DES HAIES DE BAMBUSA NIGRA
Les Bambous sont des plantes originaires ^ les unes de l'Asie, les autres d'Amérique, et dont plusieurs espèces supportent à merveille, en plein air et sans abri, l'action de nos climats.
Après que quelques voyageurs eurent fait connaître les nombreux ouvrages auxquels les Chinois appliquent le Bambou roseau {Bambusa arundinacea (1), on n'hésita pas à conseiller la culture dans nos climats de cette plante mi-partie herbacée el arborescente. Nous n'avons pas à nous prononcer sur les diverses chances qu'elle peut offrir en Provence ; maïs on sait avec certitude qu'il ne faut pas songer à Tadriiettre dans le pays Toulousain (2).
Il en est autrement du Bambou noir {Bambusa nigra Lodd.). Un fait que Ton peut constater au Jardin des Plantes de Toulouse démontre le haut degré de rusticité et de tendance à se propager par drageons de cette espèce.
Deux pieds de Bambou noir, placés dans une plate-bande autour de l'École de Botanique , se sont d'abord développés jusqu'à former deux touffes énormes. Près d'elle est une haie de Laurier-cerise , que l'effet de l'âge a dégarnie par place. Or, les drageons du Bambou sont venus en grand nombre combler les vides ; et, comme ceMe Graminée conserve ses
(1) On lira avec inlérêt une très-iotéressante notice sur ce sujet, publiée dans le Moniteur du 24 novembre 1853, par M. Verdief- Latour, alors cbanooïMr de la légation de France en Chine.
Voici i'éoumération des principaux objets ^ue le Bambou Beii à faire : coqduiies d'eau et vases de toutes sortes pour puiser ce liquide; ustensiles de cuisii^e^ mesures de capacité, tuyaux de pipe^ toitures de maison et cases d*été; garnitures extérieures de bateaux, cadres de lits, nattes à rintérieur des appartements, chariots à bras, maocbes des instruments aratoires, U^LeuiU <â cliaîses; instruments de musique, grande chapeaux^ parapluies &l parasols. « JJ D*e8t pas, dit M. Verdier-Lalour, de Chinois, si pauvre qulL soit, qui ne possède son éventail, son chapeau et son parapluie de bambou-, » et plM bss : « Manille est plutôt un amas de bambous qu'une cité, dans le sens que nous lui attachons en Europe. »
(2) On avait espéré aussi pouvoir cultiver la Canne à sucre à Montpellier. Notre collègue, le Dr Planchon a prouvé que cette idée n'était qu^illusion.
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leiûUes toute l'année» elle pourrait être utilisée à la lormation des haies.
Une des espèees de ce genre appelée par Biume Bambtisa spinosa, en raison de^ épines que portent ses tiges, serait éminemment propre à la création de haies défensives.
Toutefoisril ne faut pas oublier, comme Ta très-bien rappelé M. Hardy, que les Bambous exigent, pour se développer avec vigueur, une terre riche et profonde ; peut-être aussi le grand développement, la tendaoce à l'en vahissement qu'ont pxisJes deux pieds signalées, sont-ils dus au voisinage d'une rig(^ d'arrosemeut.
Dans le n° de janvier 1866 de la Société impériale d' acclimatation (pag. 36), M. Joseph Lafosse attirait Tattention sur rintérêt que peut présenter, dans notre pays^ la culture du Bambusa mitû (Bambou Montigny), également d'origine chinoise^ et qui a réussi sur un grand nombre de points éloignés de la France , notamment à Marseille, à Toulon et à Paris (1).
On signale encore comme une des plus.bclles espèces le Bambou doré (fiam6u$a aureajf remarquable à la fois par sa rusticité et par la vigueur de sa végétation.
Sous le nom de Bambusa Fortunei foliis albo-vittatis, on
(1 ; Nous trouvons dans le numéro de mai 1 866 du Bulletin de la Société d*açcli' motion^ à la page 3125, la noie suivante au sujet de .ce Bambou soi-disant comes- Uble. — F> H.
