‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 96 sur 159 · CHOIX DES ENGRAIS · texte numérisé non relu

CHOIX DES ENGRAIS

On a beaucoup débattu la question de savoir quel est le meilleur engrais, le plus fertilisant^ celui qui donne le rendement le plus élevé. Les uns ont prétendu que la difiërence entre les fumiers naturels était presque insignifiante, et que le sol seul

œrçaît aiib infloenoe dédnvei Les autrei, ad ctaifsdre, ont aflinni qtt'àTeilgmH m\À a{yp«r(«ait de donu^r àuk prodaiis de la tem leiuw ^alités ou leort défittiM. La vérité esrt que DM deux iiifliieAces fexemmi à la fois «t entrât, ohaeune pour low part, dana le aucéèii oa l'ioMcoèa relatif de la culture, d* tas qaelqaet faits eoDcernant la culture potagère. Ainsi, en répétant une expérience déjà faite^ ou peut se convaincre que le fumier de m&uton est le pteul favorable aux Asperges. ' Voici r^reuve qui a été tealée sur ime plantation d'Asperges de quatre ans : Après avoir couvert le sol de fumier de cheval^ on Ta divisé en quatre parties égales auxquelles ou a donné quatre engreii différents (mettant toujours une égale quantité de fumier) ; du fumier de cheval, de vache, de mouton, de pore. L*expéiiioentation ne tarda pas à j^uver que les Aspergei^ produites sous rinfloencedu crottin de mouton végétaient noU' seulement pios vite, mais étaient de qualité délicate et faciles à cuire ; elles étaient, en outre^ très^abondentes et de quinze jours plus préooce» que celles fumées avec Tengrais de porc ; le propre de ce dernier fumier^ pâralt-ii; est de rendre la végétation lente et TAspe^e faible. Le sol couvert de fumier de cheval ou de fonder de vache produit de belles Asperges, mais inférieures en quantité et en qualité aux Asperges produites par le fumier de mouton.

Quant aux engrais les plus favorables pour les Poireaux^ ce sont incontestablement les engrais humains d^abord, et, après eux, le fumier de chef)al. Les Raves blanches, sous Taction du fumier de porc, sont plus délicates, et deviennent un peu piquantes quand le fumier de cheval intervient. Le maximum de grosseur est produit par l'engrais humain. Il est à remarquer aussi que les Raves roses, si délicates quand elles sont produites par l'engrais de cheval ou de porc, sont âpres avec Texcrément humain, et deviennent graveleuses et désagréables avec celui de vache.

Le meilleur Persil est produil par le fumier de cheval; il ii*a guère de parfunii il est vrai, mais il est tendre et d'un goût délicat; le fumier de vache loi donne une saveur aromatique, mais le fumier de porc le rend mauvais. Pour le Céleri^ il faut préférer le fumier de cheval au fumier de vacfae ou de porCi parce qu'il rend le végétal plus succulent : Tendais humain ne lui convient pas du tout.

Le terreau consommé produit les meilleurs Oignons; on peut également les semer dans une terre fumée et qui a déjà produit une récolte d'automne.

Les meilleurs Chouœ paraissent être ceux qui viennent après un récolte fumée d'engrais de chiffims de laine, ou dans d^s terres nouvellement défoncées.

Pour obtenir de beaux Artichauts et de beaux Cardons^ il faut les arroser le soir avec du purin d'écurie mêlé d'eau.

Les faits que nous venons d'indiquer, confirmés par Texpéfieaoicej prouvent que chaque plante a sa constitution et, pit conséquent, ses exigences particulières, auxquelles doivent satisfaire le sol et Tengrais qui, tou9 les deux, se suppléent nmtuellement. Voilà pourquoi il n'y a pas, en termes absolus, de sols ni d'engrais essentiellement bons et supérieurs aux autres. Voilà pourquoi, aussi, le jardinier intelligent qui sait, par exemple, compenser les défaillances de la terre par la richesse spéciale du fumier qu'il choisit, obtient toujours des produits plus beaux, plus abondants, plus savoureux, que le routinier aveugle ou ignorant qui opère par toadition et sans se rendre compte de ce qu'il fait.

iAgnmome).

DISSERTATION SUR LA VÉGÉTATION

Ascension de la séw (Suite).

