Polymorphisme compre
Bant les variétés ] / crispées.
à feuilles
fasciées.
huilées, laciniées^etc.^etc.
§ I. ^ DMfttirtétfti par «iaUtt«ttoK«« tmOêm, •« *■ Iffa^l—» ,
Le Ntnisme est Tone^ des variatioa^ les plus fréquentas qu'on observe dans le rèjgue végétal; mais dans ce règne, comme du reste dans le règne animal^ nous ne pouvons la considérer comme un état languissant de Fôtre qui la revêt. Au contraire^ toutes ces races naines possèdent au plus haut degré la faculté de se reproduire, et nous ne connaissons qu'un exemple du contraire ; c'est le suivant. Autrefois BfM. Vilmorin possédaient une variété naine d'Ageratum cœruleum, qui fleurissait abondamment, mais qui ne produisait que peu ou point de graines (4), de sorte que la multiplication s'en opérait de boutures et qu'on dut Tabandonner. Mais, ainsi que nous Tavons dit, la production des variations étant en raison directe du nombre des semis, quelques années après rapparitton de cette race naii^e et stérile A'Ageraium cœruleum, MM. Vilmorin en obtinrent une autre qui était très-fertile et qu'ils fixèrent.
La fréquence du nanisme est plus grande chez les végétaux cultivés que chez les plantes sauvages. Il est en effet peu de plantes, depuis longtemps soumises à la culture, qui n'aient produit uneouqudquefois plusieurs variétés naines. Aussi sera-t-il inutile d'en citer un grand nombre d'exemples; on en rencontre même jusque dans les plantes qui, par leurs rameaux volubiles^ semblent cependant s'éloigner de la tendance à cette variation. Les Haricots nous la présentent fréquemment; mais, pour ne pas faire appel aux variétés potagères qui sont cultivées depuis un si grand nombre d'années , qu'il est pour ainsi dire impossible de savoir si ce sont les variétés naines qui ont donné naissance aux variétés grimpantes ou si ce sont ces dernières qui ont 'produit les formes naines, nous prendrons pour exemple l'espèce d'ornement, le Phaseolus multiflorus. Dans le 35* vol. des Am. de la Soc, dHort. de Paris, M. Jacques dit avoir semé des graines d'un Haricot d'Espagne supposé hybride, et que les individus qui en naquirent furent extrêmement variés, non-seulement sous le rapport de la, coloration des fleurs, mais encore sous ceux du port et de la taille. A l'égard de ce dernier caractère, M. Jacques put même classer ces individus en deux séries: en nains et en grimpank. UàXï&ldL Hevue hor^ ticole^ année 18i6, M. Pépin dit avoir semé des graines de ce Haricot que M. Jacques avait déposées sur le bureau de la Société, Ie4 7 avril \ 844, et que ce semis produisit également des variétés naines et des variétés grimpantes.
(4) Cette variété est encore cultivée dans quelques établissemenU pourroraement des appartements.
Nons satons qne cet exemple ne peut être regardé eomme coisictoiiiit cl qoe quelques personnes croiront que cette variabilité extrême est le résolut d'un croisement, comme Ta supposé M. Jacques. Nous ne pensons pas que la fécondation (si difficile à pratiquer dans les plantes de cette famille) ait joué un rôle dans la production de ce6 variatHSB. Nous n'y voyons qu'un de ces écarts considérables qui ne s'ob* tiaonent, le plus souvent^ qu'après une culture longtemps pratiquée, se laoDtranttout à coup et d'un seul jet.
Hais si Texemple précédent laissait encore quelques doutes sur la production des formes naines chez tes plantes grimpantes, nous en timiTerions là confirmation dans eelui qui noKs est o£tert par le IMab mdgarisj dont les tiges 8*élèvent jusqu'à 3 mètres, et qui a proâait une variété qui n'excède jamais 80 c . de hauteur.
Pfaisîeurs auteurs, notamment Lamarck et Linné, ont remarqué
qœ les terrains peu nutritifs, tels qtie les sols siliceux, et les exposi-
tîofls sèches et arides, prédisposaient au nanisme; cela peut être vrai
pour les individus d'une espèce que la nature a placés dans ces con-
difions. Noos disons pour /^^ individus, car on sait que^ transportés dans
des conditions plus favorables à leur végétation, ces nains ne tardent
pas à prendre leur développement normal. Mais^ à supposer même
<pie des races naines se créent spontanément de cette façon, nous ne
fourrions admettre Tinflueuee des mêmes causes^ dans la production
te races naiiies de nos jardins qui se montrent dans des conditions
&iiétralement opposées : dane des terres riches, substantielles et
Âaêhes.
