'Etat du Maine et
passant par la vallée si belle et si riche de la Chaudière.
Son grand-oncle, François Blanchet, mort en 1830, avait obtenu, lorsqu'il était député au parlement, de l'argent pour l'ouverture d’un chemin de colonisation, qui, durant plusieurs années, fut connu sous le nom de Chemin de Kennébec. Cette voie publique existe encore aujourd’hui, et, depuis une soixantaine d'années, c’est la route que prennent les habitants de la Beauce allant aux Etats-Unis. (C'est par là qu'est passée presque toute la population canadienne que l’on trouve dans les beaux villages de Waterville, Oldtown, Skowhegan, etc., dans le Maine.
En 1869, M. Joseph-G. Blanchet fit passer à la session de la législature provinciale, une loi à l'effet de constituer ure compagnie pour la construction du chemin de fer de Lévis et Kennébec.
Cette compagnie fut formée légalement l’année suivante, en 1870, et M. Blanchet en devint le président.
On commença les travaux le 12 juin, 1871, et quatre ans après, c’est-à-dire en juin de 1875, le
Hoi
ec
chemin s’ouvrait au trafic, de Lévis à Sainte-
- Marie de la Beauce seulement.
Aujourd’hui, cette ligne va jusqu’au village de Saint-Joseph, et elle aboutira avant longtemps à la frontière.
La jonction de Sherbrooke s'opère dans le bas de la paroisse de Saint-Joseph, sur la rive droite de la Chaudière.
M. Blanchet se retirait de cette compagnie en 1876, après avoir pris sa bonne part des tracasseries et des difficultés inhérentes à toute entreprise de cette nature commencée sans les capitaux suffisants. Il ne voulut pas cependant donner sa démission avant d’avoir vu le succès certain de cette entreprise dont il était le père et l’âme.
On sait que ce chemin de Lévis et Kennébec est devenu, depuis quelques années, le Québer- Central.
Cette construction, si utile aux habitants du sud de Québec et à la colonisation, est maintenant à l’abri des assauts et des orages qu’a subis son aîné, le Lévis et Kennébec.
Juin, 1884.