‹ L'Honorable Joseph-G. Blanchet [microforme]Chapitre 7 sur 8 · PORTE CAT SPA RECETTE A ENT AE · texte numérisé non relu

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encore rejeté par une majorité de 89 votes. Il est bon d'observer que les partisans de M.

Fréchette firent des prodiges de prodigalité, d'ubiquité et de belles promesses. On fit flèche de tout bois pour imposer son candidat, ‘ l'enfant de Lévis, ”” alors récemment de retour de l'exil.

Sur les fûts de vins de Bordeaux, qui se bonifient en traversant l’océan, on écrit en grosses lettres : ‘Retour de l'Inde,” afin de les vendre plus cher. Sur le programme de M. Fréchette, ses amis avaient écrit et criaient à tue-tête : “Retour de l'exil,” afin de faire croire qu'il en était revenu bonifié. Les électeurs, à tort ou à raison, je n’entreprendrai point de le dire, ne crurent pas que M. Fréchette pouvait se bonifier, et “ l'enfant de Lévis” fut éliminé, aux deux élections, pour faire place à l'enfant adoptif, aimé et respecté : l'honorable Joseph-Groderic Blanchet.

Je dois. faire observer encore que l’opinion publique paraissait hostile au double mandat, ce qui pourrait expliquer, outre les raisons déjà données, la diminution du chiffre de la majorité de M. Blanchet, en 1872.

Les élections générales de cette année 1872 donnaient au ministère Macdonald-Cartier une majorité d'à peu près 60.

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Dans la province de Québec, nous avions le cabinet-Chauveau, formé en 1867.

Le parlement fédéral se réunit dans l'hiver de 1873, et tout alla bien jusqu’au printemps, lorsque éclata ce que l’on peut à bon droit appeler la grande conspiration du Scandale du Pocifique.

L'opinion publique, chauffée à rouge par les fausses représentations des Libéraux, au moyen de la presse et des discours publics, s'était grandement excitée au sujet de cette affaire, de ce ridiculus mus de la gente libérale.

On nomma un comité de la chambre pour s'enquérir des faits se rapportant à cette accusation. Ce comité se composait de 5 membres, et M. Blanchet en faisait partie. Comme aucun comité de la chambre ne peut siéger après la prorogation du parlement, il y eut ajournement jusqu'au 13 d'août, afin de permettre aux 5 membres de faire l'enquête.

Le comité se réunit, en juillet, à Montréal ; mais il dut se séparer sans rien faire, vu qu'il n'avait pas le droit d'interroger les témoins sous serment. ;

À la réunion des chambres, le 18 d’août, lord Dufferin prorogea le parlement au milieu de la plus grande excitation.

mn DE do Quelques jours après l'ouverture de la session, le 20 d'octobre suivant, après de longs débats acrimonieux sur l'adresse, sirJohn-A.Macdonald, voyant l’agitation grandir et plusieurs de ses anciens amis l’abandonner, donna sa démission.

M. Blanchet ne fut pas du nombre de ceux qui, dans la tempête, désertèrent lâchement le drapeau : il se montra alors, comme il l'avait été depuis 1861, et comme il l’a été jusqu’à ce jour, dévoué et fidèle à ses chefs politiques, dans l'avenir et l'honnêteté desquels il avait la plus grande confiance.

Après la résignation du cabinet Macdonald- Cartier, le pays vit arriver au pouvoir, le 5 de novembre suivant, M. McKenzie, qui devait répandre une pluie d’or sur tout le Canada.

Ce sauveur désiré depuis longtemps par les Libéraux. voulut piofiter de l'excitation d'alors et l’exploiter eu recommandant une dissolution et des élections générales, qui eurent lieu en janvier 1874.

On sait déjà que le double mandat fut aboli en cette année, 1874 M. Blenchet opta pour celui de Québec dont la durée expirait en 1875.

M. Louis-H. Fréchette, comptant sur l’axiome latin : Audaces fortuna juvat, voulut encore briœuer les suffrages de son comté natal, et, cette

fois-ci, “ l'enfant de Lévis ” gagna son élection par une majorité de 87 voix.

Son concurrent était M. Julien Chabot, l’habile gérant de la compagnie de navigation à vapeur du St-Laurent. Ce monsieur, si bien doué sous tous les rapports, eût été un digne représentant du comté de Lévis et le continuateur des œuvres commencées par M. Blanchet.

Quant à M. Fréchette, on se demande encore, dans le comté de Lévis, quel bien ce poëte a pu faire comme législateur. On dit encore que, à Ottaoua, il était tellement dévoré par les vers qu'il ne pouvait point s'occuper de lois ; d’où il suit, comme morale, que l’on peut être bon poëte, chroniqueur spirituel même (je n’ai pas dit honnéte), et faire un législateur fort médiocre. Je crois que les électeurs de Lévis en savent quelque chose par expérience.

Aux élections provinciales de 1875 [le 7 de juillet], M. Blanchet fut battu par M. E.-T.

Pâquet, devenu secrétaire provincial sous l’administration-Chapleau, et, maintenant, shérif conjoint, à Québec.

