Lesguyer
BKGONIA NOUVEAUX.
Le genre Bégonia est comme tous les genre? de pUntes à la mode, dont on a abusé de la faculté génératrice; il ^ tant produit de variétés, que beaucoup de nouveautés ne sont que des reproductions des anciennes, ou tout au moins dq3 variété» à peine distinctes . Aussi , est-ce grand bruit dans le monde horticole quand, par hasard, apparaît une variété vi»iment distincte.
C'est ce qui arrive, en ce moment, pour quelqites gains nouveaux de M. Chaté, et particulièrement au sujet du Bégonia, Adrien Robine.
].0 Bégonia Adrien Bobine est, en effet | un gaift des plusj ret marquables par la teinte de ses feuilles. Rouges à l'^t^^t î^^^^y elles prennent ensuite une couleur de fond d' un brun ip^rron, ^ur laquelle ressortenl le rouge clair des nervures, et les brillantes et chatoyantes nuances métalliquea des maculatures, dont le^ plus grandes forment une large bande concentrique gorgepigeoq autour du centre brun de la feuille ; le pourtour qui est aussi de couleur brun marron est parsemé de petites paillettes métalliques couleur gorge-pigeon, qui scintillent et brillent de
mille feux, lorsque la plante reçoit quelques rayons dn soleil — C'est pour nous la plus remarquable variété de ce genre.
Les autres nouveautés que M* Chaté vienf de mettre au commerce sont : Anna Bobine, Madame Pacotot, Madame Chaté, M. Berthet et Madame Mézard^ dont les maculatures et ponctuations sont de couleur argent mat.
E. Bon ART).
TAILLEZ VOS ROSIERS
I^s deux articles que nous avons publiés contre la taillejles Rosiers nous ont valu plusieurs protestations verbales de la part de quelques amateurs, et une lettre de M. Rolland, horticulteur à Orange. La vérité naît, dit-on, de la discussion. Nous insérons donc la lettre de M. Rolland, avec Tespoir qu'elle en amènera d'autres, et .que la lumière se fera sur la question de la taille du Rosier.'
MONSIEIR LK RÉDACTEUR,
Permettez-moi de vous faire connaître quelques observations relatives à la taille des Rosiers.
Il y a deux ans, j'avais chez M. Nogent Saint-Laurent, environ 1,500 Rosiers Hermosa. Désireux d'avoir des fleurs précoces pour garniture de salon, j'eus l'idée de ne point tailler ces Rosiers ; le résultat fut déplorable Tan dernier.
Ayant remarqué que les Roses les plus pleines donnaient des fruits dans mon terrain, je tentai un dernier effort pour obtenir des fruits du Rosier Souvenir de la Malmaison. A cet effet, j'abandonnai 300 Rosiers à la nature. Mes Rosiers furent déplorables sous le rapport de la garuiture et l'ampleur des feuilles, ainsi que sous celui de la floraison.
- ai —
Cependant j'avais atteint mon but ; j'ai réussi à récolter deux fruits contenant quatre graines, desquelles j*ai obtenu deux jeunes sujets que j'élève avec soin.
Ici^ on a Thabitude de planter au printemps. Cette année, la saison ayant été relardée par les pluies, je ne taillai pas — pour le besoin de la vente — une partie de mes Rosiers, Aujourd'huî, ces Rosiers sont dans le plus triste état : les uns n'ont de feuilles qu'à l'extrémité des branches, ce qui leur donne un aspect désagréable ; les autres qui sont fleuris portent des fleurs méconnaissables. Les Rosiers luxueux de Bengale que vous avez admirés dans le Midi ne donnent qu'une belle floraison, tandis que les Rosiers soumis à la taille fleurissent constamment. Quand je me promène dans la campagne, je rencontrer chaque pas de malheureux églantiers qui ont Tair de me dire, en me tendant leui*s branches dénudées, semblables à des bras de squelette : « Voyez comme mon voisin est plein de vigueur et de santé; je vous en prie, faites pour moi ce que le paysan a fait pour lui en tondant sa haie; je vous en prie , mutilezmoi, aidez un peu cette bonne nature. » La différence entre mes Rosiers taillés et ceux qui ne le sont pas» est telle, que les amateurs ne comprennent pas ce qui leur semble une négligence.
Trente années d'observations m'ont prouvé que les hybrides remanlatUs exigent une taillo sévère pour produire de belles fleurs et plusieurs floraisons,; car, quoi que vous en disiez, la plupart des variétés de ce beau genre, qui fait la gloire de l'horticulture frani^aise, et auquel rien ne peut être comparé, pas même le Cumellia^ donnent ici leurs splendides fleurs depuis le mois d'avril jusqu'au mois de novembre, et souvent beaucoup plus tard. Le Rosier n'a pas encore dit son dernier mot. L'année dernière j'ai obtenu de la Baronne Prévôt, qui n'est que bifère, un semis qui lui est supérieur, sous le rap* port (le la grandeur de la fleuret de la suavité du parfum* Il a
donné cinq floraisoQii suecessives, autant qae le Général Washington^ Madame Purtado^ Vielor Trùuillatd; etc.
Rolland,
HorlicuUear ï Orange.
DE L'UTIUTÉ DËB PLANTES DANS LES APPARTEMEmS.
A quoi servent tes plantes dans un appartement? Elles servant d'omement, tm dît-on. On trouve partout de beaux meubles, de bdles aculpt^res^ maïs non de belles plantes, parce qu'elles exigent trop de soins* Telle est à peu près la réponse que faisait une dame, du reste grande amie A^s fteurs, à la question que nom répétons ci^dessus. Cette réponse est loin de nous satisfaire. Les fleurs ne doivent-^lles, en efBet, jouer dans nos maisons d'autre rôle que celui d'orner les appartements où on les installe, et de rejouir les yeux de Tamateur) Si leur utilité se borne réellement là, il ne faut pas s'étonner d'entendre i*épéter n nos citadins qu'ils aimeraient bien les fleurs, s'il ne foUait seulement pas les soigner. Doucement, là je vous arrête. Vous ne vous apercevez pas qu'en parlant ain^i vous commettez un délit contre votre propre corps. Plus' d^un, en lisant ces lignes, haussera les épaules ; j'espère cependant faire par-ci par-là quelque prosélyte.
Pouixjuoi, riches citadins, fuyez- vous en été vos masses de pierres échauffées par le soleil et alleï-vous passer la plus belle saison dans quelque villa bien située? — Mon Dieu, dites^ vous, c'est pour fuir cet air malsain qui nous étouffe. Pourquoi le marchand s'arrache -t- il à ses affaires pour allez courir dans les bois de Harz ou de la Thuringe ? On me répondra encore que c'est pour respirer le bon air. Pourquoi l'habilant des villes aime-t-il tant à passer l'été à la campagnie ? Parce
que Tair y est plus puk;'^ plus agréable qu'à la villo. Mftis^ me dira-t-OR^ pourquoi oet air de la villa, des boiS) dés champs plait-il à rhomme des villes au point qu'il soupire api^ès lé moment où il pourra le respirer et fait tout ce qu'il peut pour en jouir au moins une fois par semaine ? Cet effet doit être attribué à la plus grande somme d'humidité que charrie l'air à travers les arbres^ les fleurs et les gazons. Si Ton s'attachait dans les grandes villes à planter d'arbres les places publiques et les grandes' rues, si l'on entretenait avise soin les jardins, au lieu de les transformer en terrains de construction, si 1-on ar^ rosait les mes, au moins une fois par jour, avec une eau pure et abondante^ si l'on établissait des fontaines jaillissantes sur les grandes places^ cet air étou&nt des villes serait rafratéhi et puirifié. De cette façon l'air recevrait ce qui lui manqtie, un certain degré d'humidité. Quand règne un petit vent frais et humide, le séjour des rues étroites est encore supportable* L'air des rues se communique à nos appartements ; sâ sécheresse s'y fait également sentir et agit d'une manière fâcheuse sur notre système respiratoire.
Nous avons à notre disposition deux moyens de corriger cet air desséché de nos habitations. Le premier est de disposer dans les appartements des vases larges et plats rempHs d'eau fraîche* ou d'y suspendre des toiles fines préalablement mouillées U'eau se vaporise et on se sent bientôt soulagé, par le rafraîchissement, de l'air sec et bràlant que Ton respirait.
