‹ L'hôpital BeaujonChapitre 9 sur 26 · FINANCES. — SERVICE INTÉRIEUR. — ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

FINANCES. — SERVICE INTÉRIEUR. — ADMINISTRATION

Sommaire. — 1. Régime de Pacte de fondation (1785-1794). Chiffre exact des richesses de l’orphelinat au début de la fondation. — En réalité il ne touche pas toutes les donations. — Administrateurs : le président de Lamoignon, son fils; les curés du Roule, Charfoulot et Séjournée; Balan et la Sœur Rose Maupetit. — Comptes de l’orphelinat jusqu’à la démission de Séjournée. — U. Régime révolutionnaire (1795-1801). Les citoyens Loyer et Mercy. — Les biens des maisons de charité sont déclarés nationaux. — MM. Bonat et Marc. — Impuissance de l’administration des hôpitaux. — Cinq compagnies d’entrepreneurs. — III. Régime ac<we/(1802). Agents de surveillance : M*"® Chamoin, MM. Génois, Laroche. — Directeurs : MM. Hanosset, Colin, Dailland, Courty, Joly. — État des finances successivement pendant chacune de ces surveillances ou directions. — État actuel.

Prenant la fondation au début, traçons sa situation pécunaire, sa situation administrative.

Les dotations pécunaires ont été faites par trois voies différentes, savoir : dans l’acte de fondation, dans des actes postérieurs, dans le testament.

r L'acte de fondation donne vingt-cinq mille livres de rente (I).

(1) Au capital de 625,000 livreç à 4 0/0 sur les aides et gabelles (6 août 1785) voir cet acte au chapitre ii.

2“ Les actes postérieurs y ajoutent : d’une part trois mille livres de rente (1), — d’autre part, douze cents livres de rentes par paiement annuel à l’hospice du prix d’une maison louée avec bail de cinquante années (2); ce qui fait un total de vingt-nevf mille deux cents livres de rente (3).

3° Le testament ajoute à ces rentes deux sommes : l’une de cent mille livres avec laquelle l’exécuteur testamentaire est chargé d’accroître les revenus de l’hospice; — la seconde de cent cinquante mille livres qui ne reviendra à l’établissement qu’après la mort de deux époux usufruitiers (4).

Les Administrateurs sont : le président de Lamoignon, et l’abbé Charfoulot par sa situation môme de Curé du Roule. Aucun des deux ne réside dans l’établissement, et le service intérieur est dirigé par la Sœur Rose Maupetit, supérieure des cinq Sœurs de la charité qui se le partagent.

Au août 1787, l’abbé Charfoulot est remplacé par l’abbé Séjournée, nouveau Curé du Roule, qui continue à administrer conjointement avec le président de Lamoignon. La gestion du président de Lamoignon fut marquée par l’emprunt qu’il fit à la caisse de la somme de vingt mille livres, alors qu’il avait pour collègue l'abbé Char-

(1) Egalement constituées sur les aides et gabelles le 6 décembre 1785.

(2) Bail emphitéotique à Lebreton et Cossoneau pour cinquante années de terrains et bâtiments qui reviendront plus tard à rhôpilal, et pour lesquels ils paieront audit hôpital 1200 livres par an. Par devant maître Griveau, notaire à Paris, élude de M<= Martin Deslandes.

(3) Et non pas vingt-mille ni vingt-cinq mille comme l’avancent le Dictionnaire Larousse et la biographie Michaud.

(4) "Voir aux documents, dans les extraits du testament, le legs à M. et M>no Dulys. Nous ne citons pas les trois cents mille livres que les héritiers pouvaient à volonté employer ou en faveur de l’établissement dont nous parlons ou pour une autre fomlation charitable, et qui, par conséquent, ne sont pas un don direct à rhos^^ice Beaujon.

foulot. Il rendit huit mille livres sur cette somme en 1787, paya cent livres d’intérêt; le complément du capital fut restitué par son fils et sa veuve en 1790, sur un billet du père déposé dans la caisse (1). Le président mort, il est remplacé par son fils, dont on n’a de nouvelles que jusqu’au 12 juillet 1790, date à partir de laquelle il paraît avoir émigré.

