SÈVES
Mt L)ûuM deBaaillae^ membre de la fieeiété d'eaeoorsgement de Bagnères-de-BigorFe, dit avoir été conduit € p^r â6f| aiffioiistances ti»utes fortuites, ii surprendre un secnt de la nature qui lui semble pouvoir eoubribuer à augmenter, dans uno proportion notable, les ricbesses de la culture des fleurs et èa fruits, ?! et il li^roit que les nouveaul^és qui jusqu'à ce jcnur oat été eï)tenues par les aaqliiis, pourront désarmais s'obtenir « a^ plus de chance de aucc^, par la grfifb en éciiœsoa d'une va* riété sur une autre i^ . Voici sur quoi il se fonde.
n Vers le mois de juin i863, Youla&t aupprîmerime Rose non remontante, deeouleur tirant sur le maunre, qui avait jeté beaucoup de beifif sur un Eglftutier vigoureux^ il résolut d'ise!- 1er les q^atr^ branches de pe bois le nûeus disposées en têts, en rabattant toutes les autres jf^que resH^uohe. « Af ant gmffil ensuite sur ces quatre bcaaebes un éeussonde la Bcâe ^Mra^
Jmequemmoty il obltok de tm ieummê nue mm toat à fait diltfMUte. * Sa ddulaor g^néral^ étmi plm foseée, lont en jetant TMat velouté da la iapquemmàtj au mmnent oii le bouton s'ouvre. Cette couleur résistait mieux aussi à Taetion du sebit et <fe la lumitee qm pe tarde pas à changer ea violet mat le ronge brillant 4e la Jaequeminot. Chaque pétale enfin offipail; «M pHiadme partiouli^re. Quant à la formai elle éiait aussi légnlière qne dans le type, ete. » Cet hyl^ide nul^plié par des graiés sur %lantier a eenservé toutes ses qualitéft*
Bneeuragé par ce sufioès, M. de BaziUae^ rapérimenta lé Benyeau système de la greffe sur la gr^e ; mais il avoue humblemeqt que le sueoès ne s^est pas oontinué. Toutefois, ayant greffé ensuile une rose dite Lady Wermder^ sur une branche de Rosi^p centvfienillesi son écusson s'adapta parfaitement au su« jet ; « mais il eut beau chercher à distinguer l'œil qu'il avait greffé» » le maudit œil ne paraissait en aucune facoq. Toqtefuis, au printemps suivant, il est sorti de l'endroit où Véousson avait été posé, une branche qui a produit deux fleurs dignes d'atte^lien. a Les premières rangées des pétales Inférieurs ap« partenaiest inemitêêtablement^dài M. de8aziUac,parléurdi8po* flitioB et lenr couleur à Pespèee de la rose oent-feuilies; c'était ausei la même odeur, ce qui est fort appréciable. Le surplus de k fleur, dans sa partie supérieure, provœait évidemment de Lady Wêirend&r. » Mais, 6 mystère I que l'auteur déclare ne peavoir expliquer. La couleur de cette rose est « un ensemble de couleurs variées qui n'ont rien de commun avec la aouleur de la Toge ceM-feuiUeg^ C'est un mélange de brun, de mauve, de peurpre, le tout fondu, nuancé et velouté. « Ge n'est pas tout, fin portant la fleur à la hauteur de Fœil jiour la considérer horizontalement, on y remarquait, — dit toujours M. de BasUac, — des reflets changeants et métalliques comme sur Certains papilkm. »
Tels sont les deux feûts qui conduisent l'honorable membre
delaSooiétéd'encottrageiiientdeBagnèreaàoet^ conelwoa: « qu'ils consaorent ce principe : querhybridaticm desTégétma peut résulter du croisemeiit des sâves^ aussi,bie& que du cmsèment des pollens. »
Est-ce que M* de Baaûllac ne pense pas qu'il doit ansd y avoir, d^ns le dernier hybride, un peu de sève de papillon ; car enfin ces reflets changeants et métalliques qui caractérisent oe nouvel hybride ne se rencontrent ni chez la rose centrfeuxUes^ ni chez L4iiy Warender? Gomment expliquer ce phénomène autrement que par la participation d'an papillon dans ce croisement de sèves? c Si une autre explication était possible, jW rais hésité à énoncer un principe aussi étrange. » Quoiqu'il en soit les faits sont tellement concluants, qu'il parait incontestable — à M. Louis de Bazillac — que le principe qu'ils posé, le croisement des sèves, est désormais acquis à la sciaoce, ei qu'on peut dès lors le proclamer comme certain. »
Tels n'est pas cependant l'avis de MM. ftxmgniart, Duchar* tre, Rivière, Verdiar, etc., de la Société d'hcniiculture de Paris. M. Duchartre trouve d'abord, et avec raison^ de graves inconvénients à se servir du mot hybridation comme rento^d l'obtenteur de la famrase rose à reflets mi^alliques comme sur certains papillons; ensuite il ne voit dans les cas signalés qus des variations dues à Tinfluence du sujet sur la greffe, et il ne voit rien qui ressemble de près ou de loin à une hybridation. M. Brongniart ajoute que jusqu'à ce jour on n'a pas vu de variétés produites par la greffe, maisseulement des variations insignifiantes. M. Verdier père déclare n'avoir jamais vu les contre^^ffes déterminer des variations, quel que fût le sojet.