Le deuxième moyen consiste dans Tinstallation dans les appartements de plantes à feuillage riche et touffu. La vaporisation qu'elles produisent est des plus actives. L'expérience nous apprend qu'une feuille de dimension ordinaire vaporise tous les jours de 1 à 2 grammes d'eau, pas moins de 30 grammes pour une seule plantfe. De grands arbres en vaporisent, dans le même espace de temps, près de 50 litres. Outre l'exhalaison qui provient des plantes, chaque pot produit encore une cer-
laine quantité de vapeur d'eau dont il sature Tair environnant. L'heureux effet que produit sur l'air l'évaporation des plantes est encore rendu plus puissant par la décomposition des acides par Taction de la lumière. C'est à la puissance avec laquelle cette décomposition s'opère dans les bois sur une vaste échelle que nous devons attribuer ce sentiment de bien-ètre qui nous pénètre dans les forêts. Le3 plantes sont donc un élément indispensable de notre bien-être, et chaque fois que nous nous en éloignons elles se vengent sur notre santé. Je répéterai donc aux habitants des villes, auxquels les circonstances ne permettent pas de quitter pendant l'été les masses brûlantes de nos maisons : empruntez au moins au monde végétal quelquesunes de ses plus belles plantes au feuillage ornemental et emportez-les dans vos maiso^hs. Leur influence bienfaisante sur l'air des appartements est appréciée même par les plus ignorants au moment oîi ils mettent le pied dans un appartement décoré de fleurs.
[IkuUche Garkhzeitung.)
LES POiMMES DE TERRE NOUVELLES.
Chaque année la Société centrale d'horticulture de Paris reçoit des spécimens de nombreux gains nouveaux de toutes espèces, pour en apprécier le mérite, et se prononcer sur leur différence avec les variétés connues. Pour les fleurs et les fruits, on se prononce séance tenante. C'estpeut-étre trop précipiter le jugement ; les botanistes de profession en agiraient avec plus de prudence, et ne se. prononceraient qu'après avoir compulsé tous les livres de leur science. En horticulture on est plus expéditif , on juge de visu ; aussi accepte-t*on comme nouveautés des fleurs et des fruits qui n'ont souvent de nouveau que le
nom. LjBb Société d'horticulture de Paris fait exci^tioti pour les Pommes de terreé Ce n'est qu'après une année de culture comparative, que la commission des Pommes de terre prononce son jugement. Elle vient de publier le résultat de son travail sur les gains de 1864; voici comment s'exprime son rapporteur M. Courtois-Gérard :
• Pomnie de terre Lefort (Lefort -André), — Cette variété ne parait différer de la Pomme de terre Chardon que par sa plus grande vigueur, ce qui ne suffit pas pour constituer une variété nouvelle; car nous avons remarqué que souvent la production des semis de Pomme de terre diminue d'une manière sensible après quelques années de culture.
Pomme de terre de Chamouniœ (Va vin) (1).
Pomme de terre d'Albany (Vavin). — Ken que de provenances différentes, ces deux Pommes de terre sont également semblables à la variété que vous avez reçue de M. Perrault sous le nom de Pomme de terre de Petit-Val.
Pomme de terre de trois mois (Bossin). — Rien ne nous a parujjustifier cette qualification, car ce n'est que dans le courant du cinquième mois de culture que l'on a pu faire la récolte de cette variété.
Pomme de terre Marjolin (Gueymard). — Celle Pomme de terre est de seconde saison et ne peut être confondue en aucune circonstance avec le Marjolin de première saison.
Pomme de terre 15 jours plus hâtive que la Marjolin (Gueymard) . — Sous cette désignation M. Gueymard vous a pré* sente un semis qui s'est trouvé être parfaitement identique à la Pomme de terre Marjolin de première saison.
Pomme de terre à feuille d'Ortie (Courtois-Gérard). — Cette
(I) Comme 1^8 années précâdeotes, nous CeroQS remarquer que les noms qui accofiipagneni la dénomination des variétés de Pommes de terre, ne sont pas toujours cenx des obtenteurs, mais le plus souvent. ceux des personnes qui ont présenté ces variétés à Tappréciation de notre Société.
lfai*4866 10
variété ert plus prodocUve que la Pomme de terre Marjolin de prefuière saison, mais eUe ne donne que longtemps après» • Pomme de terre Royal ash teaf Kidney (Gloede). — Ce que nous avons dit de la Pomme de la ferre à feuille d'Ortie est en tous points applicable à cette variété, et ce ne peut être qi^ pat erreur qu'elle a été comparée à la Pomme de terre Marjolin de première saison.
Pomme de terre de Grisy (Gauthier). — Cette Pomme de terre est de seconde saison comme la précédente.
Pomme de terre de Poméranie (Vavin) , — Cette variété appartient à la troisième série de votre collection par la forme et la couleur de ses tubercules ; sa chair« de couleur blanche, peat être considérée comme d'excellente qualité.
1"* Pomme de terre des Arides du Pérou (marécbsd Vaillant).
2<> Pomme de terre Maréchal Vaillant (Laoharme).
3* Pomme de terre Aradares ou cent pour un (Lecomte). — Ces trois noms s'appliquent à une seule et même plante. Douée d'une vigueur peu commune, cette Pomme de terre appartient tout spécialement à la grande culture.
Pomme de terre rouge des tles Mormont (Courtois-Gérard). — Cette Pomme terre, dont le nom a eu un certain retentissement dans le monde agricole, se trouve, depuis longtemps dans votre collection sous le. nom de Ponmie de terre de New-York (Maugé).
Pomme de terre Black Kidney (Quihou). — De forme longue et de couleur noires cette variété nous a paru digne de figurer dans la cinquième série de votre collection.
Arrivé à ce point, il ne nous reste plus, Messieurs, qu'à vous dire que la Pomme de terre rouge langue, cultivée sans nom par M . Léon Le Guay, n'est rien autre chose que la variété connue sous le nom de Mangel-Wurzel, »
CoUftTOIS-GËaARD.
LE PLATANE DE GODErttOI DE BOUILLON ET LEâ SEQUOIA DE CALAVERAS (() .
Les boulevards de Nice sont plantés d'Acacias et de Plata^ oe^. Le platane oriental y croit ave<i une rapidité surprenante, comme à Chambéry et dans toiite rilàtie septentrionale. Il à des formel^ plos carrées qit*fc Paris*
Je né puis voir ces beaux arbres sans ]»enser à un fait resté dans ma mémoire; on le trouve dans Elien II se rapporte à Xerxès. Le Platane oriental, on le sait, est originaire de TAsie Minenre. L'armée perse, composée de soldats^e tonte origine^ s'avançait exerçant des ravages, rasant leê maisons ou les brû«> latit, abattant les arbres, faisant enfin ce que les armées mo^ dêmes dé sont plus d*nne fois pertnis, lorsqu'elles veulent impriiflôr répouvaute en pays ennemi.
Le monatque, en véritable fils des Aryasy avait le sentiment de la nature; il aimait les arbres. Ne pouvant arrêter la furour des soldats, il donna Tordre de respecter les végétaux ^ sinon les hommes, et fit placef au pied d^un vénérable Platane^ dix fuis sécnlâire, une Sentinelle choisie dans la légion des immor^ tëlSy ainsi nommée parce cjû^on y remplaçait immédiatement tout homme tombé sur lé champ.de bataillé. Le Platane, ainsi préservé, conserva le nom d'arbre de Xerxès.
On peut, sans trop donner carrière à Vimaginatiou^ conjecturer que le Platane de Xerxès est encore vivant sous le nom de Piatané de Godefroi de Bouillon. En eflet, lorsqu'il négociait avec rempereur grec Alexis, en défiance contré lés croisés, Godefroi de Bouillon, après de fatigantes jouméeé de discussion avec ce prince, aimait à aller se reposer sons son ombragé.
(4) BttrAit d« l« ftwMi le Êkm-Omky et»., voir p. «ft6<
M. Charles Martins, professeur d*histoire naturelle à la faculté de médecine de Montpdtier et directeur du Jardin des Plantes de cette ville^ Ta décrit dans son très-iuléressant mémoire de 1858, intitulé : Promenade botanique le long des côtes de FAsie Mineure^ de la Syrie et de V Egypte.
Ce Platane se trouve à Bujugdéré, \ill9ge du Bosphore, doot la situation est si ravissante. Xerxès, cela est certain, s'arrêta aux environs de la localité. Le végétal, ou plutôt la réunion de neuf Platanes soudés^ forme trois groupes très^approchés, et de proportions colossales.
