MESSIEURS ET MESDAMES
Choisi par la société Saint-Jean-Baptiste our vous adresser quelques paroles, qui, vrai dire, ne viendront pas de moi, mais ui seront plutôt comme un écho affaibli e ce que vos âmes doivent penser, de ce que vos cœurs doivent sentir dans ce moment ; si ce n'était que l’imprudente promesse que j'ai faite, je serais tenté de me taire et de laisser parler pour moi,
certain dé leur éloquence, cette pompe
civile et militaire qui nous environne, la terre que nous foulons, teinte autrefois du sang le plus pur et le plus noble de la France et de l'Angleterre, jonchée encore des ossements des, guerriers dont nous célébrons la mémoire; les bases de ce monument, que nous allons charger de redire aux âges futurs les combats et les gloires de nos ancêtres; ce grandiose paysage, cette nature qui semble taillée
ur de tels spe ‘tacles ; Ces montagnes,
ont les échos vons tout à l’heure retentir des éclats de la foudre guerrière, comme au jour que nous commémorons, et, là-bas, au fond du tableau, Québec, la ville historique, dont les murs ont vu couler tant de sang et s’accomplir tant de prodiges de valeur !
Vingt-huit avril mil sept cent soixante, jour que la Providence, s leurs revers, réservait à nos ancêtres, pour qu’ils fussent les derniers vainqueurs dans une 1utte dont ils devaient eux-mêmes être le prix ; pour que le peuple conquis pût toujours marcher tête levée et l’égal de ses conquérants, (préparant ainsi l'union fraternelle qui, ici comme ailleurs, devait un jour régner entre les deux races, en leur distribuant des lauriers cueillis sur le
même champ de bataille); jour aussi glorieux pour les vaincus que pour les vainqueurs, puisse ton souvenir, que nous évoquons, m'inspirer des paroles qui ne soient pas trop au-dessous de celles qu’il faudrait pour te raconter dignement |
Dans ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle, dans ce qui s'y passe aujourd’'hui, quel contraste à la fois et quelle ressemblance |!
Plus de six mois s'étaient écoulés depuis le jour où Wolfe et Montcalm étaient :
tombés, ensevelis, l’un dans le drapeau victorieux de l'Angleterre, l’autre dans celui qui portait le nom immortel de Carillon ; Québec, incendié aux trois quarts, amas de ruines plutôt qu’une ville, subissait la loi du conquérant ; l'Angleterre avait appris, avec des transports de joie, la France avec une inconcevuble indifférence, la prise de la plus forte citadelle du nouveau
monde ; “ l’Europe entière, dit Raynal,
croyait la grande querelle de l'Amérique du Nord terminée, et personne ne s’imaginait qu’une poignée de français, qui mous ogg de tout et à qui la fortune semblait interdire jusqu'à l'espérance, osâssent songer à retarder une destinée
inévitable.” Et cependant, le vingt-huit
avril, voilà qu’à la pointe du jour une nouvelle armée française se présente sur le champ de bataille du treize septembre, idée par un général d’une bravoure et ’une habilité égales à celles de Montcalm!
Avait-il, comme cet ancien prétendait pouvoir le faire, avait-il ri) terre du pied pour en faire sortir des légions? Non; mais elles étaient accourues d’elles-mêmes.
