ACTE DE FONDATION
« Par devant le Conseiller du Roy, notaire au Châtelet de Paris, soussigné,
(1) Et non pas Girardon, nom donné dans Larousse sans doute par faute d’impression.
(2) Et non du mois de juillet 1784, comme le dit Larousse; ce dictionnaire se trompe aussi pour le chiffre des donations à l’hôpital, ainsi que le Dic- Honnaire de conversation, la Biographie Michaud, la Biographie Didot. Les comptes moraux do l’Assistance publique des années 1843 à 1849 se trompent encore plus étrangement lorsqu’ils disent que la fondation est de 1780 et qu’elle fut faite pour douze orphelins.
(3) Cet acte n’a jamais été imprimé. L’original fut dressé en double : un
« Sont comparus Messire Nicolas Beaujon, etc., d’une part.
« Très haut et très puissant seigneur Monseigneur Chrétien-François De la Moignon, chevalier, marquis de Basville, conseiller du Roy en tous ses conseils, président du Parlement, demeurant à Paris, en son hôtel de la rue de Grenelle, paroisse Saint-Sulpice; etM. Joseph Charfoulot, prêtre- curé de la paroisse Saint-Philippe du Roulle, à Paris, y demeurant au presbytère de ladite paroisse ; tous deux administrateurs de l’hospice dont il va être parlé.
(( M. Beaujon a fait construire dans la rue du faubourg du Roulle, sur un terrain qui lui appartient en toute propriété, une chapelle dédiée à saint Nicolas, son patron.
M Par un contrat passé devant Maître Lepot d’Auteuil et son confrère, notaires à Paris, le 23 juillet 1783, dûment insinué et ensaisiné, M. Beaujon a acquis de M. le baron d’Arcy un terrain et des bâtiments situés rue du faubourg du Roulle, vis-à-vis ladite chapelle.
« Par un autre contrat passé devant M” Griveau, l’un des notaires à Paris soussignés et son confrère, le 1" août 1784, aussi dûment insinué et ensaisiné, M. Beaujon a encore acquis de M. le baron d’Arey, un autre terrain contenant 3367 toises ou environ et contigu à celui acquis par le présent contrat.
« M. Beaujon a fait construire sur partie... des bâtiments propres à l’établissement dont il va être parlé. La première pierre de cette construction a été posée le 27 juillet 1784 et
exemplaire resta aux mains de M* Griveau, l’autre exemplaire fut déposé à l'orphelinat. L’exemplaire de l’orphelinat a été brûlé en 1871, avenue Victoria, avec toutes les pièces que la centralisation administrative y avait réunies. Nous avons retrouvé le second, et maintenant unique exemplaire, chez M* Martin Deslandes, notaire à Paris.
cet événement a été consigné par une médaille représentant d’an côté le buste du Roy avec cette légende : Lud. XVI fiex Christianiss. et dont le revers est ainsi figuré :
« Deux de ces médailles, l’une en argent et l’autre en cuivre, ont été renfermées sous la première pierre de cet édifice. — Outre ces médailles, on a renfermé sous la même pierre, une plaque de cuivre sur laquelle est gravée l’inscription dont un imprimé est ci annexé.
« M. Beaujon a obtenu des lettres patentes de Sa Majesté au mois de • may dernier, enregistrées au Parlement le 2 août présent mois, lesquelles lettres patentes avec un projet du présent Acte, sont demeurés cy annexés, après, que sur l’un et l’autre il y a été fait mention de leur annexe par les notaires soussignés :
« Ces lettres patentes autorisent la fondation dont va être parlé, en faisant par M. Beaujon la dotation mentionnée aux dites lettres patentes. En conséquence, M. Beaujon fait donation entre vifs et irrévocable à l’hospice, de l’établissement cy après, accepté pour ledit hospice par M. le président de Lamoignon et M. le Curé du Roulle, en qualité d’administrateurs dudit hospice.
« Du fond, propriété et superficie de la chapelle Saint- Nicolas, érigée rue du Faubourg du Roulle sur partie de terrain dépendant de la maison appartenant à M. Beaujon.
(' 2° De tous les vases sacrés et ornements de la chapelle qui sont destinés pour son service et qui sont détaillés dans un état représenté par les parties, et qui est à leur réquisition demeuré cy annexé, après avoir été d’elles signé et paraphé en présence des notaires soussignés.
« 3“ Du fond, propriété et superficie des bâtiments propres à rétablissement dont il s’agit, que M. Beaujon a fait construire rue du Faubourg du Roulle, de l’autre côté et vis-à-vis la chapelle Saint-Nicolas, et du jardin qui est à la suite de ce bâtiment clos de murs; le tout édifié sur la totalité du terrain acquis de M. le baron d’Arey. M. Beaujon, lors du projet du présent acte, s’étant réservé le surplus du terrain acquis par ledit contrat pour en disposer par la suite ainsi qu’il aviserait, soit en faveur de l’hospice ou autrement, duquel surplus M. Beaujon va cy après disposer en faveur de l’hospice pour augmentation à sa dotation;- au surplus, M. Beaujon donne les bâtiments, jardins et chapelle cy devant désignés, ainsi qu’ils se poursuivent et comportent.
« 4“ Et de 25,000 livres, rente au principal de 625,000 livres à prendre en celles créées à 4 0/0 sur les aides et gabelles et autres revenus du roi, constituées au profit de M. Beaujon par le prévôt des marchands et échevins de cette ville, suivant le contrat passé devant M® Griveau et son confrère, le 28 janvier 1785, numéroté 7056, ensemble des arrérages de ladite rente, depuis le 1®' juillet jusqu’à ce jour.
« Pour, par ledit hospice jouir et disposer en pleine propriété des objets y dessus donnés à compter de ce jour, M. Beaujon se désaisissant de tout droit et propriété, possession et jouissance, des biens présentement donnés en faveur dudit hospice, qu’il en saisit et met en possession.