€ En commençant par Test, dit M. Martios, on voit d'abord » deux troncs réunis, ayant, à un mètre au-dessus du soi, une » circonférence de 10 m. 80. Le feu y a creusé une cavité de H 5 mètres d'ouverture; puis vient un tronc dont le pourtoor > est de 5 m. 40. Le dernier groupe se compose de six troncs » réunis, formant une ellipse courbe dont la circonférence est n de 23 mètres, savoir : 15 mètres pour Tare extérieur, 10 » mètres pour Tin teneur qui est concentrique au premier. Cet » énorme tronc était aussi creusé par le feu ; un cheval se trou- » vait à l'aisé dans la cavité qui lui servait d'écurie. J'estime à « 60 mètres environ la plus grande hauteur du massif. La pro- » jeciion de la cime sar le sol couvre une surface irrégulière de » 112 mètres de pourtour. Quehjues branches mortes dépas- » sent le dôme de feuillage, mais de longues branches vivantes » retombent de tous côtés, chargées de feuilles plus découpées » que celles du Platane d'Occident. C'est, h la fois, une mer- » veille botanique et un arbre à enchanter un paysagiste. » Théophile Gautier Tappelle non pas un arbre^ mais une forêt. » Son instinct de poète ne l'a pas trompé. Ce mot forêt peint » l'impression produite par ce géant; en réalité, c'est un mas- » sif dont le tronc semble unique, quoique multiple en réa- » lité. »
RiQn de surprenant dans la longévité du Plats^e de Xerxès,
s'il est biea le même que le. Platane de Godefrcâ de BouiUoiu Il y a des exemples de vie végétale beaucoup plus longue. Les GbfttaigmeFS du mont Etna dont Pline, le naturaliste, a dom[ié une si curieuse description, et qui, de son temps^ étaient déjà de paissants végétaux, sont encore en pleine vigueur. On les reconnaît sans peine aux caractères particuliers décrits par Pline. Il n'y a pas à a'y (rompCT. Aucun naturaliste ne $'est inscrit en faux contre l'assertion, vingt fois renouvelée, qu'en les contemplant, on a devant les yeux les Châtaigniers de Pline, le naturaliste.
Les Séquoia de la haute Californie, nommés par gloriole patdetique Wellingionia par. les Anglais, Washingtonia par les Américains du Noi^d, sont bien autrement vieux que le Platane de Bujugdéré etles Châtaigniers de l'Etna, qui sont des nains encomparaiscm. Plusieurs de ces énormes végétaux ont cent vingt mettes de hauteur et leur circonférence est en proportion.
Le savant général, docteur Nelson, auquel il n'a manqué qu'un peu pins de chance poor a&anchir le Canada de la domination anglaise, il y a trente ans, nous a raconté que, voyageant dans rintéiieur de la Californie, dans les premiers temps de la colonisation de cet Etat, il fut surpris par un violent orage. La contrée était déserte. Il aurâilt fallu franchir 150 kilomètres peut-être pour trouver une habitation. Il dut chercher un refuge dans le tronc d'un Séquoia creux dont l'ouverture ressemblait à une porte oodhère^ Ses compagnons, au nombre quinze, et les sept mulets, porteurs du bagage de la petite caravane, trouvèrent un abri commode dans* la cavité du végétal. On pouvait s'y promener. Il y avait éeurie pour lés bétes de somme, chambre spacieuse pour les hommes et même une cuisine. Bien des gens y avaient déjà cherché refuge. Un foyer, formé d'une vaste pierre plate, y avait été établi avee une sorte de cheminée constituée au moyen d'un. sapin creux, qui^ placé
«a-^desBus An foyer, allait umtit par unp onverture tupérieui^, en forme de fenétve.
Le général-^dooteur et «es amis y paisèreot la nuit fort agréablement.
Ayant de oontiBÙer sa route, le docteur Nelson, dont Teeprit é(«it tourné vert les idées gaies, fit ptaeer une ptanehe aa»dei. sus de rentrée de la cavité du Séquoia, aveec^tte iQseriptîon t « W0^hingUm*$ impérial kôusôf » en français. HÀIel impérial de Waihipglon.
Le fait nous a été confirmé par M. Lorquio^ natnvaliste.vûya» geur, dont les mémoires ne tarderont pas h paraître.
M. Jules Marcou, également naturaliste vûyagear^qniafaitj dans ees deripers temps, une carte géologique de la testé, et a retrouvé en Amérique les oouches jurassiques, est entré à ehe* val dans la cavité d'un autre Séquoia tombé, ôJtnmlgrésabauie taille, il s'est promené, toujours à cheval, l'espace da trente mètres.
Une domaine de Sequêia vivants, de non moins grandes dimensions^ forment un énorme bouquet autonr du gétnt req^ versé. Ils sont pleins de vigueur, et si la niain des. hommes les respecte, ils {paraissent devoir fournir une carrière iodé* finie* Le moindre des Sequùia vit A^nis plus de quatre miU$ uns*
Au moment d'imprimer, 24 février tS6€l> on nous oom^ munique une lithoi^aphie fort bien faite et qu'on n'aurait pu assurément xa\w% réussir à Paris, qui représente une vun phe^ tographique d'un bois de Séquoias situé dans le comté d^ Ga* laveras, en Californie. La lithographie sort des presses de San* Pranoisôo, Elle a ponr titre ; Tu iun«0Tn nw aaovn. Cala* vnAB GO. CàLipotmà , àm m Avaiiras (Bois des arbres géants du comté do Calaveres» Californie, et ses avenues). C'e»4 une succession de quatorse dessins représentant chacun un c^in du paysage. Il n'y a lien ta de fantaisie, pnisque ee sont des vues
ph<»tdgraphiqii68. On voit un Séquoia dont ia cavité porte ie Dom de Cabine de$ pionniers. Ce Séquoia a IS mfetres de dia« mètre; il est encore haut de 40 mètres. La cime a été enlevée par un ouragan. Un autre Séquoia, dont la cavité porte le nom de Cabine deâ mineurs, est représenté tel qu'il existait en 1855» Sa circonférence est de S8 mètree et sa hauteur de 92 mètres. Un troisième, renversé^ s'appelle the old dominian and uncle Tom*s cabin (le vieux chef et catâne de Toncle Tom)« On trouve la «1ère de la forêt, telle qu'on la voyait en 1855. Elle ai été renversée en 1861 par une épouvantable tempête. Lanière de la forêt a 50 mètres de circonférence à la base. L'écoroe me» sure six mètres, si on la prend à la hauteur de 98 miètres. L'élévation du végétal géant était de 1 07 mètres ; ot, le sonmiet da Panthéon est seulement à 85 mètres 5 centimètres au-dessus du pavé de la place. On a construit un hôtel très^légant et très-fréquenté, près de la forèt^ sur le point oùToA pdutle mieux jouir du beau spectacle de cette merveille de la nature* Vhâtel Sperry est sur le ipodèle amélricain, c'est-^-dire digne de figurer à côté de ces prodigieux Séqnoias. On voit une Ion-' gue caravane de gens à cheval, conduisant une file de cha« meaux, récemment importés de laBactriane, pour le s^viee des sentiers de la Sierra Nevada^ se diriger v^^ l'hôtel. La nière et le fils sont deux autres Séquoias non moins remarquables. Ils ont l'un 105 mètres et l'autre 100 mètres de hauteur^ leur circonférence réunie donne 31 mètres. Il ne faut point parler du p^e de la forêts naturellement plus extraordinaire que Ja nère de la forêt. Ce malheureux géant glt à demi brûlé et couvre encore un espace immense. Le grand arbre a été scié. Originairement, il avait 52 mètres de circonférence et 100 mètres de haut; une échelle de meunier de 28 marches vous permet de monter sur une section de ^oqc. On donne quelquefois des bals sur la base de l'arbre coupé. Trente couples de vaU senrs y prennent à leur aise leur» ébats. Une galerie a été mé-
nagée pour les spectateurs et les dames qui font tapisserie. Le Sperry's hôtel organise ces bals pour ses hôtes.
En présence de tels faits aulhenlic[ues,resprit reste étonné. On a devant les yeux des végétaux antérieurs aux temps bistoriques et dont beaucoup vivront encore plusieurs milliers d'années, si le grand destructeur, qui est aussi le grand protecteur^ l'homme, a le bon sens de les respecter. Qu'est la vie humaine en comparaison? Mais Phomme a la vie pleine, entière, la vie de rintelligence ; elle est courte, sans doute, mais elle se continue par sa postérité. Il a, de plus, une âme immortelle, ses œuvres se transmettent et sa mémoire ne se perd pas, s'il a rendu des services à l'humanité. Ne nous plaignons donc pas de notre sort. L'éternelle sagesse a tout pesé, tout combiné en vue du plus grand bien. Chaque être a sa mission sur terre.
Le globe que nous habitons est un atome dans Timmensité. Faibles êtres d^un jour, nous nous agitons pour des intérêts qui nous paraissent immenses ; comme si notre vie était trop longue, nous nous détruisons les uns les autres par la guerre, par la concurrence, par nos passions, nos vices. Les meilleurs, pour vivre, aspirent à mourir. Le plus beau jour de leur vie est encore celui où ils la quittent, afin de se réunir au Créateur, et de connaître enfin les secrets de l'Eternité.
GoUMXm -GOKNILLE.
LES VOYAGEURS COLLECTEURS DE L'HORTICULTURE
François-André Michaux.