Du seuil des chaumières incendiées, du fond des bois, de partout, les Canadiens étaient venus se ranger une dernière fois sous le drapeau de la France, essayer de sauver malgré elle la colonie qu’elle abandonnait, et l'honneur de ses armes, que dans ces contrées éloignées elle paraissait négliger. Des enfants de douze à treize ans, des vieillards de quatre-vingts ans, se rendaient au camp, ou y restaient malgré les exhortations des chefs. Plus de la moitié de l’armée du chevalier de Lévis se composait de ces recrues volontaires, de ces soldats que le patriotisme seul avait fait soldats, de ces héros improvisés qui, semblables au vieux Caton, dont ils n’avalent jamais entendu parler, seuls ne désespéraient point d'une cause que le monde entier croyait perdue,
C'est que cette cause était celle qu'en-
une
sur fants ils avaient entendu exalter dans les bre, récits de leurs pères, dans les longues ) et soirées d'hiver ; c’est que le zèle de cette lo ! cause était entré dans leur âme avec dait chaque refrain de la ballade | ni md que du leur mère chantait près de leur bercea on ; avec Leg phrase du sermon que prêchai nes, le curé de la paroisse, avec l'exemple des du martyrs attachés au poteau, découpés par ens lambeaux, inondés d’huile bouillante et fois lorieusement décorés de colliers de haches de e fer rougies au feu ; c’est que plusieurs
avaient déjà brûlé pour elle plus d’une cartouche, et s'étaient déjà trouvés vainqueurs un contre trois, un contre cinq, à la Monongahéla sous M. de Beaujeu, au au fort George, à Oswégo, à Carillon sous M. de Montcalm; c’est que, jeunes ou vieux, ils n'avaient rien perdu de leur foi religieuse ni de leur foi nationale, qui n’en faisaient qu'une ; c'est que, dans leur héroïque naïveté, après tous les prodiges qu'ils avaient faits eux-mêmes, ils croyaient le bon Dieu tenu en conscience de faire un miracle pour que la croix, surn ontée du coq gaulois, demeurât sur le «cher de leur église et que le drapeau blanc semé de fleurs de lys continuât à flotter sur les bastions de leurs forts !
Ce qui s’est passé ici, il y a près d’un siècle, c'était donc, de la part de la brave armée anglaise, commandée par le | ir Murray, victorieuse une première fois sur le même terrain, c'était un effort suprême pour ne pas se laisser enlever les fruits de sa victoire, pour conserver cette forteresse dont la possession était depuis si longtemps l'objet de ses convoitises, pour maintenir supériorité lentement et péniblement acquise par plus d’un siècle de luttes cruelles et incessantes, de désastres sans nombre pour les colonies anglaises, que les bandes canadiennes et les hordes sauvages dévastaient chaque année par le fer et la flamme.
Et c'était de la part des troupes franpce fatiguées, mais non épuisées par une ongue marche à la pluie et au tonnerre, c'était un effort également héroïque, pour vonger leur défaite et la mort de Montcalm, pe reconquérir ce promonfcirs qui tient
clef de presque toute l'Amérique, pour prouver qu'ils étaient toujcurs les voldats d'Oswégo et de Carillon !
Mais, pour les milices canadisnnes, c'était encore plus que tout cela: c'était la sépulture définitive ou la résurrection de
tout ce qu’elles avaient aimé et vénéré au
foyer domestique ; c'était l’agonie ou le triomphe de 12 religion et de la patrie ; et, pour ces hommes que le gouvernement qui les abandonnait avait toujours tenus uvres, et qui, pauvres, venaient encore e perdre le peu qui leur restait, il a’y avait plus que la vie, et la vie elle-même n'était plus rien sans les deux seuls biens qu'ils eussent au monde : la religion et la patrie ! Ce fut donc toute la journée et pendant trois heures surtout, une lutte comme l’histoire nous en montre peu de plus meurtrières, eu égard au nombre des combattants. Plus de trois mille hommes sur uatorze mille, restèrent sur le champ de ile. “L'eau et la neige, dit M.
Garneau, (qui a élevé à ces braves, dans son histoire, un monument plus durable que celui dont nous posons les bases,) l’eau et la neige, qui couvraient encore le sol par endroits, étaient rougies du sang que la terre gelée ne pouvait boire, et les malheureux blessés nageaient dans des marres livides où l’on enfonçait jusqu'à mi- : be.” : | à tait ici (1), sur le petit espace de terre où nous Hi Aond NE et où s'élevait le moulin de Dumont, édifice qui dominait
(1) A Sainte-Foye.
