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L'Hôpital de Bicêtre (1250-1791)

L'Hôpital général de Paris consistait dans la réunion, sous une administration commune, de diverses Maisons, où l'on recevait les pauvres valides ou infirmes de tous âges et de tous sexes, incapables de gagner leur vie.

Bicêtre est celle de ces Maisons, dont nous allons faire l'histoire. Notre travail embrasse deux périodes différentes : Bicêtre-château et Bicêtre-hôpital. La première naît avec le château, le prend à son origine (1230) et va jusqu'au jour où les soldats invahdes en sont expulsés pour faire place aux Pauvres enfermés (1656). La seconde, de beaucoup la plus importante, commence avec l'Hôpital-Général (1656) et finit avec lui le 11 avril 1791.

Nous ne dépasserons point cette date ; car le sujet que nous traitons est assez vaste ainsi pour que nous ne continuions point après la disparition de l'Hôpital-Général.

Ceci dit, il reste à indiquer le plan que nous avons conçu, la marche que nous avons suivie et les sources auxquelles nous avons puisé.

Nous passons tout d'abord rapidement en revue les événements dont le château de Bicêtre fut le théâtre de 1250 à 1656.

Comme quelf|ues détails préliminaires sur l'IIôpital-Généralnenous paraissent point inutiles, pour qu'on puisse se rendre compte plus facilement de tous les rouages de cet immense établissement hospitalier, nous en décrivons brièvement l'organisation et retraçons en quelques lignes l'histoire de chacune de ses maisons.

Puis nous nous occupons de l'PIôpital de Bicêtre, proprement dit. Un chapitre spécial est attribué à son administration, à son personnel et à sa topographie.

Bicêtre étant non seulement un H spice pour les pauvres valides ou infirmes, mais encore une Maison de Force et de Correction pour les prisonniers et les jeunes détenus, un Asil' pour les aliénés et un Hôpilal pour les vénériens (hommes et femmes) nous consacrons un article particulier à chacune de ces quatre catégories (1). Enfin nous terminons en décrivantcomment y étaient installés les services médical et chirurgical, et en donnant la liste complète de tous les méilecins chargés de cette mission.

Sans vouloir énumérer ici tous les ouvrages, que nous avons consultés, voici ceux qui nous ont principalement servi.

A la Bibliothèque nationale (section des manuscrits) nous avons recueilli les plus ;»récieux renseignements dans la Collection Joly de FU'urij, formée par les divers procureurs généraux de ce nom, qui, par leur charge étant de droit chefs-directeurs de l'Hôpital-Général, avaient eu soin de conserver dans leurs archives particulières la copie, sinon l'original, de toutes l(?s délibérations prises par le Bureau. Dans les autres manuscrits, ayant trait aux hôpitaux, nous avons

(1) Peut-être nous reprochem-t-on d'être sorti de notre sujet en parlant des hôpitaux vénériens, antérieurs il celui de Bicêtre. Mais nous avions des motifs sérieux pour agir ainsi. Nous voulions prouver qu'on avait prétendu à tort qu'il l'apparition du mal de Naples les fenmies n'avaient été ni reçues ni soignées dans aucun hôpital. Nou.=i tenions aussi à parler d'un certain hôpital de la Sanitat, situé près de l'ancien pont des Tuileries et destiné aux syphilitiques, et dont personne ne dit mot, si ce n'est Sauvai. Enfin, nous désirions montrer que les commissaires du Grand Bureau des Pauvres, chargés à partir du 7 février lô59 de faire soigner ces malades aux frais de l'Aumône générale, ne les avaient point mis, à cette époque, faute d'emplacement, dans leur hôpital des Petites-Maisons, mais les avaient fait traiter, les hommes chez des chirurgiens-barbiers, payés il cet effet et obligés d'avoir dans leurs maisons des loges pour eux, et les femmes chez des veuves de chirurgiens-barbiers .

trouvé quelques pièces curieuses. Le recueil TIwisy (section des imprimés) a été également mis par nous à contribution.

Aux Archives Nationales certains documents sur la loterie de l'Hôpital-Général et des Enfants Trouvés, sur la Force de Bicêtre et sur l'hôpital de Vaugirard nous ont été très utiles.

A la bibliothèque de l'Arsenal, qui possède sans conteste la plus riche collection d'imprimés, se rapportant à l'Hôpital-Général, nous avons fait quelques heureuses découvertes : entre autres une pièce probablement unique, le procès-verbal \ne pas confondre avec l'extrait du procès- verbal, qui n'est pas rare) de la visite faite en 1663 à Bicêtre par les commissaires Saintot et Doujat.

A la bibliothèque de la ville de Paris (Carnavalet) les volumes contenus dans les séries 130, 131, 132 et 133 nous ont été d'un grand secours ainsi que « VHistoire de.'i Dodeurs-Régents de l'ancienne Faculté, j> de M. Chéreau et « les Souvenirs de Bicêtre » d'un certain Richard qui, entré dans cet hôpital comme employé en 1786, y resta pendant plus de soixante ans.

A la bibliothèque de la Faculté de médecine « les Annales de la Faculté » manuscrit de Thomas Bernard Bertrand, ancien docteur régent, lequel, à partir de 1708, n'étant encore que bachelier, s'occupa de réunir î'-s matériaux propres à servir à l'histoire de la Faculté ou à la biographie de ses divers membres, travail qui dura toute sa vie, et enfin l'ouvrage de Jacques-Albert Hazon ; fait d'après celui de Bertrand, nous ont fourni des détails biographiques sur les médecins de Bicêtre.

Grâce à l'autorisation que nous a accordée M- Peyron, directeur de l'Administration générale de l'Assistance publique et à l'obUgeance de M. l'archiviste Brièle, nous avons pu consulter les quelques pièces originales de l'ancien fonds de l'Hôpital Général qui ont échappé en 1871 au terrible incendie de l'hôtel de l'avenue Victoria, où se trouvaient réunies les Archives de l'Hôtel-Dieu et de tous les autres établissements hospitaliers et charitables de Paris.

« L'Inventaire des Archives hospilalières de Paris, quatre volumes parus et « la Collection des Documents pour servir à lliistoire des hôpitaux de Paris, » quatrevolumes parus, ouvrages publiés par M. Biièle, nous ont permis de vérifier et de contrôler les faits rapportés par les historiens de la ville de Paris et d'en reconnaître parfois l'inexactitude.

Onne saurait trop féliciter MM.Moering, Quentin et Peyron, les trois derniers directeurs de l'Assistance publique, de l'heureuse décision qu'ils ont prise depuis quelques années, de communiquer par ces deux publications les richesses de leurs Archives, qui avant eux restaient enfouies dans les cartons et demeuraient inaccessibles aux recherches du public.

En terminant cet avant-propos, nous tenons à dire qu'il nous eiit été difficile de mener à bonne fin cette histoire de Bicêtre, si nous n'avions pas eu pour guide et pour modèle la savante et documentaire étude de M. le professeur Laboulbène sur « l'Hôpital de la Charité » (1). Aussi ne saurions-nous trop le remercier d'avoir ainsi facilité notre tâche et de vouloir bien présider ce modeste travail.

Que M. le professeur Brouardel, doyen de la Faculté de médecine, veuille bien accepter nos sincères remerciements pour la bienveillance qu'il nous a montrée.

Nous sommes heureux de profiter de l'occasion qui nous est donnée pour offrir à M. Gilbert Ballet, professeur agrégé de la Faculté de médecine, ce témoignage de notre reconnaissance.

(1) Laboulbène. Histoire de la itiédecine : Hôpital de la Charité. Paris, 1879.

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