‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 102 sur 159 · DESTRUCTION DES FOURMIS · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES FOURMIS

L'asiaée dernière, à Guitrancourl, j'avais entrepm UQ6 gueire acharnée contre les fourmis qui avaient envahi un petit jardin d'hiver, et qui de là pénétraient dans les appartements dti château contre lequel .est appuyée la serre. I^es feuilles de Tomates préconisées par quelques auteurii^ que j'esaayai d'ahord, n'ont pas produit le moindre effet; l'ennemi se joyait au travers deslobes^ et seoiblait même se complaire au milieu de ce feuillage dont l'odeur est si désagréable. À cette époque la société de Meaux venait de publier^ dans son bulletin, un procédé de destruction aussi simple que facile à mettre en pratique. Il* s'agissait, d'après Tauteur, de répandre de la craie sur le passage des fourmis. L'animal, disait- on, porte avec lui un acide particulier, Yacide formique^ qui décompose la craie, s'empare de la chaux, et laisse dégager l'acide carbonique qui asphyxie l'animal.

J'employai donc la craie ; mais la fourmi me parail douée d^uBe certaine somme d'intelligence; elle tourna la difficulté en côtoyant Tobstacle, et quand par hasard elle s'engageait sur l'embuscade^ elle prenait ses jambes à son cou, et, MeH que ce ne soit pas une manière très*commode de courir, l'obstacle était franchi avant la formation de Tacide oarboni* que qui doit lui dos.ner la mort. Pendant six jours d'expériences et d'épreuves, je n'ai eu à relever du champ de bataille que quatre cadavres.

La fourmilière était située sur une pelouse de la cour d'entrée. Pour arriver à la serre, les fourmis avaient à travei'ser une allée de 6 mètres de largeur, et un massif d'arbustes« Voyant qu'il m'était impossible de les détruire, je tei^. ji de lei détourner en kitereeptant la ligne dans l'allée ; j 'espérais qu'elles porteraient leurs pas vers d'autres lieux. En conséquence je passais des heures à rompre la route qu'elles s'étaient tracée ;

mais en^vain. Sans boussole^ elles reprenaient et retrouvaient parfeitement la direction de la serre. Enfin un joui*, ayant an flacon d'ammoniaque à la main, et me trouyant en présence de cet ennemi indomptable, je laissai tomber quelques gouttes de cet alcali sur le passage des fourmis qui se débandèrent aussitôt et prirent la fuite follement dans toutes les directions. J'avais do^c trouvé un liquide antipathique à dames fourmis ; mais il est d'un prix trop élevé pour être proposé à la pratique. Les ouvriers étaient occupés^, au moment de ma découverte, à peindre la serre. J'expérimentai Tessence de térébenthine. J*en répandis quelques gouttes à Vendroit où les fourmis pénétraient dans la ser^e; je fus agréablement étonné de n-en voir plus entrer aucune, et celles qui arrivaient là pour sortir fuyaient avec précipitation, en rebroussant chemin. Je m'armai alors d'un pinceau trempé dans Tessence, et je le passai sur le chemin que suivaient ces ennuyeuses petites bétes. Déroute complète; mais les assiégeantes trouvèrent une autre brèche et firent de nouveau invasion. Je laisisçii la lignç s'ét^hUCi puis avec mon pinceau je recommençai mon exécution. Chaque fourmi touchée par l'essence meurt presque instantanément . Ce que voyant, je fis donner une couche d'essence de térében thine sur Içi cçiur d'appui en dehors et çn. dedans de la serre ; à partir de ce moment la gent fourmilière n'a plus reparu. L'odeur de ce liquide la fslit) fuir et le contact la tue«

Mais pour obtenir un suocès complet; il ne faut pas se con* tenter de verser une fois quelques gouttes d'essence sur le passage des fourmis; elles sont tenaces et reviennent à la charge. Il faut aussi revenir trois, quatre fois et enduira les environs des ouvertures d'entrée et de sortie. Il faut harceler l'ennemi et l'attaquer partout oîiiljse représente; c'est une affaire de temps.

F. Heringq.

Travaux du mois de Juin.