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| la position, c'était, entre les grenadiers de 2 la Rei ge Han par M. d’Aiguebelle, | et les montagnards écossais sous les ordres du colonel Fraser, un combat acharné, qui n’a été égalé depuis que Lendloage que se livrèrent les anglais et les çais pour le Château d'Hougoumont, ou encore, per celui que ces derniers ont livré contre les . . Russes pour la prise du Mamelon Vert à Sébastopol. Le moulin fut trois fois pris et repris, et, chaque fois, les grenadiers eurent à marcher sous le feu incessant d'une lourde et puissante artillerie. Bourlamarque, dont le nom, dans toute la | avait fi à côté de ceux de ontoalm et de Lévis, fut gravement blessé et eut son cheval tué sous lui dans cet endroit même.
C'était, plus loin, entré les milices canadiennes commandées par M. de Repentigny et par le colonel Rhéaume, et le centre de l’armée Dr rom. une lutte non moins héroïque. “ L’on voyait, dit encore M. Garneau, les milices charger leurs armes couchés, se relever après les décharges de l’artillerie ennemie, et fusiller les canonniers
sur leurs pièces”? | | Enfin, à la droite, M. de Saint-Luc, avec | ou Mi bard de indiens vi de ere et le
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colonel Poularier, avec le Royal-Roussillon, culbutaient et tournaient l'aile gauche de l'armée anglaise, la rejetaient sur le centre, qu'ils prenaient en flanc, et décidaient du sort de la journée.
Partous c'était une scène de carnage et de désolation; un ciel lourd et sombre pesait sur ln campagne, des torrents de pluie se mêlaient aux flots de sang humain, les éclairs labouraient le ciel comme les feux des deux armées sillonnaient la terre, les éclats de la foudre se mêélaient aux décharges de l'artillerie, aux fanfares guerrières, aux cris des combattants, aux laintes des mourants, et la nuit, lorsque e silence et l'immobilité eurent ren:placé le bruit et le tumulte, à la lueür des éclairs, les innombrables blessés de l'armée française étaient portés à l'Hôpital-Général : au pied da côteau, tandis que l'armée anglaise, rentrée dans ses murs, encombrait des siens tous les couvents de la ville. | Le lendemain, on commençait les travaux d'un siége qui fut levé précipitamment, lorsqu'au lieu de la flotte française que nos .pères attendaient comme leur dernière HE !
ressource, leur dernière planche de salut, : ils virent paraître dans la rade une escadre r |! une et” qui par sa seule présence, assura
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pour toujours la domination britannnique sur ces vastes et riches contrées.
“ Et voilà ce qui s’est passé ici ily a près d'un siècle ! :
Et aujourd’hui, les drapeaux de la France et de l'Angleterre, unis par des banderolles qui portent les noms de victoires gagnées en commun, flottent amis sur le champ de bataille du treize septembre et du vingthuitavril, comme ils flottent sur les mers de l'Europe et sur les rochers de l'antique Chersonèse !
Un gouverneur anglais, dont l'esprit éclairé et le noble cœur ont su comprendre tout ce qu'il y avait de beau, de religieux, d'hum&in dans la mission que nous l'avons prié d'accepter, préside à cette apothéose des braves des deux nations. A l'exemple du militaire distingué qui, l'année dernière, était venu rencontrer sur son passage la pompe funèbre que nous fimes aux braves du vingt-huit avril, et saluer leurs restes de généreuses paroles, des officiers et des soldats anglais, justement impatients du repos qui leur échoit dans ce jour de combat, écoutent avec un religieux silence le récit de cette vieille victoire française, gone qu'ils savent qu'il n'y a que les âches qui sont jaloux, et que leur nation
s'est couverte elle-même de trop de gloire pour avoir peur de la gloire des. autres !
Et, en présence de Lady Head et de la moitié la plus intéressante de la société de Québec (la beauté, comme toujours, souriant au récit des actions courageuses), en présence du commandant d’une corvette française (1) chargé d’une mission toute acitique, ét de ses marins qui, mille fois es bienvenus parmi nous, sont arrivés ici à temps pour voir de leurs yeux que, si nous avons été longtemps oubliés de la France, nous n'oublions pas ses héros d'autrefois non plus que ceux d’aujourd'hui; en présence de nos concitoyens anglais, irlandais, écossais, héritiers des vertus des peuples des trois royaumes avec qui nous aimons à fraterniser; en présence des descendants des Hurons, les fidèles alliés de nos ancêtres, qui donnèrent leur part de sang et cueillirent leur part de gloire sur tous les champs de bataille de l'Amérique, nous, les descendants des miliciens de mil sept cent soixante, nous enfermons dans un même monument les ossements confondus des grenadiers de la reine et des montagnards écossais, qu'un archevêque a bénis sans leur demander à que! culte ils avaient appartenu.
