à M. Beaujon, résidant à Tonneins
100,000 à M. Beaujon, résidant k Bordeaux.
Trois autres legs formant deux cent soixante-dix mille livres.
« A l’égard des surplus de bien... je les donne et lègue à mes deux frères que je fais instituer mes légataires universels... »
« Je prie M. de Lamoignon, marquis de Basville, président du parlement, de me donner une dernière marque de l’amitié dont il m’a toujours honoré en se chargeant de l’exécution de mon testament; je le prie aussi d’accepter... mon beau service de porcelaine que j’ai fait faire- à la manufacture de Sèvres...
« Je prie M. et M“® de Lamoignon de vouloir bien agréer le legs que je fais à M"® Constance de Lamoignon, leur fille, de la somme de 100,000 livres... lequel sera remisa M. et M“® de Lamoignon, pour en jouir par eux et le survivant d’eux, leur vie durant, et n’en faire la remise à M"® de Lamoignon, leur fille, de leur vivant, qu’autant que ce serait leur volonté. »
M. Guillaume, son caissier, 150,000.
13 septembre 1786, sur les neuf heures du matin.
Codicille (1) du 1 2 septembre 1 786, MM®"* Castel et Griveau.
Minul. du testament chez Griveau.
Mentionne qu’il vient de faire ce testament aujourd’hui et nomme exécuteurs testamentaires le président de Lamoignon, M. Guillaume, son caissier, et M. Griveau.
Beaujon, demeurant à Paris, à l’ancien hôtel d’Évreux, grande rue du Faubourg Saint-Honoré, paroisse de la Madeleine de la ville l’Évôque. Trouvé assis dans un fauteuil en sa chambre à coucher au rez-de-chaussée dudit hôtel, sain d’esprit, mémoire et bon jugement.
Tenon. Mémoires sur les hôpitaux de Paris. In-4°.
Hospice de Monsieur de Beaujon.
Cet hospice a été construit en 1784 et 1785, sur les dessins de M. Girardin; il est fondé pour 24 orphelins de la paroisse du Roule, dont 12 garçons et 12 filles; on y est admis à sept ans; on apprend aux enfants à lire, à écrire, l’arithmétique, la religion; on panse les pauvres du dehors.
Six Sœurs de la Charité, deux maîtres d’école, un portier, une cuisinière, un domestique et une domestique, font le service.
Dans l’aile droite, au premier, est le dortoir des garçons ;
(1) Actuellement en l’étude de M« Pinguet, quia bien voulu nous le communiquer. Inédit.
dans Taile gauche, celui des filles; chaque dortoir contient 13 lits, 12 pour les enfants : ces lits sont sans rideaux, parce qu’il est raisonnable de ne pas perdre de vue la jeunesse; le 13® est pour un domestique faisant fonction de gardien pendant la nuit.
... La lingerie en est belle; ce n^est pas ce qui me frappe, mais l’intelligence qu’y a mise la sœur Rose Maupetit, supérieure de cette maison. On a fait une première acquisition en linge qui revient à 30,000 livres : 6 paires de draps ont été destinés à chaque enfant, ainsi que 12 assortiments de linge de corps pour l’âge de sept ans, ainsi que pour celui de dix ans, et en pareil nombre pour l’âge de
quatorze ans.; 6 nappes, 12 serviettes par personne, et 400 torchons de première mise.
On a tenu les armoires de cette lingerie plus profondes qu’il ne le fallait relativement à la quantité actuelle de linge : mais, faisant attention que le nombre des enfants peut augmenter du double, parce qu’il reste deux dortoirs à remplir, on a voulu que la lingerie put servir en cas qu’il survînt plus d’enfants. Dans cette vue, on a fait à ces armoires un premier fond à demeure, et un second fond mobile pour le reculer ou le supprimer à volonté, à mesure que la quantité de linge s’accroîtra.
On trouve ici un réservoir de cent muids d’eau, rempli par la pompe à feu de Chaillot.
On a attaché à cette maison, six places de dessin, en faveur des enfants qui auraient des dispositions pour ce talent.
Cet établissement rend infiniment recommandable l’homme honnête qui a su faire un si bon usage de sa fortune.
Archives nationales F 257.
1“ du lundi 29 mars 1790.
Une lettre de la part du comte de Jussieu (d’un secrétaire probablement corrigée de la main de Jussieu) à M. Baignières, pour lui demander les conditions d’admission dans l’hospice Beaujon.
2“ id. du 7 avril 1790. Une lettre à M“* la comtesse de Montaignac, rue Saint-Dominique d’Enfer, non signée, probablement de de Jussieu. Même écriture que les corrections de la précédente, lui donnant les détails sur l’administration de Beaujon et disant qu’elle peut insister auprès du curé Séjournée pour l’admission de l’enfant auquel elle s’intéresse.
Archives nationales F 269 (1).
Rapport concernant la reddition des comptes des cy-devant régisseurs de l’hospice Beaujon.
