COMMENT ON FAIT VIVRE TOUS LES POIRIERS SUR COGNASSIER
L'année dernière, au retour de la joUe exposition des Roses à Rrie-Gomte-Roberty nous nous sommes arrêtés, MM. Eugène
Verdier, Desfossé-Thuillier^ Hélye et moi, aa Jardin deg PlaiH tes, de Pariis ; et notre première visite fat à la Pépinière. M. Carrière, qui dirige cette sectioB avec infiniment détalent — le talent du chercheur : imagination, études^ comparaisons, persévérance, — nous conduisit dans une succursale de l'établissement, rue de Buffon, moins connue du public que la fosse à Martin ou la rotonde des hommes dégénérés; ce qui permet à son directeur d'y travailler plus tranquillement.
Là« M. Carrière nous fit remarquer un groupe de Poiriers greffés sur Cognassier, d'une belle vigueur, composé exclusi* vement de variétés dites rebelles au Cognassier, que les horti* culteurs n'osent plus multiplier sur ce sujet, parce qu'elles y poussent fort mal ou pas du tout, et sur le compte desquelles les auteurs pomophiles sont bien d'accord.
Tous vous diront ;
Arbre coiirbéf délicat sur Cognassier ;
Beurré d'Apremotit, ne vient pas sm* Cognassier;
— Eretormeauy antipathique au Cognassier ;
— de Rance, pousse mal sur Cognassier;
Délices de Lawenjoulf ne vit pas longtemps sur Cognassier; Duchesse de Berry d*été, inconstant sur Cognassier; Doyenné de juillet^ s'épuise vite sur Cognassier;
— Goubaultj rebelle au Cognassier; Frédéric de Wurtemberg y impossible sur Cognassier; Lawrence^ chétif sur Cognassier;
LémLeclerCj manque de vigueur sur Cognassier.
Pareilles observations à l'égard de
Beurré d'AnglelerrCy Beurré Benoistj B. Dumont-Dumortiery B. Lahgeliery B. de Nantes^ B. DelfossCj Bergamote d* Angleterre, Broomparky Colmar de marSy Columbia^ Comte de Flandre^ Grand Soleil^ Mac Laughlin, Notaire Minot, Onondaga^ Orphe^ Une Colmar, Saint-Germain gris^ Sylvangèy Van Mons^ etc.
Par quel moyen extraordinaire M. Carrière a-t-il pu détruire
Mars 1866. 6
oette Antipathie entri^ deux arbres» de manière à leg marier intimement et à prôvocfoer une végétation normale comme si le tronc était un Poirier franc ou sauvageon ? Le moyen est bien simple.
Au lien de greff&r méciMon le Poirier sur Cognassier, notre ami Carrière le greffe en pbkte ; tout le secret est là. Le greffage eA couronne^ en placage on autre par rameau oifrirait-il les mêmes garanties? C'est à essayer. Maintenant pourquoi cette soudure^ impossible avec une plaque d*écorce, s'opèret-elleavec un fragment ligneux ? Nous Tignorons. M. Carrière lui-même n'osant rien conjecturer, ce n'est pas moi qui lii'avenlurerai dans les méandres de Thypothèse.
Nous constatons le fait, nous le signalons ; que chacun en fasse bon profit.
Cette trouvaille profitera surtout aux pépiniéristes, qui pourront ainsi multiplier leur collection complète sur Cognassier, et utiliser les plants où Vécussonnage aurait manqué ou dontl'écorce trop rendurciese prêterait difficilement à l'inoculation.
Les amateurs connaissent probablement l'ancien procédé de reproduire sur Cognassier les variétés qui s'y montrent indociles. On écussonne d'abord rex-terre sur le sujet, une variété vigoureuse^ sympathique au Cognassier; elle s'y développe et va servir d'intermédaire. Un ou deux ans après, on greffe sur elle la variété qui refuse le contact direct du Cognassier; et, grâce à ce médium, on possède des Poiriers robustes et fertiles, bien que son espèce ne se plaise point sur le Cognassier.
Charles Baltêt,
bortlenlleiir 1 troyes.
DISSERTATION SUR LA VÉGÉTATION. (Suite.) be la sève .
Dans le précédent numéro (page 53) doui9 avons esquissé à grands traits — nous aidant d'une comparaison -^ Tappareil à Taide duquel la sève est portée dans toutes les parties du végétal. G'est^ avons nous dit, par de grands tubes nommés vaisseaijuv, cpie Veau du sol, pompée par les jeunes racines, est déversée dans tous les autres tissus, et qu'elle parvient jusqu'aux extrémifés des plus petits rameaux, ddns les feuilles, les fleurs et dans les fruits qui leui^ succèdent. Nous allons essayer, dans cet article, de faire connaître quelle route suit la sévé pour parvenir dans ces différents organes.
Les premiers physiciens, qui se sont occupés de cette intéressante question, ont prétendu que la sève montait par la moelle ; d'autres la faisaient monter par l'écorce. Mais les expériences d'absorption de liqueur colorée, entreprises dès le commencement du siècle dernier, ont démontré que ce n'est ni l'une ni l'autre de ces deux routes que suit la sève pour monter dans le végétal. Du reste, il n'était pas besoin de ces expériences pour prouver la fausseté de ces opinions} les Saules creux, et les arbres auxquels on enlève une bande circulaire d'écorce, et qui n'en vivent pas moins bien, la démontrent péremptoirement. C'est donc par le corps ligneux, c'està-dire dans la partie située entre Fécorce et la moelle, que se fait l'ascension du liquide séveux.
Dans les jeunes tiges et les rameaux, c*est par le corps ligneux tout entier qu'elle a lieu; dans les gros arbres, c'est par l'aubier qui est composé de tissus vivants, c'est-à-dire de tissus dont les parois n'étant pas encore incrustées de la matière ligneuse, permettent au liquide de les pénétrer ; et ces
tissus appartiennent aux couches les pins extérieures qui se trouvent en relation directe avec les racines de récente formation, qui ne sont, en réalité, que les prolongements souterrains de ces mêmes couches ; théorie que nous développerons par la suite, en nous occupant de l'accroissement des tiges.
Des nombreuses expériences que nous avons faites^ il est évident pour nous, 1"* que la sève monte particulièrement par les vaisseaux d^ couches de Taubier et d'autant plus rapidement que ces vaisseaux sont perpendiculaires; 2"" que les lissus environnants — fibres et cellules — en absorbent une plus ou moins grande quantité, suivant la rapidité ascensionnelle^ ce qui détermine un mouvement latéral de sé^e; 3' que celte sève traverse le corps ligneux, en passant de fibre en fibre jusqu'à la partie corticale et s' extravase alors entre Técorce et le bois, pour former ce qu'on appelle le Cambium ou la Couche génératrice ; 4° que les rayons médullaires, enfin, portent cette sève latérale jusque dans les tissus vivants de récorce, c'est-à-dire daus la couche herbacée, où se forment \e& gemmes onyeuœ qui sont les rudiments de nouveaux boa^ geons.
