‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 115 sur 159 · FÊTE DES ROSES · texte numérisé non relu

FÊTE DES ROSES

Congrès des rosiéristes à Brie-Comte-Rohert.

Nous avons visité, le 8 juillet dernier, l'Exposition de roses deBrie-Ciomte-Robert. C'était beau assurément^ parla masse de roses coupées ; mais c'était à peu près dépourvu d'intérêt, puisque le plus grand nombre n'était pas étiqueté. Aussi^ parmi la foule compacte qui se pressait au milieu de ces reines des fleurs, on rencontrait peu d'amateurs.

Sans doute soicoante^icD-huxt mille roses coupées (chiffre officiel) et étagées sur des gazons, forment de jolies pelouses, de délicieuses corbeilles ; mais qu'est-ce que la science horticole peut gagnera de semblables expositions? Quelques collections seulement étaient étiquetées et nous ont intéressé.

Nous citerons celles de MM. Granger composées, de 580 variétés; Victor Gautreau, de 250; Cochet Aubin^ de 302; Scipion Cochet, de 405; Bournet, de 210; Céchet père, de 250 ; déchet fils, de 150; Jules Motteau, de 120 ; Denis- Victor, de 103. Celles de MM. Auguste Gautreau, Desplaces, Quinzard, Medard, etc., comprenaient environ 50 variétés chacune.

Quant aux massifs, corbeilles, ils étaient beaux par le nombre de fleurs qui les composaient.

Les curieux admiraient une belle corbeille que M. Scipion Cochet avait composée avec 700 fleurs de Gloire de Dijon et 600 de Souvenir de la Malmaison; une de M. Granger, n'ayant pas moins de 400 fleurs de la charmante rose Madame Bolly et 450 de Souvenir de la Reine d'Angleterre.

Douze roses nouvelles ont été présentées au jury ; une seule

* a été primée ; on l'a nommée Madame la Comtesse de Jaucourt.

C'est une rose pleine très-bien faite et d'un coloris rose carné.

La Brie est réellement un pays de roses ; mais elle est à la culture du rosier, ce que Vitry est à la culture des arbres fruitiers. On y cultive des grandes quantités de Rosiers pour les marchés, sans sHnquiéter le plus souvent de la nomenclature. Quelques cultivateurs seulement possèdent des collections nommées ; ceux-là^ nous les avons nommés plus haut^ et ils sont dignes d'encouragement. Du reste, leurs collections ont été souvent couronnées dans d'autres expositions, et Thorticulture leur doit des gains nouveaux, qui marquent dans les collections d'amateurs.

Donc, à l'exception des lots très-remarquables de ces lauréats, cette Exposition, n'o&ait qu'un médiocre attrait pour Tamateur; et je dois avouer que cet attrait est loin de compenser

toulcs les vicissitudes par lesquelles paient les TisiteuM horticoles élrangers à la localité. Pour mon coaipte, j'aimerais mieux entreprendre le vaySige de Paris à Tombouctou, qu'une troisième promenade, de 2 lieues, de Brunoy àBfie.

Le Congrès des rosiéristes fera bien, je crois, de chdôr une localité plus abordable, pour tenir ses sessions; aufreittenf^ la moitié des membres arrivera pour entendre le Président prononcer la clôture. Ainsi, parti de chez moi à 1 heures dn matin^ je n^arrîvai à Brie, oîi se tenait le Congrès, qu^à i heure 44 minutes (6 heures pour faire 4 lieues), et la convocation était pour midi. Je me croyais naturellement en retard et je fis mes excuses au président organisateur. — « Mais pas du tout, me dit-il, la séance n'est pas encore ouverte, le Congrès pas encore constitué. Un horticulteur, des environs, a emmené déjeuner chez lui' la plus grande partie des adhérents, et j'attends leur retour pour organiser le bureau. »

Sur ces entrefaites, M. le Préfet étant arrivé pour présider la séance de distribution des médailles, annoncée pour 2 heures, le Président du Congres fut obligé de lever la séance avant de l^avoir ouverte. Et les mandataires des Sociétés d'horticulture ' du Havre, de Chartres, etc., obligés d'attendre jusqu'au lendemain, pour savoir s'ils auraient enfin occasion de remplir leur mandat.

