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LES HORLOGES DE CHEMINÉE DITES PENDULES

Ce qui donne à l'étude des arts de l'ameublement un intérêt tout particulier, ce n'est pas seulement l'étroite corrélation qui les unit, la curieuse concordance qui, dans l'application, se manifeste entre des professions n'ayant, somme toute, entre elles que des liens assez lâches. C'est aussi l'étonnante docilité avec laquelle ces mêmes arts s'appliquent à satisfaire nos goûts et nos besoins ; et, mieux que tout cela, c'est la dépendance curieuse qu'ils observent vis-à-vis de nos transformations sociales.

Nous avons expliqué dans notre précédant chapitre comment la diminution subite que la mode et l'usage imposèrent aux dimensions respectives des habitations amena, au commencement du XVIII® siècle, la substitution de cartels en bronze aux horloges appliques. C'est à une modification du même genre que l'on doit l'introduction dans notre mobilier de ces horloges de cheminée, désignées aujourd'hui d'une façon générale sous le nom de pendules, et qui, depuis lors, se sont tellement multipliées, qu'il n'est presque pas d'habitation où l'on n'en rencontre quelques-unes.

Renonçant à la vie solennelle, à ses pompes et à son manque de confort, les contemporains du Régent et les sujets de Louis XV avaient été naturellement amenés, nous venons de le dire, à réduire la taille de leurs apparteme- *~ ^' ~ se virent obligés, par suite, de diminuer d'autant le' de leurs cheminées. Au moment où cette double ré< s'opérait, on eut l'idée de substituer les glaces, qui dans leur grande nouveauté, aux tableaux et aux bas gui jusque-là avaient décoré le manteau de la che

Mais la raison d'être d'une glace, c'est qu'on puisse s'y voir; et cette raison devait être, à ce moment, d'autant plus goûtée, que la Société alors était particulièrement frivole et coquette. Pour permettre aux personnes groupées autour du foyer, devenu beaucoup plus hospitalier, de se contempler tout à Taise, on se hâta d'abaisser le chambranle. C'est à Robert de Cotte, premier architecte du roi, que revient l'honneur de cette révolution, dont les conséquences mobilières furent considérables.

Par un enchaînement tout naturel, les modifications subies par les dimensions et la structure de la cheminée amenèrent dans sa parure une transformation radicale. C'est ainsi que l'âtre réduit de taille vit les modestes chenets se substituer aux landiers de grande stature. Bientôt la grille et le devant de foyer devinrent le complément naturel des chenets. De même, au-dessus de l'âtre, le chambranle, dont les contours supérieurs avaient été jusque-là mouvementés, se termina par une tablette horizontalement disposée et servant de base à la glace; et cette tablette, dont la nudité ne laissait pas que d'être choquante, appela la présence d'une garniture chargée de combler le vide désagréable qui s'était produit à cette place, la plus en vue de tout l'appartement.

Ce furent d'abord des pièces de céramique, de petits groupes de Saxe, des statuettes et des vases qui remplirent ce rôle*. Un peu plus tard, les horloges appliques abandonnèrent leurs supports aériens pour venir, à leur tour, occuper ce poste d'honneur. Cette prise de possession, toutefois, n'eut pas lieu sans quelques protestations. On commença par s'indigner contre ces appareils, qui venaient ainsi compter une à une les heures de la vie, sous les yeux mêmes de ceux qui prétendaient, en conversant, oublier la marche trop rapide du temps. En 1763 Favart, dans une pièce peu

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