Dans François- André Michaux, nous retrouvons toutes les qualités, toutes les vertus de son père ; sa vie n'est en quelque sorte que la continuation de la vie d'André Michaux : c'est
la même modestie, le même dévouement h la science, le même désir d'aider au progrès de la civilisation et du bien-être des peuples. Il semblerait que Tâme et le cœur du père se soient réfugiés dans le corps du fils. C'est la même abnégation des plaisirs Je ce monde; c'est la même insouciance de ses intérêts, le même courage, la même énergie pour affronter les dangers. Né le 16 août 1770, François Michaux, fut privé, dite son entrée dans la vie, des mille douceurs dont est comblée Fenfance. Sa mère mourut en le mettant au monde ; il ignora toujours ce qu'il y a de parfum et de bonheur dans le baiser d'une mère.
Élevé à la rude école d'André, il partagea d'abord les peines, les travaux et les dangers de son père, qu'il accompagna en Amérique. Il avait juste 15 ans quand il quitta la France pour la première fois; c'est, en effel, le 16 août 4785, qu'André Michaux s'embarqua à Lorient pour New- York, emmenant avec lui son iîls, et un garçon jardinier du Jardin des plantes de Paris, nommé Paul Saunier.
Le jeune Michaux suivait souvent son père dans ses rudes et périlleuses excursions ; c'était alors le modeste Saulnier qui dirigeait les travaux de la pépinière de Gharlestown. Mais ce soin était généralement confié au jeune François. C'est pendant l'exercice si paisible de ses fonctions de directeur, que Michaux fils faillit perdre la vie. Le 20 septembre 1789, il reçut un coup de feu d'un chasseur maladroit, et un grain de plomb atteignit l'œil gauche, M. Vicaire, dans son éloge historique, rapporte qu'il avait un œil de verre, particularité ignorée, dit il^ de ses amis les plus intimes.
C'est à la suite de cet événement, dans les premiers mois de 1790, que François Michaux rentra en France. Il espérait trouver les pépinières de Rambouillet aussi riches, aussi florissantes que celles qu'il venait de quitter aux Étals-Unis. Mais grand fut son étonnement en voyant le désor4re des
précieuses collections que son père avait eu tant dé peines à former et à envoyer à son pays. Âussi^ dans un tnémoiFe qn il a publié en 1805, s'exprime-t-il avec une certaine âpreté de langage en parlant de ces collections. « Il n'est paa douteux, dit-il, que le plus brillant succès n'eût couronné cette entre* prise, st on eût apporté en France ia centième partie des soins que nous donnâmes en Amérique^ et si Ton n^eùt pas distrait de leur destination la majeure partie des objets envoyés. Mais il en était bien autrement. A leur arrivée à Versailles, on les distribuait en abondance à des seigneurs et à des particuliers qui en garnissaient leurs maisons de campagne. Quelquefois la moitié de ce que l'on recevait passait en Allemagne, dans les jardins de Tempereur d'Autriche. La plus petite partie était envoyée à Rambouillet. »
François Michaux, à son retour, trouva la France en plein mouvement révolutionnaire. Un biographe américain, nommé Durand, a prétendu que Michaux, oubliant les bontés que la famille royale avait eues pour lui et pour son père, prit une part active ii ce mouvement dans les rangs du parti républicain. Cette assertion est fout à fait inexacte, et nous sommes autorisé, par ia veuve de François-André Michaux à la déclarer calomnieuse. Michaux a pu ex|>rim6r, pendant son premier séjour aux Etata-Unis, dans le courant de Tannée 1780, toute la joie qu'il éprouvait de voir proclamer, dans son pays, les fameux principes dont oh invoque si souvent le souvenir ; son caractère indépendant, son amour de la justice, portent à croire, en effet, qu'il devait avoir des idées de liberté et d^éga* lité. Mais de là à prendre part au mouvement qui a conduit Louis XVI à Véchafaud, il y a un abîme que le cœur honnête et reconnaissant de Michaux n'a jamais franchi. L'assertion du biographe américain, noua le répétons, est fausse et calomnieuse.
Les goûts de Michaux le portaient vers ia médecine . Il sui-
Vdii les cotirs de Gorvieftrt à la Clinique, et de Desault, ohirur* gie» m chef dé T Hôtel-Dieu» quand sou père rentpa en France en 1796. M^i# en voyant rabattement du pauvre naufragé à la vue dea pépinières de Rambouillet dévastéei, il n'eut plus qu'une pen^i celle de retourner aux Etats^Uoie» pour compléter Tceuvre à laquidle il avait travaillé.
André Michaux venait de partir pour les mers australes^ lorsque le mîiwtreChaptal, peu satisfait des résultats que donnaient les pépinières abandonnées de New- York et deCharlestown, décida leur destruction. Il offrit au jeune élève en médecine de retourner en Amérique, pour expédier en France, tous les plants d'arbres qui se trouveraient encore dans ces pépioièrçs^ et, de vendre ensuite le terrain. Cette mission, toi^t^ pénible qu'elle était pour le fils du créateur de ces précieux établissements^ fut acceptée néanmoins; s^il allait détruire ce que son père avait érigé, il pourrait au moins, par ce voyage, comi^ét^et mener à fin l'œuvre entreprise.
i Le but que s'étaient proposé Jusqu^alors les voyageurs naturalistes avait été, dit il dans son Histoire des arbres forestiers, d'améliorer les progrès de la botanique et d'ajouter à Tembellissement des jardins en Europe, plutàt que d*étudier les^ propriétés des plantes et de faire connaître les usages auxquels les bois d'Amérique peuvent être employés. Si parmi ces naturalistes, quelques-uns se sont occupés de ce dernier objet,, ce n'a jamais été que d'upe manière fort impar-* faite; et c'ert en vain que Ton chercherait dans leurs écrits des notions certaines et détaillées sur cette mfitière; on n'y trouverait que quelques renseignemehis souvent inexacts et presque toujours incomplets. »
C'est cette lacune que Michaux père voulait remplir; mais les difficultés des drconstances, la perte d'une partie de son Journal lors du naufrage sur les côtes de la Hollande et enfin la mort, ne lui permirent pas d'exécutçr la seconde partie du projet
qu'il avait conçu : la publication de ses recherches et de ses observations. Ea^cceptant la proposition du ministre Chaptal^ le fils espérait fèunir de nouveaux matériaux indispensables au travail qu il avait projeté, le couronnement de l'œuvre cnti*eprise par André Michaux. Il partit donc de Bordeaux au mots de septembre 1801^ animé par cette noble pensée qu*il allait enfin donner à son père un témoignage de son amour fiKal.
F. HfiRlKCQ.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
La Savoie, le Mont^Cenù et V Italie septentrionale, par M. Goumain- Cornille. — Le Cresson, par M. Chatin. — Manuel de l'amateur ii • fruits, par M. Ed. Pynaert.
Il y a quelque irente ans, par une froide et neigeuse sûîrée du mois de février, cinq jeunes élèves jardiniei*S| du jardin des Plantes de Paris, étaient réunis dans la petite chambrette de l'un d'eux située dans la maison du professeur de Mirbel> et devisaient sur le bonheur de la vie errante des sauvages» Ils ambitionnaient le sort — ^ si peu digne d'envie étendant — de ces peuplades non civilisées, dont Tunique plaisir consiste à se casser mutuellement la tète, et ils arrêtèrent ce projet, insensé évidemment, de fuir leur belle patrie, et d'aller demander l'hospitalité aux habitants peu policés du centre de l'Amérique ou de l'Afrique. Quatre exécutèrent ce projet. I>e premier partit pour Madagascar ; il repose depuis longtemps en paix au fond de l'Océan. Le second prit la route des lies Marquises; il y séjourna plusieurs années, puis passa en Californie, où il vit en vrai sauvage^ oubliant amis et famille. Le troisième, après avoir fraternisé et bu le breuvage de paix, dans un crâne humain avec les Galibis des bords de TOyapok, est devenu un des princi-
p^ux çhek de la colonie pénitencière de la Guyaae. Le quatrième, devint sujet de la reine Pomarée, et fut ensuite envoyé à la Nouvelle-Galédonié, où actuellement il cherche à civiliser les populations anthcopophages, en leur montrant les beaux lé^ gumos du jardin de la colonie, qu'il est chargé de cultiver.
Quant au cinquième» n'ayant pas eu la chance de quitter sa patrie^il cherche à se faire illusion, en passant quelques heures par semaine, le dimanche, sous les beaux ombrages du parc de Segrez ou de Guitrancourt, étudiant, dans le grand livre de la nature, les mystères de la création et de la vie végétale, et lisant^ pour que l'illusion soit complète, quelques relations de voyageurs naturalistes. Au miUeu du silence de ces beaux domaines, il se. figure être dans une forêt vierge du nouveau continent, et il trouve que sa manière de vivre en sauvage, et de visiter les peuples, est encore la plus agréable. « 0 ! Méhbé^ , un Dieu m'a procuré ce sçrt tranquille. »
G est ainsi que, dimanche dernier, à Tombre d'unbeau hêtre, comme Theureux Tityre, j'ai visité la Savoie, l'Italie septentrionale, et franchi le Mont-Cenis, en compagnie de M. Goumain- Camille, c'est-à-dire daps le livre que cet estimable écrivain vient de publier.