Quant à moi,, qui voulais assister une fois dans ma vie à un Congrès horticole, et beaucoup d'autres adhérents novices, nous nous mimes aussitôt enquête d'une carriole quelconque, pour nous faire conduire, aussi vite que l'état des véhicules locaux le permet, à la plus prochaine station du chemin de fer, et je jurai, mais uti peu tard, que je n'irais jamais plus. Quiconque va en effet aux expositions horticoles de Brie, n'oublie jamais ce petit voyage d'agrément en patache, à partir de Brunoy.

F. Heringq.

RUSTrarrÉ du poinciana gilliesiî.

Les Poinciana sont d'admirables arbustes de la famille des Légumineuses, et dont les feuilles composées d'une infinité de petites folioles, donnent à ces végétaux Taspect des Acacias exotiques ; mais iis.cfn dififèrént essentiellemeni par les fl^rs qui sont beaucoup plus grandes et d'une rare beauté. CeÉ fleurs sont réunies au sommet des rameaux en une vaste et majestueuse grappe^ qui doit son effet aux nombreusesélaminei aux longs filets rduge brillant, sortant des corolles larges de 5 à 7 centimètres et composées chacune de S pétales d'un beau jaune.

La plus belle espèce de ce genre est sans contredit le Poinciana Gillie^ii, originaire de TAmérique du Sud. Elle a été introduite en 1 829 de Mendoza, par le docteur Gilliés auquel elle est dédiée. Dans le centre de la France on la cultive en serre ^ fce qui fait que sa fleuraison est rare* Dans le Midi, à Marseille particulièrement, on la cultive en pleine terre à l'air libre, et alors on jouit de la plus splendide fleuraison.

Cette culture en plein air peut s'étendre jusque sous le dimat parisien ; car nous avons adniiréj ces jcfurs derniers, chez M. Dupuy- Jamain, un pied haut de plus de deux mèirei^, planté en pleine, terre depuis huit ans^ et qui a ainsi résisté a des froids très^rigoureux. On se contente de Femmaillotter pendant l'hiver avec de la paille ou des paillassonSi Chaque été il montre ses admirables fleurs.

Il faut au Poinciarla une exposition chaude j il confient parfaitement bien pour garnir les angles de jardin exposés au midi» .Quant au sol, toute teri*elui fournit les éléments nécei^aii^es à son etistence. Nous appelons donc rattenlioa des amateurs sur ce bel arbuste, dont le feuillage élégant ne concourt pas moins à rornementation, que ses magnifiques fleurs.

ËaN. BONARD.

Travaux du mois i*hùùï.

Potager. Les chalenrada nipis d*août nécessitent de copieux arrosemoits aux Ghoui-Fieurg, Choux, Gardons, Céleri, etc. ; les Concombres, Cornichons, veulent aussi des bàssinages nombreux. — A mesure que les Artichauts cessent de produire, il faut couper immédiatement les tiges au niveau dn sol, en £ai« sant attention de ne pas endommager les oeilletons qui commencent k se développer. — • Toutes les Laitues 'doivent être Tobjet d'une attention soutenue de la part du jardinier; il faut Hier les Laitues et les Scaroles, empailler les Car* dons et Céleri pour les faire blanchir selon le besoin de la consommation ; semer de la Romaine â*hiver, de la Laitue de la Passion, qu'on replante sur rotière. On peut encore à bunne exposition, semer dans les premiers jours do mois, des Haricots pour récolter en vert, pour les conserves d'hiver; mais alors le terreau et les arrosements ne doivent pas manquer, on sèn^ aussi. Radis roses. Oignon blanc. Poireau, Salsifis, Scononères, Êpinards, Cerfeuil, Navet^ Haches, Carottes, Choux-Fleurs, Choux de Milau, Pommiers hâtifs. Si on veut avoir du plant de Fraisier Quatre-Saisons, il faut, dès les premiers jours du mois, laisser les coulants se développer librement, on les paille un peu pour faciliter l'émission des racines. On veillera enfin à abattre, avec le dos d'un râteau, toutes lei tiges d'Oignons qui seraient restées debout, pour que la sève se concentre dans rOigDon et en augmente le volume.

