‹ L'honorable Sir G.E. Cartier, ministre de la milice [microforme]Chapitre 10 sur 15 · DU · texte numérisé non relu

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politiques, avec un petit nombre de partisans de l'égalité représentative.”

En devenant chef, M. Cartier chercha à rallier sous un même drapeau les deux partis politiques du Bas- Canada; il choisit pour collègues deux libéraux, MM. Belleau et Sicotte, et pria ce dernier d'offrir un portefeuille à M. À -A. Dorion, celui de secrétaire provincial.

Le chef des démocrates refusa un compromis hunorable avec le parti conservateur, Il ne voulait pas sacrifier ses principes ni ses opinions, montrant par là une parfaite indépendance, une grande honnêteté politique. Il eût cependant mieux fait, dans l'intérêt de son avenir politique, d'accepter MM. Cartier et Sicotte pour collégues, plutôt que de faire une alliance malheureuse avec M.

Brown, l'ennemi acharné du Bas- Canada. MM. Loranger et Alleyn furent les deux autres ministres qui entrèrent dans le cabinet.

La session de 1858 fut peu remarquable par ses fruits. La législation

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se borna pour ainsi dire à modifier le tarif, à passer une loi par laquelle on encourageait l’industrie des pêcheries du golfe, et une adresse à la reine au sujet du chemin de fer intercolonial.

Elle fut cependant des plus orageuses. La grande pañtie du temps se consuma en débats interminables, à des luttes acrimonieuses entre les partis, luttes qui n'avaient d'autre but qu: la conquête du pouvoir.

M. Brown commenca à soulever sérieusement la question de la représentation basée sur la porulation, dans le but de répandre l'excitation au sein des chambres, la rivalité entre les deux provinces, et de parvenir au moyen du fanatisme. Ensuite vint l& double majorité, autre question épineuse qui a créé des embarras à plusieurs gouvernements.

À mesure que la session avançait, le ministère Macdonald-Cartier ren:

contrait une opposition de plus en plus forte. Ilse trouvait en minorité de dix à douze voix dans le Haut-

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Canada, et l'opposition reprochait sans cesse au premier ministre de gouverner cette province au moyen d'une majorité prise dans le Bas- Canada. Finalement, le ministère fut battu sur une motion de M. Piché, par laquelle on condamnait le choix d'Ouataouais comme capitale.

M. Brown entreprit la tâche imprudente de former un ministère, avec M. Dorion, lorsqu'il savait d’avance ne pouvoir commander une majorité dans la chambre. Aussi, le deuxième jout de son existence, cette administration fut-elle condamnée à une majorité de quarante voix, sans avoir pu accomplir aucun acte législatif. |

Dans ce moment de crise, Sir Xdmond Head choisit de nouveau ses conseillers parmi les chefs conservateurs ; ceux-ci reprirent le pouvoir après un intervalle de quelques jours seulement ; ils le conservèrent quatre années consécutives. Le cabinet se composa des mêmes ministres, à l'exception de MM. Cayley et Loran-

ger qui sacrifièrent leur position afin de permettre à MM. Galt et Sherwood de faire partie de l’administration. Les finances furent confiées à Pami intime de M. Cartier, M. Gralt, qui s’est fait une grande réputation comme financicr et homme »ratique.

M. Cartier devient cette fois premier ministre, parvenant à la plus haute position qu’il fut permise à un Canadien d'occuper ; il méritait cet honneur à juste titre, car il l’avait conquis par son patriotisme et par les servis nombreux déjà rendus à la patrie,

Le ministère Cartier-Macdonald s'était formé avec l'intention d’effectuer l’union fédérale des deux Canadas avec les provinces maritimes, ainsi que la construction du chemin de fer intercolonial Les hommes d'état prévoyaient déjà que cette union serait le seul remède destiné à faire disparaître les difficultés existantes, surtout l'augmentation de la représentation réclamée avec tant de

vigueur par le Haut-Canada. Déjà

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cette question avait été discutée sérieusement dans la législature et dans la presse par des hommes du plus

grand mérite.

Après la session de 1858, MM. Cartier, Gralt et Ross, se rendirent donc en Angleterre pour traïter ce sujet important avec le gouvernement impérial. Ils adressèrent au ministre des colonies uu document resté célèbre dans les annales politiques, et dans lequel ils recommandaient la confédération, comme moyen de rétablir la concorde entre les deux Canadas. Mais les provinces maritimes montrèrent peu d’empressement et demandèrent du délai. Les négociations traînèrent en longueur, et demeurèrent finalement sans résultat.

C’est à ce voyage que M. Cartier fut recu avec honneur au château de Windsor, où *‘l devint l’hôte de la reine penaant plusieurs jours.

La session de 1859 vit passer l’acte concernant les travaux publics, un tarif mis en harmonie avec les droits ad valorem et “acte qui amendait la :

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loi seigneuriale de 1854. Cette dernière mesure, rédigée par M. Cartier, avait pour objet le rachat définitif de tous les droits seigneuriaux, les cens et rentes exceptés. Le fond créé par l'acte de 1854 n'avait pas été suffisant; le ministère demanda une nouvelle appropriation (£500,000 environ), qui devait être prise sur le fonds consolidé d'emprunt municipal

La mesure fut accueillie fa rorablement par les députés du Bas-Canada, sans distinction de partis politiques, et par les conservateurs du Haut- Canada ; mais les cleargrits lui firent une opposition acharnée et tout à fait injuste, cherchant à exciter les passions populaires contre le Bas-Canada.

Cette loi importante, sanctionnée par plus des deux-tiers de la :'eprésentation, fut surtout due à la libéralité des conservateurs du Haut-Canada, à l’é-

nergie et à l’habileté que déployèrent

les chefs du cabinet;

À la session suivante (1860), M.

Cartier fit encore adopter par la législature trois lois importantes qu’il

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rédigea et présenta lui-même: l'acte des municipalités du Bas-Canada remplacé en 1870 par le code municipal, l'acte qui séparcit les villes de Québec et de Montréal en trois divisions électorales, et la loi concernant les bureaux d’enregistrement.

C’est encore sous l'administration Cartier, au mois d'août 1860, que le Prince de Galles, sur l’ivitation des membres de la légisiature,vint visiter la province et présider à l’inauguration du Pont Victoria.

La session de 1861 marqua par les fameuses discussions sur la représentation et par les votes répétés de non-confiance. Déjà depuis plusieurs années, les cleargrits Brown, Mowat, McDougall, Mackenzie et Foley cherchaient à créer l'agitation, en demandant que le nombre des représentants fut proportionnel au chiffre de la population. Ils exposaient par des chiffres inexacts que le Haut- Canada avait contribué au revenu public sur une bien plus grande proportion que l’autre province, pendant

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