DOCUMENTS
CONTRAT ^DE MARIAGE DE NICOLAS BEAUJON {Extraits) des 21 et 22 octobre 1753. (Archives nationales, cote T. 306.)
Par devant les conseillers du Roy, notaires au Châtelet de Paris, soussignés :
Furent présents : Nicolas Beaujon, ci-devant directeur du commerce à Bordeaux, demeurant à Paris, rue Louis-le- Grand, paroisse Saint-Roch, fils de deffunt Jean Beaujon, négociant de la ville de Bordeaux et dame Thérèse Delmestre, son épouse, ses père et mère, pour lui et en son nom, d’une part.
Et dame Marie Belon, veuve du défunt messire Louis Bontemps, chevalier, Tun des premiers valets de chambre ordinaires du Roy, gouverneur du Palais des Thuilleries, capitaine des chasses de la varenne des Thuilleries et chevalier des ordres royaux, etc..., demeurant à Paris, au palais des Thuilleries, stipulant pour demoiselle Louise-Elisabeth Bontemps, fille mineure du défunt et d’elle, etc., d’autre part.
Lesquelles parties de l’agrément du Roy, de la Reine, de
Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dauphine et de Mesdames de France.
En la présence de Madame la marquise de Pompadour, de M. Demachant(sic), garde des sceaux de France et contrôleur général des finances, de M. Dargenson, ministre et secrétaire d’Etat, ayant le département de la guerre, de M. Paulmy, secrétaire d’État, ayant le même département en survivance de M. Dargenson, de M. Rouillé, ministre et secrétaire d’État, ayant le département de la marine, de M. de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d’État; Et encore en la présence de leurs parents et amis ci-après nommés savoir : de la part dudit futur époux, de M. Jean Beaujon de Seilhan, son frère.
Et de la part de la dite demoiselle future épouse, de messire Antoine Bontemps, chevalier, l’un des premiers valets de chambre du Roy et gouverneur du château des Thuilleries, son frère, de M"® Bontemps sa sœur, etc.
En faveur duquel mariage, ladite dame veuve Bontemps a constitué par ces présentes en dot à la demoiselle future épouse, sa fille, la somme de cinquante mille livres exigible
seulement après le décès de la dite dame
fait et passé à l’égard de Leurs Majestés, le Roy et la Reine, Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Mesdames de France, Madame la marquise de Pompadour et les ministres, au château de Fontainebleau.
Et à l’égard des parties contractantes et desdits parents et amis au château des Thuilleries, à Paris, en l’appartement de ladite dame Bontemps, l’an mil sept cent cinquante-
trois, les vingt et un et vingt-deux octobre, avant et aprèsmidi. L’ont signé, ainsi signé : Louis, Marie, Louis, Marie- Josephe, Marie-Adelaïde, Victoire-Louise-Marie, — Sophie- Philippe, — Elisabeth-Justine, Louise-Marie, la marquise de de Pompadour, Machault, Saint-Florentin, M. Devoyer Dargenson, R. Devoyer de Paulmy, Rouillé, Reaujon, Delon, Bontemps, L.-E. Bontemps, Beaujon de Seilhan..., etc.
Suit la teneur de l’état de la fortune de Beaujon. (V. au texte, chap. I.)
Patu et Dutartre, notaires.
Collation faite en l’an 1787, 28 janvier, par M® Picquais, l’un des notaires soussignés, comme successeur de Dutartre, ci-devant notaire.
Dans la même liasse (cote T. 306) aux Archives nationales, est un autre acte faisant foi que M“' veuve Bontemps réclamant le montant de la dot de sa fille défunte, le sieur Beaujon n’en a cependant jamais rien touché (notaire Griveau, successeur de Lepot d’Auteuil, ci-devant notaire), l’an 1787, 7 février.
Bachaumoint. Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France. (Extraits, ayant rapport au financier Beaujon, qui n’ont pas été insérés dans le texte).
6 mai 1774.
Raconte que le sieur d’Hemmery, exempt de police
chargé de la’ librairie, s’était par captures et escamotages
divers, composé une bibliothèque et un cabinet d’histoire naturelle; il avait établi tout cela à l’hotel des ambassadeurs extraordinaires. Le sieur Beaujon l’ayant acheté, le sieur d’Hemmery est obligé de déloger; mais il persuade habilement à Beaujon qu'un homme comme lui a, besoin d’un cabinet, d’une bibliothèque, etc. Beaujon achète le tout 40,000 livres et institue le sieur Meunier de Querlon son bibliothécaire. « Il s’est trouvé un homme de lettres assez bas pour accepter cet emploi. »
8 mars 1775.