Jat^din fruitier. Palisser, ébourgeonner, pincer, sont les principaux travam à opérer; on doit avoir soin aussi de découvrir les fruits qui approchent de la maturité, et profiter de cette opération^pour visiter les branches malades, soit par la gomme, le chancre, etc. — - On commence la greffe à œil dormant, à mesure que le bois sur lequel on veut pratiquer est parfaitement aoûté.

Jardm d^agrément. Les travaux de ce mois sont à peu près les mêmes pour l'entretien. On commence à greffer les Rosiers en écusson à oeil dormant; onsèvre les Œillets qu'on aurait marcotté le mois précédent, et on les plante dans des pots ou en pleine terre. lUaut s'empresser de lever et mettre en place les plantes annuelles d'automne repiquées en pépinière, telles que Reine-Marguerite , Balsamine et Rose d'Inde, etc. On sème des Quarantaines pour les repiquer en pots et qu'on abrite pendant l'hiver, des Giroflées grosse espèce, Galcéo«' laires, Cinéraires, Pensées, Pelargonium, Pivoines, Renoncules, etc.

Serrée Comme au mois de juillet.

Paris. — Imprimerie borticole de E. IknmAn», rne Casiene,9-

SOHHAIRI DKS ARTICLES COirmOS bàJii GK NOHtRO.

F. Huirtco, Chr^nl^ne. — A. fRONCiiiAftT et Barillbt DftciAVPi, programme de l'Bxp««UI«M uMlver«elle Je 1867. — Baltet frères» aotes sur quelques Cerise* (PI. IX): -- Ptsabiit, 4q la taille des racines des Arbr«0 Aniltlers. — 0. Lis-

^CDTtR> de la récolte des srAlM«i. — CossÉ, de fimier de ebenl iK>ar le boatorage des PlAMitti BMlle*. —.0. LisevTu, RMilens n«iivea«s pour 1866. — F. Hi-

. aiitcQ, Eipositioo du Pré C«tel«n. — E. Bonard, le Sp«r««r«p poor Técassonuage et éttqoettes noavelies d'Aobert. — Les Bx^sltl«M dv mois de septembre. — Cetalogées 'hiirticalUire pour raotonae 1866. — TraTtox da mois de sepieisbre.

La pluie el la Banquise; les Poches précoces du baron Briflse; Moyens d'obtenir des bourgeons à fruits sur les feuilles. Conférences horticoles de la Société impériale et centrale d'Horticulture de Paris; Concours de capacité

. entre les jardiniers; Une idée féconde de M. Barillet; Ecole d*horticut tare à la Muette par une association des amis de Vhorticulture ; Lettre de M. Matet au sujet des eemeurs, réponse et question ; Lettre d'un Rosîériste de Brie.

Si l'habitannt de Paris se réjouit de la pluie qui maintient le vert feuillage de ses arbres, le citadin en villégiature pousse, au contraire» les plus lamentables malédictions. U ne peut jouir de la campagne qu'au travers les vitres de son domaine, et pour offrir des fruits à ses invités, il est obligé de les faire venir de la capitale. Je viens d'expédier î^ un de mes amis 50 kilos de chasselas et 1 2 caisses de pèches, pour l'ouvertiu^e de la chasse. « Rien ne mûrit, m'écrit-il ; mon raisin est si vert que les renards le regardent réellement avec dédain, et mes pèches de Vénus, que le baron de Brisse recommande comme les plus précoces, sont encore aussi dures que la pierre. A qui ou à quoi devons-noQS ce temps affreux et ces pluies désastreuses? » — La science vient de faire la lumière sur cette grave ques* tign. Voici l'explication qu'elle donne; c*est simple et facile à comprendre.