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Et que ne dira:t-il pas à la postérité, ce monument ? Quel enseignement plus profond, quel plus haut tribut à l'héroïsme des tempsanciens, à l'union fraternelle du temps présent, à l'oubli des haine passées,
au souvenir des gloires qui ne passeront
as !:
. Ne parlerat il pas le même langage éloquent que parle, dns un autre endroit, l'obélisque élevée à la mémoire commune de Wolfe et de Montcalm par un gouverneur anglais, trop soldat lui même pour distinguer entre le solo :t vainqueur et le soldat vaincu, lorsque tous deux étaient morts en héros ?
Ne dira-:t-il pas aux Bretons comme aux Français, aux émigrés comme aux natifs, que la même fidélité que nos pères avaient montrée pour leur ancien drapeau, nous l'avons montrée pour le nouveau ; que s'ils étaient les hommes de Carillon et des
laines d'Abraham, nous avons parmi nous
es homines de Lacolle et de Chateauguny, et que nous, les hommes de la nouvelle
pes nous n'avons pas encore dit à }
histoire le dernier mot de notre race ?
Ne dira-til pas aux générations futures
ue le souvenir des grandes actions a beau dormir dans la poussière et l'oubli, il faut
{ RAPEE + h à es ras LA A 1 AE RE AR EsG E 2 c à LEARN NES PE ROSCTSNPT ES
qu'un jour, ne fut-ce qu'après un siècle, il se réveille et ressuscite rayonnant d'une splendeur imprévue ?
. Ne dira-t-il pas aux hommes trop positifs an de notre époque, qu'apiés tout ‘on ne meurt qu'une seule fois, et que, cette fois-là, il vaut autant mourir écrasé par la mitraille que sous les roues d'un char à vapeur ; que ceux qui agiotaient, qui s'enrichissaient, il y a ‘un siècle, sont morts tout comme ceux qui combattaieut, Bigot et Deschenaux aussi bien que Montcalm et Lévis, etqu'ils sont oubliés, exécrés, tandis que les pauvres soldats, les pauvres miliciens et les pauvres sauvages du vingthuit avril reçoivent, après plus d'un siècle, à la face du soleil, l’apothéose la plus magnifique qu'il nous soit possible de leur donner ? .
N'enseignera-t-il pas aux peuples de l’avenir que les guerres et les haines d'un siècle sont les amitiés et les alliances d'un autre siècle; que la face des empires change, que les empires eux-mêmes s'écroulent :
qu'une seule chose reste debout, la mémoire des braves ?
Ne dira-t-il pas qu'après avoir lutté sur terre et sur mer dans les arts de la guerre
et dans ceux de la paix, dans Les sciences,
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où elles ont produit Pascal et Bacon, Newton et Cuvier, Laplace et Herschell ; dans les lettres, où elles ont placé au faite de l'intelligence humaine, Bossuet et Milton, Shakèspeare ét Corneille, Lamartine et Byron, notre ancienne et notre nouveile mère-patrie, déseépérant de pouvoir se vaincre l’une et l’autre, se sont décidées à dominer, réunies, le reste du monde ?
Ne dira-t-il pas qu'après l'oubli séculaire de tous les souver1ins et de tous les gouvernements, le puissant allié de notre gracieuse souveraine, le neveu de l'illustre empereur, qui, dans l'univers’iité de son génie, avait réalisé cette parole (l'un ancien : nil humani alienum a me, au milieu des préoccupations sans nombre d’une époque où se décide le sort de l’Europe et de la civilisation, s'est souvenu d'un million de Français oubliés sous le drapeau britannique, d’un peuple qui surgit aux yeux de la France, comme, une apparition d'outretombe ?
