CULTURE DES CII^RAIRES
CmsidératioM générales. — Parmi les plantes employées pour orner les appartements et les serres pendant l'hiver, les Cinéraires penvent être placées au premier rang.
Le nom de Cinéraire leur vient de la conlear cendrée de leur feuillage; pour les botanistea ces plantes appartiennent au genre Séneçon^ c*est pour eux le Senecio crttentui. De toutes les Cinéraires^ la plus cultivée et la plus connue est la Cineraria cruerUa, c'est-à-dire la Cinéraire pourpre. Elle est vivacc et originaire de l'Ile de Ténériffe. Le type primitif a les rayons d'un ronge clair et le disque d'un pourpre foncé presque noir; mais la culture a produit, de cette espèce, des variétés de cou« leurs innombrables uniformes ou bicolores des plus brillantes. Le vif éclat du coloris, la longue durée de la floraison, la fa^ cilit^ avec laquelle on peut les cultiver et les faire fleurir, ont fait adopter, avec raison, la Cinéraire dansromementation, comme Tune des plantes réunissant tout ce qui peut plaire» Plusieurs horticulteurs parisiens ont fait de cette plante une spécialité de leurs cultures, et en approvisionnait les marchés aux flénrs pendant une partie de l'année.
Aussi est*elle devenue l'objet d'un commerce important, surtout pendant l'hiver oti la nature est si pauvre de plantes à fleurs. Dire qu'en quatre mois il se vend de 40 à 50 mille Cinéraires sur les marchés aux fleurs de P^ris, c'est montrer quelle importance cette plante occupe aujourd'hui dans le eommerce horticole.
. M' étant depuis longtemps occupé de cette culture, j'ose^ malgré ma main si peu habile à manier la plume, venir présenter aux lecteurs de V Horticulteur français un traité sommaire sur les différentes manières de la cultiver.
Des différentes manières de propager les Cinéraires. — Les
Qûéwtes se multiplienl de sMiences, de bouturât et d'éolats. Depuis une vingtaine d'années que l'on 3'oceupe 6érientement delà culture de ce genre de plantes, la multijdicalion de boutures ou par éclate n'est plus employée que pour conserver pures les variétés extraordinairementbeUes qui se ppoduisetit im les semis. La variation est tellement facile et rapide chez m plantes, qu*on obtient, par le semis, des sujets dont une grande partie est presque toujours inférieure aux porte-grainea qdles ont produits; on a même eu des portes-graines dont les coloris n'ont jamais été retrouvés.
(Test principalement sur les coloris bleu, violet et blauc, que lar^duction est la plus ingrate.
Les semis provenant de ces coloris donnent un grand nombre de?ariétés de couleurs fausses et de peu d^çSet.
Les semis sortant des coloris rouges sont ceux qui se reproduisait le plus fidèlement ; Tespèce primitive étant de cette couleor, cela prouve que plus on s^en éloigne, plus aussi on doit f'itleadre à avoir de fausses couleurs.
la propagation par semis étant la plus usitée, je vais preflânment al)ordeir les détails de cette opération. L'époque i semer est déterminée par celle où Ton désire obtenir la ibraison. Ainsi pour les Cinéraires destinées à fleurir aux mois k décembre et janvier, on les sème en février et mars sur condiey et on repique de même ; on peut semer ainsi jusqu^à la fia de îuillet, pour avoir des Cinéraires en fleurs jusqu'au ms de juin suivant ; semées après cette époque, le» plantes sesimt plus asses fortes pour passer l'hiver.
Les semia faits en janvier et février se &nt de préSSrenee en terrines remplies d'une bonne terre mélangée à l'avance, bien doDfie et sablonneuse. Les graines, placées à la main, doivent Mfe à peine recouvertes; on les saupoudre seulement d'un peu de bon terreau très^fin.
QiidMeque soit l'époque, les semis doivent toujours ètretenuà
dans un milieu humide et ombré^ quoique placés le plus près possible de la lumière.
Il est essentiel de ne pas semer trop dru , afin que les plants puissent développer leurs trois premières feuilles sans être trop gênés jusqu'à l'époque du repiquage..
Repiquage. — On repique les Cinéraires aussitôt que les plants prennent leur quatrième feuille; on les repique en échiquier à la distance de 12 à 15 centimètres les uns des autres^ en leur donnant, pendant quelque tempis^ des soins munitieux. Ainsi on couvre les châssis de paillassons pendant le soleil, et on les découvre chaque soir ; et, pendant quelques jours, on tient les châssis fermés, afin de favoriser le développement de nouvelles racines.
Dans les terres fortes et argileuses on les repique par trois ou quatre dans des pots de 12 à 14 centimètres^ remphs de bonne terre mélangée à l'avance : moitié terreau et moitié terre de bruyère sableuse.
On devra chaque soir les bassiner pour faciliter l'extension des feuilles, et en même temps pour empêcher les insectes et la grise. On leur donne graduellement de Pair à mesure qu'ils se développent; on retire même entièrement les châssis pour les remplacer par des claies, ou, à défaut, par des paillassons, lesquels doivent être retirés chaque soir, afin de faire profiter le plant de la rosée des nuits.
TransplatUatùm. — Dès que les feuilles commencent à se toucher, on transplante, à nouveau, les jeunes pieds de Cinéraires à 55 ou 40 centimètres, toujours en échiquier, dans une plate-bande placée le plus possible à l'ombre.
Il est essentiel, pour cette opération, comme pour le repiquage^ de choisir, autant que possible, un temps sombre ou pluvieux. Je ferai aussi remarquer que les Cinéraires aiment à ètrepeuenterrées ; aussi doitK>a s'appliquer, en repiquant ou en
traosplaiifaiit» à ne les enterrer que jusqu'aux deux premières feuilles inférieures*
Pour les personnes auxquelles la nature du sol ne permet pas de replanter en pleine terre, et qui auront repiqué à trois et ({oatre plants dans des pots, elles doivent les séparer aussitôt fie les feuilles se touchent^ et les remettre dans des pots proportionnés à leur force.
On bassine chaque soir , comme je Tai dit au repiquage, peu* dffit 1^ grandes chaleurs, afin de faciliter la reprise dans la terre où ils sont transplantés , et aussi pour permettre au feuillage d'acquérir tout son développement avant le rempotage dans les pots où ils doivent fleurir.
Empatage. — Les Cinéraires doivent être mises en pots, du oommaicem^t de septembre à la fin d'octobre, selon Tépoque o& elles auront été semées. La terre destinée à cette opération doit être mélangée à l'avance et composée de 4 parties de bon teneau de couches ou de feuilles bien consommées, de 4 parties kterre de bruyère, et de 2 parties de terre du sol si le terrain
ut sablonneux; dans le cas contraire, le compost sera fait de
iDôtié de terre de bruyère sableuse et moitié terreau comme je fAiodiqué pour le repiquage.
La grandeur des pots doit toujours être proportionnée à la fene des plantes, soit entre 1 S et 16 centimètres. À mesure fie les liantes sont empotées, on les place, soit dans une bonne are bien^édairée et aérée, soit sous des châssis que l'on tient Mbrés et sans air pendant quelques jours , et Ton continue les ma indiqués pour le repiquage et la transplantation.
Aussitôt reprises dans leurs pots, les Cinéraires doivent jouir du plus d'air possible ; on doit donc toujours aérer tant que h ttermomètre si maintient au-dessus de glace.
EunE Chaté fils,
iiorticiilteiirf boulevard Piepus» 46.
(A cùrUinuer.)