L'altitude a été considérée aussi comme l'une des causes qui prédispsent au nanisme. Chacun sait que les plantes des régions très^élevées, celles surtout qui croissent sur les rochers, sont comparativement plus petites que les mêmes espèces croissant dans les prairies ou les pâturages situés ides limites plus basses. Ce fait n'est cependant pas général^ car nous connaissons des plantes qui croissent à une altitude de plus ie SOOO mètres^ et qui ne présentent pourtant aucune différence seo* sbte dans leur taille avec la même espèce croissant au-dessous de 400 aètres d'altitude : tels sont par exemple les Linaria alpina, Brassiûa repanda, Oxytropis montana^ Astragalus depressus, ^Bhaponticum sea* rionan,e\c. On pourrait, en tous cas, faire la même objection qu'à la eause précédente.
De ces faits nous pouvons donc déduire que les causes auxquelles on attribue généralement le nanisme, chez les végétaux spontanés , ne peuvent être celles qui produisent les mêmes variations chez les plantes cultivées.
Si Ton recherche dans quelle catégorie de plantes le nanisme est le
phis répandu^ on vana qu'il est pk» firéqueat chn les végétaux annuels que cbes les végétaux vivaces et ligneux; d'où l'on peut conclure que plus une plante est multipliée de semis, plus elle est susceptible de produire la variation qui nous occape. D'après cette idée, si la reproduction par graines des espèces vivaces et ligneuses élait plus pratiquée^ les variétés naines se rencontreraient plus firéquem* ment cbes alk».
Les moyens à employer, pour ciMDeerver et propager les variétés naines» sont divers et varient selon que cette modification s'est produite chez des végétaux de durée différente. Pour les arbres et les arbustes, c^estpar lagreffo, la bouture ou le marcottage qu'on obtient ce résultat. Ce n'est, en un mot, qu'en esqsleyant une partie de la variation, et en l'obligeant à se pourvoir elle-mâme, qu'on parvientà la propager. Pour les pbintes vivaisea ou bulbeuses, ces moyens seront identiques aux précédents; c'est aussi en divisant les parties des individus nains qu'on arrivera à ce résultat. Enfin, pour la propagation des plantes annuelles, nous avons deux moyeus à employer : les boutures pour celles qui ne fructifi/^t pas, les semis poiur celles qui donnent des graines. Mais ce dernier procédé ne doit être pratiqué seul que lorsque la variation est définitivement fixée, autrement nous n'obtiendrions qu'un résultat incertain.
Pour propager une variété naine quelconque par ses propres grai* nés, nous devons donc, avant toute chose, nous occuper«de sa fixalm et nous y parviendrons en employant les moyens que nous avons déjà indiqués dans les pages précédentes, la sélection et Tisolement.
Supposons une forme naine apparaissant dans un semis ; si nous voulons la fixer, il faudra l'isoler, c'est-à-dire ne pas la laisser au milieu des individus avec lesquels elle est née, afin de n'avoir à combattre chez elle que la tendance de l'atavisme et de prévenir tout métissage. Une. fois isolée, nous m recueillerons la graine et nous la sèmerons. Pour les raisons que nous avons] émises précédemment, les individus qui naîtront de ce semis ne ressembleront probal)lement pas tous au pied qui] leur avait donné naissance ; nous exclurons donc tous ceux qui, par une variation quelconque, sembleront s'éloigner de celle que nous avons à maintenir. Ces pieds ainsi ^/rair^« nous fourniront, comme précédemment, mais en plus grand nombre peut-être, des individus représentant la variété qu'on tient à fixer. En pratiquant ainsi la sélection, on arrivera indubitablement, après quelques générations, à obtenir des individus assez semblables entre eux pour qu'on puisse supposer qu'ils soient sortis d*UD même couple. Dès lors notre variété sera fixée.
Pour la fixation du nanisme et en général pour celle de la plupart
dtt nrialMMis, il y a te dUBraKes très-grute du» le tunfê néoeasaîre i wn obtention. Ainsi noos tTons te tariations nainea qoi «e ixeni (Us la première on la deuxième génération; d'antres ne sa lient qn'apvès 5 on 6 annte d'expérienoes conséentivea; d'autres pésentent constamment des retours au tjpe; d'autres enfin disparaissent dis la première génération,
Noos ne savons à quelle cause attribuer cette diversité dans la durée de la fixation des variétés naines; die dépead sana doute de la difficulté plosoa moins grande qu'on éprouve i vaincre la tendance qu'ont les 'enfants à ressembler à leur ascendant. Hais pourquoi» cbea certaines plantes, cette tendance ne peut-elle être anéantie par 5 ou 6 générations tandis que chez d'autres, elle tend à s'annihiler dès la première ? L'explicaticm de ce fait est peu facile. Cependant nous pensons qu'elle léfide dans cette proposition : plus les plantes sont cultivéei), pltis lems variations sont grandes et par cela même plus elles sont faciles à fixer. On nous contredira peut-être» mais nous n^hésitons pas à consi* déier une fds de plus la culture longtemps pratiquée comme l'un des aatécédents les plus favorables à la fiiatioa rapide des variations.