« Cette donation est faite pour tenir lieu de dotation dudit hospice, et aux charges réservées et conditions suivantes :
« Art. i". — M. Beaujon fonde par ces présentes, comme autorisé à cet effet par les lettres patentes susdattées, un hospice dans les bâtiments par lui cy-devant donnés, et où seront logés, nourris et entretenus, vingt-quatre pauvres enfants dont douze garçons et douze filles, et dans lequel o-n enseignera ; aux garçons, à lire, à écrire et à chiffrer; et aux filles, à lire, écrire, chiffrer, la couture et la broderie.
« Art. II. — M. Beaujon nomme pour l’un des administrateurs dudit hospice, M. le président de Lamoignon et, après son décès, l’aîné de ses enfants mâles qui le représentera comme aîné, et ainsi de suite à l’aîné des mâles, l’ordre de primogéniture observé : à défaut de la première ligne aînée à l’aîné de la seconde ligne, et toujours ainsi de suite, l’ordre de primogéniture ainsi observé; et en cas d’extinction des mâles, le dernier mâle existant aura le droit de choisir et nommer telles personnes qu’il jugera à propos, pour lui succéder à perpétuité dans l’administration dudit hospice; et pour autres administrateurs, M. Beaujon nomme M. le Curé actuel du Roulle et ses successeurs.
a Art. iii. — Les garçons et les filles ne pourront entrer à l’hospice que lorsqu’ils auront atteint six ans, et ils ne pourront y rester au-delà de l’âge où ils pourront prendre
un métier, ce qui sera déterminé pour chaque sujet, par les administrateurs.
« Quoique les enfants ne puissent entrer à l’hospice avant l’âge de six ans, ils pourront y être admis dans un âge plus avancé, sans néanmoins qu’ils puissent y rester passé l’époque cy-dessus fixée; tous ces enfants seront habillés uniformément et d’une môme couleur, en gris, avec la simplicité convenable.
« Art. IV. — Les enfants qui rempliront successivement les vingt-quatre places de l’hospice seront pris dans ceux nés sur la paroisse Saint-Philippe du Roulle, parmi les pauvres, d’abord par préférence entre les orphelins qui n’auront ni père ni mère, ensuite parmi les orphelins de père ou de mère; et les enfants ayant père et mère ne seront reçus qu’à défaut d’orphelins.
« MM. les Administrateurs auront seuls et conjointement le droit de nommer les enfants qui devront remplir successivement les vingt-quatre places fondées par l’art, i".
« Art. V. — L’hospice sera confié aux sœurs, dites Sœurs grises, qui seront obligées d’y tenir au moins cinq sœurs pour apprendre à lire, à écrire et à travailler aux douze filles, et avoir soin des garçons et filles ainsi que de leur entretien, tant en santé que maladie, et aussi pour apprendre à lire, écrire, chiffrer, la couture et la broderie tant à ces douze filles qu’à toutes les autres filles de la paroisse du Roulle, que les père et mère demeurant sur ladite paroisse voudront envoyer aux heures de l’instruction, le tout gratuitement; les livres, papiers, plumes et encre nécessaires à toutes lesdites filles, leur seront fournis aussi gratuitement, mais aux frais de l’hospice.
« Art. VI. — M. le Curé du Roulle et M. le président de Lamoignon, ou celui de ses descendants qui le représentera, feront choix de deux Frères Lazaristes qui seront logés à l’hospice, dans un bâtiment séparé du corps de logis principal où résideront les Soeurs grises et les enfants; les deux Lazaristes seront chargés d’apprendre à lire, écrire et chiffrer tant aux garçons résidant à l’hospice qu’à tous les autres garçons de la paroisse du Roulle que les père et mère demeurant sur cette paroisse voudront envoyer aux instructions, lesquelles seront faites gratuitement, comme aussi il sera fourni gratuitement par l’hospice à tous les enfants, tant ceux y résidant qu’à ceux qui viendront aux instructions, les livres, papiers, plumes et encre qui seront nécessaires; les honoraires des deux instructeurs seront fixés par les Administrateurs de l’hospice.
« Art. VII. — S’il arrivait qu’il y eut lieu de confier ledit établissement à d’autres personnes qu’aux Sœurs grises, le choix des personnes qui seraient mises à leur place appartiendra à perpétuité aux deux Administrateurs; mais s’il arrivait que les deux Administrateurs ne s’accordent pas sur le choix, l’avis de M. le président de Lamoignon ou de celui de ses descendants qui le représentera fera seul loi à cet égard, comme sur tous les autres objets qui intéresseront l’hospice et sur lesquels M. le Curé du Roulle ne se trouverait pas d’accord avec celui de MM. de Lamoignon qui se trouvera l’un des Administrateurs.
« Art. VIII. — Si le nombre cy-dessus désigné des Sœurs
grises et des Frères Lazaristes venait à être jugé insuffisant
ou trop considérable, MM. les Administrateurs demeurent
autorisés à augmenter ou diminuer le nombre et à fixer le
traitement et les dépenses des Sœurs grises et Frères Lazaristes.
« Art. IX. — Les arrérages des 25,000 livres de rente cydessus données par M. Beaujon seront touchés par M. le Curé actuel du Roulle et ses successeurs sur leurs simples quittances. M. le Curé du Roulle remettra, le premier jour de chaque quartier, à la sœur supérieure de l’hospice la somme que lui et l’autre Administrateur jugeront nécessaires pour subvenir aux dépenses journalières ; la sœur supérieure tiendra un registre de ces dépenses qui sera arreté tous les trois mois par MM. les Administrateurs. A l’égard des autres dépenses concernant l’hospice, elles seront portées sur un registre particulier sur lequel seront aussi écrites les sommes données particulièrement à la sœur supérieure. Ce registre sera arreté en présence de cette sœur par MM. les Administrateurs tous les trois mois, et les dépenses que la sœur supérieure n’aura pas acquittées le seront exactement à la fin de chaque quartier, afin que l’hospice ne soit jamais chargé de dettes d’un quartier sur l’autre.
« Art. X. — Les fonds appartenant à l’hospice seront mis dans un coffre-fort fermant à trois clefs, dont une restera en la possession de M. le Curé du Roulle, une en celle de M. de Lamoignon, qui se trouvera administrateur, et la troisième sera remise à la supérieure de l’hospice. Les titres, quittances, et autres papiers appartenant à l’hospice seront renfermés dans une armoire fermant à trois clefs distribuées de même que celles du coffre-fort.