Potager. Le jardinier doit toujours penser àr&Tenir; si les légumes abondent ce mois-ci^ il n en est pas de môme dans les mois d'automne; il doit continuer ses semis de choux-fieurs^ brocolis, choux-navets, navets, radis roses et noirs^ choux à grosses côtes, de Milan^ de Bruxelles, chicorée, scarole, laitues, hari> cots, pois de Clamait, etc .

Jardin fruitier* Le pincement, Tébourgeonnàge et le palissage sont les pria* cipaux travaux du mois. Les branches nouvelles qui s'emportent trop devront être pincées; mais il faut bien se garder de les couper trop court; tous les bourgeons de la base se développeraient, et à la taille prochaine on se trouverait très-embarrassé par la présence d*une foule de faux bourgeons. On doit se contenter de pincer seulement l'extrémité, ainsi que le recommande M* Lepère, et si plusieurs bourgeons se développant au sommet faisaient confusion, on les taille en vert au-dessus du bourgeon inférieur qu'on pourra lui-même pincer si son élongalion est trop rapide. Pour Fébourgeonnement du pécher, on peut enlever sans inconvénient tous les bourgeons ^lui se trouvent sur les branches fruitières, au-dessous des fruits, et qui pourraient gêner dans le palissage ; le bourgeon terminal .qu'on peut rogner indistinctement, suffit pour appeler la sève nécessaire à la maturation des pèches*

Jardin d*aqrémeni. Les soins de propreté, placement des tuteurs, palissades des plantes grimpantes, sont à peu près ce que réclament les jardins d*agrément On plante les Dahlias, et met en place les plantes repiquées en pépinières, et pendant la belle saison, telles que Vehmia^ Ckrisanthéme frutescent, Pelarganium, Habrotamnus,

Les semis de plantes annuelles du mois dernier peuvent se continuer dans les premiers jours du mois ; mais il est trop tard pour les Reines-Marguerite et les grosses Giroflées jaunes. C'est le bon moment de semer les espèces vivaccs et bisannuelles, telles que Primevères, Ancolies, Phlox, Pieds d'Alouettes vivaces, Croix de Jérusalem, Roses Tremières, OEillet de Poètes» Campanules, Digitales, Coqueloordes, etc.

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rsrto. - Impriaerie hortfcok de E. Domato, rtte Gasielte, s

soMNAm Mss kKntiM' (mnm ^àn^ es homM.

p. HbkimcOi 6liv«taH|ii0« — LotBssc, les AiiHeiiIe« (PI; VII) ; eoiisidérations sur lent evUore.' — F. Hcrimcq, Plantes neiivelles da ffenrisie de la Tflle Jt Pari». -^ A. m- Talou, Refue des J«arn«as «nglaia. — Ebnbst Baltkt, Compte-remla de TBiposi-' tio« de Londres. — Ukn Sisibt, le MmMm Japonais robané. ^ Rooiff, li Tannéo et le Ter Mane. — Ysabbau, Bnlletln blbllegrapliiqao. — Clos, les haies de — Trarant da mois de juillet.

CHRONIQUE

Opinion de M. Ed. Morren sur les sociétés d'horticulture; la nôtre. Décadence de certaines sociétés; médaille de découragement.* Nouvelle Société de Troyes. Programme des Expositions anglaises; sévérité d'exécution. Expositions et Exposants en France. Un rapport sévère et impartial d'une société sur un livre d'horticulture ; chose rare. Exposition et congrès de rosiérisles à Brie -^Comte-Robert. Expositions diverses et congrès pomologiquo Exposition internationale à Saint-Pétersbourg; lettre de M. Kcgel à ce sujet. Union sympaihiquc.

Notre confrère de laBelgique^ M. Edouard Morren^ déclarait dernièrement, dans un article spirituel, que les Sociétés d'Iiorliculture marchaient à la remorque du progrès att lieu de Texciter, et qu'elles entraient dans une voie de décadence par la force, ou mieux par la faiblesse de leurs règlements^ fous calqués les uns sur les autres ou à peu près.

