‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 66 sur 159 · LIVRES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

LIVRES NOUVEAUX

L'horticulture en Belgique^ par M. Charles Baltet; Les fleurs de pl^ne terrcy par Vilmorin, Audrieux et G*. (2* édition). Un mot au sujet du langage de certains auteiu^s.

M. Charles Baltet, horticulteur aTroyes (Aube) voulant mettre à profit son séjour en Belgique, au moment des congrès de Namur et de Bruxelles, a adressé à S. E. M. le Ministre de l'agriculture et du commerce ^ un intéressant tapport sur Vhorticulture en Belgique, son enseignement, ses institutions, et

organisation officielle. Ce rapport qui a été puUié sous le patronage ministériel, donne de précieux renseignements sur les écoles d'horticulture du gouvernement belge, sur Tinstruction horticole dans les écoles normales, sur les conférences, sur la fédération des sociétés d'horticulture, en im mot sur l'état pros« père du jardinage et du co^nmerce des plantes dans ce char* mant petit royaume favorisé de Flore.

«Si la Belgique horticole, dit M. Baltet, est aussi avancée, ne serait-ce pas encore parce que les hommes qui s'y dévouent sont instruits, zélés, et doués de cette conviction qui assure le suc* ces? »' Évidemment pour nous c'es^là la première cause de ce succès. Et quoiqu'il en coûte à notre patriotisme, nous sommes obligés de reconnaître qu'il n'y a pas de comparaison à établir entre le jardinier belge et le jardinier français • Cette supériorité de no£^ voisins en matière horticole est due aux écoles d'horticulture de l'Etat, où les élèves jardiniers puisent l'instruction primaire en même temps que Tinstruction horticole, et aux conférences faites par des hommes instruits. En France nous n'avons pas d'écoles; et les conférences sont faites par des hommes auxquels ilmanque souvent l'instruction fondamentale et encore s'appliquent-elles exclusivement à Tarboriculture fruitière.

Le livre de M. Baltet est très-intéressant, et si jamais le gou" vemement français voulait créer des institutions analogues à celles de Gand et de Vilvorde, il y trouvera tous les éléments d'organisation. C'est le plus grand vœu que nous puissions former, et que doivent former tous les vrais amis de l'horticulture française.

Si le jardinier français ne possède pas L'instruction horticole, ce n'est cependant pas faute de livres. La confection ne sui&t pas à la vente. A voir la rapidité avec laquelle s'enlèvent les éditions, on croirait vraiment que la France est le pays le plus horticole du mcmde*

Ainsi le livre intitulé Fleurs de pleine terra^ de MM. Vilmorin, à peine né d'hier, en est à sa seconde édition.

Ce livre est l'œuvre collective des membres de la maison de commerce Vilmorin-Ândrieux, qui ont mis en c(»nmnn les fruits de leur expérience^ accrue des renseignements trans* mis par les traditions de rétablt/ssement. U commence par quelques notions sur les semis dés plantes^ et il donne ensuite tous les détails de culture de chaque espèce, indiquant en outre le parti qu'on en peut tirer dans romementalion.

Cette partie de livre est traitée de main de maître, et les au^ teurs auraient dû borner là leur travail ; c'eût été une œuvre parfaite. Malheureusement, comme tous les praticiens, ils ont voulu y introduire l'élément scientifique^ et ils ont gâté leur œuvre. La science ne s'acquiert pas en un jour; pour la mettre à la portée de tous, il faut bien la posséder et la comprendre. Ainsi, pour chaque espèce, le livre de MM. Vilmorin donne une description qui^ pour être souvent très-longue,' n'apprend exactement rien. Par exemple, qui pourra jamais reconnaître la plante pour laquelle cette description est foite. — « Vivace. Tiges stériles nombreuses, longues, couchées, radicanteg; les florales dressées, hautes de 15 à ^ cent.; feuilles opposées, coriaces, d'un vert foncé, luisantes et persistantes, elliptiques ou ovales*lancéolées. Pédoncules plus longs que les feuilles et que les fleurs ; calice à divisions lancéolées, glabres ; corolle bleue^ à lobes cunéiformes^ tronqués au sommet. »

Cette description que nous avons. prise au hasard est asse2 compréhensible; cependant nul ne peut dire quelle est la plante qui présenta ces caractères. C'est que les auteurs, hommes éminemment praticiens, reconnaissant les plantes au coup d'œil, ne soupçonnent pas l'importance du caractère générique qu'ils ont négligé. Pour rendre utiles leurs descriptions d'espèces, ils auraient dû commencer par donner la