Pour démontrer l'impossibilité de fixer certaines variétés naines, nous nppeUerons le ftilt suivant : En 4859, MM. Vilmorin remarquèrent dans leurs cultures, rue de Reuilly, pareil un lot de Saponaria calatrica, n9 individu dont la taille était remarquablement plus petite que celle in type. Pensant que cette variation serait une bonne fortune pour Pomement de nos jardins, MM. Vilmorin tentèrent de la fixer. De nombreuses graines recueillies sur cet individu nain furent semées en 1860 et reproduisirent un grand nombre d'individus à peu près Kmblablee i la variation qu'on voulait fixer; des graines prises sur les individus qui se rapprochaient ,1e plus de la forme naine furent semées en 4864 et parmi les nombreux individus auxquels elles donnèrent naissance, aucun ne reproduisit la variation naine.
0 est vraisemblable cependant que si, comme nous l'avons précédem« ment indiqué, MM. Vilmorin avaient cultivé isolément un plus grand sombre dModividus nains de ce Saponaria, et que s'ils en avaient nmé séparément les graines, ils seraient arrivés à fixer cette variation*
Maintenant, peur démontrer la commodité avec laquelle on arrive en très^peu de temps i fixer une variation naine, noas prendrons le lait suivant dont Torigine est toute récente : En 4860, MM. Vilmorin remarquèrent, dans une plantation de Tageies iignaia, un individu qui, par sou port trapu et buissonneux, était comparativement plus petit que ceux du reste de la plantation. Ce pied m fut pas i$olé, et les Sraines qull produisit donnèrent» en 486 f, un ncHubre considérable
d'îndiTidufi dont S sealemeiU répétèrent la totma naine; le i^te était intermédiaire entre >Ue et le type. Lee graines reeueillies sur ces 2 iodividus naine les reproduisirent prssijpie entièrement en 4862» puisque c'est à peine si une sélection rigoureuse a nécessité Texclusion de 40 0/0 d'individus qui étaient retournés au type.
Ainsi voilà une variation qui s'est manifestée d'abord cbez un unique individu, et qui> après3 génératiims^ s'est tellement bien fixée, que lee individus auxquels elle a donné naissance sont assez semblables entre eux pour sembler tous sortis d'une seule et même graines.
Lorsque ces variations sont définitivement fixées , qu'elles se spé- Muent en un mot^ elles passent à Tétat deraoe ou de sous-espèce et elles peuvent alors devenir la souche d'une nouvelle lignée de variétés qui n'auront de commun entre elles que la diminution de leur taille. Tel est, par exemple^ le Scabwta airùpwrpurea var. nana^ qui a produit, comme son type> des variétés de coloration ; ainsi les jardins possèdent le Scab. atropwrp . wma purpurea^ de laquelle BfM. Vilmorin obtinrent et fixèrent les variétés tamén eLroKs.
Le CaUiùpêiê Unetaria a produit une variété naine qu'on a appelée pumi/a, et de cette variété MM. Vilmorin obtinrent le C. tinct. pumih purpurea.
Le Tagetespatulc a également produit une variété naine, le 7. p»pulm nana^ dsns laquelle la coloration des fleurs était identique à celle du type. Cette ^variété a donné naissance à une nouvelle variété naine caractérisée par des fleurs entièrement jaunes.
Le même fait s'est présenté chez lesBalsamioes et les Reinesr^Marguérites ; ces dernières surtout présentent plusieurs races naines qui ont produit des variétés de colorations difiérentes.
De ces exemples on pourrait conclure que le nanisme^ une fois bien fixé, prend un cachet de consistance tel, que de nouvelles variations se produisent; ce n'est pas sur lui, mais sur des caractères persistants du type lui*même> ou, au moins, plus anciennement fixé, qu'elles por* teroht de préférence.
1^, pour soutenir cette théorie, nous recherchions des exemples dans le règne animal, nous n'aurions que l'embarras du choix : les Chiens, les Cochons, les Poules et les Canards nous en fourniraient de nombreux.
Nous n'avons aucune indication précise sur la fixation par semis du
nanisme chez les végétaux ligneux. Mais , en considérant ee qui se
. passe chez les plantes annuelles, on doit supposer, affirmer même, que
si ces variations pouvaient être semées avec autant de commodité que
chez les végétaux annuels, leur fixation s'opérerait tout aussi facile-
ment. On comprend que^ pour les arbres , des expériences conséoutires sur leur nprodactiou par semis ne peuvent 6ke tentées par Phammedoni la vie est si courte.