Ce livre (1) n'est pas pécisément un livre d'horticulture; mais l'auteur est un disciple fervent de Flore; dans tous les pays qu'il a visités^ il s'est enquis de l'état de la science des Jardins et il consigne dans son livre les faits les plus intéressants.. Il a vu le jardin botanique de Chambéry; assisté au congrès botanique; fait une visite aux Charmettes, où. J.-J. Rousseau a passé les plus belles années de sa jeunesse, et il énumèreles plantes et les roses de son jardin. Puis vient le tour de
(\) La Savoie, le Mont-Cenis l'Italie sqp/enMona/c; voyage descriptif, historique et scientifique, par Goumain-CorDilte, enrichi de notes sur Thisloire na* lurelle de la Savoie, par le D^ Boisduval, 3« édition, Paris, chez Durand, éditeur> 7, rue Coja» (aneieone rue des Grès). — Prix : 3 fr. SO c.
Nice^ cette oîié aimable qui vend se^ pèches quinze centime la doozaine, et dont les bot]leva^dfl sont plantés de Platanes d'Orient que je cherche en vain sous le climat de Pàrifi. An sojel de cet arbre magnifique» M* Goumain -Gornille rapporte Tahec* dote de V arbre de XerœH^ qui ne serait autre que le Platane de Godefroi de Bouillon, et comme exemple de longévité végétale, il fait une très-intéreseante digression sur les Séquoia gigantea que nous reproduisons, page 147, persuadé qu'elle intéressera nos leeteurs^ comme elle nous a intéressé nous-^mème^
Mais il est un livre tout nouveau qui se recommande pluià spécialement aux cultivateurs et aux amateurs qui tiennent h la santé de leur corps. C'est le livré de M* Chatiif, professeur de botanique k l'École de pharmacie^ et intitulé le Cbësson. C'est de l'actualité.
. Le Cresson a été le point de départ d'ime longue série de recherches sur Tiode qui a occupé M* Ghatin pendant plusieurs années. C'est par une sorte <ie reconnaiilsanoe^ dit-il, envers la plante qui l'a mis sur le chemin de la découverte de l'iode dans presque tous les corps fixes du globe, que le savant pro* fesseur de TÉcolé de pharmacie a été porté à lijki consacrer un travail spécial. Ayant reconnu, dès le commencement de ses recherches, qoe le Cresson de diverses provenadces n'était pas également ieduré^ il lui parut nécessaire de scruter les causes de ces diiférences dans la proportion d'iode. De là l'étude des eaux des cres^ionnières, et les connaissances, pour ainsi dire pratiques, que l'auteur a acquises sur la culture de cétteplante, en visitant les nombreuses Cressionnières qui alimentent Paris. Le livre de M. Chaiin est utile, indispensable même, non-^seule* ment aux cultivateurs, mais encore aust personnes placées dstus les circonstances favorables pour se livrer à la culture tfune plante qui occupe depuis quelques atmées, et avec juste raison, une des premières places entre les espèces médicinales et alimentaires ; car on trouve en elle mie substance hygiénique, un
aliment sain et réparateur. Le Cresson mérile bien en effet ce inotsigmficaiiiî: Santé du corps f qui fait partie du cri de la màrctiande de Cresson de fontaine .
J'ai reçu encore une nouvelle production horticole, mais je n'ai pas eu le temps d'en faire le dépouillement. Je me borne à annoncer la venue du Manuel de V amateur de fruits, première partie, V arboriculture fruitière en dix leçons, par Ed. Pynaôri, architecte de jardins, professeur à l'École d'horticulture de Gand, l'un des plus habiles praticiens de la Belgiquei auquel ou doit àélkXé Manuel théorique et pratique de la culhire forcée des arbres fruitiers, ouvrage tràs -estimé non-seulement en Belgique, mais aussi en France.
F. Herincq.
CATALOGUES D'HORTICULTURE
Braani et Comp., boulevard SaiDt«Cyprieo, à Poitiers (Vienne). — Catalogue spécial des plantés annuelles et vivaces de pleine terre cl de serre, servant à roraeineotation des jardins.
€>oiiMe, à Nancy. — Catalogue des nouveautés mises au comoierce, le <•' mai.
D«liick«, à Sainl-Oiiter. -« Catalogne des platité^ ornementales propres à la décoration des jardin» pour la saiioo d'été /
Havavd et Comp., rue Auber, 14, Pario. — Catalogue des plantes d'ornement pour les jardîhs et les parcs.
MeMire-Bedouct^ à Tours. — Catalogue des plantes les plus convenables pour. la floraison en pots.
Tollard (Paiil;, ÎO, quai de la Mégisserie, Paris (ci-devant place des Trois- Maries). — Catalogue de graines propres à ^ensemencement des prairie et semis de gason : — Brome de Schrader.
Travaux du mois de
Potager. On continue de semer en pleine terre toutes espèces de plantes po tagères : pois, fàvcs, haricots, carottes, chicorée d*été^ cornichons^ choux divers, choux-navets^ navets de Suède, etc., etc. On met en place le plan élevé sur couche, telles que tomates, aubergines, concombres, choux-fleurs^ etc.
On établit en *plein air des meules à champignons et des couches tièdcs ou sourdes pour melons d'arrière-saison ou pour planter des palates .
Jardin frvdtier, Cest le moment où il faut visiter assidûment les arbres fruitiers et porter son attention sur le développement des branches, afin de supprimer celles qui pourraieot nuire au parfait développement de Tarbre, ou altérer sa fertilité. Il faut veiller surtout à maintenir l'équilibre des espaliers, en dépalissant et redressant les membres faibles, en palissant au contraire très-vigoureasement et horizontalement les parties vigoureuses, ou en pinçant les branches verticales qui prendraient trop de développement.
Jardin d'agrément • On peut livrer en pleine terre, dans la première quinzaine de ce mois, les héliotropes, hortensias, pelargonium, pétunias, verveines. On continue les semis de plantes annuelles du mois d'avril; mais il est un peu tard pour les balsamines, belles-de-nuif, malopés^ œillets, Zinma, etc. Quelques plants doivent être déjà bons à repiquer; il faut y veiller et ne pas attendre qu'ils soient trop grands; la reprise alors est plus difficile.
Serres. Rempotage, bouturage et greffes herbacées, sont les principaux travaux du mois. Dans la deuxième quinzaine on sort les plantes d'orangerie, et vers la fin les plantes de serres tempérées et de serres chaudes. Il faut avoir bien soin de choisir un temps couvert, autrement le soleil détruirait les jeunes pousses, encore trop tendres pour affronter ses rayons brûlants.
Piris. - Imprimerie liorlicolc de E. DoniiAiD, rne €tsicue.0.
soioiHu DIS ianass ooirmios dans ce BiontRo.
F, HsimcQ, Ckv««H|fie. ^ 0. LncvriB, ttes^nl» l«MiPBtti« (PI. VI). — E. Bo« KA«B, ptoBtMi nODTelles. -^ Jiar Sislbt. M«I« japonais rabane. ^ FàHooii, obser- ▼ations Kor h taille dei moaleni. — F. Heniicco, dIsMrUtion lar la té«^latl»a : ■éTe deaceodante (suite). Ci. Baltit, B«lletl« iblibll#srapliH|v« : Manuel de Va- Batenr de fraita. — F. MauNco» deslroetion des Povrnaltf. — Travanx da moia de jvUi.
CHRONIQUE
La lune prise en défaut; changement de temps; les trois saints de glaee; les Orangers dn roi de Prusse; refroidissement périodique du mois de mai ; causes diTerses , glaees et neiges , astéroïdes ; époque à laquelle il faut sortir les plantes de serre. Le ver blanc et sa destruction par Thuile lourde, la naphtaline et la tannée. Les chenilles et le procédé de destruction de M. Pissot. Le pincement des feuilles de M.Grin. Les poires de Belleville. Rectification da M. Barrai ao sujet de la pomme de 7 kilos, et des pommes de terre m&le et femelle ; singulière explication ; pourquoi nous avons relevé l'erreur.
La lune vient encore de jouer un mauvais tonr à ses partisans.