Septembre 1866. 47

ChâcuB sait que l'eau des mers est plus froide au nord que sous réqualeur, et que^ de cette diSërenoe de température, naît un double courant ; l'un^ d'eau plus chaude, allant de Téquateur au pôle nord, et Tâ^utre, d'eaU froide^ se dir^eant au contraire du pôle nord à Téquateur. Le courant d'eau chaade de l'océan Atlantique est connu sous le nom de Gulf^stre^mi^ autrement dit courant du golfe. Il sort du golfe du Meiiqué en une masse qui n'a pas moins de vingt lieues de largeur et d'un quart de lieue de profondeur, et se dirige, en suivant les côtes de l'Amérique, vers le Groëland. Or, voici ce qui est arrivé cette année. Une gigantesque banquise, ou autrement diune montagne immense déglace, s'est détachée du glacier éternel des mers du Nord, et a été entraînée par le courant d'eau froide, qui part de cette région glaciale, vers l'équateur; mais, arrivée un peu au nord-ouest de l'Irlande, elle a rencontrée le courant d*eau chaude qui vient en sens contrai* \ et comme deux forces égales opposés l'une à l'autre se neutralisent, il en est résulté pour la banquise une immobilité complète au point de rencontre des deux courants ; de telle sorte que» depuis ce moment, le soleil est en train de la fondre et transforme aussitdt son eau en une masse de vapeur.

La suite, chers lecteurs, vous la devinez : cette vapeur d'eaa de la banquise est emportée par les vents vers notre contineoti et chaque fois qu'elle traverse des couches froides de l'atmo* sphère, elle se condense, et retombe alors en pluie sur nos tètes. Donc, tant qu'il restera un morceau de cette fameuse hanquiise, l'Europe jouira du triste privilège d'être quotidiennefneAt a^itr^ gée ; c'est du moins ce que la science affirme; par oÔQséquentj c'est vrai.

Telle est la cause des pluies désastreuses qui entraveat la maturation des raisins, voire même celle des pèdiesles plus précoces, la pêche Teton de Vénus, au dire du baron cte firisse* Mais auprès de qui l'auteur des courriers du monde ijiasliwo*

mi^ue du journal la Liberté ar^ili^m^é sa science pomologique? DesPécAtff Tetm de Vénus au mois d'août! On ne peut trouver un tel renseignement que dans les llyres dç ces illustres conférenciers de Tarboriouli^re, qui obtiennent des bourgeons à fruits sur les feuilles, en y faisant des incisions h coups de tranchet, instrumeat qui sert, chacun le sait, à tailler les cuirs. J^engage le savant disciple de Brillat^Savarin à puiser ses informations à nne source plus sûre.

11 parait que nous allons avoir, cet hiver, des conférences horticoles sérieuses ; il fera bien de les suivre.

Ces confér^ces auraient lieu, nous assurert-oui sous les aus- {ttcas de la Société impériale et centrale d'Horticulture de Paris. Nous applaudissons des deux mains à celte nouvelle. Il est temps, en effet, que des hommes instruits, revêtus d'un caractère pour ainsi dire of&ciel, viennent mettre enfin à néant le triste enseignemett des carrefours qui répand les plus incroyables erreurs. En faisant faire des (îonférences au siège de son administration, la Société d'Horticulture de Paris rendra un réel service à la science } car> responsable des théories émises par ses professeurs, elle veillera sur renseignement, et il est probable qu'elle ne confiera ce poste honorable, qu'aux hommes qui ont donné éefi preuves de savoir, et dont les principes sont conformes aux doctrines de la science et de la pratique. — C'est une grande Responsabilité qu'eUe prend là ; mais nous avons confiance en la sagesse des hommes éminènts qui président aux dualinés de cette Société, et nous ne doutons pas que les professeurs appelés à enseigner sous son égide sont dignes de la haute faveur qui leur sera accordée ; il serait fâcheux, pour la Société impériale^ que sous ses auspices on vint propager Ter* reur ; car ce titre de professeur à la Société d'HortijCulture de Paris constituera une autorité, et tout ce qui sera dit sous les voûtes de ce sanctuaire de la seiëtiuïe des jardins fera loi et deviendra oeuvre de foi .

Je me réjouis de cette décision^ parce qu'^tte me parait mi pas fait en avant vers nne idée que l'on caresse depuis hng^ temps en silence : la création d'une École d^horticulture.

Un autre pas, très^favprable à cette importante et utile création, a été fait d'un autre côté, et qui y conduira, je crois, iné* vitablement. Je veux parler du concours de capacité qui a été introduit au programme de l'Exposition organisée par Tadministration des jardins de la ville de Paris, à Toccasion de la Saint-Fiacre.