Existe-t-il nu moyen quelconqne pour la production des variations oûoes?
. SiTcMi consolte à cesujetjes différentes publications horticoles, on mttwpfe aucone indication qui soit basée sur des faits bien établis. Gv vanatioDs apparaissent, on en constate parfois Tapparition, et là skoRMBi les renseigiiements; les cultivateurs euxHOEidiwe^ si on les fMtioniie à ee ra>sit> répondeat qne cette Ttriation e«t parement acei* èatdle et qne^ si parfois elle offipe un intértt qtvrtoonqne qai en fiolHe la pfTopagation, ils sfoccnpent de ia propager par les moyens ^ Pexpérience a mis à leur disposition.
(A cùnUnuer),
CATALOGUES D'HORTICULTURE
POUK 4865.
^ horUcttlteur, rue du Champ-^d* Asile, 4, pràs la Porto-Neuva à Nancy (lfeurtlie>. Plantes nouvelles obtenues dans rélablissement et ^i seront mises en vente pour la première fois au t**^ janrier 4865, Gerarvùamy Petmna^ OsMeMf«s, Pmmmon^ PhUm, Veiveines^ ete.
i«» et O", hortienlteurs, à Poitiers (Vienne). Catalogue des plantes Bovrelles obtenues dans rétablissement^ livrables à partir du 1*' janvier 1S65^ P^rtmca, V^eme^ etc.
Travaux du mois de Janvier.
Pciager. On doit préparer le terrain ponr semer sur adoa oa eotièret: Pois, Fèves de marais^ Ail^ Échalottes, Poireaux, Oignons ronges et pâles. Dans les planches d'oignons, on pent semer qaelques choux, soit de Vaugiiard ou gros Mitan, qu'on repique en place ensuite vers le mois de mars, pour être bons à réeolter en juin. On peut encore y semer un peu de carottes que Ton tire pendant l'(té; du Persil qui reste peur la consommation d'autonmia: ces plantes ne nuisent aucunement aux plantsd* oignons. Pendant la gelée, oa couvre ces semis de litière sèche. Vers la fin à^ moia^ on plante les pommes de terre h&tîves, Comice d* Amiens et Marjolin. 3ur couche et sous cbàesis, on sème : Poireau^ Carottes, Tomates, Pois et Haricots nains, Melons, Concombres, Choufleurs tendres^ Chicorée frisée dltalie ; on continue les semis de Laitues et Romaines hâtives. Radis roses , Navets, Cerfeoil. On pince an-dessus de la quatrième feuille les Pois semés le mois précédent ; la transplantation qu*oo leur lait subir en avance la production. On chauffe les châssis de fraisiers eo pots; les variétés les plus convenables sont: Queen Seedling, Goliath, Comte de Paris^ Princesse royale^ Crémone, etc.
Fruitier, On peut commencer la taille des arbres, mais il est préférable d*atteDdre la pousse ; on obtient de meilleurs résultats; les cicatrices se recouvrent plus rapidement, et Ton n'a pas à craindre les décollements de Fécoroe ou le dessèchement des bourgeons supérieurs voisins de La coupe. On continue les travaux de défoncement et plantations : il faut se bien garder de planter par un temps pluvieux on par la gelée ; la terre doit être très-meuble. On peut placer des panneaux vitrés contre les espaliers de Vignes, Cerisiers, Pêchers, etc., pour en obtenir des fruits précoces.
Parterre* Couvrir et découvrir les plantes délicates suivant Fétat de l'atmosphère; il est bon de couvrir, si le froid est vif, le? Pensées au moyen d'an pot renversé ; préserver aussi de Thumidité les OËillets et Aurlcules cultivés en pots. Terreauter les gazons et bordures de fleurs. Tailler les Rosiers et arbtes à fleurs, excepté les Rosiers thés qu'on ne doit tailler qu'à la fin de février.
Serres. Maintenir la température nécessaire, la propreté sur les feuilles, arroser suivant le besoin. On doit faire des boutures de Fuchsia, Bouvardia, Pelargonium, Lantana, Sauges, Héliotropes, Cuphea, etc.
Pour conserver les Êpacris et les Ericas ou bruyères, il ne faut pas chauffer les serres ; il suffit de couvrir les vitres de paillassons ou de feuilles pendant les froida ; on doit leur donner le plus d'ur possible, toutes les fois que le temps k permMi ces plantes peuvent supporter quelques deçrés de froid sans souffHr.
Htia, ^ [Mprimerie horticole de E« Domkaus, rae Cassette, S.
sonuiu Ns Amcun Gommis dahs ci numéro.