L'Horticulteur français a souvent soutenu cette thèse, qui a soulevé bien des tempêtes ; aujourd'hui, si nous ne craignions défaire des personnalités, nous pourrions citer plusieurs grands établissements qui, a^-ant eu maille à partir avec le^) sociétés, se sont séparés d'elles, et ont continué de prospérer, tandis que les Sociétés ont décliné, par suite de « leurs excès provoqués, w comme dirait le lion amoureux de M, Ponsard. Ici, en effet, à cause des passe-droits aux expositions ; là, parce que le Président ne plaît pas à l'autorité locale; plus loin [lour des élections faussées, soumises à la justice; ailleurs pour

Juillet 1866. 13

des notices envoyées pour les bulletins et non imprimées, ou bien pour des procès-verbaux altérés, des statuts violés , des comités supprimés ; dans quelques cercles môme ou flétrit les praticiens.

C'est la conséquence forcée de cette admission de gens étrangers au jardinage^ ainsi que nous le faisions remarquer dans une de nos précédentes chroniques. Chacun peut d'ailleurs s'assurer que les pays les plus renommés pour l'horticulture ne possèdent pas, en général, les sociétés les plus brillantes. • Noire expérience attentive de ce qui se passe, — dit M. Edouard Morren, — nous a montré que les amateurs d'horticulture, au lieu de se multiplier autour des sociétés, diminuent. Si de temps en temps il surgit de nouveaux adeptes, ce

n'est pas aux sor.iétés à se glorifier de les avoir provoqués

Les médailles sont devenues non des prix^ mais des jetons de présence. » (1 aurait pu ajouter et souvent des médailles de découragement. Aussi que deviennent les expositions? Nous en avons vu deux cette année aux environs de Paris. A l'une, c'était un vaste local à peu près vide; à l'autre, charmant coup d'oeil, fleurs a profusion, mais vulgarités non étiquetées, ou bien mal nommées, et des noms cruellement estropiés ; partout néanmoins des médailles d'honneur distribuées. Ajoutons bien vite qu'ici les grands établissements et les vrais amateurs s'étaient abstenus; il n'y avait que des chasseurs de médailles, qui ont dû être contents et satisfaits. Mais que de railleries de la part des visiteurs à l'adresse du Jury et de la Société! C'est ainsi que s'écroulent les meilleurs institutions ; elles se battent elles-mêmes en brèche.

Il né faut pas croire que nous nous refusons à l'évidence. Non ! chaque fois que nous nous trouvons en présence d'un progrès réel, d'une institution sérieuse, utile, nous le reconnaissons, nous applaudissons. Maintes fois nous avons parlé de la Société du Havre si habilement conduite par le docteur Lefébure, et

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qui marche de succès eu succès. Aujourd'hui nous voyons poindre la Société horticole vigneronne et foresti'ére^ créée à Troyesrannée dernière et qui compte déjà près de 500 membres titulaires et un nombre plus considérable de membres auditeurs. Il y a dans ses statuts des idées neuves qui certainement porteront fruits et qui nous font applaudir. Sans éloigner les amateurs, elle les admet dans une certaine proportion, et encore ce sont des amateurs sérieux. Dans son conseil d'administration nous trouvons inscrits les principaux horticulteurs du pays, les professeurs du cours départemental d'arboriculture, des propriétaires, d'honorables fonctionnaires, des pnblicistes agricoles, et comme Président, M. Argence, maire de Troyes, que nous avons vu à Tœuvre en 1860, dirigeant la grande Exposition industrielle et horticole sans le concours des sociétés locales. Le Président de cette nouvelle Société est élu pour deux ans, et n*est pas rééligible après ses deux années d'exercice. Cette innovation a Timmense avantage de ne point livrer les intérêts des sociétaires toujours à une même coterie; toutes les coteries peuvent ainsi parvenir au pouvoir les unes après les autres. Car, il faut bien avoir le courage de dire la vérité, dans presque toutes les Sociétés^ tout n'esi que coteries, et c'est ce qui les tue.