Ce mouvement latéral de la sève n'a pas lieu seulement de Tintérieur vers l'extérieur; il a lieu également vers le centre, quand un obstacle quelconque vient arrêter le mouvement ascensionnel. Ainsi, lorsqu'un arbre subit une dècorticalion anntilaire^ les couches ligneuses extérieures de la portion décortiquée sont presque aussitôt desséchées par l'air et la chaleur solaire ; la sève n'y passe plus. Si des bourgeons ne se développent pas au-dessous de la décorticatiou pour former de nouvelles racines, l'arbre meurt généralement après une ou deux années de faible végétation. Mais si des bourgeons naissent au-d)essous de la blessure, ces bourgeons envoient leurs prolongements radiculaires pour former de nouvelles racines, et l'arbre peut vivre encore un très-grand nombre
d'années, nourri par la sève que lui fournissent ces racines, et voici comment : L'eau pompée par ces racines monte par les vaisseaux des couches extérieures jusqu'à la partie décorti* quée. Arrivée là, les vaisseaux desséchés sont impropres à Tascension ; il y a arrêt forcé, engorgement des tissus, et c'est alors que la sève passe par imbibition latérale dans leB tissus voisins des couches plus intérieures, jusqu'aux couches encore vivantes qui se trouvent protégées par les couches desséchées de la partie décortiquée; puis elle monte par les vaisseaux qui ont conservé leur vitalité, et dès qu'elle a franchi l'obstacle, elle rayonne vers l'extérieur jusqu'aux nouvelles couches par lesquelles elle continue son ascension.
Mais quelle est la cause de l'ascension de ïa sève, et pourquoi suit-elle de préférence la direction perpendiculaire? Car il n'est pas de la nature de l'eau de monter naturellement ; elle ne monte que quand elle est poussée par une force quelconque. Quelle est donc cette force qui agit sur la sève î
Ici, il n'est pas facile de se tirer d'affaire. On a imaginé une loole de théories plus ou moins subtiles ; mais toutes s'écrou* ieut devant le simple raisonnement, les observations ou les expériences.
Chez les animaux, le cœur est l'agent du mouvement dn sang ; il est le centre de l'appareil de circulation^ et c'est lui qui, par des mouvements alternatifs de dilatation et de con^ traction, pousse le sang dans la graùde artère aorte pour le lancer dans le système artériel, et le faire repasser ensuite par le système veineux pour le ramener à son point de départ.
Chez les végétaux, il n'y a rien qui puisse être comparé au cœur ; et les nombreuses recherches qui ont été tentées pour arriver à la cause déterminante du mouvement séveux, n'ont conduit qu'à des hypothèses.
Ainsi un physicien du 17* siècle, Fabri, n'admet pas de force vitale ; il rapporte le mouvement ascensionnel à une sorte de
fôu intérieur. Plus tavd, Gr6w l'attribue au jeu des cellules qui, gorgées de liquide, exercent sur les vaisseaux une pression latérale et forcent ainsi la sève à monter; mais il oublie que la sève monte aussi bien et même plus rapidement quand les cellules sont à peu près vides* Pour Malpigbi» l'as* cension est due à la raréfaction et à la condensation de la sève dans les trachées. Lahire attribue aux vaisseaux une organisa* tion semblable à celle des artères des animaux ; ces vaisseaux seraient pourvus intérieurement de valvules, qui empêchent le Uquide de descendre^ après l'expansion de l'air qu'il contient, et le force à monter ; mais il avoue n'avoir point vu ces valvules, et aucun observateur n^a pu les voir. D'autres, BorelU, Haies, Gouan, etc., expliquent ce phénomène par l'extension de la sève sous Tinfluence de la chaleur ; Davy prétend que c'est par la force capillaire .et M. Dutroohet l'attribue h l'endosmose.
Les physiologistes modernes admettent l'action simultanée de la capillarité et de l'endosmose. Mais cette théorie n'a pas plus de consistance que celles deFabri, de Lahire et autres que nous avons citées ; elle tombe devant les faits et les expé* riences.
Le mot capillarité, ou farce capillaire y désigne, comme chacun sait, la cause qui produit naturellement Tascension d'un liquide dans un tube très-fin qu'on nomme, à cause de sa finesse, ca« pilluirCf du mot latin capillarù qui veut dire semblable à des cheveux. Quand un de ces tubes est plongé par un de ses bouts dans un liquide susceptible de mouiller sa paroi interne, on voit ce liquide monter, naturellement, dans l'intérieur, et s'élever au-*dessus du niveau de la surface du liquide dans lequel le tube est placé. Les petits vides que présentent les matières dites poreuses, constituent par leur ensemble des conduits comparables aux tubes capillaires, et ils deviennent comme eux le siège de phénomènes capillaires. Ainsi lorsqu'on plonge dans l'eau l'extrémité d'un morceau de sucre^ d'une mèche
cLe coton, d'un morce&u de papier non eoUé, etc., on voit aussitôt le liquidenionter par ces nombreux Tides, comme dans le tube capillaire ; mais ce cas de pénétration d'un corps so<- Ëde, est désigné généralement sous le nom àUmbibitùm. La capillarité dépend du diamètre intérieur du tube et non de sa nature $ dans un tube d'un millimètre, par exemple, Teau s'élève h 30 millimètres; si le diamètre est deux ou trois fois moindre, la hauteur est double ou triple. Ce phénomène se manifeste aussi bien dans des tissus morts, que dans les tissus vivants. Or, dès qu'une plante est morte, le mouvement séveux est arrêté.
, V endosmose est un phénomène d'affinité chimique; il dêsî-' gne la propriété qu'ont deux liquides de densité, ou d'épaisseur différentes, de se pénétrer réciproquement , c'est-à-dire de se mélanger. Ainsi, lorsqu'on place une vessie remplie d'eau suerée dans un vase d'eau pure, on s'aperçoit, au bout de quel* ques temps, que l'eau pure devient un peu sucrée, mais qu'elle diminue sensiblement par suite de son absorption par l'eau êuerée qui est plus dense, c'est-à.-dire plus épaisse; et ce phé* nomène d'échange se prolonge jusqu'à ce que les deux liquides se trouvent de même densité^ autrement dit de même épaîs^ seur. Telle est le phénomène qui constitue l'endosmose.