C'est une heureuse et excellente innovation ; mais les examens ont démontré qu elle était prématurée. Que pouvaient répondre, en effet, ces malheureux jardiniers qui, rouv^t, n'ont puisé l'instruction horticole qu*à l'école de Terreur, dans des livres dus, pour la plupart^ à la plume de quelques savants interlopes, qui font vendre leurs œuvres sous le portique des temples où ils enseignent une science dont ils ignorent les plus simples notions?

Nous félicitons, néanmoins, Thonorable jardinier en chef des jardins de la ville^ M. Barillet-Desohamps, de rinitiatiye qu'il a prise en cette occasion. Il vient de semer la graine d'uoe idée féconde; mais pour qu'elle germe, et qu'elle devienne un arbre capable de porter ses fruits, il faut lui prodiguer mille soins, et- lui appliquer un mode de culture inconnu en France : l'enseignement horticole. S'il le veut réellement, M. Barillet peut en obtenir les plus heureux résultats. H est en possession de la partie matérielle : vastes jardins, serres et pépinières, dam lesquels ses élèves peuvent beaucoup apprendre, mais au point de vue de la pratique seulement ; ce qui lui manque pour fiiire de vrais jardiniers, c'est l'appareil de l'enseignement scientifique, et il l'aura quand il le voudra. Qu'il f(Hrme une association des amis de Thorticulture; qu'il fasse appel, comme les fondateurs de l'association philotechnique, au dévouement, an désintâ-essement de quelques jeunes savants — mais des sa-

vants pour de vrai^-^ et il aura sou petit corps enseignant, qui, pendant les longues soirées d'hiver, inculquera à ses garçons jardiniers un peu de botanique , de chimie, de minéralogie, etc., etc. Le bel établissement de la Muette deviendra alors l'embyron d'une École d'horticulture, et Tannée prochaiae, à la Saint^Fiacre, il y aura réellement lieu à décerner des médailles de capacités, qui plus tard feront place aux diplômes. Une pareille entreprise ne doit pas effrayer M. Barillet, et il aura fondé une chose utile à l'horticulture à laquelle il est tout dévoué.

Un homme non moins dévoué que lui à la science des jardins, nous a adressé la protestation suivante que notre impartialité nous fait un devoir de publier.

MQQsieor le Rédacteur,

Le 7* numéro de VHorticulteur françm (année courante), contient sons le titre : Plantes nomelkt du Fleuriste de Paris, un articie dans lequel, à propos de la mise au commerce de deui variétés du Pelargo- Dium zonale, vous conseillez à l'établissement de la Muette de ne pas livrer à l*Evenir ses gains au commerce, et vous adressez amicalement la même recommandation i tous les horticulteurs commerçants; reservant aux seuls amateurs le droit de faire des nouveautés. Vous craignez que Tamour paternel ne ferme les yeux à rhortioulteur marchand sur les défauts des nouveaux venus, et sur leur trop grande ressemblance avec des variétés déjà connues. Pour les gains des amateurs^ c'est autre chose; ils doivent subir, dites-vous, l'examen sévère du marchand à qui on les propose et qui jugera mieux de leur mérite, n'en étant pas Tobtenteur.

Nous ne partageons pas, à ce sujet, votre manière de voir, et si nous souhaitons de bon cœur la bienvenue à toutes les bonnes nouveautés d'où qu'elles viennent, nous n'en affirmons pas moins que la plus grande partie des nombreuses et très-belles variétés de plantes, hybrides ou simples métis, dont s* est enrichie l'horticulture depuis quelqpes années^ sont dues h des horticulteurs commerçants, qui les obtinrent à l'aide de crôisQ^lents faits avec intelligence et de soins entendus. L'horticulteur commerçant est donc non-seulement très-apte à faire des

nouveâutéB, mais il est encore peu ft»ile à lef trouirer dignes des hoQ« neara du oommerce ; ne Balt-il paa que sa réputation et la prospérité da sa maison dépendent uniquement de la yalear réelle des produits qu'il annonce ? Et il ne fera pas volontiers suivre de son nom celui d^une plante sans mérite ; nous croyons que, loin de fermer malgré lui lei yeux sur tes enfants des autres, le semeur commerçant les ouvre bien grands, compare, veille avec grand soin à ne fait« les honneurs d'tine ir«oDmmandation qu'à une plante ayant de sérieuies qualités ; nous le répétonSf son intérêt bien entendu Yj twoey et aussi son amour-propre. VeuiUezagréer» Monsieur leRédacteur ^ l'expression de mes sentiments les plus distingués.