« Art. XI. — Sur les revenus appartenant à l’hospice seront prises toutes les dépenses pour la nourriture
des Sœurs grises, des Frères Lazaristes, des vingt-quatre enfants et des domestiques employés au service de l’hospice; les dépenses pour l’entretien des enfants, celles pour les honoraires des Sœurs grises et des Frères Lazaristes, pour les gages des domestiques et généralement toutes les autres dépenses journalières. — Sur ce qui restera dans la caisse de l’hospice, on prendra les sommes nécessaires pour les réparations et entretien de la chapelle et des bâtiments appartenant à l’hospice, pour l’acquisition et entretien des meubles nécessaires à son service.
« Et sur ce qui restera après toutes ces dépenses prélevées, il sera destiné à chacun des garçons et filles qui étant entrés à l’hospice en sortiront à l’âge ci-dessus stipulé une somme de 400 livres qui sera employée au choix de âJM. les Administrateurs soit à mettre ces enfants en apprentissage, soit à leur former un trousseau.
« Cependant M. Beaujon entend que cette distribution de 400 livres ne soit faite qu’autant que l’état des finances de l’hospice le permettra, laissant à la prudence de MM. les Administrateurs de faire ou de ne pas faire la distribution en question.
« Mais, comme en tout événement cette distribution n’aura pas lieu avant six années à compter de ce jour, M. Beaujon entend que les économies qui pourront se faire sur les revenus de l’hospice soient employées au profit de cet hospice de la manière que MM. les Administrateurs jugeront le plus utile.
« Aht. XII. — M. Beaujon étant dans l’intention de garnir les bâtiments composant l’hospice des meubles et effets nécessaires â son service, s’il clfectue ce projet il sera
dressé un état ou inventaire desdits meubles, qui sera rapporté pour être annexé par acte au pied des présentes.
« Art. XIII. — Au surplus, M. Beaujon, par le droit que lui donne sa qualité de fondateur, autorise MM. les Administrateurs à faire les règlements et changements qu’ils jugeront avantageux à l’hospice, soit pour augmenter ou diminuer le traitement des Sœurs grises et des Frères Lazaristes qui y seront attachés et des enfants qui y entreront, soit pour toutes autres causes prévues ou imprévues.
« M. Beaujon autorise nommément MM. les Administrateurs à traiter avec la communauté des Sœurs grises et celle des Frères Lazaristes pour l’exécution de la présente fondation, de la manière et aux charges et conditions que MM. les Administrateurs jugeront à propos. Mais sur tous les points où MM. les Administrateurs ne s’accorderont pas, il entend que l’avis de celui des MM. Lamoignon qui se trouvera administrateur fasse loi, comme il est déjà dit art. vi .
« Art. XIV. — La donation ci-dessus faite par M. Beaujon
de la chapelle du Roulle l’est aux charges et conditions : 1° que les personnes et habitants à l’hospice et le public ne pourront entrer dans la chapelle que par la porte qui donne dans la grande rue du faubourg du Roulle; que le service de la chapelle sera fixé seulement et limitativement au local actuel, sans qu’il y ait et puisse subsister aucune communication de la part du public et des personnes qui habiteront l’hospice dans les terrains et jardins dépendant de la maison appartenante à M. Beaujon au faubourg du Roulle. — 2" Que M. Beaujon et les personnes qui, après lui, seront propriétaires à tel titre que ce soit de la maison et jardin faubourg du Roulle, auront à perpétuité la liberté
d’entrer dans ladite chapelle par l’extérieure de ladite maison et par la porte de communication qui se trouve établie, de laquelle porte de communication M. Beaujon et ses successeurs auront seuls la clef, tant pour leur usage personnel que pour celui des gens attachés à leur service en tel nombre qu’ils soient. — 3° Qu’aucune des personnes auxquelles l’entrée de ladite chapelle est réservée par l’intérieur de ladite maison ne pourront jamais être assujetties à aucunes réparations, entretien et reconstruction de ladite chapelle, en aucun temps et pour quelque cause que ce soit. — 4® Et qu’il sera dit tous les jours à l’heure indiquée par MM. les Administrateurs de l’hôpital une messe publique dans ladite chapelle, à laquelle messe assisteront les enfants logés à l’hospice, les Sœurs grises et les Frères Lazaristes habitant aussi à l’hospice, et cette messe sera célébrée par un des six prêtres que M. Beaujon se propose d’établir et de fonder dans la paroisse Saint-Philippe du Roule.
« Signé : Delamoignon.
« Char FOU LOT.
« Beaujon.
« Grtveaü. »
Malgré l’importance de l’acte que nous venons de citer, il ne résume pourtant pas à lui seul toute la fondation ; d’autres donations ont été faites par le fondateur à cet établissement. Nous réservons tout ce côté financier pour le chapitre où nous traiterons de l’administration et nous verrons que c’est une erreur de n’attribuer à l’orphelinat que 25,000 ou 20,000 livres de rentes, comme l’ont fait les dictionnaires biographiques.
Nous avons décrit dans notre introduction l’aspect général des quatre corps de bâtiments entourant une cour carrée, œuvre de l’architecte Girardin (1). Cette construction servait à loger vingt- quatre orphelins et le personnel chargé du service intérieur; de plus, il faut y ménager des locaux pour l’instruction quotidienne des enfants du quartier : quelques traces, nous l’avons vu, attestent encore que ces bâtiments ont servi d’école. A part les croisées du troisième étage (2) et le doublement des ailes qui a allongé la façade, cette partie de l’hôpital est restée telle que lors de sa construction primitive; c’est surtout en se plaçant au centre de la cour d’honneur que l’on peut encore se faire une idée de la disposition des premiers bâtiments.
En 1788, époque où la fondation Beaujon fonctionne régulièrement, il y a comme personnel : six Sœurs de Charité, deux maîtres d’école; pour le service, un portier, une cuisinière, un domestique et une domestique.