La nouvelle Société troyenne a essayé ses forces à PEx position d'Auxerre ; la première médaille d'or de la ville a couronné ses efforts. Elle prépare maintenant, pour célébrer la Saint- Fiacre, une grande. Exposition qui sera horticole, vilicole et forestière. Les récompenses consisteront en médailles, en objets scientiBques ou artistiques. Nous espérons bien que les livres seront compris au programme de récompenses , à moins que l'on ne prenne modèle sur l'Angleterre qui décerne des primes en numéraire. Nous l'engageons, en tous cas, à imiter les sociétés anglaises pour Texécution du programme de concours. Les Anglais sont très-sévères, et ils ont parfaitement raison. Ainsi,

dans un concours pour 25 plantes quelconques, on met îropitoyablement hors du concours tout exposant qui en a 26 dans son lot. Un de nos amis a vu ainsi refuser deux lots à la dernière Exposition de Londres, parce qu'il y avait une plante en plus que le nombre porté au programme^ et ces deux lots étaient les plus beaux des concours; le jury n'a pas pu obtenir que les exposants retirassent une plante, pour les faire rentrer dans la lettre du programme. La Commission a refusé d'accéder à sa demande :*les exposants savaient^ a-t-elle dit, qu'il ne fallait que tant d'espèces, tant pis pour eux.

Nous comprenons cette sévérité, et nous engageons les sociétés de France à en agir ainsi. Elles auraient alors des concours sérieux^ et le public ne verrait plus des lots couronnés composés d'un tas de plantes insignifiantes qui sont là pour faire masse, et au milieu desquelles se trouvent perdues les quelques plantes méritantes qui ont été primées. Si nous avions voix au chapitre, nous ferions ajouter au programme d'Exposition : t toutes les plantes devront être nommées, et parfaitement étiquetées ; tout lot qui aura une plante non étiquetée, ou un nom mal écrit, sera mis hors concours. » Il est probable que cette rigueur éloignerait les neuf dixièmes des exposants actuels , mais au moins on aurait des Expositions sérieuses. On ne récompenserait que le vrai mérite, au lieu de rëcompenser, comme aujourd'hui, le premier venu qui va faire emplette d'une vingtaine de pots de fleurs au marché, ou un jardinier ignorant qui cultive tant bien que mal des Général hiomme, et qui trouve inutile d'étudier la nomenclature ou de chercher à se perfectionner dans l'art complexe du jardinage, puisqu'on le récompense dans son ignorance, comme son voisin garçon studieux et instruit, cultivateur et collectionneur habile.

Si l'horticulture en France fait si peu de progrès, quoique hérissée de sociétés horticoles, c'^est précisément^ parce qu'on

récompense de uiéme et le savoir et Figuoranee. Puisque rhomme nul peut obtenir une médaille d'honneur aussi bien que rhomme instruit, il se dit qu'il n'est pas besoin de se donner la peine de travailler. Avec ses nombreuses médailles, il trompe le propriétaire confiant qui croit avoir un jardinier capable; car une médaille atteste la capacité. C'est ninsi que les sociétés aident à tromper les amateurs, et qu'elles finissent par perdre leur autorité.

Noire pessimisme ne va pas cependant jusqu'à décerner la même médaille à toutes les sociétés. II en est qui rendent de réels services. Non loin de la Champagne, à Autun, la Société d'^horticulture présidée par un homme zélé, praticien habile, M. le marquis de Saint-Innocent, marche comme celle du Havre dans le bon et droit chemin. Elle encourage, comme sa sœur de Troyes, les producteurs qui approvisionnent les marchés ; associe les instituteurs à son œuvre ; établit des concours sur place et de spécialités. — Un de ses vice-présidents^ botaniste distingué, consacre 15 pages, dans le dernier bulletin, à l'examen delà nouvelle édition du livre de la maison Vilmorin. On voit que ce livre a été lu avec soin ; la critique est concise, sévère, mais impartiale. Ce n'est pas nous qui nous permettrions de critiquer aussi sévèrement les collaborateurs de l'œuvre, ceux qui ont présidé ou coopéré à l'arrangement général, à la classification, et aux descriptions des Flevrs de pleine terre! Cette indépendance de caractère — chose rare — me plaît ; et j'aimerais à la retrouver chez tous les membres des sociétés chargés de l'examen des ouvrages^ qui viennent demander là quelques pages de réclame, qu'on accorde même au charlatanisme.

