UN MOT SUR L'ORNEMENTATION DES JARDINS
Depuis quelques années, on a introduit dans les jardins un genre d'ornementation qui a émoussé singulièrement le goût des amis de l'horticulture; je veux parler de ces corbeilles
oompofiées d'une ieule espèce dô planiez, ou de trois ou i|uMre, pour form^ d^s zones régulières de bbao, de bleu, de rouge ou de jaune, Une femme de beaucoup d'esprit, amie des fleurs, a appelé, avec raison, (;es corb^Ues des paim â caehetm'; et^ de fait, ces corbeilles vues de loin ne ressemblent pas à autre chose. De près, elles sont sans intérêt^ oar leur uniformité &^ tigue : d'un coup d'oeil on a tout vu. Rien n'exoitela ciinositéy rien n'attire ne fixe Tattention.
Si rhorticulture fait si peu de prc^ès en France, la cause en est évidemment à ce genre d'ornementation qui réduit le nombre des plantes employées à quelques espèces vulgaires.
Pour rompre cette uniformité et favoriser le commerce, on a introduit^ dans ces dernières années, les plantes à feuillage; mais à part quelques espèces, que les feuillagistes plantent isolément, le plus grand nombre est toujours réuni en maflse compacte, et Taspect particulier de chacune d'elles se trouve ainsi détruit : Tefiet qu'on veut produire est manqué.
Il est temps de revenir aux parterres de plantes variées ; ceux-là seuls sont attrayants et soutiennent l'examen porolongé. L'œil passe d'une plante à une autre sans fatigue^ etj le soir arrive qu'il reste encore beaucoup à voir; car il y a de ces fleurs qui, par la forme bizarre ou élégante de leurs parties, retiennent auprès d'elles des taures entières.
Ce genre d'ornementation n'a pas été abandonné partout. Quelques jardins publics ont conservé la pratique de nos pères, et c'est très-heureux.
Le jardin du Luxembourg est celui qui a toujours été cité comme modèle en ce genre ; et, il faut bien l'avouer, c'est avec raison, tes plates-bandcs sopt toujours admir^lement fleuries, j la terre disparaît sous la masse de ses fleurs variées et bien choisies.
Quel agréable coup d'œil présentent toutes ces plates-bandes des parterres qui entourent le palais du Sénat ! Quelle-diSé^
Twm AYçc Taspect maui^s«dâ 4e ces ron<jU ou lignas uAÎformfis
teurs, de ce yieyx geare d'orqemeAt, et voua jugerea*
Voici le tableau de l'agencûineQt d'une portion de platearbaQ*^ des du Luxembourg ; cbaque numéro représenta une plantadoni le nom est reporté dans la liste suivante :
La ligne du milieu egt établie avec des plantes qui atteignent 1 mètre environ de hauteur. Les placer indiquées n" 1 sont occupées par des Rosiers tiges jl'intervalle de deuxRosiers(n'* 1 1 ) est coupé par un Fuchsia tige formant tôte, etqni ressemble, quant à la forme, à un rosier; les autres plantes sont ;
3 Glaïeuls en touffe.
5 Ageratum bien.
7 Phlox rouge.
9 GauraUndheimerii.
i3 Lantana jaune et orange,
15 AgeratUm blen^
47 Cosmos à fleurs rouges.
19niIoxblano.
Les deux autres lignes «ont composées; n'* % Fuchsia à calice blanc et cQroJle violacée. 4 Balsamine Gamellia blanche, 6 (Enothera serotina à fleur jaune.
8 Pelargonium zonale (Nosegay commw)i ^ fleur pongo^ 10 Héliotrope de Voltaire à fleur bleu foncé. \ 2 Phloît blanc rosé à œil rose (Comtesse de CUaml>ord?). H Anthémis frutescens à fleurs blanqbQa« 16 Tagetes lucida à fleurs jaunes.
18 Pelargonium zonale (Nosegay commun), 26 Agwatnm Weu nain.
TeUf^ ei^ la composition des plates-baqdes dçs p^terrQs du
palais du Luxembourg, qui pendant tout l'été ont fait mon admiration. Il ne faut qu'une qumzaine d'espèces pour produire ce magique effet. Oui I magique, à c6té d'une coi*beilIe de Géranium Tom-Pouce, voire même d'un pain à cacheter de Coleus, ou d'un massif de Soianum, toutes les espèces y fus* sent-elles réunies 1
F. H£B]NGQ.