Lettre de la Soeur Drouët Monsieur
Je vous prie de revoir mes très-humbles excuses sur mon délai à vous remercier de l'honneur de votre lettre ; des affaires
pressantes ne m'ont pas permis d'y répondre plus tôt et j'ai encore le désagrément de ne pouvoir le faire selon vos désirs n'y selon les miens ; je parle de l'article des domestiques ; il n'est pas Monsieur à ma disposition d'y rien changer; vous le méinteriez, mais vous ne pouvez répondre de vos successeurs non plus que de ceux des M" qui composent votre administration ; cet article se trouve dans tous nos contrats même celui des maisons Royales dans l'une desquelles on a voulu faire quelque changement tel que celui que vous proposez ; nous avons offert la rupture au ministre qui ne l'a pas acceptée et qui nous a laissé jouir du Privilège qui nous était disputé pour les bonnes raisons que nous lui avons exposées. Autrefois le défaut de cette piécaution nous a mis dans le cas d'éprouver des contradictions et des désagréments que nous devons nous épargner parce qu'ils n'étaient ny justes ny mérités. Aussi Monsieur il n'est pas possible que nous puissions moditier cette clause ; vous êtes juste; vous ne voudriez pas nous exposer; je suis certaine de cette disposition de votre part ; soyez persuadé que de la mienne je ne me refuse qu'à regret et parce que les devoirs de ma place m'en imposent l'étroite obligation, car il me serait bien plus agréable de suivre mon penchant à faire en votre faveur une exception; agréez ma bonne volonté au défaut des moyens de l'efTectuer, il ne faut rien moins pour me priver de cette satisfaction. J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Monsieur
A Paris, ce 28 Février Votre très-humble et très-obéissante 1782, servante, Madelaine Drouèt, Sup''*
des Filles de la Charité.