Nous pourrions signaler encore quelques modestes sociétés de province présidées par des hommes intelligents, actifs et dévoués, et qui pourraient servir de modèles à d'autres plus grandes ; mais je craindrais de me brouiller avec un trop grand nombre de braves et honnêtes gens.

Cependant, parmi ces quelques hommes quf méritent bien de riiorliculture, nous ne pouvons nous empé^or ide décerner une grande médaille d'honneur à M. Camille Bernardin, qui mène de front les Sociétés de Coulomraiers, Melun et Fontainebleau, el qui vient encore.de fonder la Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert. C'est pour les 8 el 9 juillet TExposilion et le Congrès international de Roses. Nous connaissons toute Tardeur de M. Bernardin ; nous avons vu les rosiéristes de Brie à l'œuvre en 1865; nous pouvons donc prédire un succès au fondateur de celte nouvelle Société. Nous nous permettrons cependant une observation : Tannée dernière la nomenclature des exposants n'était pas sans reproche • Si les cultivateurs de la Brie veulent acquérir de la renommée, il faut qu'ils veillent bien, cette année, à l'étiquetage de leurs Roses; clest une chose très-importante dans une Exposition de ce genre.

La Société d'horticulture de Caen annonce*aussi une Exposition pour le 13 juillet. Du 12 au 16 août aura lieu celle d'Orléans ; Valognes dispose la sienne pour le 16 du même mois.

Pendant le mois de septembre les portes du temple de Flore et Pomone seront ouvertes : le 6 à Bordeaux; du 2 au 10 à Rozoy-en-Brie ; du 8 au 12 à Coulommiers ; du 14 au 25 à Angers ; du 1 5 au 1 7 à Bourg ,* du 15 au 20 à Melun ; du 28 au 3 octobre à Paris ; et enfin du 5 au 7 octobre au Mans.

Deux Congrès poinologi(jues se réuniront à peu près à la même époque. Le Congrès pomologique, dit de France, tiendra ses séances pondant l'exposition de Melun, et la Société d'Angers tiendra son premier congi^ès des pomologistes de l'Ouest de la France, du 14 au 25 septembre en même temps que celui de Melun.

On trouvera, page 213, un aperçu de l'intéressante el sur-

prenante Exposition de Londres, par notre collègue Ernest Baltet. Nous croyons devoir nous dispenser de rendre compte des Expositions de Versailles et Saint-Germain ; il n'y avait aucune collection intéressante, horticulturalemant parlant ; les grands établissements et les vrais amateurs s'étaient abstenus. I^ Société d'horticulture de Saint-Pétersbourg prépare une grande solennité horticole, à l'instar de celle de Londres, pour le jour de la Pentecôte de 1868, et, placée sous le patronage de S. A. I. le grand-duc Nicolas. M. le professeur Regel, prési^ dent du Comité organisateur, vient d'adresser une lettre circulaire à tous les grands horticulteurs d'Europe, pour leur demander a quelles sont les meilleures mesures que la Société russe doit prendre pour faciliter le transport des envois, le voyage des exposants et des membres du jury, et quels sont les objets qui doivent de préférence figurer dans le programme de l'Exposition. » Nous applaudissons à cette aimable condescendance de Téminent professeur de Saint-Pétersbourg. Si tous les organisateurs d'Expositions d'horticulture agissaient ainsi, ces expositions internationales ne pourraient que gagner. Nous espérons que nos compatriotes répondront avec empressement à la lettre du savant rédacteur du Garten- Flçraj qui se montre si désireux de concourir à l'affermissement de cette union sympathique, entre tous les horticulteurs d'Europe, commencée à l'Exposition universelle de Mayence, sous les auspices du zélé et dévoué président de la Société d'horticulture, M. Ant. Humann, et dont les hens se sont successivement resserrés à Bruxelles, Namur, Amsterdam, Erfurt et Londres. Une telle union ne peut que contribuer au progrès de l'horliculture, et c'est le but que l'Horticulteur français a toujours eu en vue.

F. Heringq.

LES AURICULES (Pl. VH).

