‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 23 sur 159 · EXPOSITION D'HORTICULTURE A AMSTERDAM · texte numérisé non relu

EXPOSITION D'HORTICULTURE A AMSTERDAM

Amsterdam (Hollande), 6 arril 1863.

A Monsieur Donnaud,

Éditeur adminislratear de VUortiaUteur fmneaû. Cher maître.

Me voici pour la première fois sur le sol étranger, et cette première sortie de la France, je dois you$ l'avouer, me fait vivement regretter de ne l'avoir pas effectuée plus tôt; car je me suis privé bien longtemps de cette douce et agréable jouissance qu'on éprouve à serrer la main de tous ces hommes modestes et sages qui se dévouent aux intérêts deja science horticole, et qui sont venus ici, de tous les points de TEuiope, pour apprécier et juger ces spiendides végétaux réunis sous la coupole du Palais des arts et de l'industrie, transformé en un véritable jardin enchanté. Oui, je dois à la Société royale néerlandaise pour V encouragement de V horticulture, de connaître le charme de ces réunions scientifiques, en m'honorant d'une invitation à prendre part au travail du jury ; et je tiens à exprimer à ces honorables membres ma profonde reconnaissance pour le bonheur qu'ils m'ont procuré, et pour le gracieux accueil qui a été fait à tous les jurés étrangers en général.

Ce n'est cependant pas la première fois que je me trouve au milieu de savants et d'horticulteurs; j'ai asmsté bien souvent à des réunions, mais jamais je n'ai éprouvé autant de satisfaction, autant de plaisir, qu'à cette fête qui s'ouvre sous les auspices de la Société d'horticulture d'Amsterdam.

n est vrai que nous sommes entourés de fleurs, et que les fleurs exercent une douce influence sur le caractère de ceux qui les aiment. Les fleurs, en effet, ont sur l'homme la même influence que la plus belle partie du genre humain. En leur

présence on discute sans aîgi'eur; la conversation est intime ; il semble qu'elles y prennent part. Et puis la vue de ces splendides merveilles épanouit le cœur, exalte l'imagination^ élève rame au-dessus des régions terrestres, et fait oublier les vicissitudes de la vie humaine ; alors tout, autour de soi, parait beau et bon; et naturellement on se laisse aller h de doux ^panchements du cœur, jusqu'à ce qu'on se retrouve en pré- »nce de la triste vérité.

Mais je me livre à des réflexions qui commencent à ne plus être précisément horticoles ; je rentre dans la question.

Vous m'avez accordé ma feuille de route, à la condition que

je TOUS enverrais un compte rendu de Texposition, pour le nu--

méro d'avril qui, pour cette raison, paraîtra un peu plus tard.

Je ne savais pas à quoi je m'engageais en vous le promettant;

je croyais trouver là une de ces belles expositions, comme jadis

nous en avons eu à Paris, et dont on pouvait néanmoins juger

et apprécier le mante en quelques heures. Hélas! malgré tout

mon amonr pour mon pays, il me faut avouer que mon erreur

fitaît gigantesque. Ce n'est pas quelques heures qu'il me faudra;

It semaine entière ne me suffira pas pour examiner, même ra*

jadement, cette exposition à laquelle ont pris part près de trois

eents exposants hollandais et belges; car F Angleterre n'était

représentée que par un très-intéressant lot de nouveautés de

bmes Veitch, et la France par un beau lot de Rosiers de Mar->

gottin, et des arbres fruitiers de Jamin-Durand.

i70 concours étaient ouverts; 850 lots environ ont été présentés ; et pour juger 850 lots il faut du temps. Le jury, composé de plus de 150 membres, a été divisé en 10 sections, et c'est avec beaucoup de peine et d'activité que nous avons pu finir notre tritvail en une journée. La première section qui avait à examiner les nouveautés n'a terminé qu'à 8 heures du soir; la quafeième, celle des collections d'Agaves, Conifères, Arafiàcées, etc. 9 n'a pu finir que ce matin. Si le jury n'avait fait

qu'un seul corps, il lui aurait dcmc fallu 10 joon pour tcBO^ sa mission !

