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PLANTES NOUVELLES DU FLEURISTE DE PARIS

Parmi les inlroductions nouvelles ou récentes qui ont droit au soleil, et à une petite parcelle de terre dans nos jardins, on peut citer le Saccharum œgyptiacum^ espèce de la Nouvelle- Egypte, mais qui a été découverte, il y a trois ou quatre ans, dans le sud de TAlgérie, par M. Letourneux, conseiller à la Cour impériale d'Alger. M. Durieu de Maisonneuve, le savant et zélé directeur du Jardin des Plantes de Bordeaux, un des

membres de la commission scientifique de l'Algérie, ayant en connaissance de cette trouvaille , ne laissa ni paix ni trêve a M. Letourneux^ tant qu'il n'eut entrepris un autre voyage dans le Sud, pour lui expédier quelques éclats de cette remarquable graminée, qui lui avait échappé lors de son exploration. On lui en envoya quelques tronçons de rhizomes à peu près secs, qu'il eut le bonheur de faire revivre, et il en obtint d'énormes touifes, qui lui permirent de la multiplier et de la répandre. Ce Saccharum planté isolément, en pleine terre, forme des touffes gracieuses de plus de 4 mètres de hauteur sur autant de diamètre. Le feuillage est léger, d'un beau vert, avec la nervure médiane blanchâtre. Cette espèce est rustique, et deviendra une excellente plante pour la décoration des jardins.

M. Durieu a envoyé son Saccharum au fleuriste de la ville de Paris qui est en mesure de faire droit aux demandes qu'on pourrait lui adresser.

Chacun sait que l'administration municipale a établi à Passy, au château de la Muette, un établissement horticole des plus remarquables^ pour la. multiplication des plantes nécessaires à Pomementation des squares et promenades publiques de la ville. Voulant aider au progrès de la science horticole et au commerce, elle offre les plantes en multiplication dans son établissement, à titre d'échange, contre une valeur égale en plantes qui hii paraissent utiles ou qu'elle ne possède pas. Aucune proposition d'achat, payable en argent, n'est admise par l'administration. Mais les établissements d'horticulture qui ne peuvent offrir, par voie d'échange, des plantes convenant aux cultures de la ville, ont la faculté de faire fournir par un de leurs confrères une valeur égale d'espèces que l'administration désigne.

Or donc, dans le catalogue des végétaux multipliés en 1866^ dans son établissement horticole , et que nous avons reçu tout récemment, le Saccharum œgypliacum est coté IS francs.

On pent^ par conséquent , se procurer cette otoaveantfr eut échange de plantes d'une valeur de 15 francs • Ces demandes d'échanges doivent être adt^sées, par lettres affranchies, à M. le jardinier en chef de la ville de Paris!^ 137, avenue d'Bylau.

Parmi les autres nouveautés portées au catalogue de 1866, nous trouvons encore :

Le Pelargonium zonale Baronne Haussman, gain du fleuriste de la ville, très-florifère, dont les fleurs d'un coloris saumon brillant, forment de fortes panicules.

Cette variété, dit le catalogue, est supérieure aux variétés connues, surtout pour' la pleine terre. Je le veux bien. Mais si j'avais un conseil à donner à l'établissement horticole de notre ville, je lui donnerais ce conseil d'ami : ne point faire de semis ou ne point livrer ^es gains au commerce. Le semeur, toute affaire d'intérêt de côté, est toujours mauvais juge quand il s'agit de se prononcer sur le mérite de ses semis. Quoi qu'il fasse, il est porté à l'indulgence envers ses enfants; et puis celte pensée d'être appelé Papa par un Géranium ou une Verveine, flatte tellement l'amour-propre^ qu'il ferme les yeux malgré lui snr les enfants des autres dans la crainte d^en trouver de semblables à ses nouveau-nés. Cette observation ne s'adresse pas seulement au fleuriste de Paris, mais à tous les horticulteurs commerçants • n faut laisser le soin de faire des nouveautés auxamateurs; car alors, le commerçant auquel on les propose est plus sévère, et juge mieux de leur mérite ; n'ayant pas sur les yeux le bandeau de l'amour paternel, il en voit les défauts ou l'analogie trop grande avec les nouveautés du temps jadis.

Le Pelargonium madame Ermens est un hybride de Christinu$ à fleurs rose vif ; c'est une plante naine de premier ordre pour les bordures. Chacun de ces Pelargonium vaut 10 francs de plantes.