Situation de cet établissement, vérifiée et constatée par les procès-verbaux des citoyens commissaires de la section de la République et ensuite par les citoyens administrateurs, commissaires du gouvernement. Propositions en faveur des citoyennes ci-devant Sœurs de Charité qui se retirent pour obéir à la loi, ayant bien servi cet hospice depuis neuf ans.
L’hospice existant au faubourg du Roule, section de la République, a été fondée en 1785, par un particulier opulent. L’objet de cet établissement a été de procurer gratuite-
(I) Inédit et jusqu’à nous non communiqué.
ment l’éducation et la subsistance à vingt-quatre enfanls de l’un et l’autre sexe, nés de familles indigentes.
Cette maison, pour subvenir aux frais de l’institution, a été dotée de 25,000 livres de rente par contrat passé devant Griveau, notaire à Paris, le 6 août 1785, et sur les fonds de la République.
Par un autre contrat du 6 décembre de la même année 1785, passé devant Griveau, le fondateur a fait un nouveau don de 3,000 livres de rente également constitué sur le Trésor public.
Enfin, et pour troisième objet de revenu, le fondateur a fait don à cet hospice d’un terrain et bâtiments attenants, le tout a été loué pour cinquante années, sur le pied de 1,200 francs par année, par acte passé devant Griveau, le 6 août 1785.
Ces trois objets réunis forment le total d’un revenu annuel de vingt-neuf mille deux cents livres de rente foncière, et dont l’hospice a eu la jouissance non interrompue depuis son établissement.
La modestie du fondateur n’a pas empêché que son nom ne restât attaché à son bienfait, ainsi l’hospice du Roule a été appelée jusqu’à présent l’hospice Beaujon.
Parmi les établissements de bienfaisance, cette distinction paraît avoir appartenu presque exclusivement dès le quatorzième siècle aux maisons d’éducation.
Quatre collèges à Paris, maître Gervais, Le Plessis, le cardinal Lemoine et Mazarin portent comme l’hospice Beaujon le nom de leur fondateur.
Outre les trois objets de revenus annuels et effectifs cy-dessus, l’hospice est encore propriétaire de cent cinquante
mille livres,, dont le citoyen Beaujon lui a fait don par acte passé devant Castel, notaire à Paris, le 13 septembre 1786.
Mais il paraît que jusqu’à présent cette somme a été pour l’hospice une propriété sans produit : le revenu des 130,000 fraucs est attribué à deux particuliers pour leur vie durant, et l’hospice n’entrera en jouissance de l’usufruit qu’à leur mort.
L’administration, par des opérations économiques sur ses revenus, a trouvé moyen de faire encore un fond pour trois enfants de plus, ils sont aujourd’hui vingt-sept.
Il est donné à ces enfants par l’hospice, lorsqu’ils sont parvenus à l’âge d’en sortir, une somme de quatre cents livres, pour les aider dans les premiers temps où ils entreprennent la profession à laquelle ils se sont dévoués.
L’administration de cet établissement appartenait, suivant la disposition du fondateur, au titulaire curé de la cy-devant paroisse du Roule, conjointement avec les Lamoignon de mâle en mâle tant qu’il y en aurait.
L’éducation a été répartie entre deux instituteurs pour les
garçons et une institutrice pour les filles.
L’administration économique intérieure a été dirigée par la citoyenne Maupetit, attaché à la congrégation des cydevant Filles de la Charité.
Le service de la maison a pareillement été confié à des particuliers cy-devant attachés aussi à la cy-devant congrégation des Filles de la Charité.
Elles étaient six. Au moment de la Révolution trois se sont refusées au serment et ont quitté l’hospice. Celles qui restent aujourd’hui témoignent dès ce moment leurs sentiments patriotiques et leur soumission à la loi.
La République ayant aboli les dignités qualifiées ecclésiastiques et les associations claustrales, cette même loi d’un autre côté ayant déclaré l’inaptitude des personnes cy-dessus à l’éducation publique, le citoyen curé du Roule et les citoyennes ci-devant Sœurs de la Charité, employés à l’hospice Beaujon, se sont soumis à la loi, et ont présenté leur démission à la section de la République.
Les citoyens de la section, en acceptant ces démissions, ont considéré que le service de l’hospice manquerait, et que les enfants se trouveraient réduits à un délaissement funeste, si les personnes accoutumées à les instruire et à les surveiller etfectuaient leur retraite avant qu’il ait été pourvu à leur remplacement.
En conséquence, l’acte dit, que Séjournée, curé du Roule, les citoyennes Maupetit institutrice, Marie-Anne Besombes, Antoinette Sirol, filles de service, et Mennequin frères, instituteurs des garçons, continueront provisoirement leur service.
L’acte mentionne encore que deux commissaires nommés par le département et deux autres par la section de la République se sont rendus le 3 floréal à l’hospice Beaujon pour prendre connaissance de sa situation ; qu’ils ont trouvé tout en parfait état et accordent toutes les louanges aux administrateurs.