Imaginez'vous la nef de notre pahd» de l'Industiie (36 oaèlreB de large sur 90 environ de loiigueiEr)^ eomplétemeot rempKd de grands arbustes h feuillage (Palmiers^ Fougère», Protéacée^, Araliacés, Pandanées, Agaves, etc.), servant de repoussoir à des mdsûlsà' Azalées indiennes, de plus d'un mètre de diamètre eha- Gune, taillées en hémisphères, en pyramides, €ft tellement gar* nies de fleurs qu'on ne voyait pas la plus petite feuille ; de Rhododendnim aux cent branches terminées par de ravisMntâ^ bouquets naturels de fleurs aux coloris frais ei variai ; de CamMia, étalant leur ample corolle aux pétale» r^uHèreuEieDi imbriqués} de cette élégante pléiade d'arbustes fleuris du Cap e4 de la N6ih m velle-Hollande: de ravissants Ëpacris ; de Rosim»; de plaot^l 1 bulbeuses, notamment de Tulipes, de Jacinthes, la gloire de rhorticulture de Haarlem, et peut-être pourreas^vous vous fm$ une idée de la richesse florale de cette expûniXionf qui n'a dd rivale, jusqu'à ce jour, que l'exposition de Bruxelles de Vannée dernière. Mais j'en doute, malgré toute la dépense d'naaffùartion que vous pourriez faire pour grouper avec art ces 8S0 lots. Quant à moi. je n'essayerai pas de vous décrire ce jardin féerique qui m'a tant charmé, duquel je suis sorti ébloui, et» ]i dirai- je? abattu. Oui, en trouvant tant de merveilles amoncelées dans ce vaste palais, trop petit néanmoins pour donner à obi* cune d'elles l'espace qui lui convenait, j'ai éprouvé un moment de tristesse, en me rappelant nos expositions. .4..

Mais^ comme jel'ai dit Tannée demière« à l'occasion dâ Texposition de Bruxelles, la France possède, elle aussi, lès matéri^ax convenables pour une splendide exposition florale* l^ difHcile est de les réunir; j'espère que les honmies qui seront ohargés de l'organisation de la grande fête annonoêe pour 1 86 T, sauront les trouver; il ne faut pour cela que du zèle et de Tactiviié. C'ost, dit-on , le jury de l'expositioti de juin prochain qui

0iiDHîtBem là ooviiisnoftiN^gaiiiluiirioe de Texposition unrreiv ceOe de 1867. Que le com^ d'administration de ta Société impériale dbûisiBse donc bie& ses membres ; oart^'estda pro* gnoauM qa'dle élaborera qoe dépendra le succès.

Je fie pois entrer anjonrd'hui dans les détails de chaque coltedÎQD, n'en connaissant pas les propriétaires; nous les remet* InHis pour le prochain numéro • Agréez, etc.

F. Herincq.

P. S. Je viens de visiter les cultures de Haarlem; la végétation e»td'un mois an moins en retard. Les Crocw seuls sont en fleurs; c'est curieux de voir des hectares entiers transformés m lapis jaunes, violets, blancs, etc. Quant aux Jacinthes et Tulipefiy leurs feuilles connnencent seulement à poindre. S*il &ut en croire les habitants, Haarlem ferait chaque année pour plaoeurs millions d'affaires avec ces plantes bulbeuses.

Nous avons été favorisé pour cette excursion; le soleil s'est moiitré toute la journée, et, en rentrant à Amsterdam, il m'a sefluUéqoe les arbres avaient ari)oré les drapeaux verts de respérance ! On ei^re ici que ce beau temps va continuer.

ACITYRA«THES VERSCHAITELTU (Pl. VU).

