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Au payiUon intérieur situé dans la rue de Rome

simple, et cette ingéniosité, aussi bien du reste que cette extrême simplicité , font le plus grand honneur à M. Dorey, ancien receveur municipal au Havre, qui fut l'inventeur de ces curieuses horloges.

Ce beau cadran noir sur lequel évoluent les aiguilles e§t formé, on ne s'en douterait guère, par un disque de glace ordinaire, parfaitement translucide et soigneusement polie. Seulement la chambre placée derrière ce disque, — et dans laquelle se trouvent enfermés les foyers lumineux, le mécanisme de rhorloge et la transmission, — cette chambre est entièrement tendue de drap noir; de façon que c'est ce drap, aperçu à travers le cadran, qui fournit le champ noir sur lequel se déta"chent les lettres et les aiguilles. Ajoutons que ces dernières sont en verre dépoli. Le jour, ce verre dépoli, arrêtant la clarté du soleil qui le frappe du dehors, se teint en un blanc qui paraît d'autant plus éclatant qu'un fond noir lui sert de repoussoir. La nuit, chiffres et aiguilles, éclairés de l'intérieur par quatre becs de gaz dont la lumière traverse le disque sans laisser de trace, se colorent en un jaune brillant, dont l'intensité lumineuse est également augmentée par le fond noir sur lequel elles se détachent (voir fig. 50).

L'établissement de ces appareils — théoriquement très simples — réclame, hâtons-nous de le dire, de grandes précautions et un entretien constant. Non seulement la tige de transmission, qui fait marcher l'aiguille des heures et la minuterie, doit être soigneusement enveloppée d'un manchon de drap noir, mais ce manchon lui-même doit être muni, de distance en distance, de petits disques empêchant que la lumière intérieure ne lui imprime quelque reflet qui pourrait être aperçu du dehors.

Il importe, en outre, que cette lumière soit beaucoup plus intense que pour un cadran blanc, et qu'elle soit disposée de façon que la tige de transmission ne projette pas d'ombre portée sur le cadran. Pour cela, quatre foyers

lumineux armés de réflecteurs sont nécessaires, et il les faut disposer de telle sorte que chacun d'eux éclaire spécialement un quart du disque lumineux et que leurs feux se croisent. Ces foyers doivent, de plus, être soigneusement dissimulés ; car si on les distinguait de l'extérieur, toute cette petite fantasmagorie prendrait fin instantanément. Enfin il faut avoir grand soin de tenir la glace transparente extrêmement propre, car la moindre couche de poussière, une buée même un peu épaisse, formeraient écran et, en arrêtant la lumière, transformeraient le fond noir en un fond d'un gris sale.

Tels sont les principaux genres d'hprloges nocturnes actuellement en usage.

Nous n'avons parlé ici que de celles de ces horloges qui sont à la fois publiques et monumentales; pour les horloges intérieures, nous avons été amenés à en dire quelques mots dans notre vi® chapitre (voir pages 61 et suiv.). Nous prions le lecteur de vouloir bien se reporter au passage qui les concerne.

Fig. 51. — Jeton de la corporation des horlogers. (xviii° siècle).

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