Lesccver
Travaux du mois d'Octobre,
J^rdfin ^potager. On sème eu place : Màche^ Ëpiuards, Cerfeuil^ pour récolter ea mars^ et des Laitues crêpe rouge, petite noire, romaines hâtives. pourre(Hquer ensuite sur couche . On repique eq place ou en pépinière : Choux d'York et autres. Oignons blancs. Oseille; et sur cotières, Laitues de la Pas»?" Choux-fieurs. Lorsque les gelées arrivent, il faut couvrir les semis et letues plants, ainsi que les planches de Chicorée, Scaroles et Haricots qui pott^rtieit encore rester dans le jardin.
Jardin fruitier. Récolter les fruits d'hiver et choisir pour cela un temps bien see. Pour que ces fruits se conservent plus longtemps, il faut éviter de les meurtnr et les laisser ressuyer dans une pièce bien sèche, avant de les transporter dans le fruitier. C'est le moment d'adresser les demandes d* arbres.
Jardin d'agrémmt , Travaux d'entretien et de propreté. On met en place les Chrysanthemum . On peut planter des Œillets de poète, Mufliers, Scâbieuse, Campanules, Digitales, Polemooium et autres plantes vivaces élevées en pépinières. Oafait ses piantalions, en pleine terre, d'Oignons de Jacinthes, Tulipes, Narcisses, Crocus. On doit relever, pour mettre en pot, de la Giroflée jaune et la rentrer sous un abri quelconque pendant Thiver, afîn de Tavoir de bonne heure en fleurs au printemps.
Serre. On doit aérer pendant les heures les plus chaudes, tant que la température extérieure sera égale à celle de la serre ; mais vers la fin du mois, les nuits commencent à être froides, il est alors prudent de préparer les paillassons pour en couvrir les vitres. On ne doit pas oublier que les pla^ites ont besoin de repos pendant un certain temps; on doit donc commencer à diminuer les jirrosements . Il est cependant quelques espèces qui ne fleurissent, sous notre climat que pendant^ la saison d'hiver ; à celles-là, les arrosements ne doivent pas manquer, surtout lorsqu'elles se disposent à entrer en végétation .
Si les plantes d'orangerie ne sent pas encore rentrées, il ne faut pas tarder aies hiverner; les nuits conimenceni à être froides et humides; il faut choisir une belle journée de soleil et attendre que Thumidité delà rosée des nuits soit disparue; autrement on risquerait de voir les plantes pourrir. On doit disposer ces plantes, dans Torangerie, de manière à réserver le devant pour les plantes délicates ou celles qui conservent leurs feuilles. On place les arbrisseaux à feuilles caduques tout à fait au fond avec les Orangers et les Lauriers roses. Règle générale: toute plante è feuilles molles et qui les conserve pendant Thiver, - doit être rentrée dans un endroit bien éclairé, pour recevoir autant de lumière que possible. On dépouille les Fuchsia et les Géranium zonales de leurs feuilles, et on les intercalle entre les caisses d'Orangers; ils n'ont pas besoin de lumière avant le mois d'avril^ si on ne les pousse pas à Teau ; os ne doit arroser les plantes d'orangerie que très-rarement, pour maintenir seulement la vie.
raris. - luipctiucric liorticolc de Ë. Do.NRACbf rue CasictU* '•f-
S(MIIIAIiUt DKS ARTICLKS CONTINUS DANS CE NUMtaO.
F. HBBiMCQ, Chreml^ae. —.0. Liscuybr, Clalllarilla pleta, var. Lœsolll (PI. XI):
- JoLBS Jarlot, Liste «es Pelarcealanui ■•nale et la^niiiAu», admis au Fleoriitte de la ville de Paris. — Jbam SiaLBY, ue taiUeE pas vos neeiora! (RépliqQe.)