Le Wigandia Vigierii est un Wigandia gigantesque acquis par rétablissement à M. le bai*on Vigier, amateur distingué de Nice. Cette belle plante, considérée comme espèce, est trèsdistincte des autres par sa grande dimension ; ses feuilles, argentées en dessous^ atteignent de 90 centimètres à 1 mètre de longueur^ sur 60 centimètres de largeur. On la regarde comme devant être placée au premier rang, parmi les plantes ornementales pour la pleine terre Tété* L'échange est fixée à 25 francs*

Les cultures de la ville de Paris sont divisées en douze sections :1a première comprend les plantes nouvelles livrées pour lapremière fois par l'établissement; nous venonsdeles faire connaître. La deuxième section est consacrée aux plantes rares ou nouvelles. Comme telles, nous trouvons meutionnées au catalogue : V Amaryllis proceray très-grande espèce à fleurs lilas ; le ^. Bégonia Bettina Rothschild^ à feuillage velouté rouge cramoisi en se développant, et à grandes fleurs roses ; le Canna prémices de iVice (Année), variété hybride de TArinet, plante naineà grandes fleurs rouge orange ; le FicusChauvieriiy splendide espèce nouvellement introduite par M. Rougier, horticulteur parisien , et dont les fetiilles sont larges d'un beau vert clair; elle remplacera avec avantage le Ficus elastica pour la décoration des jardins. Le Maïs japonais à feuilles rubanées, dont r Horticulteur français a parlé dans son dernier numéro, est offert, par le fleuriste de Paris en échange de 2 francs de plantes. Le Mappa fastuosa est une superbe Eupborbiacée, à larges feuilles peltées, et propre à isoler sur les pelouses. Le Pithecocteriium Aubletii est une trèsbelle Bignoniacée. Le Saurauja Sarapiquensis^ la plus belle espèce du genre, a de très-grandes feuilles teintées de violet. Enfin le Sphœnogyne cinnamomea est une des plantes les plus ornementales et les plus méritantes de serre chaude.

F. Heringq.

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REVUE DES JOURNAUX ANGUIS

BOTAMICAL MAGAZINE.

Rhododendrum Hodgsoni, Hook. (Éricacée). Cette espèce est assurément une des plus belles de THimalaya, ou elle a été découverte en 4838 par Gri£Sth dans les montagnes du Bbotan, puis retrouTée par le docteur Hooker à Test du Népaul et dans le Sikkim^ à une élévation de 3 à 4,000 mètres. Elle a fleuri à Kew dernièrement. Son feuillage est magnifique ; son tronc est recouvert d'une écorce d'un brun pâle. Ses fleurs régulièrement campanulées sont assez grandes et en inflorescence compacte ; elles sont d'un rose violacé.

Bégonia baccata, Hook. (Bégoniacée), Encore une plante introduite par G. Mann, qui a trouvé ce Bégonia à lile Saint-Thomas. Cest une robuste espèce à fleurs blanches, à feuillage grand et d'un beaa vert

Sparaxis pulcherrima, Hook. {Iridée). Cette nouvelle espèce, originaire du sud de l'Afrique, a été reçue par M. BackUouae d'York. Elle demande une terre très-riche, comme le sol où elle croît à l'état spontané. C'est une charmante plante, dont les fleurs très-grandes et d'un beau rouge vineux sont portées par des tiges s'inclinant élégamment.

Epidendrum msTrlanthum^ Lindl. {Orchidée), Parmi le vaste genre des Epidendrum, il n'existe probablement pas une autre es|)àce aussi jolie que celle-ci. Elle fut découverte récemment par M. Skinner dans les montagnes du Guatemala à une grande élévation : aussi ne léclame-t-elle pas dans nos serres beaucoup de chaleur. Ses fleurs réunies en épi long et serré sont d'un rose éclatant, du plus bel effet.

Chameranthemum. Beyrichii, Nées, variété varùgata. {AcoHthacéé). Le feuillage de ce Chameranthemum rappelle celui de la variété pa^acbée de l'Hfdrangea japonica. De belles fleurs d'un blanc rose ajoutent encore à leur eflet.

Thibaudia cordifolîa,5Kunlh, ou Praclisia, KlotzscH. (Vacciniée). M. Sateman exposa cette Vacciniée à la société d'Horticulture de Londres, en décembre dernier, sous le nom de TMàaudia oeanemiê. Mais c'est bien le T. cordifdia. Il eal origûiain des régioas in«it&gneuses des Apàes de Bogota, Mérida, Caracas, Loja et autres provinces de la Nouvelle-Grenade et de l'Equateur. Ce Thibaudia forme un arbuste

bnmchu, presque glabre^ excepié à Textrémité des braaches^ wi pétioles et aux inflorescences.

Bauhinia tomentosa> Linn. variété tomentosa mgumineuse). Le beau genre des Bauhinia est malheureusement peu cultivé. Yoioi eneore une superbe espèce, introduite à Kew par M. Manteira qui eu adressa des graines^ en 4860^ de Bembe^ dans le Bengale. Elle a fleuri en novembre dans une serre chaude. Quoique introduit du Beagale, ce Bajuhinia est originaire de Ceylan et du Malabar; mais il est cultivé dans toutes tes régions tropicales, même en Afrique.