Tout le monde était content d'avoir traversé la lune rousse sans trop grand mal, et voilà que la lune de juin grille toutes les vignes de la Bourgogne et autres lieux. Ayez donc confiance aux lunes. Non-seulement la lune rousse n'a rien i^oûssi; mais cdle qui lui succède manque à tous ses devoirs; elle a laissé changer encore une fois le temps à une époque autre que celle d'mie nouvelle phase, ainsi que le veulent les lois de la lunomanfe»
Chacun se rappelle le froid du mois de mai. Jusqu'au ven* dredi 2S, il a fait un vent glacial qui a détruit ou fortement endommagé les plantes à feuillage de serre, qu'on s'était trop empressé de sortir; la matinée du 25 a été encore froide, on n'espérait plus de changement qu'à la pleine lune; mais voilà qu'à midi, les nuages se sont amoncelés, le ciel s'est tout à fait couvert, et à une heure une pluie bienfaisante abattait le vent. La température aussitôt devint plus douce ; depuis,
/tfin486e. 4(
nous jouissons, sous le climat de Paris^ du plus délicieux temps. Or, le 25 mai se trouve encore être le milieu juste d'une phase lunaire; le ptemiev quartier était le 31 ^ et la pl^aelm^ 1629 U.t Paurres lunomenes^ votre idole vous oJbandonne!
Les partisans des trois saints de glacent soiit pas plus heurêta. Vous ne croyez peut-être pas à Tinfluence de ces trois saistsT Vous avez tort. Le Roi de Prusse — pas celui-ci, un autre — n'y croyait pas non plus, et il en fut cruellement puni. Une année, les premiers jours de mai ayant été beaux et chauds, comme ceux du mois dertiîer^ l'illustre monarque fit venir son jardinier et lui tint à peu près ce langage :
— ^lon brave Ciboulmann, le ciel est magnifique, et le soleil dispense comme un enfant prodigue, les trésors de son foyer; il faut sortir ihes Oi*angers.
— Sire> répondit le jardinier en chef des jardins royaux, les trdh Mînts de glace ne sont pas encore patres ; il serait imj*udent de les braver, attendons l'époque ordinaire, le IS.
»^ Sers-les de suite, répliqua l'auguste souverain.
Et les Oi ailiers furent sortis; mais 8 jours après, la cour prlissienne avait devant les yeux le plus affreux spectacle : les Orangers du roi étaient pires que ceux de YersailJbs , ce n'étaient pluBt}ue des eadavres !
Voulant avoir le cœur net à l'endroit des kois fameux BmL% Sa Majesté de Prusse appela auprès de lui tous les membres desoû bureau des longitudes, et leur posa carrément la question : Qu'est-ce que c'est que les trois saints de glace? — Tous les iHustres de se regarder et de se cogner du ooude pour engager i^on voisin à répondre. Enfin le Leverrier de la savante oompâgnie de ce pays -là, prit la parole et répondit à peu près éh œs tennes 2 Sire 1 nous n'en savons rien 1
•^ Votre réponse, messieurs, dit alors le roi, avec bonté^ ne zae satisfait paa pleinement; allez, apprenez, et revenez m'nn* fornieï avaat l'amiiée prochaine;
Les savants de s'enquérir au plus vite, et de rapporter au monarque inéconlent la réponse suivante :
Chaque année, à la suite des premiers beaux jours du printemps, il se produit tout à coup un refroidissement atmosphérique souvent si considérable, que les jeunes pousses des végMaux sont gelées • Ce refroidissement a lieu généralement du 10 au 15^ et coïncide avec les fêtes de Saint-Majners, Saintî*ancracè et Saint-Servais. De là cette croyance populaire que ces froids sont le fait de ces trois saints. Mais ils sont aussi innocents des dégâts dont on les accuse, que la lune rousse. La science a découvert la vraie cause de ce phénomène de froid périodique de mai . Elle l'attribue à la fonte des glaces des tners polaires, et des neiges qui couvrent les montagnes du nord de l'Europe. Ces glaces et ces neiges, en fondant, absorbent une grande partie de la chaleur de Faîr, qui naturellement devient froid, et il en résulte a que le vent qui souffle au travers des montagnes », nous apporte cet air froid, vers Tépoque des fêtes de ces trois saints.
• Hais il est une objection à cette théorie. Si c'est à la fonte des neiges qu'est dû le phénomène de refroidissement périodique, il s'ensuit qu'après un hiver rigoureux et très-neigeux, le mois de mai doit être plus froid que celui qui vient après un hiver doux pendant lequel il n'est pas tombé beaucoup de neige ? Or, Tobservation a souvent démontré le contraire : c'est ce qui a engagé le monde astronomique et météorologique à ctercher une théorie plus en harmonie avec les faits,
M. Petit d* abord, M. Érmann ensuite, et actuellement M^ .Sainte-Claire Deville, après avoir bien longtemps cherché, ont Ënî par découvrir que ces phénomènes frigorifiques sont dus à des masses de petits corps ressemblant à des étoiles et qui s'interposent, deux fois Tan, entre la terre et le soleil. M. Ermann, particuHèrement, à beaucoup étudié la marche de ces petits corps nommés Astéroïdes; il les a survis pas à pas, et
il peut certiBer, dit-il, que ce sont eux qui détermin^tune éclipse pariiSlle du soleil, pendant laquelle les rayons calorifiques ne parviennent pas eD ligne droite jusqu'à nous. De là abaissement de température Or, le passage de ces masses, d'astéroïdes a lieu du 10 aill 5 mai, et du 10 au 1 5 novembre. Si cette année les froids ont duré jusqu'au 25) c'est que^ probablement^ les astéroïdes, vu l'état d'armement général de l'Europe, se sont mis aussi sur le pied de guerre ; étant plus nombreux, leur défilé a duré plus longtemps! C'est la seule ex* plication que je puisse donner sur la prolongation du froid pendant le mois dernier.
Quoi qu'il en soit des causes de ce singulier phénomène de refroidissement atmosphérique du mois demain il est prudent, comme on voit, de ne jamais sortir les plantes de serre avant la fêle des trois saints de glace, ou avant le passage de l'armée d'astéroïdes. Autrement, on risque de perdre une partie de ses plantes, ou tout au moins, de voir les jeunes feuilles et les lourgedns endommagés, comme il est arrivé, cette année, pour celles qui ont été livrées à Vair libre dès le commencement c^u mois dernier. C'est donc avec quelques raisons que les jardiniersme veulent pas sortir les plantes d'orangerie avant le IS mai. Il est sage aux propriétaires de se conformer à cette règle; on évitera ainsi de cruels déboires au début de la saison, et le jardinier en éprouve déjà assez, qui sont indépendants de sa volonté.
Le ver blanc, par exemple, est une cause de désolation, et rien, jusqu'à présent, n'a pu préserver les potagers de ses dégâts. Dernièrement M. Pissot, conservateur du bois de Boulogne, a proposé V huile lourde qu'on extrait de la houille dans la fabrication du gaz, comme un agent de destruction de cette larve du hanneton. M. Rivière, jardinier en chef du Luxembourg^ a voulu l'expérimenter sur une pelouse où le ver blanc était littéralement à remuer à la pelle. L'animal fut en effet détruit;
mais de gazon il n'en resta pas trace ; le remède est pire que le mal.
A l'occasion de cette communication faite à la Société d'horticulture de Paris» le président M. Brongniart a fait connaître que dans la pépinière de l'État, à Versailles, M. Marsaux a essayé, avec un plein succès, de faire périr le ver blanc en mêlant, à la terre, de la naphtaline^ autre substance obtenue par la distillation de la houille,. et qui n'a été préjudiciable qu'aux plantes délicates ; cette substance ne coûte que 6 fr. les 100 kilos. D'un autre côté, M. Karl Koch, le savant rédacteur en chef du Wochenschrifftf conseille de garnir le sol, envahi par le ver blanc, d'une coucha de tannée de cinq centimètres ; M. de la Roy, qui a suivi ce conseil, assure s'être ainsi débarrassé de "ce ver qui ravageait ses fraisiers.
Les chenilles ne résistent pas non plus à l'action de V huile lourde. M. Pissot a détruit, dit-il, toutes les chenilles du bois de Boulogne, au moyen d'aspersions d'eau additionnée de un centième de cette huile; il lance cette solution à l'aide d'une seringue à asperger ! Ce procédé peut être applicable dans une serre ; mais je doute que l'Etat puisse en faire l'application dans ses forêts; et la ville de Paris ne pourra obtenir quelques succès, qu'en mettant en jeu toutes les pompes de la capitale, contre celles qui dévorent, encore cette aunée, les beaux chênes du bois de Vincennes ; car les chenilles, aussi malinei^ que M. Pissot est ingénieux, ayant sans doute eu connaissance de l'article publié dans le Petit Journal, se sont réfugiées toutes dans la partie supérieure des arbres, en dehors de la portée des seiingues du conservateur du Bois de Boulogne. Qu'on dise que les animaux ne sont pas intelligents, et qu'ils sont incapables de raisonnement 1
Mais les arbres n'ont pas à craindre seulement les attaques des insectes; ils ont un ennemi plus-redoutable, et Dieu défend de le détruire. Cet ennemi c'est l'homme. Depuis quelques an-
nées il s'attaque ayec acharneinent aux ^vhse» frpiUerfi. Apfèa avoir inventé, sous le nom de taille, la mutilation des branches à l'aide d'instruments tranchants, il viept d'ajouter un nouveau système de tortures : le pincement des feuilles!