Les Auricules sont de charmantes plantes de colleclion qui excitent, chez les Anglais, autant d'enthousiasme que les Tulipes chez les Hollandais. En France, elles sont peu cultivées ; quelques amateurs seulement s'en occupent sérieusement. On pré* tend que la culture en est très-difficile ; de là l'abandon dans lequel nous les trouvons. C'est une erreur. M. Louesse, ancien associé de la maison Bossin et G*, grainier, quai de la Mégisserie t 2 (actuellement Fontaine et Duflot), s'est passionné, dès son plus jeune âge, pour ces plantes, qui ont pour type le Primula auriculay espèce à fleurs jaunes, originaire des Alpes.

Il consacre maintenant une partie de ses loisirs à ses plantes de prédilection, et les résultats qu'il obtient démentent les assertions des adversaires des Auricules. Les variétés que nous figurons dans ce numéro proviennent de sa riche colleclion? et nous lui devons les renseignements précieux de Culture qui suivent.

Considérations sur la culture des Auricules.

La division et le classement des Auricules, tels que j'ai présenté mes plantes à la Société d'horticulture et tels que je les trouve dans certains ouvrages, sont ainsi établis :

1* Les Françaises f dites pures ;

2** Les Liégeoises f ou ombrées ; , 5^ Les Anglaises, ou poudrées;

4** Les Anglaises unicolores et les panachées.

Il en existe une séfie de doubles que je ne cultive pas.

Les plus belles, suivant moi, sont les Auricules omWéeSy dont le nombre est le plus grand ; et pour nous, Français, ce sem

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toujours cette catégorie qui sera préférée. Il y a des coloris si fmid, si bien {ondus, les reflets sont si iransparefnts, si chatoyants, que le peintre le plus habile les reproduit difficilement.

Les Avricules poudrées anglaises sont excessivement curieuses. On les recherche beaucoup parôe qu'elles sont rares* J'aime moins les Avricules anglaises unicolores que les pures. Les premières ont pour caractères distinctifs des nuances som* bres comme café, cannelle, olive, brun, acajou, etc., jusqu'à la couleur noire. Parmi ces dernières, il y en a qui, avec leur eoulenr aoire, ont un œil blanc arrondi ou en étoile, ce qui e^ d'un effet charmant et distingué.

VAuricule n'est pas d'une culture aussi difficile qu'<m le prétend généralement; ce qu'elle craint, c'est plutôt Thumidité que la sécheresse. Partant de ce principe, il faut donc ta ga* rantir des grandes pluies du printemps et surtout dé l'automne. C'est par des abris qu'on y parvient. Je me sers, pour cela, de châssis recouverts de leurs panneaux, mais qui sont soulevés tout le temps , sauf pédant les fortes gelées et les neiges.

Tons les détails que je vais donner sont ceux de la culture que j'ai mise en pratique ; car, lorsque j'ai entrepris de cultiver cette plante, que j'aime beaucoup, je n'avais d'autre guide que le Bon Jardinier

On a négligé depuis déjà si longtemps cette jolie plante, que Ve$t presque un devoir delà réhabiliter et delà faire apprécier des personnes qui la connaissent imparfaitement. C'est en aillant dans le jardin du célèbre peintre de fleurs, Vanda^U inipasse des Feuillantines, que j'ai appris à connaître l'im* cule.

Les variétés qu'il cultivait et qu'il a si bien reproduites dans •ses trop rares tableaux, étaient surtout les poudrées ou anglaises. Qu'on me pardonne cette petite digression ; elle me rappelle de si agréables souvenirs, en me reportant au temps où

j'ai commencé à aimer les fleurs et surtout les Auricules!

De VExposition. Uue chose «à laquelle j'attache une grande importance, c'est Texposition à donner aux Auricules. Je me sais toujours bien trouvé de les changer de place suivant la température et les saisons. Il faut leur donner beaucoup d'air et ne pas les placer trop près des murs ni sous les arbres. Ce qu'il faut, c*esl les abriter du grand soleil qui ne doit les frapper ni directement ni trop longtemps, surtout quand elles sont en fleurs; le mieux, lorsqu'elles sont fleuries, est de les garantir entièrement du soleil, ainsi qu'on le fait pour les Tulipes; pour cela il y a quantité de moyens qu'il est inutile d'indiquer.