De l’inspection des comptes il résulte que « tout calcul fait depuis l’année 1785, il reste net à l’hospice Beaujon Irente-cinq mille neuf cenl cinquante- trois livres quinze sols, sous la garde et la responsabilité de la citoyenne Maupetit. »
On ne comprend pas dans ce résullat 6,973 liv. 6 s. 8 den. dont le citoyen Cossoneau s’est reconnu redevable pour la maison appartenant à l’hospice et dont il est locataire ainsi
qu’il a été observé ci-dessus sur le pied de 1100 livres par année.
L’acte porte encore des considérations en faveur des personnes qui ont été jusqu’à présent employées dans l’hospice et vont se trouver sans ressources.
Archives nationales F 269 (1).
Déparlement de Paris.
Rapport des commissaires du département sur l’état de l’hospice Beaujon.
[Exlraüs utiles). Lemit et Concedieu, commissaires.
* 29 germinal et 3 floréal an II.
... « Nous y avons trouvé le citoyen Séjournée, administrateur particulier dudit hospice, la citoyenne Maupetit, cydevant supérieure et maintenant directrice de la maison... » « Le citoyen Séjournée était administrateur depuis le 1" août 1787, conjointement avec Lamoignon, cy-devant garde des sceaux, décédé depuis plusieurs années, et postérieurement avec le fils dudit Lamoignon, jusqu’au 12 juillet 1790, qu’il
paraît avoir émigré. »
«Élèves... au nombre de 27, savoir 14 garçons et 13 filles. »
« Le citoyen Séjournée nous a représenté l’acte de fondation dudit hospice par Nicolas Beaujon, passé devant Grill) Jusqu’ici inédit et non communiqué.
veau, notaire à Paris, le G août 1783, et nous a dit que les biens de l’hospice consistent en la maison où sont les élèves, en 28,000 livres de rente perpétuelle sur la République, en deux contrats, savoir : 25,000 livres dont il nous a représenté le certificat de remise des titres pour obtenir l’extrait d’inscription sur le grand livre, donné par Despeignes, payeur, le 14 brumaire, sous le numéro 7,056 de son registre, et 3,000 livres à prendre sur 6,000, ainsi qu’il est en l’acte de donation par ledit Beaujon, passé devant ledit Griveau, le 10 décembre 1783, dont ledit citoyen Séjournée nous a présenté le récépissé de remise dudit sous le n" 79.
« Ledit citoyen Séjournée nous a dit de plus que l’hospice a la nue propriété d’une maison sise au Roule, joignant l’hospice, et dont l’usufruit, suivant un bail emphitéotique fait par ledit feu Beaujon à Lebreton et Cossonneau, devant ledit Griveau, le 6 août 1785, a commencé le 1*^^ juillet de la même année, et a été réservé pour cinquante années seulement audit Cossonneau, à charge par celui-ci de payer annuellement à l’hospice 1,200 francs; qu’ainsi le total des rentes actuelles dudit hospice est de 29,200 livres. «.
« Le citoyen Séjournée nous a encore déclaré que, suivant
le testament dudit Beaujon, fait le 13 septembre 1786, et
dont la minute est demeurée à Castel, notaire à Paris, il a
été laissé à l’hospice une somme de 100,000 livres non
encore payée; que ledit Beaujon a encore donné à l’hospice
la nue propriété de 150,000 livres, pour l’usufruit être
touché par le citoyen Testard Dulys et son épouse leur vie
durant, et après eux par l’hospice; que Beaujon a légué
trois cent mille livres une fois payées pour être employés
par ses héritiers ou ayant cause sur trois ci-devant paroisses
qui sont : ci-devant Saint- Philippe du Roule, à Paris, cidevant Sainte-Magdeleine, faubourg Honoré, à Paris, et cidevant Saint-Pierre, à Bordeaux, et que le testament relativement aux dits 100 et 300,000 livres est depuis son décès, en décembre 1786 sur ladite paroisse de la Magdeleine, dans le même état, malgré les démarches dudit Séjournée, nous observant que ledit Beaujon a été inhumé à ladite paroisse de la Magdeleine, et a été transporté quelques mois après à sa Chartreuse, à la ci-devant chapelle Saint-Nicolas, en ladite paroisse de Saint-Philippe du Roule, »... etc.
« Ledit citoyen Séjournée nous a déclaré qu’avant son entrée à l’hospice comme administrateur, Lamoignon avait pris dans la caisse une somme sur laquelle il a remis, le 24 septembre 1787, 4,000 livres, et le 4 novembre suivant, 4,000 livres, et qu’en prenant l’argent de la caisse, il avait remis 1 ,0000 livres pour les intérêts de cet argent ; que le 1 " décembre 1787, il a remis à la caisse un billet de son fait de la somme de 12,425 livres à remplacer par un billet à un an portant intérêt à compter dudit jour; que le billet de 12,425 livres était fait pour le restant de ce que ledit Lamoignon avait pris dans la caisse avant que ledit citoyen Séjournée fût administrateur; que Lamoignon fils a payé sur lesdits 12,425 livres, le 12 juillet 1790, 4,000 livres, et la veuve Lamoignon père, le 18 germinal, 8,425 livres... »
Suivent les comptes de l’orphelinat (voir dans le texte).