G. Malet.

M. Malet, peut avoir raison ; mais je maintiens que le commerce des plantes ne perdrait rien de son importance^ si les horticulteurs commerçants s'abstenaient de faire des nouveautés. D'abord il y en aurait moins, ce qili en rehausserait le mérite* L'abondance des marchandises surlesmwchés avilit les prix j de même Tabondance de nouveautés déprécie cette marchandise. Et quoi que diseM. Malet, il y aurait bien plus de sévérité dans l'admission d'une variété nouvelle de la part d'un horticulteur étranger à sa production, que de celui qui en est robtœteur. Et ici je m'empresse de déclarer que je ne suspecte nuUement la loyauté ni la bonne foi des semeurs, comme qudi* ques personnes ont cherché à Tinsinuer dans Tesprit detes honorables amis de l'horticulture. Je formule mon jugement sdr l'aveuglement naturel de tout homme qui produit quelque chose. Le plus mauvais peintre d'enseigne se croit un Raphaelt et mal venu serait celui qui se permettrait de trouver mauvais son Cygne de la croix, ou son Bjon Coing. Quel est l'autear qui admet avoir fait une mauvaise comédie, ou un iïiàUvais livre? Combien néanmoins de pièces siiQées et de livres Vendus au poids ? Et cependant^ la réputation et la prospérité de tous ces auteurs dépendent delà valeur de leurs œuvres I Moi-même n'ai-je pas la conviction que tout ce que j'écris est parfait ?

Eftt-cè que je livrerais ma prose à rimprefisioa mus cela? car j'ai aussi ma réputation à sauve^rder I Et poui^taut tous lues lecteurs ne partagent pas ma conviction, M. Malet le premier . Donc, tout homme qui produit est naturellement areuglé par l'amour paternel. Il ne voit pas les défauts de ses productions, ou bien il y voit des qualités que le public désintéressé dans la question ne peatdéeoavrir* M* Malet a été sans doute membre de jnrys d'fiïpodtiôn d'horticulture • A-t-il rencontré sçuvent des concurrents vaincu!» ftVDU^la supériorité du lot du concurrent vainqueur? Je soutiens donc contre M. Malet, que Thorticulteur marchand est mauvais jyge quand il s^agit d'apprécier le mérite de ses gains, U les trouve toujours supérieurs aux autres, parce que l'amour est aveugle^ et qu'on est toujours amoureux de see œuvres; les exMptii^s sont rares k M* Malet en a au de nombreuses preuves il y a peu de temps; car^ si je ne me trompe^ il assistait à la réunion des horticulteurs convoqués parM« Barillet au jardin de la ville pour étudier la collection de Pelargmium z&nal»^ inquinoMf et en élaguer toutes les variétés qui font double emploi. Or, dans ce travail préparé par un chef de section^ M. Legrand^ sur 900 variétés dont ee compose cette collection^ M. Malet et ses collègues ont déclaré qu'il n'y en avait rérile* ment que iSO de vraiment distinctes ! Que sont donc les 750 autres, sinon des enfants de parents aveugles ?

Eu&n nous poserons, pour terminer, quelques questions à M. Malet ; et comme il s'oi^cupe spécialement de Pelargonium (Géranium) zonale-iuquinans, ces questions porteront sur ce genre de plantes.

Nous demandons donc à M. Malet, s'il aurait acheté, d'un amateur, le Géranium Saint-Fiacre^ pour le multiplier et le livrer comme nouveauté au commerce, si lui, M. Malet, avait propagé déjà le Géranium Marie Rendatler?

Propagateur d'un blanc, d'Emilie Vaucher^ par exemple, au-

rait-U acheté et propagé snecessivement : Marie Mizard^ Cmtesse de Chambord, Madame Barilletf White Tom Thumb?