La véritable cause de l'ascension de la sève est, poUrrait-on dire, un mélange d*actions physiques^ mais qui ne peuvent se produire sans l'action d'un agent inconnu, mystérieux, qui est ragent vital. Or, on sait positivement que le mouvement sévenx est plus ou moins actif suivant que la température atmosphérique est plus ou moins élevée. Haies rapporte, en effet, qu'ayant coupé une tige de vigne et en ayant introduit le sommet du tronc dans un tube en verre, il remarquait, chaque fois que le soleil dardait sur le cep en expérience, qu'une plus grande quantité de bulles d'air s'échappaient du tronc et montaient au travers du liquide qui s'écoulait, lui aussi, en plus grande quantité que pendant l'absence du soleil. Coulomb a fait la même remarque sur des peupliers qu'il avait percés avec une tarière; lorsque le soleil dardait sur les arbres, la sève s'écoulait plus abondante, avec un dégagement d'air considérable; mais dè$ qn'on interceptait les rayons du soleil, l'écoulement séveux et le dégagement d'air diminuaient. La chaleur est donc un des agents de ce mouvement, c'est Vagent provocateur. Elle agit sur la sève contenue dans les tissus végétaux, comme eQe agit sur la liqueur .contenue dans le tube d'un theripomètre» en dilatant, en étendant les parties moléculaires qui la constituent, de manière à lui faire occuper un plus grande espace. En agissant ainsi, elle provoque ce qu'on appelle le réveil des plantes (1), c'est-à-dire l'évolution des bourgeons dont l'action vient alors s'ajouter à la sienne.

(4) Nous avons déjà démontré l'actioQ do la chaleur en parlant da prétendu réveil des plantes (486t); la théorie que [nous énoncions alors, a été en partie confirmée depuis par le savant professeur de hotanique. M. Duchartre, dans un mémoire présenté en avril 4865, à P Académie des Sciences. (Voir comptes rendus page 154.)

Avrû 4856. 8

— lU —

Les bourgeons et natureUement 1^ feuiUçs qu'ils portent jouent^ en effet, un rôle très-actif dans le phénomène du mouvement séveux; car ce sont eox qui déterminent le courant de bas en haut de la sève qu'on appelle circulation, fis sont réellement les organes de succion, daspîvation ; en un mot du courant ascensionneL Nous avons pu nou3 en convaincre^ par l'expérience suivante.

Au mois de février 1 862, je choisis^ sur une Vigne en espa* lier^ un long sarment de trois mitres de longueur que j'inclinai horizontalement à 1 mètre environ au-dessu$ du soi. Ce sarment était pourvu de 14 yeux. Je dressai devant un panneau vitré et j'en fis une sorte de petite serre mobile, dçnt les côtés étaient formés avec des planches, et la base entourée d'un bon réchaud de fumier. Le panneau vitré abritait seulement lepûlieu du sarment; quatre yeux de la base et trois du sommet étaient exposés à l'air ; sept S9 trouvaient sous le panneau, garantis des variations atmosphériques, et recevaient une certaine dose de chaleur produite par le soleil et le réchaud .de fumier. Ces yeux ne tardèrent pas à se gonfler, et à produire des bourgeons vigoureux ; les sept autres exposés à l'air restèrent stationnairei^; ils ne prirent d'accroissement et ne se dévelpp* pèrent qu'à l'époque naturelle, en mèpae temps que ceux des pieds de Vignes voisins. L'action de la chaleur sur le mouve^ ment séveux est ici incontestable, et il est impossible d'ad* mettre Tintervention dés forces endosjçniquç et capillaire ; car pour parvenir aux bourgeons placés sou^ le panneau, la sève a dû passer par la portion inférieure qui portait 4 gemmes, et ces gemmes sont restés stationnaires comme ceu^ de^ autres ceps ; le courant ascensionnel était donc bien provoqué là par la chaleur, et eutretenu par les bourgeons développés, qui faisaient {onction de pompe aspirante seulement, puisque les yeux placés au-dessus d'eux, mais exposés à Tair, restèrent dans le même état stationnaire que ceux de la portion infériaure, et

na tfqws^nt i^cun js^pplémi^ot da sève; au^nt du ixioias que j'^ pu en jug^ pi^ rétat da séchareise de la section de l'êxt^é* mité du Sarment situéa immédiataiDeat au^eastui du deroiep oeil ; ce n'est que dans les premiers jours d'ami que cette see* ]iffa devint un peu humide et laissa couler quelques pleurs comme les étions des autres Vignas. Si l'endosmose et lac4ipjDarité étaient pour quelque ebose dans le courant asc^* sioJW^l de la ^¥6» cette portion supérieure aurait dA entrer en v^tation ):>i9p ayant Iss autres sarments mm expérimentés; c^ un^ séTe if^in$ denpe que la sienne arrivant jusqu'à ^ jurait dû détermii^ le {^nomène endosmique^ et rien dp ifej^lablip ne s'^t produit*