Si l'ascension de la sève a lieu ainsi, on comprend avec quelle lenteur le liquide puisé par les racines arrive au sommet des grands arbres ; car il lui faut passer par un nombre incal* culabte de petites vessies, qui sont les cdlules et les fibres, organes élémentaires et constitutifs des végétaux que l'œil ne peut distinguer qu'à l'aide de puissants grossissements. Ce Bjê-* tème implique naturellement une série indéfinie de densités diverses ; une densité différente pour chaque cellule ; de telle sorte que la sève des cellules du sommet d'un arbre de 20 ou 30 mètres^ par exemple, doit être d'une consistance tout à fait pâteuse. Ce n'est pas précisément ce que démontre Tobserva*
tion. En outre, le phénomène endosmiqoe se manifeste, comme la capillarité, aussi bien au travers des membranes mortes qne des membranes vivantes. Or, ici encore, le phénomène ascensionnel de la sève cesse de se prodniredès que la plante meurt. Il est donc impossible de rattacher aux phénomènes purement mécaniques de la capillarité et de Tendosmose, le mouvement séveux des végétaux.
F. Herwcq.
(A cordinuer.)
I LES VOYAGEURS COLLECTEURS DE L'HORTICULTURE
André Michaux (Suite).
Débarqué à Nev^-Yoris: en octobre i 783, Michaux fit de cette ville sa principale résidence, et y établit un jardin pour recevoir les arbres qu'il devait plus tard envoyer en France. Il avait pour mission de parcourir les États-Unis ; d'y recueillir des graines et des plantes, et de les envoyer au Parc de Rambouillet destiné aux essais de naturalisation. Les deux premières années furent consacrées à l'exploration du Nevi^-Jersey, de la Pensylvanie et du Maryland. Son activité était telle^ que dès cette première excursion, il envoya, à l'abbé Nolin, directeur des pépinières de Rambouillet, douze caisses de graines, et cinq nulle pieds d'arbres , accompagnés de notes sur la culture et l'utilité des différentes espèces qu'il envoyait.
En i 787, il partit pour la Caroline, et planta sa tente à 3 lieues de Charlestown, où il acheta un terrain pour en faire son jardin-entrepôt. Pendant son exploration des monts Alléganis et des contvées environnantes, son fils dirigeait les cultures de Cbarlestown. C'est en allant reconnaître les sources de la rivière Savannah, qu'il découvrit lé Magnolia auriculataf YAzalea coccinea^ le Robinia mscosa^ le Rhadodendrum minus^
— sodés Chênes nouveaux^ et beaucoup d'autres arbres non encore intr<Hluits dans les cultures européennes.
Mais dans ces régions inhabitées, les forêts sont impénétrables; le Ut des torrents est la seule route qu'on puisse suivre, à moins de s'engager dans les sentiers tortueux que s'ouvrent les cors, avec lesquels on court fort le risque de se rencontrer ; et ce n'est pas une rencontre ajçréable. Pcmr parvenir jusqu'au sommet des monts Alléganis, Michaux se lia d'amitié avec les sauvages^ et prit des guides parmi eux . Il dut se fier à leur bonne foiy et il déclare qu'il n'a jamais eu à s'en plaindre. Seu- .lement, il leur reproche le défaut de complaisance qui lui donnait souvent des inquiétudes ; il était parfois obligé de courir pour ne pas se séparer de ses tristes compagnons qui paraissaient s'inquiéter fort peu de lui. Il finit cependant par prendre de la hardiesse ; ce qui étonna les guides* « De tous les Européens qu'ils avaient connus, j'étais, — selon eux, — dit Michaux^ celui qui avait le plus S esprit. — « Les gens de votre pays sont bien bêtes, lui disaient-ils ; ils ne savent comment vivre dans une forêt, et s'ils scmt égarés, ils ne peuvent retrouver leor chemin. »
On serait bête à moins. Au milieu de ces immenses forêts impénétrables, où r^e une efBirayante obscurité produite par l'épaisseur des arbres et par les lianes qui relient leurs cimes, un Européen a parfaitement le droit délaisser échapper quelques signes d'appréhension ; car non-seulement on peut à chaque instant se trouver en présence d'un ennemi vivant, hommes ou bêtes sauvages, mais on a aussi à craindre un ennemi plus redoutable encore, un ennemi invincible : la faim. Il n'est pas toujours possible, en. efiet, d'emporter des provisions; et quand il y en a, les sauvages, qui ne mangent pas tous les jours^ n'ont pas la prévoyance de les ménager; ils mangent jusqu'à ce que leur faim soit apaisée, s'inquiétant peu du lendemain. On ne peut donc vivre, dans ces excur^
— QO -
sions bardiesi que du produit de la c^asfie, ou de quelques fruits qui font regretter souvent nos pommes les plus acides* Mais pour Tintrépide Michaux, l'enthousiasme l'animait; un Pavia, un Rhodochndrum, un Chéue nouveau qu'il apercevait lui faisait oublier le danger» la fatigue, la faim même ; pour en posséder quelques graines, il gravissait les rochens escarpés; franchissait les torrents les plus rapides; péoétrait au travers de lianes épineuses qui déohiraient ses chairs ; et il ne s'ar« rètait que quand il était en possession de son trésor. I^ suir arrivé, il cherchait un site agréable, et^ nouveau Crusoé, il cou* pait quelques branches d'arbres; construisait sa petite cabane pour passer la nuit, et, pendant que ses sauvages allaient à la chasse ou préparaient le souper, notre voyageur arrangeait, ses précieuses trouvailles, rédigeait les notes de son journal de voyage. Le lendemain on continuait l'exploration. Cest ainû qu'il parvint aux sources de la rivière Ténassé, de Tautre côté des monts Alléganis, où il découvrit, dans une plaine cfaarmaate, une Fraise délicieuse la QtioimiG de la Caroline {Fra" garia carolinensia), justement estimée alors dans les cultures européennes.
Après avoir fait trois cents lieues au travers de la Caroline et de la Géorgie, il revint à Oharlestown, rapportant.du midi de cette dernière province un arbuste précieux, succédané du quinquina, le Pinkneya pubens^ assez rustique ppur supporter notre lilimat, et qui a été cultivé pendant longtemps en France. Cet arbuste a disparu malheureusement des collections ; car c'est en vain que notre excellent ami, M. Alphonse Lavallée, — auquel nous devons déjà la propagation du Brame de Schrader, — le cherche depuis plusieurs années , pour en essayer la culture; ce serait^ en effet, une nouvelle source de richesse pour la France, ou tout au moins pour les provinces méridionales qui se trouveraient en possession d'un arbre dont les propriétés sont identiques à celles du quinquina.
A peine de retour à Charlentown^ Michaux forma le prqjet de visiter la Floride espagnole. Cette fois^ il se fait accompagner de son fils et d'un nègre; il se rend à Saint^Âugustini où il visite rîntérieur du pays qui est aujourd'hui absolument inba^* hité. La petite caravane» conduite par un guide minorqiaini arrivée à Tembouchure de la Tomakow, achète un canot fait d'un seul trono ^e Cyprès chauve {Cuprefsm 4nticha)t et remonte la rivi^e ens'enfooçant dans les lagunes.