CkvMilVM. — P. HtaiNCQ, Le LUliMperiBvai frvtleMOA (PI. II).— Mno. U r»fre PHmm iMpértal «• Wrmmem (Pt. tV). — Emile GiATi th. Cvhnre des €lBér»lre0, — Ern. Boraro. Les Agaves. GaUlogoe de M* Crls. -• 0. Lbcvtbk. Le K^i^tata Aeeaf •■•*■•. -- Eog. ut Mabtragnt. Le riiêBe PfVBBiM*!. ^ L. Gmmbi. ■t»itt#Nc«Cf*B de to ▼!«■• par œil oo boskorage* «nis. — L. Coftsm. La Ckleorée Mi«v«0e friaée. — Alphonse Latallbb. L. Bèf^Êm w^métmM. — > B. TERLor. Hémoires gar U prodoetioii des tariétét (saite). Des nnatioiis oiMerrées ehei les YégéUuiX'. géentisne, nsnisnt^ grandiiore, tardlTeté et péewtté. — > Iiivres «•«tmivx. ^ Traraoi da moif .
LE NOCYËAU JAftDINIfiR ILLUSTRE
iii-18 Jésus. — Prix ; 7 fr.
Des retards , tout à fait indépendants de lavolonté de Téditeur, suirenus dans Teiécution du travail^ en ODt Cait retarder la publication, et, malgré l'activité que les auteurs ont dû déployer, nous ne serons pas en mesure de paraître avant le 3 mars prochain. Le Tolume sera beaucoup plus considérable que nos cal cds ne nous le faisaient prévoir. Malgré cette augmenbtioD de volume , nous maintiendrons le prix de SEPT FRANCS que nous avons posé dès le début.
CHRONIQUE
Les Agroo&mes de bibliothèque^ cultivateurs délivres; leurs earactères et les livres classiques d'horticulture ; Parmentier jugé par eux ; ce qu'était la Pomme de terre du temps d'Olivier de Serres ; le véritable inventeur de ce tobocuïe n'est pas Pannentier; qui est»il? — Essais d^introduetion de PArachide dans les dunes de la Ôiarente-lnférieure ; culture du Hahonia pour la production du vin; le congrès pomologique à Nantes; classification des finits r les Beuiréa otlesDeyeunés ; mon opmion au sujet des sciences qui deviennent industries.
La singnlière époque que l'époque où nous vivons : tout le numdese jalouse, chacun est envieux du succès d'autnii. Qu^un jeune horticulteur publie les résultats de ses expériences pour
coneourir an pn^rès de ia seience, l'envie Ini reproche de Fambition; qa*un savant fasse connaître une plante fourragère qui doit augmenter de moitié la piodnctiiMi du bétail, on nn nouveau système d'amendement du sol pour lui rendre sa fertilité, les vrais agronomes, œnx qui ont champs au soleil et bœufs dans la prairie, applaudiront, essay^iont, et, avec la ploa grande impartialité, ils reconnaîtront que le propagateur de la plante ou du système n*a rien exagéré, et qu'il mérite la reconnaissance du pays. Mais cette déclaration excitera la jalousie des agronomes de bibliothèque, de ces cultivateurs qui labourent les vieux livres pour leur en faire produire de nouveaux. Ceux-là, n'ayant jamais pu doter leur pays de la moindre plante succédanée de Tépinard, s'écrieront aussitôt : « Prenez garde, on abuse de votre crédulité ; un livre classique d'faortiralture dédare que ce n'est pas possible. ■ Ces vigilantes sentineUes avancées de l'année horticole et agricole n oublient qu'une chose : c'est qu'en horticulture et en agrictthare^ comme en toute autre science progressive, le livre cUusiqw est synonyme de bouqniny c'est-à-dire livre aux idées et formules erronées; et très*mal s'en trouverait celui qui^ au jourd'hui, cultiverait son jardin ou son champ d'après les préceptes de Laquintynie ou d'Olivier de Serres. Mais peu importe à ces pionniers de la science, comme ils se désignent modestement; il n'y a place que pour eux au soleil. Malheur à celui qui ose suivre la même route et qui les devance I Dans leur aveugle démence, ils s'attaqueront même au plus grand, au plus modeste philanthrope; ils refosercnt à Parmentier l'honneur d'avoir fait entrer la Pomme de terre dans l'aliment, tation de l'homme. On vient d'élever» un pea iardivament, une statue à ce persévérant bienfaiteur de Thumanité; ils cher-* cheroAt à démolir le piédestal sur lequel elle repose. D'après leurs précieux livres classiques^ ils trouveront que la Pomme de terre était connue du tem]^ d'Olivier de Serres» K cette
époque, c'était un arbuste de 6 pieds, dont le fruit ressemblant à une troffÉ en avait aussi la saveur; mais le temps a modifié sa consistance; l'arbaste dégénéré est devenu une plante herincée ; et quant à la saveur, c^est une erreur des auteurs des livres classiques, qui n'ont pas pris la peine de déguster le frnit. Louis XHI en d mangé, diront-ils encore , d'après les pd^eations de H. Joigneaux, qni ne sont pas, lil est vrai, des Imes classiques, et un bon bourgeois flamand en dis« tribnait, en 1702, à ses amis et connaissances. Or ce n'est que vers la fin du XYIH* siècle que Pai'mentîer, qui passe aux yenx du public pour en être presque Finventeur, a voulu pro* pagor sa culture en France^ mais sans succhsy etc., etc.