Les enfants sont ainsi logés : dans l’aile droite au premier, le dortoir des garçons, dans l’aile gauche celui des fdles; chaque dortoir contient treize lits, douze pour les enfants, le treizième pour un domestique faisant fonction de gardien de nuit (3). La maison a fondé six places à perpétuité à l’école de dessin en faveur des enfants qui auraient des dispositions pour cet art (4).
(1) Ea plus de l’achat du terrain, cette construction aurait coûté 1,500,000 livres à son fondateur. (Rapport au Conseil général des hospices 1816).
(2) Ces croisées ont été rajoutées en 1819 à la place de vingt-trois œils-dehoeuf donnant peu d’air et de lumière.
(3) Tenon, Mémoires sur les hôpitaux de Paris, 1788.
(4) Trois le 10 janvier 1786 et trois le 15 février 1786, par devant M« Girard. (Voyez nos documents);
Rien que cet établissement fût destiné à des orphelins valides et à l’éducation des enfants du quartier, il porta cependant dès l’origine le nom de « Hospice Beaujon (1). » Grâce aux économies des administrateurs on put augmenter le nombre des élèves, et en 1794 il était de vingt-sept, quatorze garçons et treize filles (2).
Tel était Tétât de l’hospice Beaujon au moment où la Révolution va survenir, changer sa nature pour en aire une institution d’un genre différent.
Nous ne pouvons sans sortir des limites de ce travail
entreprendre de décrire Tétat hospitatier de Paris à cette
époque (3). Rappelons cependant que si, en 1788, le séjour
des hôpitaux ne pouvait plus être pour les malades le
même sujet d’horreur que précédemment, cependant il
y avait encore bien des perfectionnements à obtenir. Avant
tout, dans une ville bien policée, une juste proportion
entre la destination des hôpitaux spéciaux et le nombre
de malades qui sont appelés à y entrer est nécessaire;
c’est le but auquel une sage administration doit tendre sans
cesse. Si de nos jours ou n’est pas encore complètement
parvenu à ce résultat difficile, c’était bien autre chose à
cette époque. Il y avait en 1788 à Paris, onze hospices
pour les orphelins (4); ces onze hospices procuraient des
(1) Dulaure. Histoire physique, civile et morale de Paris (édit. 1822), t. YI et autres. Ce point n’est pas contesté.
(2) Voir les extraits du rapport dos commissaires du département à nos documents. Archives nationales, F 269.
(3) Voir Vllisloire de l'kôpilal La Charité, par M. le professeur Laboulbène.
(4) La Trinité, rue Saint-Denis. — Los Gent-Fillos, ruo Consier. — La Mère de Dieu, rue du Vieux-Colombier. — Filature do la paroisse Saint- Sulpice, rue des Vieilles-Tuileries. — Saint-Enfaut-Jé.sus, cul do sac des Vignes. — Saint-Esprit, joignant riIôtel-dc*Villo. — Enfants trouvés ou
secours journaliers à un nombre considérable d’enfants. Cette profusion en faveur des enfants trouvés et orphelins, classe assurément fort intéressante, se rattachait ellemême à une grande libéralité de l’époque envers les individus valides; en effet, avant la Révolution, il y a à Paris vingt hospices pour des individus valides et seulement vingt-deux pour les malades et six pour les deux catégories à la fois. En prenant maintenant les vingt-deux hôpitaux pour des malades nous retrouvons ‘dans cette classe seule la même disproportion que dans l’ensemble : il y a surabondance pour certaines classes de malades et absence complète pour d’autres (d’après Tenon absence de services pour le traitement de la cécité, l’inoculation des enfants du peuple, l’aliénation mentale, les maladies contagieuses.) De plus, certains hôpitaux sont fort mal administrés et renferment un personnel trop nombreux pour le peu de malades qu’ils soignent.
Un ensemble de mesures destinées à remédier à cet état de choses fut pris par la Convention lorsque le pays commença à sortir de l’effroyable tourmente qui l’avait secoué. La transformation de l’hospice Beaujon en hôpital eu fait partie; elle ne se fit pas sans quelques tâtonnements.
On songea d’abord à supprimer complètement l’hospice, mesure qui faisait rentrer des capitaux importants dans les caisses nationales. Un rapport retrace les origines de l’hospice, et, « considérant que la loi du 23 messidor rend nationaux l’actif et le passif des hôpitaux » ; d’autre
« La Couche », près Notre-Dame. — Enfants trouvés, faubourg Saint- Antoine. — Enfant-Jésus, rue de Sèvres. — Ecole d’orphelins fils de soldats, rue de Sèvres. — Beaujon.
part, « que 24,000 livres de rentes pour nourrir et entretenir vingt-quatre enfants pauvres sont une prodigalité sans mesure comme sans but » propose :
PROJET d’arrêté (1).
« i. L’hospice, dit de Baujon, situé rue faubourg du Roule, reste et demeure supprimé; tous les biens-fonds, rentes, meubles et effets, et l’argent qui se trouve en caisse seront mis sous la main de la nation, conformément à la loi du 23 fructidor.
« 2. L’apposition des scellés n’aura pas lieu pour les linges, étoffes, toiles et hardes à l’usage des enfants. Il en sera dressé un inventaire en présence d’un des citoyens ayant la surveillance des hôpitaux, copie de cet inventaire sera remise à l’économe des Enfants-de-la-Patrie, avec les effets ci-dessus spécifiés.
« 3. Les enfants réclamés par leur père et mère, oncle ou tuteurs leur seront rendus en justifiant par un certificat de leur section de leur bonne conduite et qu’ils sont en état de leur apprendre ou faire apprendre un métier.
« 4. Les enfants de l’un et l’autre sèxe recevront en sortant de l’hospice deux paires de draps, un lit garni d’une paillasse, d’un traversin et d’un matelas, six pièces de chaque espèce de linge de corps, et deux vêtements d’étoffe.