— Alphohse Lavalléb, Manuel de Tamatear des Jardins, par MM. Decaisoe et Nandio, tone H. ^ F. Hibinco, las l^eya^eviv eellecteure de rhortieoUurc : François Aidré Niehaiu (fin). ^ Eau. Bohahb, le sparadrap pour l'écussonnage» et nouvelles étiquettes Aobert. — Catalogues d'horticulture pour l*antomne 1866. — Travaui du mois de novembre*
CHRONIQUE
Ëacocô le^vec blanc et les hannetons ; circulaire des préfets de plusieurs départemenls, engageant A leur destruction; indifférence du cultivateur français; 1c jeu n*6n vaut pas la chandelle. La loi sur le hannetonnaffe en Suisse ; résultat. Chasse aux hannetons organisée par rinstituteur de Fontanil ; conséanence. Le rouleau destructeur de M. Berneval; conseil de M. Léon Feret. Le puceron lanigère, le coaltar, Tacide phénique ei le pétrole. 4!2,000 végétauy utiles. Pomme nouvelle. Le congrès pomologique de Melun; le monument s'écroule; la clef de voûte est détachée: la cause et la' véritable cause. L*amour de la science n'est qu*un vain mot. Preuve tirée des œuvres de Buchoi. Les aménités du xtiii« siècle. Le savant d'aujourd'hui, conseil de Bolleau.
Le ver blanc est plus que jamais sur le tapis. De toutes parts on s'inquiète^ on se lamente; quelques cultivateurs vont même jusqu'à reprocher au gouvernement de ne pas mettre son armée sur le pied de guerre, pour combattre ce lâche ennemi qui se cache dans les profondeurs de la terre; mais c'est à qui en fera le moins pour s'en débarrasser.
Nous avons rapporté, dans une de nos précédentes chroniques^ la circulaire du préfet de l'Isère, aif sujet de la destruction des hannetons, et du peu d'empressement des habitants des campagnes à profiter des primes accordées aux destruc* leurs. Malgré cet insuccès, plusieurs de ses honorables col* lègues ont imité son exemple, en engageant les cultivateurs à s'entendre pour faire la chasse à cet insecte, et en mettant à la disposition des conseils municipaux des sommes d'argent pour être délivrées en primes d'encouragement et exciter le zèle de ces êtres apathiques, qui n'ont de force que pour se plaindre. Dans le département de la Seine-Inférieure la prime est de 90 centimes par 10 litres. « MM. les agriculteurs, dit Novembre 4 $66. 24
M. le sénateorT^préfet, sont iostammenk invités à faire détruire les mans^ particulièrement au moment des divers labours d'automne^ en faisant suivre la charrue par des fenmes ou des enfants qui ramasseront les vers blancs aussitôt que la charrue les met à découvert. » — C'est le conseil que je donnais la semaine dernière à des cultivateurs des environs de Mantes, et qui me répondirent bien tranquillement que le jeu n^ en vaudrait pas la chandelle. Le campagnard français n'a pas changé. En Suisse, il est plus progressiste, et comprend mieux ses intérêts. VEmmenthaler fi/â^e démontre piir les chiffres suivants les avantages de la loi sur le hannetonnage en vigueur dans la patrie de Guillaume-Tell et d'Arnold de Melchthal. Pendant les années 1864 et 186B, il a été dépensé une somme de 250,009 fr« parlescommunea et TEtat, en primes, pour la destruction des hannetons et des mans. Cette somme parait énoraid; cependant il est facile de démontrer que le jeu vaut plus que la chandelle. On sait que chaque larve de hanneton consomme environ deux livre» de substance végétale dans le cours de son existence. Or, il a été détruit en Suisse, pen. dantces deux dernières années^ 67,917 boisseaux de vers blancs^ contenant approximativement i, 528,152,500 larves. C'est donc 5 milliards 528 millions 132 mille 500 livres de substances végétales qui ont été conservées à Tagriculture. Et ici on ne tient pas compte des pertes considérables qui réauitant de la mort des plantes dont les racines ont été mangées par ces vers blancs. Les 259 mille francs> comme on ^oit, n'ont pas été dépensés en pure perte.