Si vous leur demandeâs à qui l'homme doit-il donc ce pré** cîeux aliment? Est-ce à Chaumette, qui, sous la première ré« pnUique , voulait transformer le jardin des Tuileries et du Lnxembonrg en champs de Pommes de terre? ils répondront : Non! c'est encore un homme et nous en serions toujours ja-^ kmx; vous devez témoigner votre reconnaissance pour TinheduetioD de la Pomme de teire dans notice alimentation, ila misère de 1814 e^ 1815 !... C'est elle qui a reconnu que ee tubercule était sain et nutritif; c'est elle qui en a propagé kcoUore; c'est ette^en un mot, qui est tout à fait Tinventeuf âe cette 0olanée ! ... » Peut-il se nicher tant d'envie et de jalou^ me dans le cœur de rhumantté! . * Pauvre Parmentiert Mais con« sole-toi; on ne te conteste pas les coups de bâton que les pay-* sans de Grenelie t'administraient avec tant de libéralité, en ré<^ compense du don précieux que tu voulais leur faird; et (fest, je er<ns, la seule qui t'a été accordée. A mes yeux, c'est la plus honoraUe; car c'est toujours à peu près .ainsi qu'on manif^te sa reconnaissance envtm le véritable homme de bien.
Hais ee fiW pas encourageant pour ceux qui cherchent à hitroduire de nouveUcB plantes dws la grande culture. Que
cette perspective ne décourage pas, c-ependant M. Létdié, secrétaire' de la sous-préfecture à Marennes, qui propose en ce moment aux habitants des Landes de la Charente-Inférieure, une plante industrielle pour transformer les sables arides de leurs dunes en vastes champs productils. Cette plante est TArachide ou Pistache terre, de laquelle on extrait une huile d'excellente qualité pour servir à la préparation des aliments ou dans les arts industries. Elle est originaire desré-* gions chaudes de l'Asie, de TAfrique et de TAmérique. Depuis longtemps, les curieux en cultivent quelques pieds dans leur jardin à cause de singulier phénomène dont la fleur est le si^. A peine fécondée, la fleur s'incline, et T ovaire, porté sur un petit support qui s'allonge, se dirige vers le sol, dans lequel il pénètre bientôt, et disparaît entièrement. Là, il grossit et de* vient fruit. A sa maturité il contient deux graines dpntle tissa de Tembryon est rempli d'une matière grasse qui, par expression, fournit l'huile d'Arachide» objet d'un commerce important en France et notamment à Marseille*
Les essais tentés dans les dunes deMarennes par H. LéteHé et M. Dière-Monplaisir ont donné pleine satisfaction à ces deux habiles expérimentateurs; la culture est possible, aussi, l'auteur de cette tentative poursuit-il actuellement, avec zèleetactivité, l'introduction de l'Arachide dans la culture des dunes. Ce se sera un nouvel apport aux ressources que Ton cherche à créer dans ce pays, et dont Thonorable M. Lételié a jeté les premiers gannes. Il trouvera, il doit s'y attendre» car nous en avons rencontré des hommes qui déclareront cette culture impossible en France, parce que, disent-ils, on ne peut même pas obtenir cette plante sous cloche, sous le climat de Paris» C'est vrai, mais ce n'est pas one raison. Le cotonnier n'y vient pas davantage» et pourtant les personnes qui ont visité les der^ mères expositions de Paris en ont pu voir de magiques pieds provenant des cultures tentées dans le départemen t de lHérault .
A côté dn sérieux, on rencontre souvent le plaisant, et parfois le ridicule. Un industriel ayant pu obtenir un jus fermcntûdUè des firuits de Mahonîa, s'est mis en tète de propager la culture en grand de cet arbuste pour en tirer du vin. Faire du rin avec des fruits de Mahonia, oui ; mais de là à créer une cul* tore productive, il y a loin. Ce serait un cher vin.
Sans transition je passe au Congfris pomologique de France. Sa neuvième session s'est tenue, sans bruit, à Nantes le 24 sep* lembre dernier. La réunion devient chaque fois moins nombreuse. Le congrès a dû revenir sur une question jugée : la Fraise des Alpes. Après quelques observations de l'honorable M. Porcher, M. le Secrétaire général a bien voulu consentir à admettre une rectification.