« 5. Il sera déposé pour chaque enfant une somme de 400 francs entre les mains de l’économe des Enfants-de-la
(1) Manuscrit inédit, jusqu’ici non communiqué, et qui existe aux Archives nationales, F 269. Non signé, trouvé dans une liasse de pièces dressées par le Comité de salut public et adressées à la Commission des Secours publics, le 30 fructidor, an IL
Patrie, cette somme sera donnée aux pères, mères, oncles ou tuteurs qui auront satisfait aux conditions exprimées dans l’article 3, savoir : 100 francs de six mois en six mois pendant le cours de deux années. Les citoyens ayant la surveillance des hôpitaux seront chargés de veiller à ce que l’indemnité de 100 francs payable tous les six mois soit exactement employée à l’entretien et à l’éducation des enfants. Le premier semestre sera payé d’avance.
« 6. Ceux qui ne seront pas réclamés ou qui n’ont pas de parents en état de s’en charger, entreront dans l’hospice des Enfants-de-la- Patrie, faubourg Antoine, jusqu’à ce que l’on puisse les placer en apprentissage, et recevront à leur sortie de l’hospice des Enfants-de-la-Patrie les mêmes indemnités en linge, effets et argent, que ceux qui sont réclamés.
« 7. Les cy-devant Sœurs grises actuellement en exercice dans l’hospice Beaujon recevront à leur sortie la même indemnité que les enfants, tant en linge qu’en argent. Elles pourront emporter en outre les petits meubles qui leur étaient propres et actuellement placés dans leurs chambres ou cellules, d’après l’avis des commissaires nommés à cet effet.
« 8. Les cy-devant Sœurs qui devront se retirer dans leur famille feront la déclaration du lieu où elles veulent demeurer, et il leur sera accordée 30 sols par lieues pour frais de route.
9. « Le C. Perrin et la C. Marie Lernestre, tous deux employés dans l’hospice, recevront outre leur lit garni, comme il est dit art. 4, la moitié des indemnités accordées en linge, étoffes et argent aux cy-devant Sœurs grises.
(( 10. La Commission des secours est chargée de l’exécution du présent arrêté. »
Ce projet fut-il adopté? — Si nous en croyons les paroles du rapporteur Bô devant la Convention nationale dans sa séance du 28 nivôse an III (1), il faut admettre qu’il fut en effet réalisé; que les enfants furent rendus à leurs parents ou envoyés au faubourg Saint-Antoine, les Soeurs et les instituteurs dispersés. Cependant, nous n’avons pas trouvé ce décret dans le recueil des arrêtés des Assemblées nationales.
La Commission des secours s’occupait de remplacer ce qu’elle avait supprimé comme inutile par une institution plus nécessaire, et l’architecte Clavareau fut chargé de la visite des locaux déserts :
O !«'• frimaire (1795).
« La Commission des secours au citoyen Clavareau, architecte (2).
« La Commission, désirant avoir des renseignements sur la localité de l’hospice Beaujon, te charge de visiter dans le plus court délai les bâtiments de cet hospice, et de lui faire savoir quelle serait la quantité de lits qui pourront y être placés pour recevoir des malades de l’un et l’autre sexe, en conservant les locaux nécessaires pour loger les personnes employées au service des malades. Tu réuniras à ce sujet tous les détails qui pourront nous donner une idée juste de l’emplacement de cette maison et du nombre de malades qu’il sera possible d’y placer. »
(1) Voir, pour la compte-rendu de cette séance, la Réimpression de l’ancien Moniteur à la date du 19 janvier 1795.
(2) Archives nationales, F 257, manuscrit inédit. Eu marge le mot fait.
Enfin, les renseignements ayant été donnés, en séance de la Convention nationale du 28 nivôse an III (17 janvier 1795), le rapporteur Bô, au nom des comités des Secours publics et des Finances, propose la suppression de quatre maisons hospitalières chargées d’infirmes placées à vie, et de malades payant pension (hospitalières de la rue Moufîetard, de la place Royale, de La Roquette, de Saint- Mandé), maisons qui n’ont jamais rempli le but de leur institution, et qui, pour un nombre restreint de lits, absorbent un revenu considérable, occupent d’immenses propriétés et logent plus.d’employés que de malades.
Ces suppressions nécessitent la création de nouvelles maisons, afin de ne pas encombrer les anciens hôpitaux. <1 La philantropie, dit le rapporteur, fera plus un jour, elle fera disparaître ces monuments publics d’humanité pour en faire revendiquer l’exercice par tous les citoyens aisés et vertueux. »
Le comité propose donc d’établir trois nouveaux hospices. Ils seront placés :
« Au ci-devant hospice Beaujon que vous venez de supprimer par une destination plus avantageuse des enfants abandonnés dont il était chargé; — au bâtiment neuf de l’abbaye Antoine, et à l’hospice Jacques... » « Ces établissements se formeront sans aucune dépense pour l’Etat... puisque, des trois nouveaux hospices d’humanité que le comité vous propose, deux existent déjà. » (Beaujon, Saint-Jacques.)
A la suite de ce rapport, le décret suivant est adopté.
« Art. Premier, — Les ci-devant maisons hospitalières sises à Paris rue Mouffetard, place de l’Indivisibilité, rue
de La Roquette, et dans la commune de Mandé, sont supprimées.
« 11. — Les ci-devant religieuses attachées à ces différentes maisons recevront, à compter du jour de leur suppression, le traitement fixé par les décrets du mois d’octobre 1790 et août 1792.
« III. — Les infirmes qui occupent des lits dans les maisons ci-dessus désignées en y payant pension ont la faculté d’entrer aux mêmes conditions dans un hospice de bienfaisance nationale.
« IV. — Les infirmes et les indigents traités gratuitement dans les maisons supprimées seront placés convenablement, suivant leur état d’infirmité, dans les hospices nationaux.
« V, — Pour remplacer les hospices supprimés par le présent décret, et pour favoriser particulièrement l’évacuation des lits encombrés dans le ci-devant Hôtel-Dieu, il sera établi deux nouveaux hospices d’humanité, un à la ci-devant maison Beaujon, l’autre dans le bâtiment neuf de l’abbaye Antoine.
« VI. — D’après les localités, l’hospice Beaujon contiendra quatre-vingts lits; celui de l’abbaye Antoine centsoixante.
