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LES HORLOGES D APPARTEMENT A POIDS ET LES HORLOGES DE TABLE

Conçues dans le même esprit et exécutées par les mêmes artisans que les horloges monumentales, les premières horloges d'appartement furent gratifiées de poids moteurs, et cette particularité de construction décida de suite de la place qui leur fut affectée, et par contre-coup de leur forme extérieure et de leur aspect. Pour fonctionner convenablement, il fallait qu'elles fussent suspendues à une certaine hauteur, de façon que les poids et contrepoids pussent monter et descendre sans difficulté. On prit donc le parti de les accrocher à une certaine élévation, et comme elles se trouvaient ainsi à une distance relativement considérable du regard, on fut obligé, pour que leurs indications demeurassent bien visibles, de donner au cadran une importance capitale.

Derrière ce cadran on disposait tout naturellement le mécanisme de l'horloge, et comme ce mécanisme, dans sa nouveauté, constituait une sorte de curiosité, on le laissait à découvert de façon que sur les côtés la merveilleuse machine pût être vue. Telle apparaît encore à nos yeux l'horloge du XV® siècle que possède la Bibliothèque nationale. Telles devaient être l'horloge en argent a tout entièrement sans fer » du roi Philippe le Bel, et celle que mentionne V Inventaire de Charles V, également a d'argent blanc qui se mettoit sur un pillier » ; ainsi* que l'horloge d'or « garny de plusieurs personnaiges » qui figurait en 1470 dans le trésor des ducs de Bourgogne. Telles sont aussi les deux horloges datant de la fin du xv® siècle que nous reproduisons ici (fig. 53 et 54.)

Lorsque l'étonnement et l'admiration que causait le mécanisme de ces appareils encore bien imparfaits se furent un peu calmés, on s'avisa que de laisser les rouages à Tair, c'était les exposer à l'humidité, à la poussière, c'est-à-dire à des détériorations fatales; alors on commença de les abriter dans un petit coffre cubique généralement en bois, muni de portes latérales, et dont la façade carrée reçut le cadran, qui continua d'être de dimensions relativement importantes. Une horloge à poids empruntée à un tableau du Musée de Bruxelles, et reproduite dans le Dictionnaire de l'Ameublement * , nous donne la date de cette transformation. Puis, comme la plupart de ces appareils étaient à sonnerie^, pour protéger les timbres, on surmonta le coffre d'une sorte de petit dôme. Ce petit dôme appela naturellement un entablement pour l'asseoir, des Fig. 52. — Façade d'horlogo à poids en colonnettes pour soutenir l>oissculpté,peintet doré. (xvn. siècle.)

l'entablement, une base plus ou moins ornée pour supporter les colonnettes, et c'est ainsi que progressivement le coffre renfermant le mécanisme prit l'aspect d'un petit

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