D'après les autorités bernoises, il a été détruit, dans le seul canton de Berne, en 1864, 700 millions de hannetons, et 1 milliard 4 20 millions de larves. Est-il besoin d'insister^ d'à* près ce résultat, sur les avantages de lâchasse aux hannetons et aux vers blancsY -^ Voici un autre fait.
Le Journal le Sud-Est^ que^l^rige si habilement M. Pru*
dhonijnô, de Grenoble, a proposé un mode de destruction par les élèves des écoles communales. Un iqstituleur de la commune de Fontanily voyant le désespoir des cultivateurs du pays, a organisé, avec ses élèves, une chasse pendant le prip* temps dernier. Il a détruit i 501 kilogrammes de hannetons. Or, dit M. Prudhomme, « chaque hanneton peut peser un peu » plus d*un gramme; nous admettons qu'il en pèse deux. — » 1,501 kilos de hannetons multipliés par 500 au kilo, donn nent le chiffre de 750,500 hannetons détruits par Técole de » FontaniL Si les 40 mille écoles de France en eussent fait au* • tant^ la destruction eût été de 30 milliards! »
C'eût été un joli chiffre, et un bien plus joli résultat; car 50 milliards de hannetons peuvent produire de 750 à 1 ,200 milliards de vers blancs; le calcul est facile. Sur ces 50 milliards d'insectes, il pouvait y avoir moitié de femelles, soit 1 5 milliards. Chaque femelle pond de 50 à 80 œufs; par conséquent 15 milliards peuvent produire de 750 à 1,200 milliards de larves. C'est donc douze cents milliards de vers blancs qui auraient pu être détruits cette année, si tous les instituteurs de France avaient suivi le bel exemple de celui de Fontanil, M« Chômât. Ce chiffre est éloquent, je crois!
Des agrieuitem» normands, MM. Berneval frères, ont employé un mode de destruction de veo: blanc, qui est des plus simi^. Ils se sont servis, dit le Pays Normand^ d'un rouleau ordinaire et d'un autre formé avec deux roues de meules de pressoir rémues au moyen d'un fort essieu de voiture, Tun et Tâutre chargés d'un poid« (le 5 à 4,000 kiiogr. Ils ont roulé leur prairie, et, par ce moyen, détniit la totalité des mans, qui, au printemps, étaient montés presque à la surface de la terre. Mais M. Léon Feret, rédacteur en chef de la feuille normande, orott qa'ii existe beaucoup de circonstances dans lesquelles cette pratique est impossible, notamment dans les terres labourées, c Je préférerais, dit-il, donner plusieurs labours pro-
fonds et herser vigoureusement après chaque labour. Cette double opération a pour résultat de mettre à Pair un grand nombre de vers blancs et de les blesser par le contact de la charrue et de la herse, ce qui suffit pour les faire mourir. »]e suis de l'avis de M. Feret; mais je crois les hersages insuffisants. Ramasser les larves derrière le laboureur me paraît encore le moyen le plus certain et le plus économique.
Un autre insecte^ le puceron lanigère, fait naître aussi des inquiétudes ; car il tend à se propager dans des contrées qui en avaient été jusqu'à ce jour à peu près protégées. Le/ournal de la Société d'horticulture du Bas-Rhin recommande le procédé de destruction suivant comme très^efficace : — « Après la taille des arbres, badigeonner à deux couches les branches, à l'aide d'un pinceau, d*une dissolution sulfuro-po* tassique très-concentrée, dans les proportions que voici : 4 kil. de sulfure de potasse dans 45 litres d'eau bouillante, avec un ajouté de 5 kil. de fleurs de soufre. On remue ce mélange jusqu'à refroidissement, et on en fait Tapplication en ayant soin de ne pas épargner le liquide dans les cavités servant de refuge aux pucerons. — Cette dissolution est aussi très^efficace contre l'oïdium.