Les partisans de M. Blanchet, devenus trop confiants par leurs victoires répétées, avaient néyligé d'employer toute leur énergie, tous leurs efforts, et de là cette défaite qui surprit

|| peut-être encore plus les partisans de M. Pâquet {1 aqw’elle ne surprit ceux de M. Blanchet.

M Cet échec, le deuxième dans une carrière politique de 18 ans, fut loin de décourager cet | homme de volonté. Il savait que la Volonté est la |1] souveraine maîtresse du monde ; qu’un homme | qui veut, peut tout conquérir : la vertu, la gloire {| et, comme le dit Arsène Houssaye, “le génie même, cette échelle sans fin que Dieu ne tend (1 çà et là que pour rejoindre le ciel à la terre, sauf |] à la briser quand l’homme monte trop vite ou | | trop lentement.”

M. Blanchet se remit avec courage aux devoirs de sa profession que les occupations politiques lui avaient fait négliger. Il redevint tout de bon || médecin pratiquant comme il serait redevenu laboureur plutôt que de ne rien faire et s’il eût | eu l'avantage d’appartenir à ce noble état.

[ Dans l'automne de cette même année (1875), (ll M. Télesphore Fournier donna sa démission } comme député aux Communes du comté de Bellechasse, pour accepter, sous le gouvernement- McKenzie, la position de juge de la cour supréme, nouvellement réée.

Le siége électoral de Bellechasse étant devenu vacant par la résignation de M. Fournier, une députation de notables du comté se rendit

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auprès de M. Blanchet et le pressa vivement d'accepter la candidature qu'elle était chargée de lui offrir. Ayant toujours eu du goût pour la vie politique et les luttes qu’elle entraîne, il céda aux vives sollicitations qui lui furent faites de toutes les parties du comté de Bellechasse et accepta la candidature.

Il eut pour concurrents, dans cette nouvelle lutte et sur un terrain nouveau, M. Achille LaRue, avocat de Québec, et M. Boutin, cultivateur de Saint-Raphaël. M. Blanchet fut élu le 22 novembre par une majorité de 352 voix. Ses deux adversaires appartenaient à l’école politique libérale,

Cette élection fut la première victoire du parti conservateur après les élections de 1874 et sous l'administration McKenzie. Le désenchantement commençait à se faire, et le peuple, ne voyant pas arriver l’âge d’or promis par les Libéraux, ouvrait les yeux à la lumière. D’autres élections, comme celle de sir Hector Langevin, dans Charlevoix, on 1876, se succédèrent les unes aux autres, et ler soldats de sir John- À. Macdonald, élus de uouveau, venaient se ranger tour à tour sous la bannière au chef. Ce fut enfin le signal de la grande réaction contre le gouvernement de M. McKenzie.

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Aux élections générales de 1878 (le 17 septembre), le comté de Lévis réclame son ancien | député, M. Blanchet, qui accepte et fait, pour la troisième fois, la lutte contre M. Louis-H. Frécette.

(ll Après un combat acharné, un combat sans sn. égal, M. Fréchette, le candidat du gouvernejh ment, ayant en sa faveur toute l'influence des {l} deux cabinets fédéral et provincial, se voit encore battu, cependant, par une majorité de | 142 voix.

il Le résultat général des élections de 1878 fut tellement défavorable aux Libéraux, que M.

McKenzie crut devoir résigner en octobre.

Sir John-A. Macdonald reprend le pouvoir {il entouré de ses anciens collègues.

| À a réunion des chambres, à Ottaoua, en : février 1879, M. Blanchet est fait président des nul, Communes.

Il Le 20 juin, 1882, aux élections générales, on voit M. Louis-H. Fréchette descendre de Montréal tout exprès pour se faire battre ne quatrième fois par son adversaire invincible : Joseph-Goderic Blanchet, qui remporta une majorité de 412 voix.

| M. Fréchette comprendra:t-il enfin que son

| comté natal ne veut pas de lui comme son

1 député aux parlements ?

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En 1883, dans le cours du mois d'octobre, M.

Blanchet fut nommé percepteur des douanes, à Québec, en remplacement de M. Dunscomb. Il est le premier de race française qui occupe cette belle position, que la race supérieure, avec cet esprit d’injustice qui la caractérise à notre égard, s'était taillée pour elle seule.

Après trente ans de luttes actives, de luttes qui vieillissent et appauvrissent, il est probable que M. Blanchet jouira du repos que lui assure sa position et qu’il la remplira, j'en suis sûr, avec distinction et fidélité. Son honnêteté politique a été à l’abri de tout soupçon même de la part de ses adversaires les plus acharnés, e‘ il ne pourrait en être autrement au poste important qu’il occupe. D'ailleurs, il sort d’une famille sans tache, et famille oblige tout comme noblesse oblige.

M. Blanchet est d'un accès facile. Vous le voyez toujours le sourire aux lèvres, et son œil bleu exprime la franchise et la bonté. Sa parole est sévère, parfois, mais seulement contre les injustices et lorsqu'il veut infuser dans l’âme de son interlocuteur les principes dont il est fortement pénétré.

Dans quelques années d’ici, on aura peut-être oublié les luttes politiques que, durant 30 ans,

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