^caractéristique du genre, c'est-à-dire les caractères auxquels on reconnaît, par exemple, les Pervenches. Miiis c'est là, il faut le dire , une étude à laquelle le praticien n'a pas toujours le loisir de se livrer. Dans ce cas, il vaut mieux s'abstenir de toutes description» d'espèces, qui sont alors parfaitement inutiles, qui souvent même nuisent au succès du livre, quand ces descriptions sont hérissées d expressions incompréhensibles ccHiime il arrive dans le livrede MM. Vilmorin. Ainsi, à chaque page on trouve des plantes acaules à souches rhizomateuses, dont les tiges cespitemet sont radicantes; des feuilles rosulantes; des fleurs cériilescentes et bien d'autres, que la majeure partie des lecteurs de l'ouvrage Les fleurs de pleine terre ne comprendront pas plus que les étymologies en lettres grecques qui ont tout Tair d'une dérision. MM. Vilmorin ont eu grand tort de suivre les errements de certains écrivains, qui croient passer à la postérité en'émaillant leur prose de mots étrangers à notre langue. En voyant ces lettres grecques ; en lisant ces rosulantes femlles et ces cérulescentes fleurs, on ne peut s'empêcher de pepser à cette fameuse scène de Sganarelle du Médecin malgré luij de Molière : c Connaissez-vous le latin? — Non! » — et là^dessus le brave bûcheron de se livrer à l'exefcice d*un discours latin qui ne laisse rien à désirer. Nous engageons donc MM* Vilmorin à ne pas transcrire du latin en français et à donner des étymologies que le lecteur puisse au moins pro* noncer ; à ajouter les caractères génériques, et surtout à avoir des descriptions plus exactes que celles de l'Anémone à feuilles de vigne; du Cypripedium, etc. ; enfin à éviter les pléonasmes, ccnnme celui qui se trouve dans la description de TAnagallide mourcm frutescent^ etc. Alors leur livre sera vraiment parfait; et nous serons heureux de le proclamer.

On va sans doute nous trouver bien sévère; mais, en présence de cette fâcheuse manie d'employer, dans les livres d'horticulturei un langage bâtard^ aussi ridicule qu'incompré-

hensible^ la sévérité est un devoir; et si nous attaquons vigoureusèment le mal d^s son début, c'est pour avoir plus rapidement raison de ce sot parler des gandins horticoles. La science a déjà bien assez de mots qui n'ont pas leur équivalent dans notre langue, sans la surcharger encore de noms qu'on peut parfaitement rendre en bon français sans recourir à la périphrase. Il n'est pas plus long de dire bleuâtre que cérulescenty gazonnant que cespiteux, en rosette que rosulant, etc» C'est donc avec peine que nous voyons quelques-uns de nos amis atteints de cette cruelle maladie; mais nous espérons les guérir, en leur administrant une bonne correction chaque fois que l'occasion se présentera : « Qui aime bien châtie bien. » Ils verront si je les aime!

F. Heringq*

CATALOGUES D'HORTICULTURE

Alégatière, horticulteur, chemin de Saint-Briest, à Mon(i>laisir^ Lyon (Rhône).

— Catalogue d'Œillets remontante.

Bodia liouts, pépiniériste» à BourgenU (Indre-et-Loire). — Catalogue et

prix courant d'Arbres fruitiers^ forestiers et d'aligûement.

Geolfre, directeur des serres du Prado^ à Marseille.— Catalogue des Plantes de serres et orangeries. Achimenea et Tydœa, Gesnerias, Gioxinias, Broméliacées, Dracsena, Fougères, Orchidées, Palmiers, Azaiea, Camellias, Lauriers-roses, Rhododendrons, Dahlias, Conifères, Arbres et Arbrisseaux de pleine terre, Rosiers.

JFaeqiilii Jeune, grainier-fleuriste et pépiniériste, 23, quai Napoléon, Pans. -" Catalogue d^Oignons à fleurs.

Ovdin atné, pépiniériste, à Lisieux (Calvados). — Catalogue des Arbres, Arbustes et Conifères, Plants d'arbres forestiers, Plants d'arbres fruitiers.

Thlérr, grainier-ûeuriste et cultivateur, 48, quai de la Mégisserie (an^ cien 70;, Paris. — Catalogue de Fraisiers, Gladiolus et Lilium»

VlUevIelle Jenne et fils, hort. -pépiniéristes, à Manosques (Basses- Alpes). ^

. — CaUlogue d'Arbres fruitiers, Arbres forestiers et d'ornement, Arbres, Arbrisseaux et Arbustes, Conifères, Rosiers, Pivoines, Graines de fleurs.

Reiidatler, horticulteur à Nancy. •* Catalogue-prospectus de plantes nouvellei.

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