Et lorsqu'il s'élèvera, ce monument, surmonté de la statue que nous irons demander à la France, notre alliée, d'y placer elle.
même, ne.croyez-vous pas que le vieillard, en s’agenouhilant sur la tombe des guerriers ainsi glorifiés, regrettéra de n'avoir
t : . L dci tin: dde cancdlitièl basées: : 222 0er héitilliélaie ec: À
pas, lui aussi, donné sa vie pour la patrie ; qué le jeune homme se relèvera pour sélancer plus courageux et plus ferme dans la carrière qu'il aura choisie, et que ln mère qui passera près d'ici, tenant son jeune fils pur la main, lui fera détourner la tête, de crainte que la fascination de tous ces honneurs rendus au courage ne l'enlève trop tôt à son amour, pour le jeter sur la voie périlleuse de l'honneur ?
Et ces guerriers eux-mêmes, s’il. leur était donné de se lever dé leur couche funèbre, et de contempler le jour aussi pur et brillant qu'il était sombre le jour do leur combat ; ces campagnes aussi riches, aussi heureuses qu'elles étaient alors désertes et dévastées; cette ville alors en ruines, et qui, florissant aujourd'hui dans les arts de la paix, se répand partout dans la vallée et, déjà, sur le coteau envahit jusqu'à leur sépulture ; ce bassin splen-
dide, cet afourc d'eau bel et profond, comme
disait Champlain, aujourd’hui couvert des vaisseaux de toutes les nations, au milieu desquels se trouve enfin un de ces vaisseaux français que nos pères attendaient avec tant d'angoisse à l'heure suprême ; s'il était donné à nos miliciens d’enténdre, “près uu siècle, parler français sur leur
EE cer . à
pen re
tombe ; de voir, comme ils disaient naïvement, de voir leurs gens, des uniformes franc ris mêlés à des uniformes anglais pour leur rendre hommage; de contempler leu»
religion et leur nationalité debout encore
et respectées à côté de la religion et de la
nationalité ‘les conquérants, sous cette domination anglaise qu'ils redoutaient si fort, n'est-il pas vrai qu'ils demanderaient comme une faveur de vivre quelque temps auprès de nous ?
Mais non, guerriers que nous vénérons, vous avez payé votre dette à la patrie, c'est à nous de payer la nôtre. Votre journée est remplie, votre tâche laborieuse et sanglante est terminée, la nôtre à peine commence.
Vous vous êtes couchés dans la gloire, ne vous levez pas! Pour nous, quelles que suient nos aspirations, notre dévouement, notre courage, Dieu seul sait où et comment nous nous coucherons. Mais vous, dormez en paix, sous les basés de ce monument, entourés de notre vénération, de notre amour, de notre perpétuel enthousiasme...
dormez….. jusqu'à ce qu'éclatent dans les
airs les sons d’une trompette plus ret2ntissante que celle qui vous sonnait la charge,
accompagnée des roulements d'un tonnerre
mille fois plus formidable que celui qui
AU
ent naiveuniformes glais pour npler leu” ut encore mn et de la s cette doent sifort, inderaient que temps
vénérons,.
atrie, c'est journée est t sanglante ‘ommence.
, gloire, ne uelles que vouement, t comment us, dormez monument, de notre Jusiasme..….
1t dans les usret?ntist la charge, in tonnerre » celui qui
L'HON. P.-J.-0. CHAU VEAU 41
célébrait vos glorieuses funérailles, et alors tous, Anglais et Français, grenadiers, montagnards, miliciens et sauvages, vous vous leverez tous, non pas pour une gloire comme celle que nous, faibles mortels, nous entreprenons de vous donner, non pas pour une gloire d’un siècle ou de plusieurs siècles, mais pour une gloire sans terme et sans limites, et qui commencera avec la grande revue que Dieu lui-même passera quand les temps ne seront plus ! ”
Un discours comme celui-là suffirait, en France, pour illustrer un homme ; nous serions bien difficiles, s’il nous en fallait plus.