Michaux se trouvait là sous un climat plus chaud que ceux qu'il avait jusqu'alors parcourus* Les Orangers y croissent pres^ que sans soin ; la Canne à sucre avait été même cultivée quel* ques années auparavant. Tantôt naviguant» tantôt roulant Je canot sur des troncs d'arbres dans les endroits oh l'eau man^ quait pour le teuir à flot; vivant de poissons et d'Oranges, nos voyageurs entrent dans la rivière Saiutnlean, et parviennent au lac Saint-Georges dans lequel se jette une petite rivière qu'ils remontent encore, enroulant souvent leur canot tout rempli de plantes. C'est sur les bords de cette rivière que Michaux dé« couvrit un Ânis étoile (Hlicium paroi florym^f aussi parfumé que celui delà Chine, et qui pourrait croître en France. Après cinq semaines d'absence, nos explorateurs renb^èrent à Charles* town, chargés d'un nombreux et intéressant butin; Michaux expédia pour la France des envois considérables de plants d'ar* bres et de graines.
Mais André Michaux et son fils ne pensaient pas seulement qu'à leur pays ; dans chaque contrée qu'ils visitaient, ils s'as*suraient des correspondants, et envoyaient, aux habitants, des graines et des légumes d'Europe, pour augmenter les ressources alimentaires de ces malheureuses populations à moitié sauva-: ges. Aussi la mémoire des deux Michaux est-elle toujours vi-vante d^ns le cœur de ces peuples, et partout on rencontre encore les traces de leur séjour ou de leur passage.
C'est au retour d'une excursion aux lies de Bahama et de
Lucayes, le i" mai 1789, que Michaux apprit les événements qui se préparaient en France. Prévoyant tes conséquences, et craignant d'être rappelé, il se hâta de visiter les plus hautes montagnes de la Caroline. Il se rendit, avec son fils, à Morganton, village situé à cent lieues de la côte; prit un guide et pénétra dans les profondeurs de ces immenses et solitaires forêts, où son guide, failUt périr des blessures d'un ours avec lequel il avait eu à soutenir une lutte terrible. Michaux éprouva quelque inquiétude de cet accident. Si son guide avait trouvé la mort dans ce combat, il lui était impossible — malgré tout Tesprit que lui avaient reconnu les sauvages — de retrouver son chemin, dans cette immense solitude, à plus décent lieues de toute habitation. H était impossible de suivre le lit des torrents, qui était interrompu par des cascades, bordé de précipices ou derodiers minés par les eaux et qui s'écroulaient sous les pas des voyageurs imprudents. Au sommet des montagnes^ on n'aperçoit que les cimes d'autres montagnes entre lesquelles existent de vastes terrains couverts de Rhododendrons et d'Azalea, protégés par quelques grands arbres s'élevant ça et là! Les sauvages seuls savent se diriger dans ces immenses déserts, et l'Européen, dit Michaux, ne peut concevoir comment ils peuvent se reconnaître dans ces forêts souvent impénétrables.
Fort heureusement pour Michaux, Tincident de son guide n'eut pas de suite fâcheuse; mais il dut néanmoins abréger son voyage et revenir à Charlestown, par suite de l'alliance rompue entre les sauvages et les habitants de la Virginie. Pendant cette excursion, qui dura 5 mois et demi — de juin à novembre 1789 — la guerre avait été de nouveau déclarée entre la France et l'Angleterre; ses correspondances furent interrompues pendant deux ans avec l'Europe. Il coqsacra ce temps à introduire, dans son jardin, des arbres de la C!hine dont il recevait les graines des capitaines de vaisseaux américains,
et à répandre/ dans le pays, la culture des plantes utiles à divers points de yue. Mais ses ressources s'épuisaient et il redoutait son rappel en France. Il avait cependant à cœur de couronner son œuvre par une topographie botanique de T Amérique septentrionale. Il voulait déterminer le lieu natal de tous les arbres de cette partie du Nouveau-Monde ; la latitude où ils commencent, celle où ils disparaissent; à quelle hauteur ils se trouvent sur les montagnes et le sol dans lequel ils prospèrent le mieux. Projet grandiose qui devait avoir pour résultat de faire connaître, a priori^ la culture des espèces transportées sous le climat européen. Michaux regardait comme patrie d'un arbre, la localité où il acquiert le plus grand développement. Ainsi il considérait le Kentucky comme pays originaire du Tulipier, parce que, dans cette contrée, cet arbre y forme de vastes forêts, et qu'il atteint, dans les terrains frais et argileux, 40 mètres d'élévation et 2 mètres à 2 mètres 60 c. de diamètre.
Pour mettre ce projet à exécution^ Michaux avait déjà visité les Florides ; il lui restait à explorer les régions du nord jusqu'à la Baied'Hudson. C'était un long et pénible voyage; mais pour ce courageux et zélé ami de la science, fatigues et dangers étaient lettres mortes. Sacrifiant même ses intérêts et ceux de son fils à l'exécution de cet utile projet, il souscrivit des lettres de change sur les personnes qui étaient dépositaires, en France, de ses biens patrimoniaux^ pour obtenir l'argent dont il avait besoin, etil partit de Charlestpwn, au mois d'avril 1 792, pour New-York. De là, il se rendit» en herborisant, à Québec ; remonta le fleuve Saint-Laurent, et parvint à Tadoussac, pauvre village situé à 50 lieues de la capitale du Canada, et où les sauvages venaient faire le commerce de la pelleterie. Arrivé à cette station, premier poste de la Compagnie de la baie d'Hudson, Michaux acheta deux canots faits avec Técorce d'un bouleau {Betula papyrifera); engagea trois sauvages et un métis, et
is'embarqua sur le Cliicoutonmé, ritidre trè»*rapide sonvent embarrassée de rochers énormes, et qui prend sa soorce au lac Saint- Jean, dans lequel nos voyaçeurs entrèrent après six jours d'une pénible navigation, pendant laquelle il fallait souvent porter les canots, mais qui offiît comme dédommagement & Tinfatigable explorateur, quelques arbres nouveaux, les Alnus crispa et glauca, Salix cordata, llex canadensis^ Vitis ripariay etc. Du lac Saint-Jean il remonta la rivière Mistassin, qui coule dans une contrée plate où croissent des Ormes, des Frénés, des Pins, et le charmant Gaultheria procumbensy qui ne s'avance pas plus au nord; il disparaît à iO Heues du lac Saint- Jean. Vers la fin d'août, on atteignit le portage Monte-d-peine, dont le nom indique suffisamment que Pascension ne s'effectue qu'avec difficulté. C'est en gravissant cette montagne, grimpant et glissant sur des cailloux roulants, que Michaux découvrit le Vaccinium cœspitosunif et rencontra l'Epig'cpa repens et VArbutus uvaursi. Pour se remettre de ses fatigues^ il trouva fort heureusement une cabane habitée par des hôtes hospitaliers, qui le régalèrent de viande de Castor, et de confiture de Vaccinium.
