Œuvres complètes, traduction d'Amyot, t. XVII, p
précisa leurs indications. C'est alors que l'on construisit des clepsydres en forme de cône, graduées avec soin, et par la hauteur du niveau de Teau comparée avec les indications inscrites sur la paroi du vase, on arrivait à déterminer d'une façon relativement exacte la marche du temps. Puis, au cône gradué on substitua un récipient également gradué
Fig. 19 et 20. — Clepsydre de Ctesibius, restituée par Claude Perrault d'après le texte de Vitruve.
dans lequel l'eau tombait, et à mesure que ce récipient se remplissait on pouvait lire sur la paroi intérieure le nombre d'heures ou de fractions d'heures écoulées. Mais ces observations, on le comprendra, étaient sujettes à bien des vicissitudes. L'eau, en effet, s'écoulait avec une rapidité d'autant plus grande que son niveau dans le vase supérieur se trouvait plus élevé, et que par suite la pression était plus considérable. Il fallut qu'un homme de génie vînt
modifier, compléter, transformer ces instruments primitifs, pour en faire de véritables horloges.
Vitruve dit expressément que Ctesibius d'Alexandrie fut l'inventeur des clepsydres*. Or Ctesibius vivait 124 ans avant Jésus-Christ, et ces sortes d'horloges sont infiniment plus anciennes. Depuis bien des siècles déjà, elles étaient connues en Egypte, en Chaldée, en Grèce, ainsi qu'en Italie, et leur usage était si répandu, même chez les Barbares, que Jules César, quand il conquit la Gaule, constata que nos ancêtres s'en servaient depuis très longtemps pour mesurer leurs nuits, qui dans le nord, ainsi qu'il prenait soin de le remarquer, sont en hiver beaucoup plus -longlies que dans le sud de l'Europe.
Mais Ctesibius, s'il ne peut être regardé comme l'inventeur des clepsydres, doit être considéré comme l'homme de génie qui amena cet instrument horaire à son point de perfection. Fils d'un barbier d'Alexandrie, tout jeune encore, et dans la boutique même de son père, il découvrit le parti qu'on pouvait tirer de l'impulsion donnée par l'écoulement de l'eau, et confectionna, grâce à cette observation, une foule de machines hydrauliques extrêmement ingénieuses. C'est ainsi qu'il exécuta des automates très compliqués, mettant en mouvement de petits personnages, lançant des cailloux dont la chute produisait des sons, faisant sonner des trompettes, etc. Enfin, cherchant à donner à ses merveilleuses dispositions un essor plus pratique, il parvint à construire plusieurs sortes de clepsydres. Ces appareils rendirent son nom célèbre dans tout le vieux monde, et, restitués d'après le texte même de Vitruve, qui n'hésita pas à consacrer à leur description tout un chapitre de son Architecture, ils ont fait l'admiration des modernes, comme ils avaient fait celle des anciens.
Nous ne décrirons, et encore très sommairement, que