M. Maumenet, de Nîmes, écrit cour donner des renseignemenls sur la cullure de Bambusa mitis ou de Montigny : a Répondant à Tappel de M. Joseph Lafoise, je dirai que, depuis le prinlempf de 4 ^t, je eultivo le Bambnsa mitis ou Montiguy^ reçu è celle époque de M. Hardy. 11 est cbei moi en sod airgiUH&alcaire peu profond. C'est un végétal toujours veçt su p port ajal parfaitement une. température de 6 à 8 degrés au-dessous Je zéro, et souffrant peu de la sécheresse de Tété ici. Ses tiges ue dépassent pas 4 mètres en hauteur et 3 centimètre». en diamètre & k base; mais elles sont extrêmement rigides, sèche» et fort dures à couper, même vertçi. Lefl plut jeuoea pousMs. «oat. d«jà d'uua lolhi^'CMiaislaDM que je ne comprends pas qu'on en puisse faire un usage quelconque pour Talimeoiation. Au résumé, le Bambou Muotigny ne me paraît pas mériter la qualification de grande espèce que lui donne M. Joseph Lafosse, et, bien que rustique et se multipliant avec facilité par ses tiges souterraines munies de pousses à chaque nœud, et qui tracent à plus d'un mètre de la touffe, son utilité chez nous ne peut être que très-limitée.
cultive une très-jolie petite espèce de pleine terre à feuilles rubanées vert et argent. D' D. Clos.
{Ann. soc. 4*^^or^' ^ '^ Girvndé).
Travaux du mois de Juillet*
' Jardin Potager. On coailnue, pour les couches, les opérations du mois précédent; on veille sur les Melons^ les Patates et les Aubergines qui les couvreiit.
En pleine terre, on sème Poireaux, Ciboule, Chicorée de Meaux, Scarole et Choux-fleur; on met en place ceux qu*on a semés le mois dernier. On peut encore semer des Navets, Raiponces^ en mêlant des Radis, des Carottes demi-longues pour rhiver, et^ à la fin du mois^ de la Chicorée blanche, de TOignon blanc pour être repiqué en octobre, et de la Scorsonère. pour passer l'hiver ; on met en place le Céleri turc, et on en botte tous les quinze jours pour en avoir toujours de bon à être consommé; c*estle meilleur temps pour l'a'^rachagé des Ëlchalottes et l'Ail.
Jardin fruitier. Il faut visiter fréquemment les espaliers; palisser, éboorgeonner, découvrir, sans trop les dégarnir, les fruits dont on veut avancer la maturation; veiller avec attention à maintenir l'équilibre des arbres, arquer ou pincer les branches vigoureuses; dépalisser et dresser les faibles. Regarnir les vides des espaliers ou des quenouilles, par le procédé de la greffe par approche des rameaux herbacés. Dans les journées très-chaudes arroser les pieds des arbree nouvellement plantés, surtout les Pêchers, et seringuer les feuilles.
Vers la fin du mois on greffe en écusson, à œil dormant, les Cerisiers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers, etc., dont la sève s'arrête de bonne heure; et à œilpouslant tous les arbres dont la végétation se prolonge jusqu'aux gelées.
Jardin ^agrément. Arroser, palisser, élaguer, mettre en place les plantes d'automne, ébourgeonner les Dahlias, relever et mettre sur les tablettes, dans an endroit sain et aéré, les bulbes ou griffes de Jonquilles, Narcisses, Jacinthes, Tulipes, Renoncules. Anémones, etc., aussitôt que les feuilles ou hampes seront desséchées; marcotter les Œillets, semer les Cinéraires et les Lupins.
Serres. Les plantes restées en serre ne demandent plus que des arrosementi« éi r«ir et u&peu d'ombre quand le soleil est trop ardent.
Parti. - laprimerie bortlrolf &e E. Pmoiav», ni« Ctttette .
SOHIIAIIUI DES âRTiaES GONTINOS DAIIS CK NUHtRO.
F. HniNGo, Chrottl^Be. — F. HeRWca, PaBdantis utllto tip. Usticktu (PI. VIII): -* 0. LiscuTiR, rema eritiqne de» PteMles ii*«iv«11m. — F. Hcunco, Pr*«iietl*B «e T«rlété« par le boatiirage ; Obsêrration» sur les plantes à feaillage coloré. — F. Hb- Biacft, dinx cas donteax d'hylirldlté. - Hdppmàiw» cfoltore forcée du Mm^Uéi en AUemagDe. — F. HERlNca, le» ▼•yasettni eolleetears de rhorticnltnre î François- André Michaiiz (snitê). - Bulletin Iblftll^sraphl^ae : tlimentt U Mamqne par M. Doehartre. — F. Hibiiicû, Pète «•■ RM«i et congrès des rosiéristes à Bcie-Comto- Roberu -«£llif«BoNARD| Rostleité da PelMelanA «lUIevtl. — Trayaax da mois d'août.