M. Grin, arbonculteur ^ Chartres, après avoir pincé, repineé et surpincé les bourgeons de Pécher, parait vouloir ahiaudooqer le pincement dont il a été un des partisans, et porter s^s doigts ^ur les malheureuses feuille^ à peine sorties du l^^tseau. Ilpi^ce en effet, au moment de la pousse, les jeunes feuilles stipulaires^ à la moitié environ de leur longueur, pour ûhtenir deux })Qurgeons à fleurs ou boutons à la base du soion. Puis, lorsque deux autres feuilles sqnt développées, il \e^ pince encore, et en même temps il suppriooe les feuilles du soioq de prolongement; « par là,- dit-il, les bourgeons, à fleurs de la base (]u rameau se gonflent, complètent leqr organisation et les Pêchers ainsi traités donnent de beaux fruits en abondance. ■ — Qqel rafflnement de cruautés 1 Comme on aime aussi à se donner de la peine et un surcroît de travail inutile, pour arriver à un résultat que nos pères obtenaient avec tant d'aisance et de facilité! Car on avait de belles Pèches, en abondance, il y a 3Q ans 1 et alors on taillait tes arbres à peu près à coups de serpe, comme le fait encore cet habile cultivateur de Belleville, qui produit les plus belles Poires exposées aux vitrines de nos fameux marchands de comestibles et ^u? lequel noua reviendrons* Cet horticulteur, dont nous ai parlé avec le plus grand élpgeM. Bivière, n'a pas encore obtenu, il est vrai^ des Poires de 7 kiloff; mais chacun sait, aujourd'huij qu'on peut obtenir ce résultat, en appliquant à cette espèce fruitière le système de ifeudonf recommandé, pour les Pommiers, par un de^ secrétaires de notre confrère de la Revue !
Comme noqs l'avions soupçonné, le rédacteur en chef de cette savante publication est, en effet, tout à fait étranger à la réd^lîon des chroniques qu'il signe, je veux dire de la chro*
BÎque du bp du i^' mai, dans laqu^le il est question de h PoiHme Providence de 7 kilos. Ce sont ses secrétawes phargég de k traduction des journaux étrangers qui ont commis la inéprise. Il élait à Mâcon ce jour-là, au concours régional ) — qu'on dise que les oonoours régionaux ne servent à rien !-rret o^est à sckn retoup qu'il a vu avec stupéfaction la cho^. C'ps.^ sans dou^e pourquoi le n'' de la Bevu^ qui contiept cefte rectification, et qui devait paraître le surlendemain du qq^ér^ révélateur de VHùriiouliewr français^ a épro.uvé un retard 4^ plusieurs jours ?
t Je ne crois pas que dans les annales de Timprimprie on ait enregistré une plus magnifiqc|e bévue, > dit le rédaotew ^ chef — du moins cette fois j'espère qu'il n'y S( pasde^'câncours, et que c'est bien lui qui a écidt ce qui est signé de son nonit
a Ce qu'il y a de plus plaisant, ajoutert-i^, c'est que 1^ tra^; dueteur a eru bien faire en signalant l'intérêt qu' aurait poup BOtre Normandie et pour tous les buveurs de cidr^^ la pcodua-r tien de si bellei^ Pommes, f
(^ fait est que o'est fort ; mais, en revanche, le secFétaipat traducteur ne Test guère ; il y a compensation.
« On comprend, continue notre confrère, pourquoi c^ n'est jamajs qu'en tremblant que nofis nous en remettons ^ quelr qu'un pour revpir ou corrigep un article. Lorsque nous-mème noi^ avens corrigé une épreuve, nous avons encore mille craintes, car trop de fois malheureusement les corrections sont ntial exécutées, et il arrive qu^on nous fait d^re parfois le coptraire de ce que nous avons écrit. »
Parfait I parfait 1 Bien trouvé! Mais comment &aura-t?qn maintenant quand l'imprimé reproduira la pensée de M. Barrai, ou qu'il lui fera dire le contraire de ce qu'il a écrit? Les malheureux lecteurs vont se trouver sur les épines ; car ils se demanderont chaque fois : Est-ce bien ce qu'il veut dire?
Dans sa chronique du 1*' juin, revenant une seconde fois
sur la question, il s'écrie fièrement^ du haut de son piédestal,— en parlant de nous — a Peul-ôtre ses visées youdraientr elles allerjusqu'à nous attribuer personuellementla méprise? • — M. Barrai est vraiment sublime!
Quant aux Pommes de terre mâle et femelle, du Journal (Ta^ griculture^U. Barrai est moins heureux ; il n'y avait pas de concours à ce moment à invoquer : mais, alors même qu'il y en aurait eu, il eèt été mauvais de s'en faire un bouclier : une fois passe, mais deux ! . • • • Donc pour ne pas avouer que c'est encore V Horticulteur français qui a attiré Tattention sur. cette spiri* tuelle mystification, on fait intervenir la lettre d'une Ponmae de terre de Munich ; autre mystification.
Madame Kartofel — car telle est la signataire de cette lettre, et Kartofel est le nom allemand de la Pomme de terre, chacun sait ça, excepté peut-être les savants traducteurs-secrétaires du rédacteur en chef du Journal d'agriculture; '^madame Kartofel, dis-je, proteste contre la séparation des sexes : elle prétend — et personne , mieux qu'elle, ne peut traiter un pareil sujet — qu'elle n'est (elle Pomme de terre en français et Kartofel en allemand) ni mâle ni femelle.
a Nous savons tous, dit cette Pomme de terre de Munich {Kartofel en allemand), que ce journal, ouvert à tous les agriculteurs, est une arène où les opinions les plus opposées peuvent se rencontrer pour se combattre et pour que de leur choc jaillisse la lumière Mais cette liberté laissée à toutes les
opinions de se produire, doit pourtant avoir ses limites
Le rédacteur doit être circonspect dans le choix des articles qu'il insère, et si une idée extraordinaire est émise, ou si elle est exprimée de manière à pouvoir donner lieu à une fausse interprétation, il nous semble que, daos l'intérêt du Journal, comme dans celui de l'agriculture, la rédaction de ce recueil ou Pauteur de l'article doivent donner des explications souvent indispensables. »
Et id la rédaction» entre parenthèses^ prie le lecteur de • voir plus haut la chronique agricole. »
Cette péroraison de la Pomme de terre de Munich {Karfofel en allemand) me rappelle ce brave garçon qui avait une anecdote de gendarme à conter, mais qui ne pouvait jamais trouver seul l'occasion de la placer. Il s'était associé à une espèce de Kartofely qui lui préparait les voies, en amenant la conversation sur les braves agents de la force publique. Alors, il lançait son histoire. La rédaction du Journal d'agriculture vient de faire de même. Son Rartofel {Pomme de terre en français) lui ayant donné la réplique , elle s'écrie aussitôt, bien qu'un peu tardivement , dans son numéro du 20 mai :
« L'article inséré dans notre numéro du 5 avril dernier, sous le titre de Cultwe de la pomme de terre^ nous a valu plusieurs demandes d'explication relativement à une mauvaise appellation usitée dans le Poitou» et qui consiste à appeler femelles les pommes de terre qui ont des germes vigoureux, et m&les celles qui ne présentent que peu ou pas de bourgeons. Il était évident qu'il ne s'agissait pas là d'une distinction physiologique^ qui bouleverserait quelque peu^ comme le fait remarquer un de nos correspondants, les foodements de la science botanique. Eq donnant le nom de femelles aux tubercules offrant de longs germes, les cultivateurs du Poitou ne veulent que désigner ceux qui donnent les signes d'une grande fécondité future. Ayant tort dans Tappellation, ont^ils tort aussi dans la pratique 7 On lira plus loin sur ce sujet on article intéressant. — (C'est celui du Kartofel^ ou pomme de terre, en français). — Nous ajouterons seulement ici une remarque ; c'est que ce qui peut être vrai pour une variété peut être aussi inexact par rapport à une autre. Avant de se prononcer, il faudrait encore des essais comparatifs. Nous regardons comme présomptueux ceux qui pensent qu'il est inutile de considérer la valeur du germe d'une pomme de terre avant de la planter^ et nous leur laissons volontiers le mince mérite de tourner en ridicule les agriculteurs du Poitou, qui se sont évidemment trompés si on prend à la lettre les mots mâle et femelle^ mais qui sont excusables puisqu'ils disent n'entendre ainsi spécifier que la qualité ou l'énergie des bourgeons présentés par les tubercules. M. Granday est au-dessus des attaques de ce genre. »
~ no -
L'iiuteur de ce^^ chToniquQ, M. Binrral, ^t YeQ^ qn p^ tard rectifier cette mauvaise app^liatiap, et cei q'es( paa ètrei |rop présoipptueip^ cpie 4e panser que fi'^t qotrç 4Ftiç}e qui vaut luix lecteur^ du Jaum^l d^ç^ximltHfe ^t de la Rmifiy ]fts ^p^çat^OfiSi 4Qnpées p^ çeâ} 4^ux jûurnaM a\]^ sujet de^ 4^U3; e?rafirfi sîgna|40s p£M? poufii ; spûs iious ^onmes au-des^^ do cette mejsh qi^iae qu<3|sUoii de priorité. Ce que nous tenons ^ rétf^Ur, o'e^ l'idée vr^ip de Mt Gra^dny, et nm Gramia«[§sf, 9fmw^ wma le fait désigner une erreur d'im^essien (1) ; e'esl la distiuctifm physiologique nettement espriiqée, de tub^pcttle mâle» féerâi dant letuherculefemelle; en uumot» e'est la mystification qui a échappé à MM. les secrétaires de la rédaction } cet acoeur plement de tubercules dans lequel le germe- (Je Vun tra,verse Taulre de part eq part^ M. Granday Ta vu, dit-i|^ de ses propres yeflj TU. Et puisque M, Barrai ne yeut p^is se rendre à Tévi-^ dence» nous reproduirons, cette fois, ce que nous avions cru devoir taire^ dans notre précédente ehenique. Voici eommait s'exprime Tauteurh la page 350, 2* colonne, 8* ligne :
« liott Joindre aux pommea de terre femelles vne eertaiae
unantlté de mâlea pour les féconder ; «oit eneore et peut-être «Tee plus de raUoB^ conformément à la loi miurelle des sexes^ mettre h eèté l'un ^e l'sutf^, daps le même troa^ Wkàle et femelle. •,••• • ••••••••• . • •••••« ••
» Ç^iU (|i|ppe«in«li «« 9lll#t «ett^ !#*• 4f metlre depx poipmff de tfirn» tmàle ft femelh M^^ Ifi pêipe t^w m'n *^ •«Mf***^ Wf Aep^ pliéiiomàii^^ 5^i|e^e liemn de r«liu»r^iief. , . »...••• .