Après avoir gravi de nouvelles montagnes, remonté plusieurs Cours d'eau, et parcouru^ depuis le lac Sainte-Jean, une distance de 100 lieues, Michaux pénétra, le 4 septembre, dans le lac Mistassin, vaste nxer intérieure, 'située sous le 51* degré de latitude nord, occupant l'espace compris entre le 7 !• et le 74 degré de longitude, et se déchargeant dans la baie d'Hudson par la rivière Rupert. Il faisait un froid excessif. Les contrées qu'il venait de traverser, étaient d'affreuses solitudes où règne la désolation ; la végétation est réduite à un petit nombre d'espèces rabougries.
« Les arbres qui, quelques degrés plus au sud, fbrment la masse des forêts, dit Michauï fils, ont, sous cette latitude> presque entièrement disparu et par la sévérité des hivers et paf la stérilité du sol. Dans Tintervadle défi tochers on aperçoit çà
et là quelques individus d'un Pin rabougri {Pmus m^pestris), qui fructifient à trois pieds de terre^ et qui, à ce peu de hauteur, portent avec eux toute l'empreinte de la décrépitude. » D'autres fois ce sont des marécages dans lesquels abo^dent les Kalmia glauca^ Afidromeda polifolia^ Sarfaceniaf etCi» et AansÈ les parties moins humides, les Andromedd câlyculataf Lêdufn pcUustre, Epigœa repem^ Pinus rubra, etc«
F. Hbmnûq*
(A ooniinmr.)
CATALOGUES D'HORTICULTURE
POUB i9%%.
ftendatler, àNancv (Meurthe). Catalogue général, «t des pUatéi BûQVelleÉ, accompaîgaé de deux plaDcnes coloriéee repiéseataat les nouveaiitée miaei au commerce par l'établissement : Géranium, Verveines, Lantana et Petuiûa.
I^iiioine, à l^ançy. Catalogue de graines, et de plantes nouvelleB de rétablisdément, avec planche coloriée repréâentaiii deux Gérauiums nouveaux {Ghire de Mnc^^ Variété ^ fleor» plelftefc);
Méxard, à Jlueil (Seine-et-Oise). Catalogue eles Q^éraniums notlveÀU)t , mifl an eenmeree pw rétsUksemeftfr.
Oadin aîné, à Lisieux. Catalogue général des arbres forestien et d*agfrémelit,
d'arbres liniitierfe»
AteMwlM» 'Wmtéi^MÊtékt^ Uorlictiltetir à Oand. tafalo^e n*» tS» prix
courant pour printemps et été 4 866» Plantée nouvelles d*ifiittodiietio« réeeote*
■avMPd et G^ ^ rue ^uber, 14, Paris. Catalogue de graMes éi fleuri de ileft-eii eide pldae terre.
F»n««lAe et Ilvâ^t (ancienne ttiaisoii Bosstn et Loùesse}) % ^ quai de la M* gisserie. Supplément au catalogue général de graines de fleurs ^ nottveaolés»
H«ui|r«et Smith ^ à Erfurt (Prusse)* Cataloffae général de plantes vivantes et de graines : plantes ornementales, potagères, fourragèrs, etc. — Cataldgue spécial des nouveautés poui* 1 865. — Graine^ dti magnifique t^al^ iwer PofwftffeMK» ptindlio, on Sabal princeps,
€!bMl^ni0ll« lv«iHUcél«» é^irêi^ëfc (dfrecteur M. Mélatt), àifciefi étflbfisfeement Bfienm»t» Calalogoes d'arWek , d'arbrimaon vt arbnvtee ; de piantes ornementales, potagères et fourragères.
Dm^viei*. grainier fleuriste et p^iniériste, t quai de la Mégisserie, Pafis. Supplément aux Catalogues de 4866 : de graines de fleurs, de plantes potagères, oignons et plants divers.
Hetty âiné^ fleuriste, et pépiniérlfite^ k Bar-Ie-buc, •— Extrait du Catalogue d'artîrrès fruitiers, ff'tftîïeffiéifl, de plantée vîVacés de pleine terre et de serre.
Travaux du mois de iSars.
Foiager* Ces! pendant le mois de mars que rartichaat exige le plas de soîds. On peut commencer yers le 46 4 dégarnir les souches de la terre et dn fumier entassés à chaque pied : la litière sôche doit rester à portée pour recouvrir si la température Texigeait Aussitôt que le hÀle n'est plus à craindre^ il faut enlever à chaque souche les Odilletons superflus et ne laisser que les deux plus beaux ; après cette opération, il faut arroser copieusement les artichauts et leur donner une honne couverture de fumier. Cest aussi pendant ce mois qu^on sème, laboure et fume les asperges. Le fumier de cheval est le meilleur pour ce dernier usage ; mais, dans les terrains très-secs, on doit employer le fumier de vache; Tun et Tautre doit être à moitié décomposé. On plante choux-pommés, chouxfleurs, fraisiers, laitues» oignon blanc, oseille, poireau, romaines. On fait les semis de carottes, chicorée sauvage, choux-fleurs, choux-cabus de Saint- Denis, de Milan, de Bruxelles, épinards, fèves^ ciboules, cresson alénois, panais, persil, poireau, tous les pois, radis rose et noir, salsifis, scorzonères, pommes de terre Vers la fin da mois : céleri à couper, cerfeuil, choux Quintal et de Poméranie' toutes les laitues, romaines blondes et grises.
Les couches et ch&ssis exigent beaucoup d'attention, car, à cette époque, les réchauds dont on entoure les couches sont trop forts : il se produit des coups de chaleur qui détruisent toute la récolte ; il faut aussi veiller aux coups de soleil, qui produisent le même effet.
On sème sur couche : concombres^ melons, piments, tomates, raves, salade et fournitures diverses.
Jardin fruitier. Finir la taille, labourer et pailler les plates-bandes.
Jardin d'agrément. Terminer les labours, travaux de propreté, la taille des arbustes divers et la plantation des plantes vivaces ; foire des boutures d'arbres et dVbriKseaux. On sème en pleine terre : Giroflée de Mahop, Adonis, Goreopsi^ Nigelies, Réséda, Nemophila^ Clarkia, Gilia, Crépis roses, Giroflée jaune, Malope, Œillets de Chine, Pois de senteur, Reines-Marguerites , Capucines, Volubilis, Collinsia bicolor^ Siléné à fleurs roses. Balsamines, Belles de Nuit et Belles de Jour, Muflier, Pétunia, Thlaspi, Scabieuse ou Fleur des Veuves, Phaeelia, Linaria bipartia. On sème sur couche : Célosia Crête de coq. Amarantes, Balsamines, Reines-Marguerites, Calcéolaires, Quarantaine, Martinia^ Cosmos.
On place aussi sur couche les tubercules de Dahlia pour déterminer la végé« tation des bourgeons, les séparer ensuite et les mettre en pot jusqu'au moment de les livrer en pleine terre.