On assure que le sieur Beaujon, s’érigeant depuis
quelque temps en Mécène des gens de lettres, instruit de la détresse de celui-ci (de Belloy) lui ayant oflert des secours, en a reçu une épitre où il lui demande pour toute . grâce de vouloir bien faire faire son buste, pour être placé à la Comédie-Française entre ceux de Corneille et de Racine lorsque la nouvelle salle sera finie. On doit croire qu’il était absolument en délire quand il a écrit cette lettre.
Archives nationales O, 339®
Versailles, 14 février 1787.
Lettres patentes qui soumet le sieur Foin aux exercices du feu sieur Beaujon, receveur général des finances de la généralité de Rouen, « pour achever au lieu et place du sieur Beaujon l’exercice de l’année de 178o. »
’Cet acte cite : T J. -N. Beaujon, ancien trésorier payeur des gages de notre Chambre des comptes de Paris.
2“ J.-N. Beaujon, avocat général honoraire de notre cour des aydes de Bordeaux.
« A l’effet de quoi nous ordonnons que les héritiers ou ayant causes dudit feu sieur Beaujon rendront incessamment audit sieur Foin un compte de clerc à maître de toutes les recettes et dépenses faites par ledit feu sieur Beaujon sur ledit exercice 1785 jusqu’au jour de son décès, etc. '
Nous avons encore trouvé, portant le nom de Beaujon, aux Archives nationales, mais n’ayant pas trait à l’hôpital :
r Dans le registre 495 (Correspondance de l’année 1784.)
A la page 368. — Pièce relative à l’église du Roule.
— 423. — Lettre de Beaujon pour conserver une
échoppe à sa porte.
— 488. — Lettre au sujet d’une affaire entre Beaujon
et le chevalier Petit.
2° Cote 340\ Un acte qui le nomme en passant.
Dans la même liasse que l’acte de fondation inséré dans le texte se trouvent chez M* Martin Deslandes, successeur actuel de Griveau, notaire à Paris en 1784 :
1“ Un état des vases sacrés.
2“ «Lettres patentes qui permettent au sieur de Beaujon de fonder un hospice dans la paroisse de Saint-Philippe du Roule, à Paris. » 10 pages de parchemin in-4* du 2 août 1785 en parlement. Signé Ysabeau. Approuve les dispositions de l’acte de fondation.
3“ Acte par lequel il fait don à l’hôpital de la chapelle Saint-Nicolas. 13 pages in-4“ du 6 août 1785.
4“ Un extrait des registres du parlement sur parchemin in-8° du 6 août 1783, 62 pages.
5” Etat des titres concernant la propriété des terrains. 14 pages in-4“.
6“ Inventaire de l’hospice de Saint-Nicolas du Roule. 15 pages in-4% 25 septembre 1785.
Le Voyageur a Paris, par Thierry. (Paris, 1790, 8' édition).
« Hospice ou maison d’éducation et de charité, grande rue du Faubourg du Roule. »
« Cet hospice a été fondé..., » etc., (les 24 enfants) « y sont élevés, instruits, nourris et vêtus depuis l’âge de six ans jusqu’à douze, époque à laquelle ils reçoivent chacun 400 livres pour l’apprentissage du métier auquel ils se destinent.
« Le bâtiment de cet hospice a été construit sur les dessins et conduite de Girardin, architecte. »
19 août 1786. — M. Beaujon est fort mal. Il laissera beaucoup de gens à consoler. Un testament qui forme un gros volume in-folio allégera leur douleur. M. Durvey, agent
de change, a acheté son hôtel 1,100,000 livres, non pour le roi, comme on l’a dit, mais pour le comte d’Artois.
{Correspondance secrète sur le règne de Louis XVI, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, par M. de Lescure, t. II, p. 67. Plon 1866.)
M. Beaujon, porté par ses gens dans son salon, où étaient un grand nombre de belles dames qu’on appelle ses berceuses, leur dit en balbutiant : « Mesdames, réjouissezvous : ce n’est point une apoplexie que j’ai eue, c’est une paralysie. »
{Œuvres choisies de Chamfort, par M. de Lescure, Jouaust, 1879, t. Il, p. 19.) D’après les papiers de Chamfort.
ÉETUDE DE M® Martin Deslandes, successeur de Griveau,