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PREMIÈRE PARTIE

l'horlogerie primitive

Fig. 4. — Motif de décoration emprunte à Thorlogc du Pnlais de Justice.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — LA GHRONOMÉTRIE ET l'hOR- LOGERIE. — DISTINCTIONS A FAIRE ENTRE CES DEUX ARTS.

N consacrant à l'horlogerie une des monographies qui composent la bibliothèque des Arts de V ameublement, nous n'avons nullement la prétention d'enseigner au public particulier auquel ces petits livres sont destinés , l'art de confectionner des horloges, des pendules ou des montres.

Notre but est moins compliqué, et surtout plus modeste. Nous n'avons à envisager ici l'horlogerie que dans ses rapports avec l'ameublement, c'est-à-dire que nous nous bornons uniquement à étudier la forme extérieure et la décoration que comportent les appareils destinés à nous renseigner sur la marche du temps, et les règles particulières auxquelles obéissent forcément la composition de cette forme et la disposition du décor qui la complète. Aussi,

A côté de ces horloges qui n'ont rien de chronométrique, combien peut-on citer de chronomètres qui, à l'instar du calendrier, ne sauraient être considérés comme des horloges ! La clepsydre, sous sa forme première, le sablier lui-même jusqu'au jour où on lui adjoignit un cadran dont on faisait d'heure en heure, et avec le doigt, avancer les aiguilles, appartenaient à cette catégorie, et dans les pays primitifs on rencontre encore nombre d'appareils de ce genre.

Les oasis algériennes ne doivent, on le sait, leur étonnante fertilité qu'à la quantité d'eau dont elles peuvent abreuver leur sol toujours altéré ; aussi la distribution du précieux liquide est-elle réglée avec un soin tout spécial, et une police savante préside à sa bienfaisante répartition. A l'aide de rigoles, de canaux, de conduits, savamment aménagés, de sakias (pour employer l'expression locale), chaque propriété reçoit périodiquement et pendant un temps strictement limité, la provision qui lui est dévolue. Il y a une quinzaine d'années, M. Héron de Villefosse* constatait qu'à Tebessa, le temps que devait durer cette immersion périodique se calculait à l'aide d'une sorte de chaudron muni d'un trou à sa base. L'agent des eaux, Voukil elma 2, arrivait devant la propriété, ouvrait la communication, remplissait son chaudron , en laissait couler l'eau par le trou inférieur, et quand son récipient était à sec, il refermait la communication et dirigeait le cours d'eau sur une propriété voisine ; en un mot, et pour nous servir de l'expression de M. Héron de Villefosse, « cette marmite lui servait de sablier » .

Durant un récent voyage en Algérie, nous avons pu constater que dans les oasis d'El-Kantara, de Biskra, de Sidi-Okba, ce même procédé était encore en usage. On

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