« VII. — Dans les mêmes vues de bienfaisance, l’hospice Jacques qui ne contient que quarante lits sera porté à quatre-vingts.
« VIII. — La Commission des secours publics se concertera avec celle des domaines nationaux pour presser l’inventaire du mobilier des maisons supprimées, et se faire remettre les meubles et effets propres au service des hospices d’humanité. »
Ce décret, on le voit, ne fait pas mention d’un changement de nom pour l’hospice. Cependant plusieurs auteurs l’indiquent : Dulaure (1) affirme que « le 17 janvier 1795, par décret de la Convention, celte maison fut nommée Hôpital du Roule; que le Conseil général des hospices lui restitua son premier nom. » Husson (2) l’affirme également : « Le nom à'Hôpital du Roule, qui lui avait été donné sous la Révolution, fut remplacé sous l’administration du conseil général par celui d'IIôpital Beaujon. » Nous n’avons trouvé aucun décret ordonnant ce changement de nom, mais nous citons plus loin, spécialement au chapitre administratif et aux documents plusieurs pièces du temps de la Révolution en tête desquelles se trouve le titre, non pas de « Hôpital », mais de Hospice du Roule (3). » — Donc l’établissement dont nous faisons l’histoire a porté successivement trois noms : Hospice Beaujon (1785-95), Hospice du Roule (1795- 1803), Hôpital Beaujon, ce dernier qu’il conserve encore.
Les quatre maisons hospitalières pour des femmes malades qui venaient d’être supprimées par la Convention faisaient, il est vrai, un service assez restreint. Ces quatre maisons, possédant de forts revenus (rue Moufletard, 33,763 livres; place Royale, 23,480 livres; La Roquette, 31,557 livres), ne contenaient que cent quatre lits pour leur totalité (4). De plus,
(1) Loco citato.
(2) Étude sur les hôpitaux, par Armand Ilusson (1862).
(3) C’est également sous le nom à.' Hospice du Roule que le désigne l’A/manach national c\ïdi(\\XQ année jusqu’en 1803. Le nom à'Hôpital du Roule a été employé non pas sous la Révolution, mais en 1815, pour désigner un hôpital temporaire établi en dehors do l’hôpital Beaujon lui-même, au moment de l’invasion et du typhus. (Voir le rapport de Larochefoucauld-Liancourt.)
(4) Rapport à l'Assemblée nationale. (Voir la réimpression de l'ancien Moniteur du 24 septembre 1790.)
l’hospitalité n’était gratuite qu’aux Hospitalières de la place Royale. Malgré cela, il est permis de dire que la Convention n’a pas su remplacer ce qu’elle supprimait : si utile que soit la création d’hôpitaux pour les maladies aiguës, elle n’est d’aucun secours à des incurables, et la suppression des Hospitalières a fermé des lieux de retraite à des malades qui, actuellement, encombrent indéfiniment les services des hôpitaux proprement dits, au grand détriment des malades susceptibles d’etre traités, qui attendent à la porte leur tour de passage.
La transformation de l’hospice en hôpital demandait un aménagement nouveau. On plaça au rez-de-chaussée : sur la face de devant, l’agent de surveillance et les employés; par derrière, avec vue sur le jardin, deux salles pour les convalescents et convalescentes; sur la cour, la cuisine, un réfectoire, la buanderie, le bureau de réception. — Au premier étage : les salles de femmes, la pharmacie et la lingerie; — Au deuxième : les salles pour les hommes; — Au troisième : deux petites salles supplémentaires. Quant aux services accessoires (étendoir, salle des morts, magasins, etc.,) il furent établis sur le côté du jardin et en dehors des bâtiments hospitaliers (1).
En outre, dans une propriété attenante se trouvait une maison que Beaujon avait lui-même donnée en location aux nommés Lebreton et Cossoneau pour une période de cinquante années, à charge par eux d’en payer le loyer à l’hôpital (2), En 1836, le bail était expiré, et l’hôpital
(1) Rapport au Conseil général des hospices (an XI).
(2) Bail par devant Griveau, notaire à Paris. En voir mention dans le
rentrait en possession de la propriété. Comme, d’autre part, les bâtiments occupés par la communauté des Sœurs menaçaient ruine, la communauté fut transportée dans cette maison; elle a été démolie récemment. On avait construit un nouveau bâtiment pour les Sœurs en 1868.
La chapelle Saint-Nicolas appartint dès l’origine à l’orphelinat, et a été décrite par Dulaure (1).
« Cet édifice, construit vers 1780, sur les dessins du sieur Girardin, architecte, aux frais de Nicolas Beaujon, receveur général des finances, est, dans sa petitesse, un chef-d’œuvre de goût et vient à l’appui de ce que j’ai dit sur les progrès de l’architecture qui, sortie de la barbarie du règne précédent, ne parut alors qu’avec plus d’éclat.
« Le portail est beau par sa simplicité et l’heureuse harmonie de ses parties. Deux rangs de colonnes isolées séparent la nef de deux galeries latérales, dont les murs représentent des niches élevées sur un stylobate. La voûte est décorée de caissons. La lumière descend dans cette nef par une lanterne carrée.
O A l’extrémité de cette nef est une rotonde entourée de colonnes corinthiennes isolées, et qui reçoit le jour d’en haut. Cette manière d’éclairer l’architecture lui est très favorable.
(I Cette chapelle est dédiée à saint Nicolas, patron de son fondateur. *>
Enclose pour ainsi dire dans la propriété qu’habitait Nicolas Beaujon, la chapelle se trouvait séparée de l’hospice
rapport des commissaires Lemit et Goncedieu, aux documents. Archives nationales. F 269.
(1) Loco citato.
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fsnvics DS uiDfcciXE Kr coisDnciB l Biinenu des rotrici.
3 CnbiDcc <lu DlrccKor.
3 ISurtnu do rKcoDOiim(.
4 Cabinet tlo l'Ecüiiomo.
r> Salle d'uiiviitc des (>oQiullatloiu.
b Cabhiela du Chiniritlun.
7 Cabinets du M6dcclD.
H Kuinlc. t) CuQcIcrga.
in CnnsuIlAtlon des mnladlcs d’orclllei.
