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ces chefs-d'œuvre d'ingéniosité, qu'il est à peu près impossible d'en prévenir la contrefaçon, car les procédés qu'ils peuvent employer pour produire le résultat cherché ne sauraient demeurer longtemps secrets pour leurs confrères. Ajoutons encore que les amateurs s'intéressant aux horloges compliquées à plaisir ou à ces pièces amusantes, dissimulant sous une science apparente d'ingénieuses tromperies, se sont faits de plus en plus rares. C'est ce qui explique comment, en un temps où l'électricité pourrait cependant aider si puissamment les inventeurs àproduire des illusions, nous n'avons guère à citer, comme création nouvelle , que les // or loges mystérieuses .
Ces horloges, personne ne l'ignore, consistent dans un vaste cadran de cristal, portant à son centre des aiguilles complètement isolées et qui avancent d'une façon régulière, sans que rien les rattache à un mécanisme extérieur. Le secret de cette
Fig. 81. — Petite horloge à crémaillère. , , . ,
marche « mystérieuse », c est que le pivot sur lequel se meuvent les aiguilles contient lui-même le mouvement qui les actionne. Toute la difficulté de construction que présentent ces sortes d'horloges réside donc : 1** dans la légèreté des aiguilles, qui doit être assez grande pour que, malgré leur longueur, elles puissent être conduites par un mouvement de très petite dimension;
2° dans la construction du mécanisme, qui, tout en tenant une place restreinte, doit avoir la puissance nécessaire pour mettre en mouvement des aiguilles d'une taillé relativement considérable.
Par contre, si ces curieuses inventions, qui confinent à la physique amusante, se sont faites plus rares, on doit rendre cette justice aux horlogers contemporains, qu'ils n'ont rien négligé pour améliorer la qualité des instruments de précision, pour généraliser la possession des appareils chronométriques, et pour développer l'instruction des artisans qui se destinent à leur glorieuse profession.
Déjà, au siècle dernier, un des hommes dont le génie français s'honore le plus. Voltaire, avait créé à Ferney une école d'horlogerie qui donna des résultats particulièrement remarquables. Quelques années plus tard, la Manufacture royale établie par Lettres patentes à Bourg en Bresse fournit également un nombre considérable d'excellents sujets. Le 26 décembre 1785, de nouvelles Lettres patentes instituèrent dans la capitale même, sous la direction de Bralle, ingénieur hydraulicien de la généralité de Paris , et de Vincent, élève de François Berthoud, une nouvelle Manufacture royale qui perfectionna singulièrement les connaissances mécaniques des ouvriers. Depuis un demi-siècle, au reste, un certain nombre de grands artistes avaient étonnamment relevé le prestige de l'horlogerie parisienne. Joly fils, dans la Vie de Julien Le Roy, qu'il publia en 1785, rapporte que les montres de cet artisan illustre « furent si recherchées, que la plupart des horlogers étrangers mettoient son nom sur leurs mouvemens pour vendre à plus haut prix leurs montres et leurs pendules ». Enfin, de nos jours, la constitution d'une Chambre syndicale de l'horlogerie et la fondation par cette chambre d'une école qui peut passer à bon droit pour modèle, assurent la réputation de la production française.
Cette production, à l'heure actuelle, se divise en quatre
branches. La première comprend les horloges publiques et tout ce qui concerne la grosse horlogerie; la seconde, la pendulerie de cheminée et de voyage, les réveille-matin, l'horlogerie électrique, la télégraphie, les lampes régulateurs, etc. ; la troisième embrasse la petite horlogerie, c*està-dire les montres, et la dernière l'horlogerie astronomique et chronométrique, c'est-à-dire l'horlogerie savante.
Pour achever de répandre au delà de nos frontières les appareils horaires, fabriqués par cette élite de producteurs, il importe que toutes les industries annexes qui confectionnent les enveloppes extérieures, c'est-à-dire les fondeurs, les bronziers, les graveurs, les émailleurs, les ébénistes, etc., se pénètrent des nécessités de ce bel art, et c'est pour appeler leur attention sur les conditions essentielles que doivent remplir les pendules, horloges, etc., que nous avons écrit ce petit livre.
Fig. 82. — Horloge à automates, (xvi» siècle.)