Lescuyer
REVUE DES JOURNAUX ÉTRANGERS
BoTANiCAL Magazine.
liissochiluô Horsfalii, Hook. {Orchideœ). Cette grande et belle plante, originaire de TAfrique australe où la découvrit, en 1861,
M. S. Gbœtaia; a fleuri pour la première fois ch&i M. Horsfall. C'e^tà cet amateur qu'où est redevable de la voir décrite par M. Hooker. Son aspect rappelle une autre Orchidée bien connue, le Fhajus grandi folius {Bletia Tankervilliœ); mais la structure de ses fleurs est complètement âifEérejïte, et se rapproche de celle reconnue au L. roseta, plante qai a figuré dans les collections et en a^ malheureusement, disparu.
Le //. Hors failli est une espèce terrestre, pseudobulbeuse, formant une touffe composée de plusieurs feuilles plissées^ atténuées au sommet | .m une pointe aiguë, et qui n*ont pas moins de 66 cent, à 4 mètre. La tige ilorak est aussi grande que les feuilles et garnie, à son extrémité, d'une quantité de larges et belles fleurs. Les sépales sont verts en dessus, mais d'un pourpre brunâtre en dessous. Les pétales sont blancs et teintés de rose; le labelle est vert et strié de raies pourprées.
DombeyaBurgessiae, GemrA {Bytineriaceœ). Les Arbrisseaux de ce genre sont peu cultivés à cause de leur grande taille qui les rend d'une culture difficile dans nos serres chaudes. Ce sont pourtant de magnifiques plantes et l'on doit savoir gré à sir William Hooker d'avoir figuré cette nouvelle espèce dans le Botanlcal Magazine. Elle mérite tout autant nos soins que le Z>. Ameliœ, que l'on trouve seul .de son genre dans quelques collections.
Le D. Burgessiœ, d'après le D' Harvey, peut avoir 2 ou 3 mètres. £ievé de graine, il met deux ans à atteindre cette taille et à fleurir. C'est une espèce africaine; elle a été découverte, d'abord par M. Ken au Zuhi-L^, puis à' Natal par M. Gerrard. Elle forme on arbuste élancé, peu ramifié. Ses feuilles sont alternes, longuement pétiolées, cordiformes à la base et à 5 lobes; elles sont couvertes de duvet. Les fleurs sout grandes, blanches et rosées au centre, réunies en un gros eorymbe, porté sur un pédoncule beaucoup plus long que les pétioles, de sorte que les feuilles, toutes laides qu'elles scmt^ ne cachent pas les fleurs qui, bien dégagées, produisent un très-bel efi'et,
Dendrobiuxn Parishii, Hooker [Orchideœ). Au milieu des nombreuses espèces d'Orchidées qui viennent chaque jour enrichir les collections européennes, on peut assurer que très-peu sont aussi dignes de soins que le D. Parishii. On doit encore son introduction au Rev. Parish, qui en a déjà envoyé un .-si grand nombre de Moulmein où il réside. Cette ravissante plante a fleuri à lajois Tannée dernière chez M. Hugh Low, horticulteur à Clapton^et chez MM.Rucker et Day. Elle ressemble au i>. nobile^ mais s'en distingue de suite, à ses tiges non dressées, gracieusement inclinées, au contraire; puis sa floraison a ^eu en été et non pendant l'hiver; enfin ses fleurs d'un rose violacé ont plus d'éclat et sont plus grandes.
Proustia pyrifolia, Lag; {Compositœ). Plante vivace, grim-
ptfile, an» fra^î^ose qoA siiigpUè^^, léc^meot ial^odate M €bèii par HM. Ydtch* Branches flexueuses pubogGeates. FeuUie» Aimm dîales ou elliptiques, apiculées, coiû^ces, entières, ou décidées «t épineuses sur les borcls^ glabre^ eu dessus, parfois tomeateoses «n de^ sous; pédoncules aiillaires portant de gros coryinbei à» flmr& tuè»»* petites, blanches, auxquelles ^ucoèdeqt des fruii$ garnis d'aigrettes roses qui sont d'uu ravissant effet, à cause de la grande quantité.
Si^alnsonia occidentalis, Mueller {Dipiohbimi Wi$h^uii)^ [Legwninosœ), Espèce ass£z jolie, à fleurs d'un "viotet fonc^, origiiWAB des lieux stériles de Nichol-Bay eu Australie.