CHRONIQUE
Maladies des tilleuls à Paris; FMe des fleurs du 30 août au pré Gatetan; Accident au jardiu de la Muette, blessure de M.' Barillet ; Décoration du 45 août; Rectification du sujet du congrès pomologique d'Angers ; Lettre sur la nomenclature latine des légumes; Un jardinier botaniste et Torthographe de ses noms latins; Nomenclature nationale^ son avantage; Ce que doivent faire les botanistes, dans l'intérêt de la science.
Nous voici au mois d'août, et Paris est encore resplendissant de verdure ; tous les arbres ont conservé jusqu'à ce jour leur vert feuillage. Aussi, les Parisiens qui ne peuvent se donner le plaisir de la villégiature, pour raisons diverses, ne se sentent plus de joie. Des feuilles aux arbres au commencement du mois d'août ! disent-ils, tout surpris ; il faut que le climat parisien ait subi une modification bien profonde ! Et pour s'assurer que ce n'est pas un rêve ; que ces feuilles sont bien de vraies feuilles, et non des feuilles artificielles dues à la bienveillante sollicitude de Tadministration municipale, chacun de se livrer à l'étude microscopique de ces organes foliacés qui. garnissent encore les arbres des promenades pu» bliques.
Cet état d'ébahissement des enfants de Lutèce, à la vue des feuilles au mois d'août, étonnera certainement les fils de Cérès
Août 4866. 45
gui jouissent, eux, jusqu'au mois d'octobre, de la yerdoyante parure .
p(as pâ,ies peu]}lierS|^ Iqs siçurs de Phaéton ; D« râuK tmeiil Bmcm^ <k ch4t6^ Piû]4ittOBi^
eoffitt^cki^Déiiïte. 11» ne eofBprendfoat pas, ees kesTM^ Itofattante deft cbaxo^pom^quioi ocdijftajrenxeiU les arb^e^ de Pack, et tout particulièrement le vietico Htteul Bauçis^ sont dépouillés de leur feuillage léger au mois de juillet, quand partout, autour d'eux, les arbres le conservent jusqu'aux approches des frimas. Le Parisien, il est vrai, ne comprend pas davantage ce phénomène de dénudeooent prématuré des arbres de ses promenades, et il ne cherche pas à le comprendre dans kietamtedeseperdKide s^ la nuit (ies systëfloda. Q eooAn^ ayeo bonheur son vert feufflage^ et attend du savairtrécfattr- 6iMeia»^da mystèse;' o'est de la sagesse an ptemiei; degré. Pùtxî m pdfi» trom{)er son attente, mv^ devoite «kmc^ tmts savants, prendre un instant en main le flambeau àe la science^ pQUi: réclaîrer sur les causes qui déterminent la chute intempestive dâs £euilles sous le climat de Paris.
On a d'abord attribué ce phénomène au mauvais sol, puis à la sécheresse delaterre^ puis encore à Tair vicié de la capitale. Maia les feuilles desséchées restent attachées aux arbres par le pétiole toujours vert ; ce n'est donc pas par défaut de nourritm^e que lea feuilles se flétrissent.