Serres. C'est en mars que les Gamellia sont dans toute leur beauté; il fout leur donner des arrosages modérés et entretenir avec soin la propreté des feuillages. Pour les autres plantes, même soin que pour le mois précédent ; mais on veillera pour éviter l'^et des coups do soleil; on blanchit les vitres avec de la chaux, ou Ton tend des toiles.
wmmQmm
Parie. — Imprimerie horticole de B. Doriiav», me Gtttette.9.
SOUIABI DIS AimCLKS OONTUOS DANS €1 NDUlBA.
F. HniMco» €iur«Ml^|«e. — A. d« Talov, le TUte «iay«> Herke ttus TurptoUei (PI. IV). — . Jbin SiSLBT, ne Uillei pat tos R«0ler«. — F. Hsiiinco, des bybridei de *—!•■■■ par le eroiieiiMnt des «éves.'— (L'i^rMOM^, eholx det Mmmrmîm. «- F. Hsimca^ dinerUtion sur U véi^élattoB (ascension de la se? e). — F. Heiincq, les ▼•yac^wiw «•Ilectoani de l'Rortieirltore (André Miehaux). — Oqktibii, fécondation des C^lbto. - — B. ViuoT» Bvllfllte IblMtosrapliHpM : le Guiës im JûrUmer mMlUpUcûiOÊfr par Carrière. ^ Gatalogoes d*liorticaltnre poar 1866. — TraTaox da ikois d*aTrtl.
CHRONIQUE
Expositîoa d'horiicQHure et Congrès botanique de Londres. -* Le Brome de Scbrader, et ses prétendus propagateurs. — Renseignements sur Texposition de 4867; un projet grandiose. — Chasse aux hannetons-, circulaire de M. le préfet de Tlsère; ses résultats; propositions du Journal le Sud-Mst; les grands hannefonniers de Franee,
Tous les regards sont actuellement tournés vers la Grande- Bretagne. Tout le monde veut savoir où en est le International horticultural exhibition et le Botanical congressqin ont été annoncées pour les 22, 23^ 24 et 25 mai prochain. Nous avons reçu une nouvelle circulaire delà commission. De grands préparatifs ont Heu à Londres pour l'Exposition et le Congrès. Les horticulteurs et les amateurs de tout pays sont invités à faire connaître» avant le 15 avril, les objets qu'ils désirent exposer, et les mémoires qu'ils ont l'intention de lire au Congrès, afin que la commission puisse dresser le catalogue des plantes des* tinées au concours, et le programme des questions qui seront mises en discussion au Congrès. Nous engageons donc nos concitoyens à faire parvenir au plus tôt les documents demandés, à MM. Thomas Moore et D' Hogg, secrétaires, 1^ William street, Loi¥ndes Square, London, qui donneront tous les renseignements nécessaires au sujet du transport des plantes, des exposant» et des membres du Congrès, pour lesquels les compagnies des chemins de fer accordent une réduction dans les prix, rar les lignes anglaises.
Avnl 4866. 7
Parmi les savants qui doivent prendre la parole au Congrès qui sera présidé par le savant botaniste de Oenève, M. Alphonse De Gabdolle, fions ne trouvons qu'tin seul Français, M. Lecoq, professera Glennont; les anttes appartiennent à la Mgiqœ, a TAUeaiagne et à TÂngleterre; ce sont MM. E. M^men, YanhuUe, Tttffen, Howard, Mueliêf, Smith, Seéttiann, Marters, Moore, A. G. More, Glarke, James Anderson, Schuitz Bipontinus, Schuitz Sohultzenstein, etc. La France, espérons-le, pra d*autres représentants.
Depuis que le Bfome de Schtader a piis déeidément dral de cité dans la culture européenne, c'est à qui sera son parrain. L'année dernière déjà un ancien marchand grainier revendiquait l'honneur d'avoir reconnu depuis lobgtemps les qualités de cette plante; mais, pour des taisons à lui connues^ il a négligé d'en parler; il n'a pas moins droit, dtsaii'iif de partager la gloire qui s'élève autour du nom del'attteur da ménK)ire sur le Brome lu à la Société d'agriculture de Pa» en 1 864 . Un autren'ignorait pas les avantages qod doit procmer cette intéressante graminée ; mais comme elle était amiuettii dans ses cultures, il attendait pour la fûre connattse qu'il en ait fait une jdante vivace 1 {sic)* Aujourd'hui voiei venir le tour des Allemands. M. Fintehnaim, jardinier de la Cour, à Beriifi) en reçut, dii-il, des semences sous le nom de CeraHKhbfA unioMdeSy comme plante ontementale^ Il ne 1& reooonat psB moins^ lui ausaii comme une plante foorragèie^ et pou» le rendre compte de sa valeur et avoir toujours de la semence» il fi'm ctiilfoa annuellemeni ^u'tin ou dwœ arpêfUs h la fois. Pendant dtayneuf am d'ezp&ienoe, ce fourrage ne lui manqui qu'une seule fois, en ce sens qu'il ne fit qu'nne pauvre récoite. Pourquoi donc a^-^il attendu iiao^^muf ans, et que k imnitee soit £aite« pour en pader? Quoi qu'il en soit et quoique disent encore certains détracteursmécontents^ laouttucedu BMmefidt
da prog^èt) M% Rtoood, deVecmîUe^^ TaûiM0meaôer&O hdth têmà» cette ivéêiease {ftaatè fàtuTagère» à laqdeUe rester» tou*jmits Attaché le bom de son propagateur^ M< Alphonse LavaU 14e) mk éèB plus lélée eoUaborateurs AeVHorticulUiur frcmgéië^
Nous disions dans notre dernière chfonique^ en parlant dé rExposition universelle de 1807^ à laqddle rhortLcttUure est eonyiée, qn'il y aurait peu d'élus parmi les horticulteurs. Plu* teeorsde Bos lecteurs nous ont demandé pourquoi. Ce pourquoi le voici» D'après les règlements^ chaque exposant doit faifesa demande dès maintenant, en désignant les objets qu'il yeui eîTposer et l'emplacement que ces objets fcouvriront. C'est là une difficulté : comment un horticulteur peuV>il savoir ^xM année à ravance ce qu'il aura de disponible en fleurs et qtiellee seront les bouveautés qu'il ne pent souvent se procurer que la veille de l'Exposition? En outre^ il faut s^engager> dès à préieni^ à payer les frais d'installation, d'embeUissemmi, d'entretien» pluS) la location de l-emplacemeati Ace compte ââttô dbnnaissùns deitx hoftioulteur» qm avasent à dépenser p&ùp leur Hxpdiiticm, Fun 70 chi 79 mille francs^ et l'autre de 1 5 à lOmitle* Ce n'est pas précisément une bagatelle. Aussi, bon nombre d%ôrticulteurs devaient^ils s'abstenir» La commis-* aion a compris qtie ce règlement était inapplicable à Thorticnlture ; elle a modifié ses plans, et aujoui^d'bui les conditions sont aceeptables» Les demandes diHTent ôbre adressées au Co* fflité siégeant au Palais de l'industrie; les demandeurs recevront alors xm nouveau règlement, en même t^oips qu'une feuille de fmnalités qu'ils auront à remplir « On parle d'une somme considérable mise à la disposition du Comité d'organisation qui a des projets grandioses. On dit qu'une commission de voyageurs Va se rendre en Afrique, en Amérique ei en Asie^ pour enrap«^ porter de grands Palmiers et de grands arbres destinés à orn^ la partie eonM<»4e à rhortienltuie. QoeHes masses de dtableê il
va falloir mettre en meuirement ! Tous les navires de k manne impériale nesoffirontpas pour effectQer]etranq[MMrt en France <}è ces pauvres arbres. Laissons donc mourir chez eux, de kur belle mort, les Palmiers, Baobab, Dragônniers et Pandanus des pays tropicaux 1 N'avons-nous pas assez chez nous, d'Âcadas, de Marronniers, de Chênes, et tant d'autres à faire mourir en les transplantant ! Grâce pour ces étrangers.