Aurait-il acheté, parmi les rouges à long pédoncule , Cmsianl Huault, Chri8ti(m Dieggin^ s'il avait déjà Victor. Lemaine^

Eût-il livré au commerce le rose Beauté de Suresfies^ si quelques années avant, il eût vendu Alexandra?

Jean Ka//aan (saumon) aurait-il eu les honneurs de la vente chez lui, si M. Barre avait eu précédemment les mêmes honneurs ?

De même pour les rouges Boule de feu (Nivelet) et Étendmd, Multi flore et Président Réveil; les panachés Day Break et Flower of Spring ; Reine ^ Marguerite et Tripet, etc., etc. Nous pourrions poser ainsi 750 questions; mais que M. Malet réponde d'ahord à celles-ci, et nous verrons ensuite.

Une autre lettre nous a été envoyée p^ff un Rosiériste de Brie, dont la signature est indéchiffrable : pour cette raison nous pourrions la considérer comme anonyme et nous dispenser de la reproduire; néanmoins nous lui donnerons la publicité qu'on réclame pour eWe, dans la crainte de voir intervenir rhuissier.

Nous avons blâmé, il est tout naturel que nous insérions la justification.

Bri«»Gomt«-IMibert, toât 1S66.

Monsieur le Rédacteur en chef,

Mes confrères et moi vous remercions de votre compte rendu bienveillant de notre Exposition de roses. Seulement, nous regrettons que vous n'ayez pu rester à la séance du Congrès. Vous y auriez vu que nos projets ont certitude de réussite.

Le programme en a été rédigé par les principaux rosiéristes de France.

Permettez-moi de vous en relater les clauses principales : *

Le Congrès se réunit chaque année dans une ville quelconque, où se tiendra à cet effet| une Exposition ; et tous les trois ans, il se réunit i Brie-

Un programme publié à Tavance y sera discuté ; ce programme comprendra diverses questions sur la culture, la noiùeiicbitnreoii la classiflcation du Rosier. On pourra y répondre dans Tintervalle des sessions ; et ces réponses paraîtront dans un Bulletin spécial ; de telle sorte que le travail des sessions sera rendu plus facile et plus profitable.

La liste des meilleures roses ne comprendra que des variétés mises au commerce depuis au moins deux années.

Les nouveaux gains seront appréciés par les comités locaux créés dans les centres de culture du Rosier.

La cotisation annuelle estde5.fr. pour les membres et 40 fr. pour les sociétés agrégées. .

Un conseil d'administration permanent, nommé pour S ans, siégera . à Brie.

Il sera donc reconstitué à chaque sçssion triennale tenue dans noire ville.

Cette élaboration n'étant que provisoire, on a voulu lui donner la consécration de Texpérience; donc, la session de 4867 a été fixée à Brie-Comte-Robert, et provisoirement le conseil est composé de la manière suivante :

Président M. Camille Bbrnardin.

Vice-Présidents . . MM. Scipion Cochet et Euoène Vbrdier.

Secrétaire général. M.Delamarke.

Secrétaires MM. LevesoueSIs, Dubois fils.

Trésorier. ..... M. (ÏAUTREAirpère.

Conseillers MM. Granobk^ Charles VEUDiBay Cochet- Aubin,

Margottin.

Nous sommes heureux que votre rapport nous ait donné lieu de vous faire cette communication.

Veuillez Tinsérer et rectifier nos fautes d'orthographe ; car vous savez qu un de vos confrères de la fieoue nous reproche d'écrire Senetateur pour Sénateur, Seline pour Céline, Raine pour Reine. Que vôulezvous, dans cette tftche précipitée, nous nous faisons aider par nos voisins, ce sont « nos secrétaires, « et nous n'avons pas toujours Tinstruc^ tion' suffisante pour les corriger. Mais pourquoi donc ce savant redresseur de torts tombe-t-il dans un précipice plus profond? Dans son compte rendu écrit à tète reposée, corrigé à l'épreuve, il recommande les roses suivantes, avec force fautes d'orthographe :

Cécile de Chabriant au lieu de Chabrillan, Jaqueminot pour Jacque-

Page 1