Legcandsecretvientd'ètre dévoilé par un entomologiste, ft bidécouvert sous les feuilles des tilleuls principalement affectj^ft, des légions de petits Acarus qui sucent, au travers de Tépôdermej, le suc végétal contenu dans les cellules du parenchyme remplissant Tintervalle des nervures, et causent ainsi la mort de cette partie de la feuille, qui conserve sa vitalité dan» le pétille Qt leanefvores. En examinant lés feuilles avec une loiq^y 01)». voit, en effet» des myriades de ces petits animaux verts qm sont doués d'une aussi effrayante fécondité que le
pùderôû de nos Rosiefs, et dont lu proderction s'opère avecnïie mcroyâWe l'âpidité, sotts l'influence dé la chaleur et de !a sécheresse. Aiàsi s'expHque le triste atspect qu'avaient les tilleuls âe nos pttrtnenades dès le mots d$ juîltet des années précédentes qui ont été très-sèches, et la conservation de leur Ter^ doyamt omemeût cette année, {)endarit laquelle des pluies abondantes et des» orages effrayants ont entravé l'éclosion de ces petits mais terribles ennemis de la végétation. Ces Acarus ne s'attaquent pas seulement aux grands arbres de nos aveàues; ils peuvexH: vivre sur toi» les végétaux. Au jardin des plantes de Paris, dont les d^ux belles allées de tilleuls ont été, depuis plusieurs années, dévastées par eux dès le commencement de juiltet^iis se sont introduits dans les seriw» et là, ils auraient causé df irréparables dégâts, sans la promptitude apportée à leur destruction à Taide de la fleur de soufre. Malheureusement ce procédé qui réussit dans les serres est inapplicable pour les ^ands arbres de nos jardins ; nous devons donc nous itrcliner devant ce nouveau fléau. Fasse le ciel que ces acarus n'envahissent pas le bois de Boulogne avant le 30, de ce mois !
— Pourquoi cette date plutôt qu'une autre, demanderat-on î C'est parce que ce jour-là, il y a grande fôte hoFticole au
pré Catelan, àToccasion de la saint F Qu'allais-je, écrire,
ô mon Dieul... àFoccasion de la Fête des Fleurs, ci- devant fête de saint Fiacre; et il serait fâcheux, on en conviendra, que fes disciples de, Flore fussent obligés de danser sou« la ramée, et non sous la verte feuillée.
Cette fêle, d'après les,.on dit, promet mille et un attraits. Le programme n'est pas encore publié à l'heure où nous écrivons, mais nous savons qu'il y aura : Exposition des produits de rhorlîculture, — une vraie exposition; -— un grand banquet, suivi d'un bal, avec accompagnement d'illumination, et de feu d^artifice. La fête se terminera par une grande retraite sans flambeau^ attendu que lès souscripteurs ne veulent se retirer,
cette année^ qu^à cinq heures du matin I C'est une preuve qu'on prend goût à cette grande fête de famille^ organisée pour la première fois il y a 3 ou 4 ans, par l'homme aux conceptions grandioses, M. Barillet, jardinier en chef des plantations de la ville de Pans.
Cette année ses nombreux amis ont failli être privés de sa présence à la Fête des fleurs. Un accident survenu au jardin de la Muette a mis ses jours en péril. C'était vers le milieu du mois demier.On expérimentait pour TExposition universelle del 867, un vaste aquarium, sous lequel passeront les visiteurs. Au moment oÎL M. Barillet, en compagnie de M. Alpban et du directeur de la manufacture de Saint-Gobain, était sous cet aquarium pour en faire Tinspection, la glace du fond s'est rompue tout à coup; les trois expérimentateurs ont été raiversés piur la, masse d'eau et plus ou moins blessés par des morceaux de glace. M. Âlphan a eu les doigts de la main comprimés; M. Barillet a eu tout un côté fortement contusionné, et le directeur de Saint-Gobain l'extrémité du pied coupée. Cette accident pouvait avoir des suites beaucoup plus graves. L'état des blessés est actuellement très-satisfaisant^ et les souscripteurs de la Fête des fleurs n'auront pas à regretter l'absence du fondateur, qui pourra présider ù l'ornementation et à la décoration du joli parc du pré Catelan.
Je viens de parler de décoration, c'est bien sans intention de faire de la peine à mon prochain. Que do cœurs battent en ce moment si rapproché du 1 5 août ! Que d'anxiétés ! — Est-ce pour cette fois? dit mon voisin de gauche, en poussant un long et douloureux soupir. On va encore m'oublier, dit mon voisin de droite. Et mon ami X..., et mon excellent camarade Z.«. I quelles secrètes angoisses troublent et agitent leur sommeil 1 Quel désespoir si la croix est donnée à d'autres ; ils sont capables d'en maigrir de jalousie. Mais aussi avec quelle réserve pleine de dignité trois étoiles va recevoir les félicitations de ses
ftmisi 0 quinze août! passe vite, pour rendre le calme à tou ce monde aux abois !... — Moi je passe à la correspondance.