Epidendrum diçbroixuim, Uud. \àT, AmBbil^iOirciiéôc^). Ce charmant Epidendrum a été importé Tannée derniers de fiahia par MM. Hugh Law^ qui le répandirent très-vite autour d'eux ; aussi a-t-il fleuri à la fois de plusieur? c6tés> et dans chaque endroit sqs fleurs différaient assez pour constituer une variété bien caractérisée : roses chez M. Basset, elles étaient presque blanches chez M. Williams, et elles participaient de ces deux nuances chez MM. Lae. G'âst à ^tatte variété intermédiaire que s'applique le nom de A mabik*
Le E. dtchrpmum a été trouvé dans des situations découvertes» «ur te bord des rivières^ fixé sur les branches des arbustes et émettant des ladnes jusque dans le sable où ils croissent. •
Forts de Tobservation de celte particularité, plusieurs amateurs se proposent de cultiYer cette Orchidée en la plantant dans du sable; il est irobable que leur tentative sera couronnée de succès^ puisque la plante iH ainsi à l'état spontané. Il sera en outre nécessaire de la placer dans SB endroit de la serre bien éclairé et bien chaude.
Morenia Iragrans^ Buvz et Pav. M. Lindeniana, Herm. Chammdimfa JLinâenima, Wenél. (iP«/w(p). Ce Palmier, signalé déjà par Bniz etPavonen 4794, a fleuri dernièrement à Kew pwrta prcônj^èie fois; il avait été importé par M. Linden en 1850. C'est une petite espèce, peu encombrante pour les serres, très-gracieuse et par conséquent trèft-digne d^ètre eultivéa.
Agave Sauii4W8U, Book. (AmaryllidAm), Espèce probabl«>ment originaire de Mexico» et qui a fleuri chez M- W. Wilson Sauu^ ders en janvier de cette année . Ses fruits ont noué et grossi. Ils étaient encore verts il y a nn mois.
GoetogiBe faoeBcama, Ltndl. var. Bruunea {(hckidec^. Cesl encore une introduction due au Aov^ Parish» missionuaire à Moulmein; car si cette planta a jadis, vers 1848, paru dans les cultures, elle ne sa trouvait plus dans aucune collection. Elle présente le gifnd avantage de donner en plein hiver ses belles et grandes fleurs.
piànetta mioana, Pœpp. (Rubiaceœ). Cette jolie espèce de Ma-
Mf to est tiès-âifférente de eelto originaire do Brésil, le Jf. cordifolia. Elle croit dam les forêts de Mayna, au Péroo» et M. Pearce^ collecteur de MM. Veitch, rarecneillie prài deHuna, i une élévation dé 1000 à 1S00 mètres. Ce sera pour les serres chaudes une jolie plante grimpante il joindre à tontes celles qui y figurent déjà. Les fleurs très-nombreuses sont d'un louge orangé brillant; elles apparaissent en décembre.
Arixsema papillosum, Schott. A.erubescens, Schoii {Aroidea). Les Arizœma forment un genre très-nombreux, puisque Binme ne comptait pas moins de trente-trois espèces asiatiques. Schott en a porté le nombre à 84 , en y comprenant, il est vrai, quelques-unes peu connues et douteuses.
Le A.papillosum est originaire de Ceylan, où il habite le centre de nie k une élévation de UOO à SOOO mètres. Il n'égale pas en beauté les A. ringens eiprœeoxy et ne pourrait être cultivé aussi simplement, puisque Ton peut se contenter, en France, de planter les bulbes de ces espèces japonaises en pleine terre, au printemps^ pour les relever A Tautomne, à peu près comme les oignons de Jacinthes et de Tulipes. Ce sont de superbes plantes et qui fleurissent chaque année.
A. DB Talou.
CULTURE DES MARANTA ET PHRYNIUM (').
Les Maranta ou Phrynium ont acquis, au moment où nous écriyonâ ces lignes, un grand et légitime succès de vogue : vogue que ces plantes méritent, sinon par la beauté de leurs fleurs, assez insignifiantes du reste, mais par celle de leur feuillage, toujours ample, satiné, onde, chatoyant, le plus souvent disco- ' lore et tricolore, admirablement orné de stries ou de bandes, ou de fascies, vivement colorées ou argentées .
Leur culture, sans présenter de diflicultés réelles, demande toutefois des soins particuliers et une vigilance assidue. Voici comment nous avons vu pleinement réussir cette belle culture. Originaires des contrées chaudes de l'Asie (ainsi que de ses archipels 1) et de l'Amérique centrale, ces plantes, trop peu
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(0 Extrait de Vlllustratim horHc(^ belge.
nombseosesencoredaiisleseoUectionBi exigent, enEoropeir^ri d! une serre chaude, ombragée et un peu humide pendant la belle saison, mais en y ménageant une ventilation presque constante, du moins pendant les chaleurs du jour : ventilation, an reste, d'une nécessité rigoureuse, et reconnue comme telle aujourd'hui, par les meilleurs praticiens, tant pour la conservalion des plantes que pour en faciliter, en forcer même, la vigoureuse végétation, et en même temps pour la santé des hommes chargés des soins à donner aux serres.