Voici comment je procède pour tous ces changements :

Au printemps, je place mes Auricules de façon qu'elles reçoivent le soleil le matin jusqu'à dix heures ; c'est au nord et au levant.

L'été elles restent au couchant ou au nord.

Pour l'hiver; je les place sous un châssis; il n'y a pas à craindre que les plantes reçoivent un peu de soleil quand il parait à de rares intervalles, dans cette saison, cela ressuie et fortifie les plantes. Ce n'est qu'au printemps et lorsque lesolâl prend plus de force, qu'il faut mettre une claie ou des toiles claires sur le châssis, pour garantir les Auricules contre l'action trop directe des rayons solaires , et c'est surtout lorsqu'on aperçoit le cœur où se trouve la hampe qui veut sortir, qu'il faut prendre ces précautions.

C'est vers le 15 avril que les plantes fleurissent. On peut, si on le désire, placer alors les Auricules dans une serre abritée et sur des gradins pour jouir du coup d'œil et admirer les fleurs plus ou moins splendides qu'on aura obtenues si on procède par semis. C'est là le moment le plus agréable pour ramateor qui doit choisir et classer ses plantes. Il est rare qu'on obtienne plus d'un cinquième de plantes d'élite ou qui soient dignes de figurer

dans une collection d'amateur, même avec les graines recollées SOT les meilleures variétés.

A Taulomne et lorsque je crains. les pluies continues, je reporte mes Auricules au levant jusqu'au moment de les rentrer sous le châssis. Sons oe chàssîs j'arrose peu mes plantes et seu* lement quand je m'aperçois qu'elles vont faner^ce qu'on reconnaît facilement aux feuilles qui deviennent mollasses ; -il fant mettre peu d'eau à la fois et jamais noyer la plante, si ce n'est pendant les grandes chaleurs de Tété, et encore faut-il le faire avec discernement et dans les cas extrêmes. R^le générale : il faut arroser modérément les Auricules^ qui réclament plutôt un milieu sec que trop humide.

Les plantes qu'on cultive sur des gradins élevés au-dessus du sol à Tair libre, s'accommodent parfaitement de ce genre de culture, qui semble se rapprocher de leur habitat j les Alpes, où l'air est vif.

Des arrosemerUs. ^ J'arrose avec de l'eau de pluie, autant que faire se peut, on avec de Feau de fontaine qui a séjourné au moins une nuit à l'air libre, ou dans la serre si c'est en hiver.

J'ai essayé trois fois d'arroser dans l'année avec de Teau dans laquelle j'avais délayé dé la bouse de vache ; je m'en suis bien trouvé.

Soins de culture. — Je n'ai pas essayé la culture en pleine terre, je ne puis rien en dire ; toutes mes plantes sont en pot.

Je crois même que je réussirais mal dans mon terrain qui est trop hnmide en hiver et trop brûlant en été. Cependant on pourrait agir en conséquence, mais ce serait trop de besogne pour moi, qui tiens à restreindre autant que possible ma col* lection«

Jusqu'5 ce jour j'ai multiplié mes plantes par. semis. Je trouve que pour un amateur c'est un plus grand plaisir ; on a au moins la surprise et la satisfaction d'une variété nouvelle,

ce qui n*a pas lieu lorsqu'on conn^itt à l'avanGe la plante qu'où SI sous hi main. C'est, du reste, la considération qui m'a toujours servi de guide dans les différents genres de culture que j'ai eutrepris. Il est bon de ne devoir qu'à ses soins et à son travail les succès qu'on est presque toujours sûr d'obtenir lorsqu'on se voue à la culture d'une plante, quelle qu'elle soit*

Voir.i comment j*oi)ère pour les semis : Vers la lin de juillet, c'est-à-dire peu après la récolla des graines, je sème eu terrines ou caisses plaies i emplies de terre de bruyère pure et tamisée ; la graine est très- peu recouverte.

Les terrines sont placées à l'ombre sous un châssis an en serre couverte. Les arrosements sont faits avec un arrosoir à pomme fine et de façon à ne pas déranger les graines ; bas^nages légers, quelquefois deux fois dans la journée ». le oas l'exige, car la lerre doit être tenue constamment fraîche.