La brise, depuis quelques jours, conmience à tiédir et à caresser, de son souffle embaumé, les jeunes bourgeons qui sortent de leur hibarnacle, et annoncent Tarrivée prochaine des hannetons, le bonheur des enfants, la paix des fiiaiilles, mais la désolation des cultivateurs. C'est par conséquent rheure et le moment de nous occuper de ce terrible ravageur de nos vergers. Les dommages causés par le hannet(m. dans les cultures, sont chaque année très-conâdérsd)les ; tout le monde s'en plaint, mais selon sa peu louable Jiabitude, le cuittvateor qui crie le plus fort contre lui ne fait viexL pour s'en débarrasser; il rit même niaisement, quand on lui propose d'organiste une chasse aux hannetons. Cest du reste assez daaoMS le caractto français, de se plaindre toujours, et de ne rien vouloir faire par lui-même, pour atténuer lei^ causes du malheur dont il se plaint
Ainsi, M. le préfet de l'Isère a publié^ à plusieurs reprises, des circulaires pour encourager à la destruction des hanne^ tous, et faisait connaître^ auxmaires de son département, l'on* verture au budget départemental d'un crédit de 1,000 francs pour être distribué, à titre de subvention et d'encouragement, aux communes qui s'occuperaient à la destruction des hannetons. Voici le résultat obtenu :
c J'ai fait ressortir, dit M. le préfet dans une lumvelle circulaire en date du 1 5 janvier, les considérations essentiéU.es propres à déterminer les cultivateurs et les administrations muni* cipales à prendre des mesures pour prévenir les dommages que
eansest œs imiectes. Très^peu de ccHmnunes ae sont mises à même âe profita du concours départemental, et le crédit dont û 8*agit e$l resté sam wiphi. »
Le journal le Sud-Est^ mimé des plus saines aspirations, propose d'organiser une chasse générale pourlad^truclion de 200 millions de hannetons en France. < Les communes^ dit-il dans son numéro de février dernier, sont mvitées par la circulaire du 30 mars, h^ allouer en prime 10 centimes par kilogramme de hannetons que Ton recueillera pour les détruire. Pourquoi les instituteurs, le jeudi et le dimanche^ quand ils conduisent leurs élèves à la. promenade, n'organiseraient-ils pas la cueil* lette des hannetons, cueillette que les élèves savent si bien îeàse pour ser^r à leurs amusements? La prime pourrait être convertie en Uvres qui seraient décernés à la fin de la saison, par le maire de la commune* Avec cette perspective, Fardeur des âèves serait bien plus vivement éveillée. — On peut faire sans exagération le calcul suivant sur le résultat de celte mesure. — 11 y a en France 40,000 communes, soit 40,000 écoles ; à 50 élèves en moyenne^ soit 2 millions d'élèves. On peut fadlementadiDettre que chaque élève détruirait dans toute la saison 1 00 hannetons au moins ; ce serait donc 200 millions que Ton pourrait anéantir dans la prochaine campagne. »
Jusqu'ici nous nous rallions à l'idée du Sud-Est, et à son ingénieuse organisation de chasse générale. Hais nous n'ad* mettons pas ces titres, qu'il propose pour les instituteurs, de grand hannetannier de France, grand hannetannier département ta/, grand hamn^onnier d'arrondissement, par analogie avec le^ titres de grands lùuvetiers^ et de grands venews des chasses io^iériales. Ces titres, que le Sud-Est considère comme un talisman qui augmenterait le zèle des instituteurs^ produirait, nous le craignons bien, un effet tout contraire. C'est un grand honneur, en effiat, d'être grand louvetier, car uu loup est une assez grosse bète, et il faut beaMoup de courage pour le pour-
suivre dant les boit. M^^ le haoneloa, n'est qu'on petit tnseete, la joie de Tenftiiiee ( le titie de 9r€mâ fimimUmr nier de France ne servirait qu'à eouvnt de ridieule edm qui le pertaraity et les i1le^tuteul8 perdraient bien vite leur autorité, etleur conridératien auprès dee pepulationa rurales. L'honorable M. Perrault, inspeeteur d'aeadéntte à GreneMe, semble parta^ notre manière de voir à cet égard. Les ré* dacteurs du Suà-Ëit lui ayant sbuinis leur proposition, veiei en quels termes il donne son approbation : « J'applaudis bien volontiers à vos efforts eentre ce terrible ennemi de Vagiiculture, qui a nom harmeUm, et je vous approuve de seUiciter, à ee sujet, le concours de Mlf . les instituteurs pubUos. La spécialité des fonetionnaires est d^ètre utile; ils ne laissero»! donc pas éoba^^r une si benne occasion de fendre service^ et ils conduiront leurs élèves à la chasse organisée conM ce malfaisant coléoptère, non p&ur obtenir quelquês^vns im Hlre$ par lesquels vous propose% de réeofïipenser oeum qui teviendront avee le plus de butin, mais afin de bien mérita dM populations dont ils élèvent les enfants. »
Nous engageons le Su(f-£<t à abandonner sa proposition de titres, qui ne pourrait que nuire à Tosuvre éminemment utile qu'il veut propager. C'est une chose sérieuse quHl propose ; pour la faire adopter, il feut lui conserver 8<m caractère sérieux, et éviter tout ce qui pourrait donner lieu à la plaisanterie, aox quolibets, armes terribles, qui ont souvent fait sacrifier des intérèls sérieux à ce qu^on appelle un bon mot. €k)mme le Sud- Est, nous faisons des vœux pour que l'exemple de M. le préfet de risère soit imité par les autres préfets de l'Empire , et nous espérons que les cultivateurs comprenant enfin l'importance du hannetonnage, sortiront de leur apathie pour combattre un des plus terribles fléaux de l'horticulture et de Uagricuiture !