Cest un arbuste grimpant^ mais n'atteignant que 4 à 2 mètres; il est garni de branches longues et grêles. Les feuilles sont presque orbiculaires. Les fleurs sont d'un jaune d'or pâle et tachées de rouge pourpre à la base du pétale supérieur.

Tillandsia ziphioides, Ker. (Broméliacée). Très-petite espèce, adressée à Kew par le docteur Rayner. Quoique indiquée par Ker comme native de Buénos-Ayres, elle n'est représentée dans son herbier que par des spécimens dus au docteur Gilliés qui les recueillit dans les environs de Mendoza, où elle croît abondamment sur les arbres et les rochers au pied des Cordilières. Elle est très-aimée» à cause de la délicieuse odeur de ses fleurs blanches.

Habranthusfulgens, Hook. (/lmary///rfec).Splendide Amaryl- Udée, à feuillage glaucescent, à tige haute de 30 à 40 cent., glauque, pourpre à la base; à fleurs réunies au nombre de sept, très- grandes, d'un jaune orangé brillant.

Oendrobium dix^nthum, Rchb. [Orchidée). Encore un Dendrobiwn» originaire de Moulmein ; encore une découverte de l'infatigable Rév. Parish, qui Tenvoya à M. Low de Clapton, Ses belles fleurs, d'un jaune éclatant, doivent faire entrer cette belle Orchidée dans toutes les collections.

Gladiolus papilio, Hook. (Iridée). Espèce du Cap, assez jolie et curieuse. Ses fleurs, placées horizontalement, asstz graudes, presque campanulées, à lobes réfléchis, ont le tube du périanthe pourpre intérieurement ; les lobes presque égaux sont inféi ieurement d'un pourpre pâle, jaunes dans la partie moyenne et rosés au bord.

Peristrophe lanceolaria. Nées., — Justicia lanceolaria , Roxb. — Cette acanthacée est originaire de Moulmein, où elle a été découverte, comme tant d'autsêfte^ièces, par le Rév. Parish. Elle est

très-jolie^ grâce à ses belles fleurs roses et à son feuillage d'an vert gai. Elle offre Taspect d'un Dipteracanthus.

Batemania grandlflora, Hook, — Galeotia, Rich. et Gah — Orchidée de la Nouvelle-Grenade, où elle croit à plus de 3,000 mètres d'élévation. Elle a de très-grandes fleurs^ aux couleurs un peu sombres, comme ses congénères.

Peperomia marmorata, Hook. [Piperade). Les Pipéracéet sont bien dignes d*étre cultivées, et l'on pourrait placer presque en pie« mière ligne Tespèce qui nous occupe. Elle est originaire du sud du Brésil, où elle a été découverte par M. Weir, collecteur de la société d'Horticulture de Londres. Mais on la nomma d'abord P, arifoliù^ plante fort différente de celle-ci, qui est vigoureuse, brancbue, presque dressée, glabre dans toutes ses parties. Ses feuilles sont pétiolées, opposées, ovales-cordées, presque entières, épaisses, d'un vert opaque et marbrées de bleu à la face supérieure et, au contraire, très-pâles en dessous. Les fleurs sont peu apparentes et, par conséquent, peu ornementales.

Tacsonia Van-Volxexnii, Hook. [Passiflorée). L'espèce de Tacsonia flguréedans le Botanical Magazine est, comme toutes ses congénèreSy originaire de l'Amérique du Sud. Ëllea été introduite en Belgique en 4858 et est cultivée dans un grand nombre de serres froides* car elle provient des parties tempôrées de la Nouvelle- Grenade. Ses fleurs sont très-grandes et du plus beau rouge. C'est une magnifique plante. Musseendaluteola, Delil. (Rubiacée). Petite plante rapportée du Nil Blanc, lors de l'expédition du consul Péthenck. Elle a un joli feuillage et donne en abondance des fleurs d'un beau jaune citron.

Thibaudia coronaria, Hort. Lind. {Vacciniacée). Cette Vacciniée a été importée, comme beaucoup d'autres espèces de la mème'^^lasse, par M. Bateman, qui met tous ses soins à les réunir et à les cultiver. Le r, coronaria introduit par M. Linden était vendu sous le nom de Ceratostemna. Il est probablement originaire de la Nouvelle-Grenade ou du Venezuela.

Micx'ocachrys tetragona, Hook. Ce nouveau Conifère est très-intéressant. C'est le seul qui ait des cônes colorés et ils oflir»nt une magnifique teinte rouge. Il vient de la Tasmanie, où on le rencontre au sommet de quelques montagnes. Il y forme de petits buis* sons rampants.

EXPOSITION INTERN4TI0NALE D'HORTICULTURE,

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