‹ L'honorable Sir G.E. Cartier, ministre de la milice [microforme]Chapitre 15 sur 15 · F ES · texte numérisé non relu

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ment de sa santé. De fait, jusqu'au 18 mai, il avait pris un mieux assez sensible, et fixée le jour de son départ. Après une visite faite ce jourlà au Bureau des Colonies, il se sentit plus mal. Depuis cette date, il continua à baisser jusqu’à mardi matin, le 20, où il expira paisiblement, après avoir reçu les secours de la religion.

La nouvelle de sa mort a créé dans le pays une douleureuse sensation, un deuil universel. Tous ont su apprécier qu'ils perdaïent en lui un homme illustre, qui a sacrifié sa vie pour l’honneur et la prospérité de son pays.

C’est surtout dans la capitale que cet événement a causé le plus de regrets.

Nous reproduisons du Courrier d'Oulaouais la scène qui se passa alors aux Communes.

‘“ La nouvelle s’est répandue dans les bureau publics vers deux heures - de l'après-midi. Les députés l’apprirent en arrivant à laséance qui s'ouvrit à trois heures. Des groupes silencieux se formèrent aussitôt dans les corridors, dans les vestibules et sur la

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place du parlement. On se montrait les ravillons hissis à mi-mât, et on échangeait quelques brèves paroles qui en disaient plus que des volumes: ‘“ C’est bien vrai !.........Cartier est mort ! ” Et les groupes se dispersaient pour aller se reformer aiileurs.

Le saisissement était général. Ceux qui ont assisté au spectacle qu’'offrait la rue Sparks le matin de l'assassinat de M. McGree, peuvent seuls se l’imaginer.

Les Commues, à l'ouverture de la séance, offraient un coup d'œil peu ordinaire. Les députés ne paraissaient nullement s'occuper des papiers placés sur leurs pupitres. Un silence parfait. Nulle conversation particulière. Des figures empreinies de tristesse

“ Sir John-A. Macdonald se lève et lit un télégramme de Sir John Rose, conçu à peu près dans ces termes : ‘“ Cartier a eu une attaque il y a huit jours, depuis lors il n’a fait qe ce matin à 6 heures il est mort tranquillement ; son corps

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sera envoyé en Canada par le steadu 29. ”

Le premier ministre ajoute :

‘“ Monsieur le président, je me sens incapable d’en lire plus long, ” et il fondit en larmes. Il se remit sur son fauteuil et pleura abondamment, la tête sur l’égaule, la maïin droite placée sur le siége vide ‘ie Sir George.

‘ Vinrent ensuite quelques paroles prononcées par les honorables messieurs Langevin, Mackenzie, Cauchon et Dorion. La brièveté Ge ces discours et le ton des orateurs disaient éloquemment que les cœurs étaient pleins etque tout débordait.

Depuis dix ans que nous suivons les séances du parlement, nous n'avons pas vu une douleur exprimée aussi fraternellement. Ce n'était pas la Chambre, c'était un cercle d’amis qui pleuraïent la mort du plus aimé d’entre eùx.”

Sir Jchn-A. M. Madonald a été mu par un noble sentiment en proposant de faire les funérailles de sor. collégue aux trais de l’état, et d'élever un

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monument à sa mémoire. U'est le premier Canadien qui recevra cet honneur insigne mais bien mérité.

On à suivi en cela la coutume des autres nations qui ont rendu à leurs hommes illustres de semblables hommages.

En reconnaissance de ses services signalés, la métropcle le créait, en 1868, baronnet de l'empire. La devise qu'il avait choisie pour son écusson était : Franc et sans dol. Comme LaFontaine, Sir George n’a pas de fils pour porter son nom hériditaire.

Marié en 1847, à L'ile. Hortense, fille de M. E. R. Fabre, il ne laisse que deux filles de ce mariage, (1)

Queiques journaux ont mentionné que Sir George laissait, sur l’histoire contemperaine, des mémoires secrets qu’il aurait expressément ordonné de

(1) Sir George était le beau-frère de Mgr.

Fabre, évêque de Gratianopolis, et de M. Hector Fabre, rédacteur de L' Evénement.

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ne pyublier que dix ans après sa mort.

Nous ne doutons pas que ces écrits soient précieux, et qu'ils seront religieusement conservés.

Malgré les quelques fautes que nous avons signalées dans ce travail, Sir Creorge n’en reste pas moins une de nos premières illustrations, et occupe sans contredit le premier rang parmi nos gloires nationales. fl nos- Sédait les qualités précieuse de l'homme d'état: habilité, énergie, vues larges, vaste intelligence, noble désintéressement. Chose remarquable, la majorité de la population bascanadienne, sans distinction d’origine, lui a accordé un appui constant ; le clergé lui a également donné sa confiance, et cela en retour des services

ue Sir George lui a rendus, par la

éfense des institutions religieuses contre les principes dangereux d’un certain nombre de radicaux.

La carrière politique de Sir George Cartier offre assez de ressemblance avec celle de LaFontaine. Tous deux

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ont commandé, sous l’Union, aux destinées du Bas-Canada, en même temps que les Draper, les Baldwin et les John-A. Macdonald présidaient à celles de l’autre province. Tous deux ont servi le pays avec amour et désintéressement ; ils ont laissé, avec leurs œuvres, un nom intègre et honorable. LaFontaine a eu la gloire

d’avoir fait sortir ses compatriotes de

l'état d’infériorité où les avait d'abord placés l’acte d'Union ; il s’est servi de la responsabilité ministérieile pour leur conquérir la part d'influence à laquelle ils avaient droit dans les affaires publiques. (Cartier:

a défendu le Bas-Canada contre les exigences des Haut-Canadiens ; il a su maintenir l'égalité représentative tant que la constitution a pu fonctionner sans trop d’inconvénients ; puis. lorsque les difficultés devinrent trop grandes, il a doté ses compatriotes d’une magnifique constitution, qui leur assure le contrôle de leurs in...

tations civiles et religieuses. Lui:

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taine a préparé les voies à l’abolition du système féodal; C?rtier, par sa loi de 1859,en a fait disparaître les dernières tiaces. LaFontaine a inauguré l’ère des chemins de fer, politique qui devait tant augmenter la prospérité commerciale du Canada ; Cartier ne s’est pas lassé de travailler pour obtenir un :mmense réseau de voie ferrée réunissant la Nouvelle- Ecosse à la Colombie Angiaïse, LaFontaine a commencé la réforme dans l'administration de la justice ; Cartier l’a consommée par l'acte de la décentralisation judiciaire ; il a de plus adouci la sévérité des lois criminelles et doté le Bas-Canada d’un code de lois aussi sage et aussi complet que celui d'aucune autre nation

Tels sont en résumé les actes de ces deux grands hommes, dont les noms seront toujours l’objet de la vénération profonde de leurs compatriotes. L'histoire redira aux siècles futurs que, sous l'égide de ces chefs habiles, la province a fait un pas im-

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mense dans la voie des réformes administfatives et de la prospérité matérielle.

Nore.—D'après le témoignage d’une personne digne de foi, Sir George ne descendrait de Jacques Cartier ni en ligne directe ni en ligne collatérale. D'un autre côté un correspondant du Pionnier de She brooke assure que Sir George, aulieu d’avoir erré dans les bois, après la bataille de Saïnt-Charles, se serait refugié à la “ Beauce ”’ de Verchères, où il aurazt passé l'hiver chez un cultivateur. Il auraït lui même fait annoncer sa mort dans les journaux, afm d’être plus en tranquilité. Il ne serait parti pour les Etats-Unis qu’au printemps de 1838.

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