La dynastie des Lamoignon ayant ainsi disparu, l’abbé Séjournée reste seul pour administrer avec la sœur Rose Maupetit, dont la situation s’élève et qui devient directrice conjointement avec le Curé du Roule. Cette Sœur, douée de qualités diverses, d’une instruction étendue et d’une grande activité, remplissait d’une façon remarquable et simultanément les fonctions de supérieure de la communauté, d’économe de l’hospice et d’institutrice pour les petites filles. Elle était seule pour cet emploi d’institutrice; pour les garçons il y avait deux instituteurs, Mennequin frères. Le service intérieur était fait par cinq Sœurs de la Charité, outre la supérieure. La direction de la sœur Maupetit est le précédent qui autorisa la gestion de l’hôpital, jusqu’en 1813, par une femme seule à l’exclusion de tout homme.

Dans cette première période, depuis l’origine jusqu’à la transformation en hôpital pour des malades, les finances sont dans l’état effectif que voici :

L’hospice, qui devait jouir des revenus que nous avons indiqués, ne touche d’abord chaque année que 28,000 liv.; en effet, les époux Dulys ne sont point morts, les autres legs n’ont point encore été payés, et le paiement du bail

(1) Voir aux documents la déclaration de Séjournée aux commissaires du département.

emphiléotique est arriéré. Malgré cela, il n’y a aucune dette, bien au contraire; d’ailleurs un peu plus tard le bail est soldé par paiements d’arriérés et l’hospice reçoit une donation de Louis XVI (1).

En 1791, trois Sœurs se refusent au serment et quittent la maison. Les trois autres (2) restent, et parmi elles la sœur Maupelit qui ne veut pas abandonner les enfants confiés à ses soins.

Plus lard seulement, lorsque la République eut aboli les dignités ecclésiastiques et déclaré l’inaptitude des religieux à l’éducation, la directrice et ses deux compagnes, ainsi que l’abbé Séjournée et les deux instituteurs, durent se retirer. La Scclion, en acceptant leurs démissions, pria cependant ces personnes de continuer leur service jusqu’à ce qu’il eût été pourvu à leur remplacement. Cette situation intermédiaire se prolongea outre mesure : dans une courte lettre du 5 vendémiaire an III de la République, « la citoyenne iMaupotit » demande qu’on la remplace promptement, ainsi que scs deux compagnes, « parce qu’elles ne peuvent plus conlenir les enfants (3). » Du 17 thermidor (pas de chiffre d’année) existe une communication des administrateurs du département de Paris aux citoyens représentants du peuple composant le Comité de salut public les priant de rectifier le plut tôt possible la situation des

(1) Voir aux documents une pièce du temps de la Révolution, inédite et non encore communiquée. Archives nationales, F 269 {« en dons du ci-devant gou vcrnemimt, en plusieurs fois, dont la première a été le 10 août 1787, 7,916 livres 10 sols. »)

(2) Rose Maupetit, Anne-Marie Besombes, Antoinette Sirot. (Voir aux documents.)

(3) L’original de cette lettre existe aux Archives Nationales, Cote F 15 269.

employés de l’hospice Beaujon(l). Quant à l’abbé Séjournée, la frayeur lui a fait perdre tout respect de lui-môme, il a hâte de disparaître : dans une lettre au Comité du salut public (2), il demande qu’on le remplace à l’hôpital Beaujon en vertu des lois qui excluent tout ministre d’un culte quelconque de l’instruction publique. Il dit que, ses comptes étant rendus à la satisfaction générale, il s’est établi et marié à Lille.; on lui avait fait espérer qu’il serait remplacé plus tôt. La lettre se termine par ces mots :

« Vous rendrez un époux à son épouse et un négotiant à son commerce.

« Salut et fraternité,

« Séjournée,

« Adrainiürateur de V hospice Beaujoii, au Roule, n° 114. »

A partir du I" avril 1793, Séjournée se serait déjà adjoint un second Administrateur : en effet, sur le registre des titres et délibérations de l’hospice se trouvait, dit le rapport des commissaires du département, une invitation au citoyen Balan, d’administrer conjointement avec Séjournée et l’acceptation de ce dernier à la date du 1" avril 1793. JXous •

avons retrouvé les comptes exacts de l’orphelinat depuis le début de sa fondation jusqu’au moment de la démission de

Séjournée et de la sœur Maupetit, nous ne pouvons mieux faire que de les reproduire intégralement. Le rapport dit : (3)

(1) Archives nationales, F 2G9. Inédit.

(2) Lettre du citoyen Séjojirnéc, ci-devant Curé du Roule, portant deux cachets du Comité de salut public à la date du 2G thermidor, dont l’un avec le mot «"approuvé Voir l’original aux Archives Nationales', F 2G9.

(3) Rapport des commissaires du département de Paris des 29 germinal et .3 floréal an II. Archives Nationales, F 2G9.

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