C'est d'abord une lettre de M. Audusson fils, qui relève une erreur que nous avond conmiise dans notre dernière chronique :
a Monsieur Herincq^ » J'ai reçu hier le numéro de Y Horticulteur français; comme toujours, j'ai lu TOtre chronique ayec beaucoup d'intérêt, et votre opinion sur les Sociétés d'horticulture^ quoique mordante et vive est vrai. Je suis parfaitement de votre avis ; c'est bien heureux, n'est-ce pas ? — Je crois devoir vous signaler une erreur d^annonce touchant les Congrès pomolo^ giques. Yous en annoncez un devant avoir lieu en septembre^ à Angers. Nous n'avons pas de visées aussi hautes. Il y aura tout simplement une Exposition de fruits, arbustes, etc. — Cette exposition a été décorée peut-èlre à tort du nom pompeux de Concours pomologiques; Mais, Congrès, non! — Nous trouvons que c'est assez de celui de Lyon. Si yous jugez à propos de rectifier cette petite erreur, à votre aise.
« Votre fidèle aboDDé , a AUDUSSON-HiRON, fils. »
La seconde lettre est d'un ancien partisan de radjectif latin, pour désigner les variétés de légumes ; elle est pleine d'enseignements.
c Monsieur le Rédacteur ,
p Je vous déclare, sans préambule, que j'ai été pendant longtemps partisan des noms latins appUqués à toutes les plantes eo général, par conséquent aussi bien aux légumes qu'aux fleurs et aux arbres fruitiers. Je pensais, comme Fauteur du projet, que la nomenclature latine devait faciliter les transactions^ et je ne comprenais pas qu*un homme Versé, comme vous^ dans la scieoce botanique, pût combattre une proposition que le congrès de Namur avait prise pour ainsi dire sous sa protection ; je vous dirai même que les nlbtifs que vous donnez pour la combattre ne me paraissaient nullement fondés. Aujourd'hui je suis aussi ennemi de l'adjectif latin que j'en étais partisan il y a encore huit jours, et voici la cause de ce revirement si subit.
» J'avais un excellent jardinier, jeune homme instruit, très-intelligent, connaissant parfiiiltment ses plantes et avec lequel j'avais du
plaisir à causer. L9. xsoxwriptioa me Ta etùfi^é ; i» u*ai pp que le ^îx^ dre de son mauvais sort. Celai que j'ai actuellement est on garçon dont rinstructioD est peu soignée, et qui ^ le malheur d'être pétri d'orgueil. Il craindrait de s'abaisser en appelantla giroflée une giroflée^ et leper* sil du persil, C'est un uUra-paitisan,pBTa!t-il,âeradject?f latin. Quand la cuisinière lui demande des carottes, il répond, avec un air hautain, qu'il ne connaît pas cette légume. De même pour les aitic}M)its, les melons, l^g pçireaux, etc. Je me trouvais donc dans la nécessité eu de faiie apprendre la botanique à ma cuisinière, ou de renvoyer mon jardinier; i'ai pris ce dernier parti. Depuis que je lui ai signifié son congé, j'ai ea occasion de vérifier son magasin à graines, et je me félicite de ma ré^ solution. C'est alors que j'ai comprit voire oppoBition au système de l'adjectif latin, car j'avais la preuve monstrueuse que son jappltoatifiDi au lieu de simplifier la nomenclature et de tmlitfiv les tr^ne^Crtinufi ne pourrait que faire naître la plus inextrif^fbie confii9ion« Je v<nis lalsi» à juger.