A répoi;Be oh M* Verschaffelt a livré cette plante au commerce^ la détermination générique n'a pu ètrefaite qu'approximativement, car aucun sujet n'avait encore fleuri; M. Charles Lemaire, reconnaissant en elle une Amaranthacée , en fit un Achyranthes, nuis avec trois points de doute. Depuis, la même espèce a été décrite par M. Hooker et annoncée en Angleterre sous le nom ôa hretine HerbsHi.

C'est une inlroduçtîcn nouvelle daBrésil, due à M. Bara-

quio, le zélé collecteur de M. YersohaAlt. La plante est touffue» robuste, à tige et rameaux sous-ligneux à Ia]ba^, on peu suc* culente aux extrémités, d'un rouge violacé vif ; les feuilles, de même couleur que les tiges à la face inférieure, rouge tomcé en dessus y mais parcourues par des nervures violacé vif, ont une forme toute particulière, qui nuira peut-^tre à la propagation de la plante. Ces feuilles opposées et longuement pédolées, sont presque arrondies, échancrées au sommet, avec une des deux moitiés du limbe souvent plus petite, et comme contractée maladivement; elles ressemblent, en un mot, à des feuilles mal développées, difformes. Tout le mérite de cette plante est dans le coloris marron sombre du feuillage, ou noir pourprésang en dessus , et cramoisi vif en dessous. Ne connaissant cette espèce quepar des sujets en boutures qui se trouvent dans le commerce, nous ne pouvons prédire ce qu'elle sera,etrefiet qu'elle produira en massif; mais, pour nous, la plante isolée ne sera jamais, quoi qu'en disent les journaux anglais, la digne rivale du ColeiLs Verschaffeltîi.

VAchyranthes Verscha/feltii ou Iresine Herbstii est de bonne serre tempérée; mais pendant la belle saison, eUe peut être livrée à la pleine terre à l'air libre en sol profond, bien drainé et riche en humus. Comme le Coleus^ elle pourra être employée pour la confection des massifs, des corbeilles ou des bordures, qui offriront, dit-on, un magnifique aspect par le coloris ù la fois sombre et brillant, à reflets chatoyants métalliques des feuilles . Nous souhaitons que les reflets se produisent.

F. HEWNCQ. ^

LIBONIA FLORIBUNDA (Pl. Vin).

Le genre Libonia, créé par M. Ch. Koch, appartient h la famille des Acanthacées; .il est caractérisé par la fleur, qui pré-

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sente un calice monosépale à 5 divisions; par une corolle tubuleuse-înfondibuli forme à limbe dressé à 2 lèwes; deux étamines fixées vers le milieu du tube, l\ anthères biloculaires, ovales^cordiformes; disque annulaire; ovaire sunnoaté d'un style filiforme terminé par un stigmate capité.

Le Libonia floribunda est un petit sous-arbrisseau touffu, qui s'élève à peine à 50 ou 60 centimètres ; ses feuilles sont molles, péûolées, oblongues- elliptiques, longues de 2 à 6 centimètres SOT 8 à 15 millimètres, d'un beau vert clair et parsemées de quelques poils à la face supérieure, d'un vert plus pâle à la face inférieure. Les fleurs sont longues de 2 à 3 centimètres, solitaires ou réunies par 2 à l'aisselle des feuilles supérieures ; la corolle est un peu poilue, d'une belle couleur écarlate dans la moitié ou les deux tiers inférieurs, et jaune dans la partie supérieure.

C'est une charmante petite plante, très-florifère, ainsi que nous avons pu en juger d'après un individu qui a fleuri che» M. Pelé fils, rue deLourcine, à Paris.

LeLt6onta/7ori6umia est originaire du Brésil; mais il croit m les plateaux élevés du Sud: ce qui fait espérer qu'il pourra servir en été à l'ornementation des pai*terres, livré en pleine terre, comme les Cuphea. Il a passé parfaitement l'hiver en serre froide ; mais il réclame^ {{endant l'hivernage, le plus de lamière et d'air possible. Sa multiplication est facile de boutures.

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