F. HERmcQ.
VITIS ELEGÂI^S. (V. heterophylla, Hqrt. non TnaNB.) Herbe aux turqum^, {?u ÏV»)
Le VittÊ ehgan» est un de ces végétaux cultivés, dont This* km n'eaft pas eonai», tfûiit en ignore même Torigme. Intro* duite dans un lot de plantes venant du Ji^)pn, on ne constata nulle part son indigénat dans oes contrées; elle ne semble en outre qu'une simi^ variété naine^ à peine grimpante, et à feuillage panaehé, d'une espèce de Vigne des États-Unis^ le K cestivalis de Michaux.
Ce fut auHaUaade, vers i855, que cette jolie plante fit son apparition. L'année suivante elle figura dans le jardin de Berlin et dans les collections réunies à Sans*Souci; nous la vîmes cette même ann^ ^ 3egreis où elle ^valt été ^voyée de Boskoop sous le nom de Cissus elegans. Quoique introduit depuis déjà une disaine d'années, ce Yitis est encore p^u cultivé e( les qudques horticulteurs qui en sont possesseurs le sultiveol eomisid une (dapte .d^ sa^re; c'est sans doute son aspect délicat et l'ignorance qui lui valent cet honneur superflu. Le V. êle^ gam est en eSet parfaitement rustique et il fleurit et fructifie mime chaque année. Penttètrç devons^ons œcope voir là un nouvel indice qui nous porterait à rattacher cette Vigne à Tespôce américaine que nous citions plus haut^ le F. cBsHvalis liieh.) bien plufét qu'au F. heterùphplla, Thunb.^ qui est ori*gînaire de Java, et seulement naturalisé au ^apon, comme nous rindique M. Siebold, l'introducteur, je le crois, de cette cbasi mute plante.
Cette graciense Vigne est pluiêt rampante que grimpante, et ne sMlève guère qu'à un mètre de hauteur. Ses tjges sont grMes, très-glabres, peu ramifiées à la base. Les feuilles sent à S ou 5 lobes, parfois profonds, le plus souvent subitement
rétrécis à la base, dentés en scie. Elles sont d'un vert p&le ou clair y le plus souvent panachées de blanc. Les fleurs sont disposées en eymes dichotomes opposées aux feuilles. Les baief nombreuses qui leur succèdent sont petites (de la grosseur d'un pois), d'abord violettes et assez semblables aux fruits des Callicarpa, puis d'un bleu clair et ImUant, ce qui les fait ressembler à des perles ou mieux à des turquoises. Elles persistent généralenia[it'jusqu'aux gelées.
Le Viiis elegans n'est assurément pas une plante de grand eStët, mab die n'en est pas moins charmante et mérite bien, si elle n'attire paa les yeux de loin, que l'on vienne l'exaininer de près.
A. DE Talou.
NE TAILLEZ PAS VOS ROSIERS
Quand à l'appui de son opinion^ on a la bonne chance de pouvoir citer des noms autorisés comme ceux de M. de Ter-* nisien et de M. Charles-James Perry, Ton peut hardiment dire : Ne taillez pas vos Rosiers.
Mais la routine est obstinée : il faut sans relftche la combattre; c'est pourquoi j'entre en lice, pour aider au triomphe d'une idée same.
M. de Ternisien dit avec raison que, depuis environ 40 ans, on mutile les Rosiers. Depuis ce temps combiœ d'^rits ont été publiés pour opérer cette mutilation le plus artistemœt possible!
Si quelques esprits, amis du vrai, n'étaient venus y mettre obstacle , nous aurions bientôt vu paraître annuellemœt une foule de publications, sur la taille des lilas, la taille des Rhodidendrons, des Azalées, des Gamelliasi etc., etc., et le bon public n'aurait pas manqué de les acheter.
Pourquoi en effet |Hp6nemt-on la taille du Rosier ? Pourquoi a-t-il besoin d'être taiUé plutôt que les lilas, les Ribes, les Spirées et autres arbustes florifères? On prétend que c'est pour détenir de plus belles fleurs. Hais dans le midi de la France, les Bengales ordinaires qui y atteignent 5 et 6 mètres de hau* teoTy sans taille, y produisent des fleurs aussi belles que là où on les mutile. Dans les environs de Nice Ton voit des Chromateila ayant 40 c. de circonférence, ce qui ne se voit pas là où du les mutile* Chez notre grand rosiériste Lacharme on voit des carrés entiers de Bourbon Hermosa qui ne sont pas taillés depuis phusieurs années et qui sont chaque année couverts» d'innombrables fleurs magnifiques, et ces carrés sont tellement garnis que la mauvaise herbe ne peut y pousser.
M. Charles-James Perry, Thabile horticulteur anglais, décrit dansle N^du 13 Janvier dernier du Gardener*sChr(micle$a méthode de cultiver les Rosiers. — Il les incline et ne les taiSe pas. Chacjue année il enlève les rameaux qui ont fleuri pour les remplacer par les nouvelles pousses. Par ce moyen, il obtient depuis plurâeurs années une floraison abondante et ma-
Ha propre expérience, quoique datant de moins loin que celle de ces Messieurs^ m^a démontré qu'ils étaient dans le vrai.
En novembre 1864^ je plantai une centaine de Rosiers hyhrides (soi-disant remontants), partie francs de pied et partie ^rrfSSs sur racine d*Églantiers. Tous ces Rosiers étaient vigoureux et avaient des ramdsiiix de 80 c. à i mètre.
Sans en rien retrandier, j'inclinai rez»terre tous les rameaux et Tannée suivante (la dernière)^ j*obtins une floraison su- P^be, et là où par la taille routinière je n'aurais obtenu que 1 0 à 1 2 fleurs au phis, j'en ai eu jusqu'à i 00 par pied et aussi belles et plus belles que celles que je vis ailleurs.
Mes Rosiers n'étant pas mutilés et ayant beaucoup de bois et
d« IdniUts prar nowrir bw faeioM oupisrait une viffatur 0](traor4li}aw et quelque^^imi âM jdia âé i^ 60 à 2 »èbM.
le kis wm plutéi à 1 métro de âûtattee^ et cette année je m0 stiifl aperçu que je ne les avaki pas anm espaeés rt mis obligé de supprimer une partie du ifieuK bois, panrpoa» fuir coucbev teutefl les poiifisei de Tamiée ^Qfm^*
l'Mpère et aïoÎB obtenir cette aimée une floraiien extn^ oiKlmaîfe ; oert ai je oe me trempé, la irigneur d-im iiibQitd doit ipfiuer beaucoup êw la beauté des fleura.
Je dip^i doue auY Amateuni de resea aveo M. deTmmôea : , P}e taillez pas» ne mutilea pas ms Resiera et empleyea la né» thode de rin&tiuaasoa des IwaiiGhea .
Jean Swmy*
DIS HYBRIDES DE RÛSffiRB PAR LB GROMBHENT DES