Au pi*iniemps suivant je repique mes petites plantes dans d'autres terrines remplies de la même terre ; elles doivent être assez espacées pour ne pas se gêner jusqu'à l'automne (septembre), époque à laquelle je les repique eu petits godetsT de 9 centimètres, un seul pied dans chaque pot. Jfe les mets si l'ombre. Au moment des pluies je les rentre sous leu châssis pour les faire hiverner jusqu'au printemps. Cette fois les pots sont remplis d'un mélange moitié terreau de feuilles et moitié terre de bruyère. Lorsque mes plantes sont assez fortes, et vers la Un de l'été suivant, je les rempote à nouveau dans des godets plus grands (11 centimètres).. A cette époque il arrive souvent que plusieurs pieds montrent leurs fleurs ; il ne faut pas tenir compte de cette floraison qui est trop incomplète pour permettre déjuger du mérite d'une variété qui n'est dans sa beauté qu'à la floraison du printemps suivant. C'est alors seulement que toutes les plantes fleurissent. On fait un choix des variétés les plus méritantes pour former le noyau de la

oollection qu^on veut composer. Geltte coUectionaucaâ'aur têxkt plus de valeur, que le choix aura été fait avec rigueur el d'après les règles posées par les vrais amateurs^ règles qu'on peut bien ne pas suivre toujours à la lettre^ mais desquelles on uMloit cependant pas trop s'écarter, sous peine de passer pour un mauvais juge et de manquer de goût ; ceci est unu affaire personnelle qui ne regarde que TamateurpUis ou moins délicat et passionné..

Après la première floraison et l'élimination des plantes ihférieures qui sont, comme je l'ai dit^ 4/5 au moins, el que je supprime momentanément en les plaçant à part, il est rare que je ne retrouve pas, dans ce rebui, quelques plantes qui, jugées de prime abord inférieures, sont devenues des variétés de premier choix, comme il arrive aussi que dans celles choisies comme les plua belles, il n^ en a à faire redescendre paimi cellei^ à supprimer.

Je n'indique pas les conditions d'une Aurîcule à conserver, c'est indiqué dans tous les livres qui traitent de cette plante.

Après la récolte des graines sur les plantes conservées el pour ne pas leur nuire, je donne encore un rempotage dans de plus grapds godets (13 à 14 centimètres). Cette fois il faut une terre plus consistante :

4/3 terre de bruyère ;

1/3 terreau de feuilles;

1/3 terre franche ou. terre de route. *

Pour cette dernière, il faut qu'elle ait séjourné un certain temps en tas ; passée ensuite au crible, elle est très-bonne pour cette culture.

A ce compost on ajoute : détritus de bois pourri qu'on trouve dans les saules ou les vieux châtaigniers (nous avons beaucoup de ce dernier chez nous) ; plus, un peu de charbon de bois pilé.

Cette terre doit reposer sur un bon drainage élabii au fond

du pol avec des escarbilles, c^esUà-dire avec des résidas da charbon de terre qui a été brûlé.

Ce moyen, que j'emploie seulement depuis quelques années, me réussit bien; avant, j'employais de vieux tessons, de gros gravier, etc. •

Enfin, pour terminer avec les rempotages, j'ajouterai que mes vieilles plantes sont cultivées en pots de 16 centimètres, dans lesquels je les laisse trois ans sans y loucher. C'est seulement lorsque les tiges sont trop nombreuses que je les'sépare pour les rajeunir et les multiplier. Je les remets alors dans des pots de 1 3 centimètres, sauf à les rempoter plus tard dans ceux de 16. Les pots trop grands ne valent rien, parce qu'ils entretiennent trop l'humidiléé

Je crois inutile d ajouter que les plantes doivent être tenues dans un état de propreté complet. Biner souvent la terre; ôter les mauvaises herbes qui croissent dans les pots ; détacher les feuilles pourries et celles qui jaunissent, tels sont les soins indispensables dans cette culture.

Il est essentiel de placer les pots sur des tuiles ou des ardoises pour que les vers ou lombrics ne puissent pénétrer dans rintérieur, ce qui est un grand inconvénient.

LOUBSSE .

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