9 p*^^tr9 part, ce 419I ^«t 1« p)ps tntéreMa|&t, 4'M ap«i| tropvé plii«leiirs exemples de pommes de terre mâle et femelle^réunis 014 moyen du germe de la femelle tfaversant complètement le mâle et sortant à l'extrémité opposée. »
Est-ce assez clair. Comment M. Barrai peut-il soutenir qu'il n'y a là qu'une simple désignation de tubercules « qui donnent les signes d'unq plus grande fécondité future ? » et qu'on n'entend spécifier ainsi « que la qualité ou V^ier^i> d@S bQUrg9QR& P^^''
Jfitu/>er'â ^iruc .
7fc/trttU .r
.jy
seQtés par les tubercqW? « Il est vrai qu'il faut a^oir de réoergîe pfKwr travers çGnnjklétemmt un tubereolel
S'i^ ^'agissait d'une simple appellation de /ainalia^ pour àénu gner les tubero\ilefi| les plu9 prQdtfGtife, comme le prétend Af. 9arral, notre confrère peut être eertaîn que nousn^aurions pas pria la peine de nous donner le mince niérite de tourner en ridicule les agriculteurs du Poitou. Si nous voulionsaoua donner le mérite de tqqrner quelqu'un en ridicule, naue n'auripns pas attendu jusqu'à présent; nous connaissons certains recueil» qui nous fourniraient l'occasion d'exercer souvent ce minoe talent; le9 mamelles du grain de hlé^ par exemple^ eussent été un fan^aux sujet* Mais il s'agit ici, nop pas d'une Ihéârie ha^ sardée; a' est une grossière mystification, «t nous avons voulu simplement montrer au mystificateur -^ e'eat peut-être bien présûipptueux -r^ que les écrivains de }a presse agricole et horticole. ne sont pas tous des cultivateurs en chambre.
F. Herinûq,
BEGONIA INCARNATA (Pl. VI).
Le Bégonia incamata n'est pa§ une plante, nouvelle ; il s'en faut. En 1829, M. Graham, d'Édimbpurg, le recevait du jardin botanique de Perlin, sous^ le nom de Bégonia ciliata, et, re« connaissant que la plante ne se rapi)ortait pas à CQtl^ espèce de Kunth, il le publia dans le Botanical magwin^f sous Iç nom de Bégonia insignis. Il ignorait que MM, Link et Otto, venaient de rectifier cette détermination, et qu'ils avaient figuré ce Bégonia dans les Icônes du jardiu de Berlin, sous le nom dé Begonia incamata^ Ce dernier nojp devait prévaloir, et c'est lui, eu effet, qui prévalut.
Cen ept pas, par conséquent, à titre de nouveauté que nous figurons cette vieille esp^Qe« ^Ue dqit lei; honneur^ ^e la pçift*
ture, à 8a vigoureofte végétation et surtout à sa splendide floraison . Aucune parole ne peut rendre Téfiet que produit la belle touffe fleurie de Bégonia incamataj qui se trouve dans une des niches des serres tempérées du Muséum de Paris. En la voyant, au mois de janvier dernier, si magnifiquement garnie de milliers de ses petites cymes de fleurs du plus pur incarnat, }ene pus réprimer un cri de surprise.
Qu'on se figure une touffe haute de 2 m. 50, remplissant une niche de 3 mètres de largeur et toute couverte d'innombrables petits bouquets de fleurs du rose tendre le plus pur : peutnètre pourra-t*on se faire une faible idée de la splendeur de cette large gerbe toute fleurie, de la richesse du coloris ^ de la demi^ transparence des fleurs qui ressortaient admirablement sur le vert foncé luisant du feuillage.
C'est, nous ne craignons pas de le dire, la plus belle espèce du genre.
La tige, qui peut atteindre trois mètres de hauteur, est charnue, dressée, cylindrique, un peu plus grosse qu'un crayon, renflée à l'insertion des feuilles, glabre, d'un vert gai, parsemée de quelques petites stries blanches. Les feuilles sont Ionguementpétiolées, allongées lancéolées, échancrées en cœur à la base, avec un des lobes beaucoup plus grand, longuement rétrécies au sommet, doublement dentelées et ciliées sur les bords, d'un vert foncé très-luisant en dessus, d'un vert pâle en dessous, mais parcourues par un réseau de nervures d'une belle couleur rouge de sang.
.Les fleurs dont le tissu est demi-transparent sont d'une délicate et fine couleur rose-chair ; elles forment de très-élégantes cymes un peu renversées, portées sur un pédoncule plus long que le pétiole des feuilles, à l'aisselle desquelles elles sont insérées. Chaque fleur est, ou mâle, où femelle. Les fleurs femelles sont composées d'un ovaire infère à 3 ailes, dont une beaucoup plus longue, triangulaire et de couleur rose-chair, tandis
que les deux autres sont d'un vert jaunâtre ; cinq sépales pé* taloïdes, de grandeur à peu près égale, largement oblongs où obovales» couronnent Tovaire, et encadrent 3 styles dilatés au spnunet enT etpotlent les stigmates papilleux d'un beau jaune d'or. Les fleurs mâles n'ont que 4 sépales dont 2 externes beaucoup plus grands» enferme de cœur, et 2 internes oblongs, trèsétroits, disposés *ea croix avec les premiers ; le centre de la fleur est occupé par un petit pompon jaune, composé des étamines en forme de massue. z
Ces détails^ qui ne disent rien à la lecture, sont pleins d'attraits lorsqu'on les suit sur la plante, la loupe à la main. En voyant la délicatesse des tissus, aussi bien des feuilles que des fleurs, on est obligé de reconnaître que le travail de la nature est inimitable
La culture du Bégonia incamatà est très-facile. Cette espèce esttrès-rustique, relativement et peut convenir à l'ornementation des jardins d'hiver; une température de 5 ou 6 degrés au-dessus de zéro lui suflit ; mais alors sa végétation est moins luxueuse. Elle se prête très-bien à la culture forcée. Pour jouir de tout ce luxe floral dont nous avons parlé, il faut la livrer en pleine terre dans une serre tempérée de 10 à 12 degrés, et dans une partie un peu ombrée ; elle peut parfaitement tapisser la partie inférieure du mur de fond; des seringages sont nécessaires sur le feuillage. On la multiplie aisément de boutures de portion de tiges aoùtées.