‹ L'horlogerieChapitre 24 sur 50 · Histoire de V hôtel de ville · texte numérisé non relu

Histoire de V hôtel de ville

tîmable. S'il en fallait une preuve, nous invoquerions le singulier empressement que mit Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, à faire, après la prise de Courtrai, démonter l'horloge de cette ville et à la faire transporter à Dijon. « Avant que le feu y fût bouté, écrit Froissart *, le duc de Bourgogne fit ôter des halles un oroloige qui sonnoit les heures, Tun des plus beaux que on sçut delà ni deçà la mer, et cet oroloige mettre tout par membres et par pièces sur chars, et la cloche aussi; lequel oroloige fut amené et acharié en la ville de Dijon en Bourgogne; et là fut remis et assis, et y sonnent les heures vingt-quatre entre jour et nuit » . Les fameux jacquemarts de Dijon rappellent, encore aujourd'hui, cette sanglante conquête.

Un autre fait extrêmement remarquable, c'est qu'à une époque où la fabrication des horloges laissait grandement à désirer au point de vue de la précision et de la régularité, au lieu de donner exclusivement leurs soins à l'amélioration du mécanisme, et de chercher à obtenir par d'intelligentes simplifications une exactitude plus grande, les mécaniciens épuisaient leur ingéniosité à compliquer ces primitives machines et à les surcharger depièces accessoires dont la multiplicité ne pouvait que nuire à leur bon fonctionnement.

Jusqu'au xvii® siècle, en effet, la plupart des horloges publiques et privées furent assez grossièrement établies en cuivre ou en fer forgés et, comme mécanisme et perfection d'engrenage, n'étaient guère supérieures à nos tournebroches actuels^. Aussi était-ce à des fèvres ou serruriers qu'on s'adressait généralement pour la confection de ces volumi-

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