Le Bulletin de la Société d* Agriculture du Haut-Bhin recommande lui, sous la signature Jules Lemaire^ le coaltar et l'acide phénique pour la destruction de toute espèce d'insectes. La poudre de coaltar mélangée à la terre du pied des arbres^ en chasse, dit-il, tous les insectes; et avec de faibles solutions d'acide phénique dans les proportions de 4/1000 dont on bassine les branches et les feuilles des plantes, on détruit tous les insectes.
Un cultivateur de Charonne, se débarrasse du puceron lanigère en employant le pétrole, mais mélangé à de Turine. Ainsi préparée cette substance est moins corrosive et n'attaque plus l'écorce des arbres •
Nous voici donc maiD tenant en possession de remèdes pour combattre les ennemis des plantes. Rien ne s'oppose plus à ce que nous nous livrions sans crainte à la culture des nombreux végétaux utiles à Thomme, qui^ au dire d'un auteur allemand, s'élèvent au chiffre de 12,000 environ. Il prétend, ce brave Germain, qu'il n'y a pas moins de 2,500 plantes économiques» parmi lesquelles on compte 1 1 00 fruits, baies et graines comestibles ; 50 céréales; 40 graines de graminées non cultivées, et 23 d'autres familles ; 268 rhizomes, racines et tubercules ; 37 sortes d'oignons; 420 salades et légumes; oO palmiers; 32arroMr-root; 31 sucres; 40 saleps; 200 végétaux qui produisent des boissons vineuses; 50 succédanés du café; 123 succédanés du thé, etc. Si nous manquons de nourriture et de boissons, ce n'est pas la faute de la nature qui se montre pro* digue, au contraire, envers nous. Elle met 268 rhizomes ou tu« bercitles à notre disposition , et nous ne cultivons que la pomme de terre, la betterave^ la carrotte et des navets ! Quant aux fruits, l'auteur n'entend parler très-probablement que d'espèces; car nous possédons déjà plus de 1100 Poires, peut-être autant de Pommes, sans compter celle que vient de nous envoyer un de nos abonnés .
« Je vous adresse, écrit notre correspondant, trois Pommes d'une variété que je crois nouvelle. Elles proviennent d'un vieux Pommier que j'ai trouvé en Bretagne et qui n'a jamais été greffé. J'ai fait cette trouvaille en 1864, et j'ai conservé des Pommes jusqu'à la fin d'avril ; elles sont encore trèsbonnes à cette époque. Elles sont remarquables par la grosseur et leur belle couleur jaune-citron. L*arbre a produit 30 mesures ou doubles décalitres cette année, en plein vent, et il produit tous les deux ans sans manquer. C'est, je crois, une
bonne variété à propager.
» Julien Liberge,
«jardinier an rhâiean*de Kerdaniel (CAtes dn Nord).»
Noud aurions vonlu soumettre cette nouvelle Pomme au jugement des membres du Congrès pomologique de France; mais la session était terminée quand renvoi nous a été fait; ce sera pour Tannée prochaine.
C'est à Meiun, comme chacun sait, que les pomologiates se sont réunis cette année. Cette session a été honorée de la présence d'un des plus éminents pomologues de l'Angleterre, M. Robert Hogg, délégué de la Société royale d'horticulture de Londres, et rédacteur en chef du journal The Florist and Porno* logiBt. Notre savant confrère a dû emporter en Angleterre une singulière opinion des pomologistes français; car, cette fois encore, les hommes les plus compétents ont fait défoot, et malgré tout le zèle de l'honorable M. le sénateur Réveil qui, par dévouement à l'horticulture et aux institutions utiles, a accepté la présidence, l'œuvre aura bien de la peine à arriver à bonne fin. Ici, comme dans toutes les sociétés» les ambitions, les rivalités ont enlevé petit à petit le ciment qui unissait aux débuts toutes pierres de l'édifice ; et le monument finira pat s'écrouler n'étant plus soutenu parles pierres qui formaient les fondations.