Un bii d'une haute importance pomologique s'est présenté à l'une de ces séances. Il s'agissait de classer une Poire. Est-ce DB Beurré? est*ce un Doyenné? Hippocrate a dit oui^ et Galien t répondu non. En conséquence, l'assemblée a donné gain de OQseàrauteur du Jardin fruitier du Muséum, M. Decaisne, (jB n^admet de classification de Poires, que celle par ordre de ffittorité, etqui supprime^ comme d'abus, les noms de Beurré, D&f/ermé, etc., qu'on applique à certaines variétés, pour faire croire à une qualité qu'elles n'ont pas. Je partage complètement les idées du savant professeur de culture du Muséum, au sojet de la classification ; mais je crois qu'il faut conserver ces TÎeux noms, en ne leur accordant aucune importance généipie. Dans les noms àe Beurré Bretonneauy Beurré Clairgeau^ paur moi le mot Beurré n'a pas plus de signification que le mot Duc dans les Poires Duc de Brabant, Duc de Nemours, et qui ne veut pas dire que ces deux Poires sont voismes et de qualité supérieure identique. En déclarant que tous les noms Beurré, Doyermé, Bergamote, Bézy, Bousselet^ etc., ne désignent ni une forme, ni une qualité, ni un nom générique, mais qu'ils font tout simplement partie du nom particulier d'une
Pûîce^ exactement comme Aleamiâre fait partie do nDm des Poire Aleœandre Bivort et Poire Alexandre Lambré, je ciûis qu'on peut conserver ces noms^ ce qui éviterait des cbange*» ments dans la nomenclature^ déjà siembronillée*
On doit savoir gré à l'éminent auteur du Jardin fruitier du Muséum de chercher à rectifier cette nomenclature ; mais je crains que tant de science ne soit dépensée en pure perte; il n'empêchera jamais le charlatan de donner le nom de surpasse Beurré mper fin à la plus détestable poire cassante. Du reste^ toutes les fois qu^une branche d'une science quelconque de* vient une industrie, un commerce, il ne faut plus espérer la vé* glementer scientifiquement. La science, c'est la vérité^ antipode de l'industrie, pour laquelle un beau et bon nom est tout pour faire de l'argent ; et quant à se soumettre aux lois de la science, elle foule aux pieds parfois même le rigide code pénal...
F. Herincq.
UTHOSPERMUM FRUTICOSUM, de LnmÉ. (Pl. III.)
Le genre Lithospermum appartient à la famille des Borra« ginées ; il tire son nom de la graine ou, pour être plus exacte du fruit, dont le tégument ou péiicarpe osseux et blanc lui donne l'aspect d'un petit grain en pierre ; de là le mot tiré du grec lithos^ pierre, et sperma, semence, c'est-à-dire graine.
Les espèces de ce genre sont tantôt des herbes, tantât de petits sous-arbrisseaux. Toutes ont des feuilles alternes petites et étroites, et des fleurs régulières dont le diamètre des plus grandes ne dépasse pas 2 cenlimètres. Le caUce est à 5 lanières ; la corolle est monopétale, à tube étroit et long, couronné par un limbe étalé à 5 lobes ; l'orifice du tube, ou gorge de la corolle, est ouvert, nu ou relevé de S plis; 5 étamines sont renfermées dans le tube de la corolle ; un style filif(OTae
.WiSt^/^^Tf rf/n.r
''>-^/^i::^'^.^jy^^yy'^
occupe le centre de la fleur, et c^'est autour de lui que sont implantés , sur le réceptacle, 4 ovaires qui deviennent à la maturité 4 akènes ovotdes, lisses et luisants^ très-durs, res« semblant à de petits grains de marbre polis*
Le Lithospermum fruticosum est une espèce décrite par linné^ et qui croit dans les lieux arides du midi de la FrancBi depuis Avignon jusqu'à la mer, c'est-à-dire dans toute la région des Oliviers. Il est donc au moins curieux de le voir cité comme d'introduction récente dans les cultures. C'est un petit sous-arbrisseau buissonnant de 10 à 20 centimètres do hauteur. Ses tiges dressées, tortueuses et très-rameuses, portent des feuilles éparses, étroites, linéaires, longues de 13 à 20 millimètres, à.bords enroulés en-dessous, hérissées de petits tuber* cules poilus sur la surface supérieure, et couvertes, à la face inférieure, de poils courts appliqués. Les fleurs, d'un beau bleu ou bleu pourpré, et situées isolément à Taisselle des feuilles, forment néanmoins des sortes de petits bouquets au sommet des rameaux ; le calice est hérissé de petits tubercules^ et est divisé en lanières très-étroites ; la corolle^ une fois plus longue que le calice, est glabre, à tube grêle, et à limbe large de î centimètres environ, découpé en 5 lobes ovales.