i> Mon jardinier^botaniste «— comme il «*intitule^ne trouva rien d^ mieux à faire, en prenant possession de son jardin^ que d'étiqueter toutes ses graines de réserves en latin. Or, voici les noms inscrits sur les paquets et que je relève très-exactement : Aptium pirotrecilum pour Apium peiroselinumy ou Persil. Pasocua soiconus pour Phaseolus...^ ou Haricot de Solssene. Ceranticu^ Kiri pour Chêiranihui Cheiri, ou Giroflée. Necoihiania tabacum pour Nicotiana iabacum^ ou Tabac, Pesium amoilutn pour Pisum...? ou Pois à la moelle. » Je ne veux pa8abu8er,enprolûng6antlescltations;lerest6, comme vous devez bien le penser, est à l'avenant. En supposanl qne faie iut apprendre la botanique à ma cuisinière, eroyes-vous qu'elle aurtft pa se faire comprendre d'un pareil homme qui éeorche aussi magnifiquement les noms les plus simples? Et croyez-vous qu'il reçoive du Haricot de Soissons, s'il écrit jamais à un marchand grainier de Londres de lai envoyer un litre de Pasocus soieonus ? ^
j» Vous avez parfaitement raison, Monsieur, de dire que la nernan» clature latine, entre les mains de certaine jardiniers, ne ferait qu'ajeater à la confusion. Je me range à votre avis, et vous autorise à faire de ma lettre ce que bon vous semblera.
Tt Agréez, Monsieur, etc. ,
» DBBAaLS,
iM cioq noms, que velate notre aimable fiorpespondant so&t tellement éloquents^ qu'iUi dispensent de touteg réflexions* Oui! nous coçibattrons toujours l'emploi des adjectifs latins^ pon*>seuleinent pour les légumes, majis encore pour tout^ l«s variétés borticoies en général » parce que la nomendaivre latine uoiComae est aussi contraire aux intérêts de la bota*« nique que parfaitement inutile à la prospérité de ThorticnU tO/ç-
Il serait h\m plus raisonnable d'employer des adjectifs nq* tiùnauWy pour désigner les variétés. Le nom seul oontiendrait toiîte l'histoire delà plante; il indiquerait d'abord qne o'esl une variété de culture^ et ensuite, Tidiome auquel appartien* draît cet adjectif ferait connaître son pays d'origine. Exemple : Pelargoniam Beanty ofthe rfat/,ivariété anglaise; Pelargonium admirable rose, variété française; Pelargonium fleischfarbe^ variété allemande} Pelargonium a^aller^ don Miguel de Cervantes ^ variété espagnole^ etc. Tous ces noms ne sont pas plus ' difficiles à prononce que Pelargonium homschuchiantmk^ te* tramolopioides ou theêpesiœfoHumj etilsaurairat au moins ce double avantage : que le botaniste *-- l'homme de la science pure -mm saurait de suite qu'il n'a pas à s'en occuper, puisque œs noms s'appliquent à des variétés horticoles très^recherehées et répandues att^nrd^hm, c'est vrai, mais qui seront abandon»» nées et perdues demain ; et Tamateur on Thortioulteur sati^ rait, lui^ que c'est une variété ou anglaise^ oufrancaise^ ou al^ lemande, etc« Mais quoi qu^on dise et fasse^ les obtentenrs et les borliouUeurs ne se soumettront pas plos aux règles d'une no^ wenclatnre nationale^ qu*à celles de la nomenclature latine t le plus grand nombre par indifférence^ quelques autres par vanité ou intérêt. Les botanistes feraient donc bien^ dans l'intérêt de la science^ de ne tenir aucun compte des noms donnés par le commerce horticole. Ces noms sont appliqués, le plus souvent, par des hommes incompéfents : de ce qu'une plante leur est
inconnue^ ils la regardent comme nouvelle^ et lui appKquent un nom pompeux pour aider à la vente. Au point de tue commercial, c'est faire preuve d*intelUgence; mais la science doit se montrer plus sévère. Tout nom marchand devrait être considéré, par elle j comme non avenu, ou cité seulement en synonyme,*comme sobriquet. Les liorticulteurs sérieux diraient par exemple : Cosmophyllum cacaliœfolium^ dit Ferdinanda eminens. Si les botanistes veulent sauver leur science, il faut qu'ils rompent en visière au plus vite avec Thordculture. Dans quelques années, il sera trop tard: Tétude des plantes seraren* due impossible par l'introduction et la mult^licité des*faux noms et les mauvaises déterminations du commerce horticole.
F. Herincq.
PANDANUS UTIUS, Var, DISTICHVS.