Cette année, c'est la clef de voûte, sur laquelle reposait l'œuvre, qui s'est détachée. M. Willermoz, secrétaire général des 10 dernières sessions, invoquant raffaiblissement de sa santé , adonné sa démission de secrétaire du Comité de rédaction de l'ouvrage publié par le Congrès, sous le titre de Pomologie de la France. L'affaiblissement de santé est évidemment un prélexte. La véritable cause, nous la trouvons dans ce passage du discours du Président de la session de Melun. « Les fascicules de ce volume (le troisième) ont porté, selon l'usage adopté, la signature du Secrétaire général du Congres pomologiqne^ Secrétaire du Comité de rédaction. Cette signature ainsi composée vous avait paru, depuis l*origine, indiquer suffisamment Tèlre collectif : le Congrus. Il vous a plu de dé'
cider que (teitnel) • désormais, les articles de description se- » root toujours signés par les auteurs directement^ que ce » nom soit collectif^ par exemple d'une société, ou qu'il soit » individuel, sans pouvoir, en aucun cas, être contre «signé ou » sus-signés, le fait de l'insertion dans la publication du Con- • grès étant une garantie suffisante d'authenticité. »
C'est devant cette décision, qui supprime la signature du rédacteur du Comité de rédaction de la Pomologie de France, que M. Willermoz a dû évidemment donner sa démission. Chacun tient h signer ses œuvres; l'amour de la science n'a jamais été qu'un vain mot; et nous sommes souvent témoin de discussion vive entre savants, qui se disputent la simple priorité d'un nom donné à une plante* En voici un curieux et triste exemple au sujet du genre Gaillardia auquel appartient la magnifique variété que nous figurons dans ce numéro.
'Dans une dissertation en forme de supplément, sur une plante nouvelle^ le botaniste Buchoz proteste très-énergiquementet d'un ton plus qu'acerbe, contre l'adoption du nom de Gaillardia^ donnant ainsi le triste spectacle des querelles qui s'élèvent entre les hommes de science, pour des sujets son* vent bien futiles. Dire des invectives pour un nom de getire^ c'es^t bien puéril. Voici comment disonte Buchoz :
«L'auteur d'une nouvelle feuille qui parait à Paris depuis peu, dit- il, vient de nous reprocher d'avoir donné le nom de Calonneak une plante déjà nommée; et il ajoute, que M. L'Héritier n* aurait jamais osé le faire. Nous soutenons que nous sommes les premiers qui
avons dénommé cette plante en 4785 et M. Fougeroux de Bonda-
roy, qui Ta nommée de nouveau, et après nous, ne Ta nommée qu'en 1786-... Au surplus, quand bien même le nom que M. Fougeroux de Bondaroy lui a donné aurait été antérieur au nôtre, il n'aurait pas dû subsister, il aurait dû être changé. M, Fougeroux l'avait nommée Gaillardia en l'honneur de M. Gaillard de Gharentonneau qui, suivant cet académicien, aux devoirs de la magistrature, a su réunir, comme délassement, la culture des plantes et de la botanique.