11 PavllloD üo la Tcigiio.
12 Salle de gardu des tl6ve> cB médcclno.
13 Vwllniredes MMcflos.
M Sallo do garde des dibves en iibangaclc-
16 Cuisine ü<s KIdves.
IG Nouvelle ronsultailon.
17 Arclilvcs et BlblloUie<iu«.
coutioNAvri
32 Salle do rduDina, parloir.
33 &ille do commuDauÙ.
34 K«re<tolro.
3G OOItts.
OATIUCiT CSS WALAOU
37 Chirurgie, hommes l A Omco.
3» irMeclnc. femmes < S d'olsaneoi.
) O tavabos.
39 CMrnrglo fcmmiu I D Trtmlts, llcgo lolo.
CÜIilXB BT dJpwCASC»
18 Grande cuisine et distribution.
10 l'.inncturle.
20 Boocherio.
21 L.wrio, Cylindre.
3i Somiuellorio.
23 Garde-manger.
24 Cabinet do In i-ollgicuso.
23 Itdfvciolro des servlieurs.
DATIURMT D8 lA nUAUMBlS
CO Biiabderlc. Salle des enviera.
Cl Blnvcs-tdcholrs.
C2 Cabini't do In rollgleaso.
C3 BCservedii linge propre.
C4 Depot (lu linge sole.
CO Veallnirci.
GU SidlcHo.
C7 Ecurie.
C8 lAlgcuieut du Cbartlor.
2« comt D'BxrniB Bdffniwif tfc rail»’ gauche.
1" 2* et 3' éteges. — Médecine, booiuiea.
B&dment de Valle droite.
1" et 2* flwges. — Médecine, femmes.
3» étage. — îlédeclue. hommes.
B&ttmcnt de rilorloge.
1** étage. — Médecine, hommes.
2* étage. — Médecine, femmes.
3* étage — Dortoirs du persunnol.
GO cuA.vriBa
CT Hangar nn bols.
G3 Champ d'étcadege, face à In buanderie.
C9 Suites 0 ordures.
70 Jardin du Ulrectcnr.
7L Jardin do rAumOnlcr.
73 Jardin du Pharmacien.
73 Jardin do rSconomo.
74 Pavillon provisoire des graadca opérations
3° PAVIU.OKS DES UALADES
1"«2* Paiillont.
jer j{ 3» (jtages. — Chlrnrgle, hommes.
3* Pavillon.
l" et 2* étages. — Médecine, femmes.
4* Favilton.
I*'ct2* étages. — Chlrorgio, femmes.
4° DATISIB.VT DES ËIEVE9 BT 00 PBnSO.VXBC. !•' étage. — Chambres d'internes.
2* et 3' étages. — Logements du personnel.
par la rue du faubourg- du Roule, aujourd’hui faubourg Saint-Honoré. Très suffisante au service de l’orphelinat institué par le fondateur, elle devint impropre au service de l’établissement dès qu’il eût été transformé en hôpital de malades. En efîet, parmi les malades qui meurent dans les hôpitaux, beaucoup n’ont point de cercueil. Transporter leurs corps à la chapelle en traversant la rue était impossible; il fallut aménager une petite chapelle funéraire dans l’intérieur même des bâtiments hospitaliers. D’abord établie au premier étage, sur l’emplacement qu’occupe aujourd’hui la salle Beaujon, cette chapelle provisoire fut transférée au rez-de-chaussée en 1818. Ce n’est qu’en 1869 que fut commencée la chapelle définitive. Terminée en 1872", cette construction, due à l’architecte Théodore Labrouste, est située en arrière des bâtiments de l’hôpital, en avant de la salle des morts, ce qui permet un service régulier et facile.
Quant à Saint-Nicolas, le local en fut d’abord donné à loyer à la paroisse Saint-Philippe du Roule, à laquelle il servit d’annexe; puis vendu à Balzac, qui habilait déjà les bâtiments attenants, ancienne propriété de Nicolas Beaujon, et qui communiquait avec la chapelle par une porte intérieure dont Beaujon s’était réservé l’usage.
Balzac la fit démolir, ne conservant que le chœur, qui existe encore et dont on voit le dôme à la hauteur du n° 22 de la rue Balzac. Au môme numéro, sur la droite en regardant ce dôme, on voit passer les chapiteaux des huit colonnes qui bordaient la nef et qui ont été rangées contre ce mur au moment de la démolition. La place où était la
façade est occupée par un pavillon genre Renaissance, qui
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n’a jamais été habité; construit par le baron Mischek (?), gendre de M”* de Balzac, il communique avec le chœur de l’ancienne chapelle, destiné à ce moment à servir de cabinet d’histoire naturelle (1).
Revenons aux bâtiments hospitaliers. Un hôpital de 80 lits est assurément peu de choses dans une ville comme Paris; aussi, dès l’origine, s’ingénia-t-on à en augmenter le nombre. Nous voyons le chiffre des lits porté successivement à 120 en 1803 et à 140 en 1816; pour arriver à ce résultat, on avait concentré au rez-de-chaussée les divers services épars au début dans la maison, ce qui avait permis l’ouverture de nouvelles salles. Mais là il fallut s’arrêter, les immeubles ne permettaient pas une extension plus grande, ils étaient même déjà trop étroits. D’autre part, cependant, le mouvement des malades devenait tous les jours plus considérable; pour suffire aux plus pressantes demandes, aux seules entrées urgentes, il fallait sans cesse placer des lits de sangle en supplément dans les salles (2). Un tel état d’encombre-
(1) Les restes de la^ chapelle Saint-Nicolas et les habitations attenantes appartiennent actuellement à la baronne Salomon de Rothschild, qui a bien voulu nous autoriser à les visiter. Nous avons eu ainsi la fortune de voir la maison habitue par Balzac : elle est composée d’un rez-de-chaussée, d’un étage et de combles. Le rez-de-chaussée seul est curieux : des vases contenant des gerbes de fleurs sont sculptés au-dessus des sept fenêtres qui, toutes, donnent sur la cour; les mêmes vases de fleurs sont répétés en remarquables panneaux de bois sculptés dans le salon à trois fenêtres; le reste se compose d’une affreuse salle à manger, d’un cabiuet de bains minuscule, mais entièrement tapissé de marbre avec sculptures encastrées, et de deux pièces sans fenêtres, éclairées d’en haut par une lanterne d’où le jour tombe directement, menaçant ruine, lézardées, soutenues à grand renfort de poutres, et qui furent habitées dans ce triste état par M“® de Balzac, à qui elles servaient de petits salons.