Le remarquable Pandanus que nous figurons dans ce nur méro, est une nouvelle preuve que la nomenclature horticole n'a rien de sérieux, comme nous le disons dans notre chro* nique. M . Burel> notre collaborateur, a acquis à la vente de la veuve Debrie, ce Pandanus extraordinaire par la disposition de ses feuilles; une Commission de la Société d'hc^rticulture alla, sur sa demande, visiter ce curieux phénomène de végétation, et lui appliqua le nom de Distichus^ pour indiquer la disposition, des feuilles. Mais voici venir M. Carrière. Notre confrère a entendu parler de la plante ; il pénètre dans la serre de M. Burel, où se trouve le curieux Vacouaj le fait dessiner si rapidement que le dessinateur peint un éventail, et il lui donne, à son tour, le nom de Pandanus flabelliformis. Enfin, un horticulteur anglais ayant acheté ce Pandanus, se crut autorisé, lui aussi, à donner un nom à son acquisition ; pour perpétuer sa gloire^ il lui donna le sien, et l'appelle en
oonséquence Pandanm Weitchii. Quand on voit les horticul^ teurs user si largement de la liberté de nommer des plantes, il me semble qu'on est en droit de proposer aux botanistes de^ ne tenir auoun comptede leur nomenclature. Geoidit, je reviens à la plante • *
Chacun sait que chez les Pandanus^ les feuilles sont disposées SUT trois séries qui décrivent^ autour de la tige; trois lignes spirales, imitant un triple escalier tournant» Par une étrange anomalie inexplicable^ le Pandanus de M. Burel, qui appartient évidemment au Pandanus utilis, offre une disposition toute différente. Ses feuilles ne sont disposées qu'en deux séries parallèles et rectilignes et non spirales, ce qui donne à Tarbre à peu près Taspéct de la monture d'un immense.éventaiL
«r Cette belle plante, dit le rapport de la Commission de la Société d'horticulture de Paris, est donc un Pandanus utilis d'une forme toute particulière et toute nouvelle, d'une beauté exceptionnelle dans le genre. Nous avons compté 66 feuilles, 33 de chaque côté de la tige; elles ont 4"',90 de longueur et sont garnies de trois rangées d'épines rouges comme celles de la plante type. Le tronc est peu élevé; néanmoins, la hauteur totale de la plante, tronc et feuilles compris, est de ^"",30 du niveau du sol à l'extrémité des jeunes feuilles (1), ^a largeur est de 3^,40 ; et cependant elle est loin encore d'être arrivée à son entier développement. »
Sa tige est soutenue par des racines advehtives, et n est pas, comme le dit M. Carrière, « formée par la base des feuilles qui se sont successivement développées et emboîtées les unes dans les autres, renflée et comprimée vers son milieu. » Notre savant confrère et ami a confondu, — non pas comme son prédécesseur : pomme avec ananas, — mais avec l'organisa-
"' I —y— — — «^^^M— M-mi I .111 II 1——^— —— Il III I iiil II n^M^t^
(0 A l'époque où notre dessinateur a fait le dessia pour notre planche, la hauteur était de 3°" 10, et sa largeur (ses feuilles étant réfléchies) de 2°* 70; ii est par conséquent plus haut que large.
UoD de la tige des Bwaoi€i*a> des Baiisiei», etô. Daogeas pltatM» eu eSeX, la tige, oa plat^ ce qu'on preud pour tdle, agi oc»» stituéa par les longues gaines des pétioles emboîtées les unati dans les autres,; tandis que les PandontM ont une tige vraie, sur laquelle sont insérées les feuilles embrassantes et non eu* gainantes } c'est visible à l'œil nu et connu de tout la monde.
Le nouveau rédacteur de la Revue horticole a commis une autre erreur en voulant faire connaître combien l' arbre de M, Bureladedents.
•— Ëtant donné) dit*il, 30 léuilles de chaque c^té> munies chacune de 300 dents sur chacun'de leurs bords Latérauxet 3S0 sur la nervure médiane (carène)i combien ce Pandanu$ a*t-il de dents? — 27,000 répond le succeeseur de M. Barrait Je ne suis pas asseR fort en mathématiques pour contester l'exactitude de la solution de cet intéressant problème ; mais M« La» febure de Fourcy^ bien connu dans rbistoirê des baohelîefS, prétend que 30 plus 30> multipliés par 300 plus 300» plus 350, font bel et bien 57,000. — Quel job coup de c^ots pourra donner ce Pandanus^ si jamais il a besoin de se défendre de la hache des Anglais, qui en sont actuellement ppss^-* wursl
F. HeawQQ.