Or^ personne nMgnore que ce M. Gaillard n'était qne très-^peu connu parmi les botanistes. Il n'en est pas de même da nom de Calormea; tout le monde sait combien M. de Galonné était et est encore amateur d'histoire naturelle. Si nous lui avods dédié cette plante, ce n'est pas par intérêt^ ni pour recevoir des récompenses^ comme tout le monde
le sait; mais c'était uniquement pour Tamour de la science Si
rintérèt avait pu diriger quelqu'un à faire une pareille dédicace, c'aurait dû être M. L'Héritier^ qui a employé le crédit de M. de Galonné^ pour enlever à M. Dombey les plantes qu'il avait apportées du Pérou, et pour s'approprier Thonneur de les publier le premier, sans avoir eu la peine de les aller chercher, et d'exposer sa vie pour se les procurer. « Nous pouvons donc donner à M. le folliculaire le démenti, lorsqu'il dit que M . L'Héritier n'aurai t jamais osé donner un nouveau nom à cette plante déjà connue ; outre que nous avons nous-mêmes à nous en plaindre, on peut consulter là-dessus MM. Gavanillea, le chevalier de Lamarck, etc., et on verra si M. L'Héritier est aussi scrupuleux qu'on ose le dire; lisez aussi à ce sujet notre dissertation sur l'aristocratie botanique. »
Comment trouvez-vous, amis lecteurs, les aménités de la botanique du 18* siècle? La science n'est pas toujours, parattil, un champ de paix; et la courtoisie n'a jamais fait parti du bagage scientifique des savants.... de ce temps-là, bien entendu : car aujourd'hui, dans la discussion, on n'emploie que des fleurs de rhétorique dont le parfum enivre son adversaire; et quand on lance des traits, ce sont des traits aimables qui chatouillent et ne blessent jamais. Le savant du xix* siècle connaît son Boileau; il se rappelle ce sage conseil de Fauteur de fArt poétique :
» Que votre Ame et vos mœurs, peints dans vos ouvrages , » N'offrent jamais de vous que de nobles images. »
F. Heringq.
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GAILURDIA PICTA var. LOESELII (Pl. XÎ.)
Le genre Gaillardia appartient à la grande famille des Composées, et au groupe que de Jussieu a nommé Radiées, à cause des deux sortes de fleurs qui constituent le capitule : les unes tubuieuses occupant le centre, simulent le cœur d'une fleur, ou autrement dit les étamines et le pistil; et les autres en forme de languette (d'où leur nom de ligules ou fleurs ligulées) sont disposées tout autour, représentent les pétales, et simulent les rayons du soleil.
Les plantes qui le constituent sont des herbes vivaces et annuelles; elles se capportent à 4 ou ë espèces.
Le Gaillardia Lœselit du commerce, est une variété du Gail^ lardia picta^ de Sweet^ ou Drummondii, de De Candolle^ et pour, rait bien n'être que la même variété désignée sous le nom de grandiftora. C'est une plante vivace, très-poilue, haute de 60 à 80 centimètres, à tiges finement cannelées, marquées de lignes longitudinales parallèles alternatives rouges ou vertes. Les feuilles des tiges sont sessiles lancéolées entières, et celles de la base oblongues-spatulées plus ou moins incisées. Les capitules, désignés à tort par le nom de fleurs, sont remarquables surtout par leur grandeur; ils ont en efl'et de 10 à 12 centimètres de diamètre, c'est-à-dire plus du double de largeur de ceux de l'espèce type. Les ligules (vulgairement pétales) très-nombreux qui forment les rayons, sont d'un magnifique rouge écarlate pourpré dans les deux tiers inférieurs, et d'un beau jaune dans le tiers supérieur. Le centre du capitule est constitué par de nombreuses petites fleurs tubuieuses d'abord jaunes, puis rouge pourpré.
Nous avons trouvé cette belle plante chez M. Rougier-Chauvière, rue delà Roquette, à Paris. Elle est, comme le type, trèsoonvenable pour la formation de grands massifs ou de cor-
beilles variées. Comme les Gaillardia picta nana^ grandiflora et alba margifyUa, les plos géoéralemeDt cuitiTées, elle ne peut se multiplier et se perpétuer que par boutures. Â Tautomne, on rentre quelques pieds mères en serre^ et dès le mois de février ou mars^ on fait les boutures qui, poussées à la chaleur et à la nourriture après leur repiquage en pot, produisent de très-boûnes plantes pour Télé suivant. Quand on n'a pas de serre à multiplication, on rentre les pieds mères en orangerie ou sous châssis froids, et au premier printemps on fait les boutures sur couche tiède et sous cloche.
Lorsqu'on veut opérer par semis, on sème dans la seconde quinzaine de mars sur couche; on repique dans les mêmes conditions, et dès le mois de mai ou juin, on peut mettre en place des plantes qui commenceront à fleurir en juillet ; mais qui ne reproduiront pas toutes, les caractères de la variété sur laquelle on aura récolté les graines.