‹ L'honorable Sir G.E. Cartier, ministre de la milice [microforme]Chapitre 2 sur 15 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

Forcé par une cruelle maladie d’abandonner la politique active, Sir George était allé à Londres prendre quelque mois de repos, et se mettre sous les soins des sommités médicales. Il était parti avec les vœux de la population entière, de ses adversaires comme de ses amis. Tous regrettaient son absence du théâtre parlementaire où il avait donné tant de preuves d’habileté et de capacité.

Tous attendaient avec hâte les bulletins favorables de sa santé. Les dernières nouvelles nous donnaient les espérances les plus consolantes ; il avait même fixé son départ prochain pour le Canaüa. Mais iln’a pas eu le bonheur de revoir cette terre qu’il aiaait tant, et où il était attendu avec impatience. Il s’est éteint à .Londres le 20 mai, à la suite d’une rechute qui l’a emporté en quelques jours.

Le Canada perd en lui une de ses célébrités, la province de Québec et la population française, son premier homme d’état. Digne successeur du

active aux réformes

ss

grand LaFontaine, son nom est lié à tous les événements qui se sont succédés penda siècle, Chaqu

toire démontre q

page de notre hisa pris une part gislatives, aux grandes entreprises publiques, qu'il a Con$acré son énergie et ses talents au bonheur et à l'avancement de l’ancienne province-unie, au sucCeès et à la consolidation de la nouvelle constitution.

Ne suflit-il pas d'énumérer les principaux de ses actes pour en avoir

la preuve la plus convaincante. La, province lui doit en grande partie la

construction du Grand-Tronc et du Pont Victoria; le Bas-Canada a obte- “nu par son initiative la décentralisation judiciaire, la modification des lois criminelles, la codification des lois civiles et de procédure, l'établissement des écoles normales, le règlement final de la tenure seigneuriale, l'établissement des lois françaises

‘dans les Cantons de l'Est, On sait

quelle part il a prise à l’œuvre de la

le dernier quart de

‘à té #

Roue

Confédération, à la construction du chemin intercolonial. Ses derniers actes ont amené l'entrée des provin-

ces de Manitoba et de la Colomhie ‘

Anglaise dans la Confédération et la construction du chemin du Pacifiqne.

Voilà une série d'œuvres plus que suüflisante pour le placer au nombre de ces natures d'’élites les

LaFontaine, les BalGwin, les Morin, :

qui se sont illustrés dans l’histoire contemporaine. ir Greorge est au premier rang parmi nos gloires nationales. Ses œuvres subsisteront pour attester ses talents hors ligne, ses vues larges, sa grande habilité. On ci‘era avec éloge son amour du travail, ses conna’ssances profondes du droit parlementaire et des choses pra-

tiques ; on adrairera sa fidélité à

tenir ses promesses, son amour constant de la patrie. On aimera à redire à la prospérité que sa conduite a toujours été noble ei désintéressée ; que oin de s'enrichir dans la politique, il en est sorti plus pauvre qu'il n’y était entré.

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Cette vie pleine de renseignements mérite donc d’être étudiée avec respect, et même d’être imitée dans la piupart de ses phases, malgré les quelques ombres que la vérité historique pourra y découvrir.

Mais avant d'aller pius loin, nous aimons à reproduire une partie de la biographie due à la 5lume de l’habile rédacteur de la Mirierve, dans laquelle l’auteur nous fait connaitre quelques-uns des caractères de l’Hon.

Ministre de la Milice :

Sir Georges ne devait rien à l’art

de charmer les gens. Brusque, en-

tier dans ses idées, jamais indécis, sans délour comme sans faux respect humain, ii allait toujours droit au but.

La manière d'exprimer sa confiance en quelqu'un était de le rudoyer ; Mais d'une façon qui lui était propre et qui ne laissait aucune pénible impression, Cette vivacité de manières et de langage n’était rien autre chose que l'explosion de la franchise la

lus eordia'e, débordant de sa nature

onnête., Ilne berçait personne de

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fausses promesses, et il n’hésitait jamais une minute à désapprouver énergiquement et sur le champ tout ce qui lui paraissait entrainer des inconvéuients, quoique souvent 1l en eût tiré lui-même d’autres : iyantages,

“ Lt, cependant, malgré cette rudesse de furme exercèe envers tou le monde, Sir Georges était aja'e.

On subissait en sa présence le restige de cette force morale qu'il pussédait plus qu'aucun autre. Imagination ardente, esprit vil et lucide, mémoire extraordinaire, ii était à la fois l’homme des grandes choses et l’homme des détails.C’était une organisation exceptionnelle propre à tout. Son cerveau était une vaste usinê retentissant du bruit de mille marteaux Sans cesse en action et produisant, au lieu d’une activité fébrile, les fruits

les plus variés d’un travail multiple.

On distinguait Vordre, la classification au milieu de cette confusion apparente des idées les plus opposées Dans la même demi-heure de conversation, il dérculait-un vaste plan pol:-

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tique, exposait une mesure importante, racontait le dernier tour qu'il avait joué à ses adversaires, intercalait un commentaire souventneuf et toujours juste sur la politique européenne, s’'informait de la santé de vos enfants qu’il connaissait aussi bien au bout de quinze ans que s'il les avait vus lé jour même, et n'oubliait jamais l'histoire pour rire. Tout cela se déroulait sous vos yeux avec une rapidité vertigineuse et sortait de son esprit, sous sa forme propre, avec une lucidité qui le faisait prendre tour à tour pour un grand politicien, pour un penseur exercé, pour le meilleur conteur et pour l’ami le plus au courant de vos choses intimes.

“ Pendant les quinze premières années de sa vie publique, Sir George travallait 15 hetres par jour, et si dans les derniers temrs, il s’imposait moins de travail de bureau, c’est qu'il avait en quelque sorte achevé l'œuvre proprement dite de notre réorganisation intérieure et que, laissant désormais à d’autres le soin de la

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