Comme la généralité des végétaux, elles demandent annuellement une époque de repos. On reconnaît facilement celle-ci à la fanaison des scapes floraux, à la cessation des ppusses, au jaunissement des parties inférieures. Il sera sage alors de modâ^r, de cesser presque entièrement les mouillages et de placer les plantes dans un^ bonne serre tempérée, où Tair, la lumière, la lumière solaire même, légèrement mitigée, puissent circuler librement autour des vases. On les y laissera jusqu'à ce que $q nuMitreiit déjeunes pousses nouvelles. A ce moment, les mottes ics individus seront légèrement secouées pour en enlever la taîe, nettoyées des parties mortes ou languissantes, qu*on Irmiiera nettement à l'aide d'un greffoir bien affilé. On séparera, dans un but de multiplication, les groupes qui se seront formés, en ayant grand soin de ne point intéresser, par des déehirures, le rhizome'principal. Puis on empotera et on rentrera ^ individus dans la serre bhaude.
Là, ces plantes se plaisent surtout en compagnie des Orchidées, des Fougères et des Aroïdées.
La terre qui leur convient uniquement est la terre dite de bruyère, passée au crible, ou mieux le terreau de feuilles bien consommées, auquel on joindra, comme humus, un tiers de bon terreau de fumier (de chevalet de vache mêlés) également bien coDsommé, en évitant toute autre terre compacte {loam, terre franche j et surtout terre glaiseuse ou d'alluvion). Les pots
— lio — .
oh éïtes tefOHt planlées tre^larges (proportioiilïeîleïDeîit, cela va iSâîrt dire, à là grosseur des mottes), très-peu profonds iAéà dralinês an moyen d'uïie couche âe 0,02 de gros, gravier,
ou de teséo^is de pots, tuiles ou Briquet, fiDement concassés* Ce
genre de vases est de rigueur; ces plantes ayant de longues racîûeâr fibreuses, légèrement chevelues, et s'étendant plus ou moîiW hùrironlâilement^ sans pivoter en aucune manière. Il résulte dé cette sorte de radification , le besoin pour les Maranta et les Phryniumy d'allonger librement leurs racines et les stolons qu'elles produisent facilement de leur rhizome central.
Parler de leur mode de végétation souterraine, c'est indiquer cehii de letrî multiplication, tel que nous l'avons mentionné cindessuS. On ne doit pas comptet* en cela sur la production de leuts graines : fait extrêmement rare, sinon impossible chez nous, et dont le semis, d'ailleurs, n^aurait que des résultats trop lents, fcomparés à ceux qu'on obtient de la séparation des stolons et dés tooffes.
La manière d'administrer les arrosements n'est pas non plus indifférente. Le seringage, opéré par une pomme à trous trhfins^ sur et sous les feuilles, devra être préféré au bec d'arrosoir, distribuant l'eau au pied des plantes. Cette eau devra être pure, provenir des eaux de pluie (citerne), et être toujours à la tetïipèi*ature de la serre.
Nous omettons peut-être quelques détails insignifiants, auxquels suppléeront grandement la sagacité et la bonne volonté de l'horticulteur.
Â. Verschaffêlt*
• bïOSCOREA DECAI5NEA.
Voici une nouvelle Igname de la Chine ; elle a été introduite au jardin des plantes de Paris en 1 862, et, s'il faut en croire
M- Carrière, elle présente toutes les qualités du Dioscorea Èata^ tas, moins les inconvénients. Ses racines sont très-renflées, plus ou moins arrondies et unies, ou diffonjies comme certaines Pommes de terre.
Gomme pour le D . Batatasy il faut laisser les tubercules de cette nouvelle espèce^ pendant deux ans au moins, dans le sol sans les relever, et M. Carrière avoue qu'après ce 1<^ de temps, les racines qu'il a obtenues ont été relativement petites.
Le sol occupé pendant deux ans pour produire des tubercules pesant 270 grammes, ne parle pas en faveur de cette nouvelle Igname ; mais il ne faut pas juger sur une première opé* ration. Nous appellerons seulement aujourd'hui l'attention des amateurs sur cette espèce, qui a Timmense avantage, sur le D. Batatas^ de n'avoir pas ces longues racines dont Textractîon exige un vrai travail de défoncement. Ses tubercules sont très-courts et presque au niveau du sol.
Le /). Decaisneana est aussi rustique que le D, Bataia$; néanmoins, ajoute M. Carrière, il parait plus délicat, et il eA moins vigoureux.
la multiplication se fait par bulbJlles qui naissent à Taisselle des feuilles ; ou les plante peu profondément, et à l'automne «lies arrache pour les replanter au printemps suivant.
En les laissant ensuite deux années en teo?e, c'est donc trois végétations qui sont nécessaires pour produire les tubercules de dimension raisonnable.
On multiplie également par boutures, faites, dans le courant de Vété, avec des fragments de rameaux munis d'un œil, et qu on lient sous cloche dans la serre à multiplication*