L'hybride emphatiquement nonuné Gloire de BagnèrésvUeelf en effet, qu'un simple accident conome il s'en produit parf(HS sur des sujets non greffés. En Rose n'avons-nous pas eu la Rose Madame Campbell à'Islay, simple accident panaché de la Bm la Reine^ qu'un horticulteur peu consciencieux nous avait en-
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TOyée en 1850 sous le nom de Triomphe de VcUenciennes, noo pas comme hybride de deux sèves, mais oomme un gain nou* veau provenaat de semis, et au sujet de laquelle M. Vibert d'ÀBgers, expert œiamatière^ nous écrivait ceci : « Cette rose est bien, comme vous le dites, un de ces assez nombreux acci* deots qui se remarquent parmi les hybrides r^nonbmts et dont la Reine, le Comte de Paris, Lady Alioe-Peel, etc. (1), sont partieulik^ment afiéctés.
» Les accidents qui ont heu à Tégard des fleurs du Rosier sont, en effet, de plusieurs sortes : ainsi les stries, les panaûbores, les variations de forma, de couleur, de grandeur, de duphcature, peuvent se fixer sans que les pétales conservent leur forme normale : nous en avons des exemples dans Camaïeu^ Bernard^ Bose du roi striée^ Mogador, etc. ; mais lorsque, par suite de dégénérescences particulières, les pétales perdent la forme primitive de la variété à laquelle ils appartiennent, et qu'ils se crispent, se tourmentent, se festonnent, etc., il de^^ mA plus difficile de fixer ces sortes d'accidents ; la couleur se modifie, les fleurs perdent la régularité de leurs formes. »
N'est-ce pas là tout simplement le cas des prétendus hybrides
La Rose capucine n'ofiB(*e-t-elle pas aussi ce phénomène de (teux sortes de fleurs sur le même pied. M. Carrière Ta décrit et figuré dans son mémoire intitulé : Production et fixation des variétés, et M. Clos, président de la Société d'horticulture de la Haute^aronne, cite un nouveau fait de ce Rosier, observé dans le jardin de son frère. « L'été dernier dit-il^ cet arbuste se couvrît de deux sortes de fleurs, les unes jaunes, les autres d'un rouge-ponceau. On voit parfois, au bout de quelques an-
(4) La rose Lady Warender^ que M. de Bazillac déclare ne trouver dans aucan catalogue, ne serait-elle pas tout simplement la rose Lady Alice Peel^ dont le nom aurait été mal écrit et par suite mai interprété? La chose n'est pas impossible; j'ai vu plus fort encore dans certains catalogues.
nées, m Roder k fleuM eompléteihent jamies raccéder à qa Rosiet à fleuri rouges. Il n'est pai rare non plu, ^uond 1m ûeuti jaunes commenceiit à se fnèler ânx fletirâ rouges du Ro« siér Capucine^ d'en Tôir quelque^unes par moitié jaunM et rouget ou ayant chacun de leurs pétales bicolore. »
Si M. de Bazillac avait greffé un ramedti de Rosier Oapfàcme h Qeurs ponceau, et que la greffe eût donné dea fleui» jaunes^ il n'aurait certainement pas manqué de faire int^^mir lliybri^ dation par le croisement des sèves.
De pareils changements de coloration de fleurs s'observent également sur d'autres plantes. M. Glos^ cite encore {BuUetm de la Société d^ horticulture de la Haute-Garenne, sept, et octé 4665; page i78) ud pied de Belle de Jour * se biforqttant à sa sortie du sol et dont les branches portaient exelusivémeat Tune des fleurs, tricolores, aux nuances bien prononcées^ l'autre 9 fleurs des teinte très*pâle. Je n'oserais proposer aucuiifi eicplication de ce curieux phénomène^ ajoute M« Clos» cai toutes les parties de ce pied de Liseron étaient soumises à des conditions en apparence identiques. »
M. de Bazillac n'eût pas été embarrassé. Il aurait conclu au croisement de la sève de la plante, par la sève de la terre • qui contenait en elle-même le principe colorant de la fleur! » Mais nous croyons avoir suf&samment démontré le peu de fondement de sa théorie du croisement des sèves, qui ne mérite pas d'être discutée plus sérieusement.
F. Herîhcq.