(2) Voir les comptes moraux et administratifs des années correspondantes, que M. Léon Brièle, archiviste de l’Assistance publique, nous a obligeam. ment communiqués.
ment ne pouvait durer. C’est à ce moment que les constructions de l’hôpital ont été graduellement accrues. Sur un côté de la façade, l’Assistance publique achète une maison voisine (1); le transport dans cette maison des logements de l’agent, des soeurs, de l’aumônier, du médecin et du chirurgien, des filles de service, permet d’ouvrir cinq belles salles. A la suite de ces agrandissements le chiffre des lits s’élève, en 1821, à 153; deux ans plus -tard à 160, en 1828 à 166.
Les projets de l’administration ne s’arrêtaient pas là. Des plans furent mis à l’étude : le plan adopté portait construction sur les terrains laissés en arrière du bâtiment construit par Girardin, de quatre pavillons isolés rejoints par des galeries de communication. La construction de ces pavillons devait élever le nombre des lits à 400. En 1837 on termine le premier pavillon; l’année suivante deux autres; en 1840 le quatrième. Ces constructions avaient coûté 23a,000-francs, plus 7,000 francs pour travaux de terrassement et 17,000 pour divers aménagemenls nécessaires. Elles permettent de rajouter à riiôpital Beaujon 108 lits en 1819, ce qui, avec 146 lits qu’on ajoutait en même temps à l’hôpital Necker, compensait la perte de 264 lits que faisait l’Hôtel-Dieu par suite de l’installation du quai Dupuytren. En 1840, dans l’ensemble des salles, on peut encore ajouter 22 lits à Beaujon; en 1841, 50 autres dans le quatrième pavillon récemment terminé; en 1844, on installe 12 berceaux d’enfant; en 1847, 7 nouveaux lits pour la création d’un service de nourrices et de berceaux pour y
(l) La maison Joly, qui fut réunie à l’hopital au le*" juillet 1820.
recevoir les enfanis avec leurs mères malades; et deux ans après, 19 nouveaux lits dont 11 dans le service de nourrices.
En jetant les yeux sur l’état hospitalier de Paris, on voit cette période de onze années (1837-49) présenter une augmentation totale de 1013 lits dans les hôpitaux : l’hôpital Beaujon y a contribué pour une forte part, puisqu’il s’est à lui seul accru de 218 lits. A cette date de 1849, il a atteint le chitl're de 384 lits.
Dès l’achèvement du quatrième pavillon, rien au point de vue des constructions n’eut plus été à désirer, si le service indispensable des bains eut été achevé en même temps. En effet, cet hôpital d’environ 400 lits en était encore au service balnéaire établi par Girardin pour vingt-quatre enfants. Des cloisons établies depuis ne l’avaient modifié que d’une façon toujours insuffisante. Il fallut des réclamations constantes; et, ce n’est qu’en 1845, alors que les constructions hospitalières étaient déjà terminées depuis cinq ans, que ce service put être livré aux malades.
Le mouvement étant toujours considérable et la population très dense, on eut alors l’idée d’une modification dont on s’est beaucoup félicité au point de vue pratique, mais que nous ne saurions trop déplorer au point de vue artistique. A chacun des deux corps de bâtiments construits par Girardin sur les côtés de la cour carrée on accola un bâtiment qui doubla le premier; le doublement de l’aile gauche fut terminé en 1846, le doublement de l’aile droite exécuté en 1869. Ces doublements permirent d’étendre la façade sur la rue, et dans cette façade élargie, de placer, en 1858 à gauche, le bâtiment des employés, en 1869 à droite, la communauté. On atteignit ainsi le chiffre de 438 lits.
retombé depuis à 430, à 416, enfin remonté à 422; et la façade de l’hospice primitif reste aujourd’hui défigurée.
Cette série de transformations permet de se figurer riiôpital actuel dans l’état suivant :
Si l’on se place dans la rue du Faubourg Saint-Honoré et qu’on regarde la façade, on a devant soi, de chaque côté de la porte-cochère, des salles de consultations; le reste, dont une partie cherche à imiter le style Louis XVI, tandis que l’autre est franchement moderne contient, à droite la communauté des religieuses, à gauche le logement de l’économe.
Si l’on entre dans la cour on a en face, dans le pavillon de 1 horloge, la salle de garde, le vestiaire des médecins, des réfectoires d’élèves et d’employés, et, en seconde ligne, les cuisines de ces réfectoires et la lingerie générale.
A gauche, la cuisine générale et ses dépendances. A droite, la salle des entrées, les cabinets du directeur et de l’économe, la salle des archives, la pharmacie. Voilà pour le rez-de-chaussée.
Les étages au-dessus contiennent, à peu près tous, des malades, sauf dans le bâtiment de la communauté à droite, et dans celui de l’économe à gauche, qui loge des employés. Le dortoir du personnel est au troisième étage du pavillon de l’Horloge. Le bâtiment de l’aile gauche ne contient que des hommes, ceux de l’aile droite et de l’Horloge des hommes et des femmes.
Arrivons aux quatre pavillons modernes placés aux angles du quadrilatère que forment les galeries. Ils sont uniquement destinés aux malades : les femmes sont dans les deux
pavillons situés à droite; les hommes dans ceux situés à gauche.
En arrière de la partie médiane du quadrilatère des galeries se trouvent les bains, avec le grand réservoir et la machine à vapeur que ce service comporte. Derrière les bains la chapelle et, derrière celle-ci, le bâtiment des morts. A droite de la chapelle, le bâtiment des élèves; à droite du bâtiment des morts, la buanderie. Quant aux quelques bâtiments qu’on observe sur la gauche, ils sont inoccupés et hors d’usage.