Cette très-jolie petite plante convient très-bien four la culture en pots des appartements; par le pincement, on eu forme de petits arbustes en miniature qui se couvrent de cliarmantes fleurs. Elle conviendrait également pour bordure de massifs de terre de bruyère; mais son degré de rusticité ne lui permet pas d'affronter tous les frimas. Sous le climat de Paris, il faut la faire hiverner sous châssis froid. Pour la propager, on a la graine et les boutures •
F. Hertncq.
POIRE PRINCE IMPÉRUL DE FRANCE- (Pl. IV.)
Cette variété est un excellent gain de M. Grégoire-Nélis, l'heureux obtenteur de Nouvelle Fulvie, Hélhie Grégoire, Madame Grégoire, Iris Grégoire, Adolphe Fouquet, Alice Baltet^ Zéphirin Grégoire, Léon Grégoire, Souvenir de la Reine des Belges, Aglaé Grégoire^ Commissaire Delmolte, Beurré Delfosse, i^^ anniversaire. Professeur Hennau, Napoléon Savinien, etc.
« Surveillez bien ce fruit, nous dit-il en nous l'envoyant, je fonde sur lui beaucoup d'espoir. »
En effet, il est digne de figurer dans une collection d'élite. L'échantillon, ici représenté, a été récolté dans nos pépinières sur un jeune Poirier haute tige, âgé de 3 ans, et greffé sur Cognassier. Ce fait seul indique que l'espèce est vigoureuse et féconde.
L'arbre est robuste, à gros bois vert, poussant droit sans déviation ni courbure, un des plus élancés de la pépinière.
On peut le diriger en haute tige et en basse tige. Lorsqu'on veut étendre son branchage en largeur, il est nécessaire de pincer et de tailler court les rameaux du sommet, et de forcer encore l'évolution des bourgeons de la base par le cran ouvert au-dessus d'eux, et Téborgnage des yeux voisins de l'œil terminal.
Le feuillage est d'un beau vert et ne tombe qu'à l'arrièresaison; la feuille est oblongue.
Le fruit vient abondamment et souvent par trochets ; il est gros ou presque gros, turbiné-ventru, déprimé auprès de la queue, non bossue. La peau de couleur ambre devenant crème est parsemée, tachetée de gris métallique. La chair presque fine, fondante, juteuse, de couleur aurore saumoné, est d'un fort bon goAt.
L'époque de maturité nous était annoncée pour les mois de
l m<»mt^ifrMf irun\itt^ ut- !€■
/a^/ j^'^ r^/>./>^//'/ /y////y^ /'/r// Z^/^' f y'/A/y/ZV
décembre et janvier ; cette année, nos fruite sont entrés en matoratioii dès le mois de novemliref et nou$ en avons eu jQsqu'aa 10 janvier dans notre fruiterie. Mais on sait que, en 1864, les Poires ont mûri plus tôt. Uobtenteur a désigné cette variété sous le nom de Pnince bfèrial de Franeej afin de la distinguer d'une autre appelée iVmce Impérial d'AtOriehe, et qui certainement ne vaut pas edie de France, à moins que Ton ne préfère les saveurs aodolées jusqu'à Fàpreté.
Celle-ci à le bois rougeàtre^ menu, plus ramifié ef moins ngoureux que 1» première. Nous en parlons afin que les amateurs ne s'y trompent pas. Tune ayant été fournie pour Tautre, par suite de la réduction du nom à la simple déai^ gnation de Prince Impérial.
Toutes les deux ont fructifié dans nos écoles fruitières, et Qonsies avons jugées comparativement.
Nous devons féliciter M. Grégoire d'avoir enrichi la Pomo- \ogie moderne d'aussi précieuses conquêtes, et du désiotémement* de Tordre qui ont toujours présidé à ses travaux.
Les milliers de semis de Poirier qu'il a élevés et soignés lui- JBéme, depuis plus de trente années ; les beaux résultats qu'il en a obtenus ; cette patience, cette persévérance, et ajoutons ce dévouement et cette loyauté dans les relations qui n'ont jamais rapour base l'intérêt commercial; toutes ces rares et brillantes qualités inscrivent le nom de Grégoire-Nélis^ au fronton du tonple de Pomone, à côté des grands semeurs belges : dianoine f Hardenpont, professeur Van-Mons, major Espéren.
Les pomologues de tous les pays doivent certainem^tt une couronne à cet homme si éminemment utile, type de l'honneur, de la franchise, de la loyauté.
Baltet frères,
horticttUdun à Trofes.