Jfyts vne au^ee:i^péiâeaee» plus conolnante en faveur de FaC" tioQa§pir£^nta des bourgeons» estrcellérci. Je pris un jeune Préne auqiiel je 9upprimai l'œil terminal et tous les yeux latéraux moins deux ; l'un était situé à un mètee du sol, et l'autre placé ^l^-des^us ht environ 60 centimètres; la tige dégarnie d'yeux se l^loogaait ensuite sur une longueur de 4 m. 50. Au print^fnps }^^ d^ux jreuxae dév^oppàrent, et la portion supérieure flft coipplétement desséchée dans le courant de l'été. Cette poptpp étai^ .n^nmoins parÊsiteœent vivante au moment du révj^ de la yégétati<in ; les phénomènes endosmique et capillaire pouvaient s'y manifester aussi bien que dans la portion silifée an-des^ous. dep bourgeons et y maintenirla vie; aucun ne s'est produit; la mort est dascendve jusqu'au niveau du bourgiwn sup^rienre» en se prolongeant même un peu au-dessous, dfi c6M opposé à S(m point d'insertion.

Ces deux expériences et les résultats que je viens de décrire, établissent, s^loo nxn, et de la manière la plus rigoureuse, que trois agents concourent à l'exécution du mouvement séveux : V la force vitale, sans laquelle Inaction des deux autres ne peut se produire ; 2" la chaleur qui provoque l'évolution des bourgeons, par la dilatation de la sève; 3Mes bourgeons, qui en

absorbant la sève pendant leur développement, constitaent un appareil de soccioni une sorte de pompe aspirante qui détermine ainsi le courant ascensionnel de la séve^ qu*on appelle improprement la circulation.

C'est au printemps que ces agents sont dans toute leur activité* A cette époque de Tannée, la sève, emmagasinée dans les tissus des tiges et des rameaux, est dilatée par la tempéra* ture de Tair; d'un côté, elle fait irruption latéralement en\fe récorce et le bois pour constituer le cambium; de l'antre, elle est poussée vers les bourgeons dont elle détermine TélongatioD, puis révolution des feuilles, des fleurs et des fruits, qui sont les rouages de Tappareil de succion . Chacun de ces organes absorbe la quantité de sève nécessaire à son accroissement ; il Télabore selon sa constitution et ses exigences particulières, saiïs attendre son élaboration comme on le prétend par un organe particulier. Cette aspiration par Tabsorption^ qui produit le mouvement ascensionnel se ralentit à l'approche du complet développement des organes, et elle est tout à fait suspendue à Tépoque de leur maturité. A ce moment en etfet, tous ces organes n'absorbent plus de sève, puisqu'il n'y a plus formation de nouveaux tissus; la force aspiratoire cesse naturellement de fonctionner, et c'^t ainsi que le mouvement ascensionnel est arrêté, chaque année.

Il est téméraire sans doute d'émettre une telle théorie^ quand des savants justement renommés professent la théorie de la sève descendante élaborée par les feuilles. Nous allons essayer cependant de justifier notre témérité, en démontrant par des faits, qu'il n'y a pas de sève descendante et que les feuilles ne constituent pas l'organe spécial d'élaboration.

F. HERmcQ.

LES VOYAGEURS COLLECTEURS DE L'HORTICULTURE

André Michaux (Suite).

Michaux allait atteindre au but de son voyage ; il avait reoonnu les bords du lac Mistassin» et depuis deux joues il descendait la rivière des Goélands ou de Ropert, qui le coadoisait à la baie d'Budson. 0 n'en était plus qu*à une petite dîfitaooe, ^foand un Immillard épais et froid» qui se changea bientôt en une pluie neigeuse» l'arrêta dans sa course. Sur l'avis de ses guides, qui déclarèrent dangereux de s'avan* car plus au nord, et qui» du reste» refusèrent positivement d'aller plus loin» la retraite fut arrêtée ; le retour s'effectua péniblenaent^ car les torrenta étaient gonflés» les marais détreanpés et même submergés. Mais lifichaux possédait de {ffécieux renseignements sur la végétation de ces pays ; il atvfidt reconnu la position des lieux; déterminé l'altitude des points les plus élevés; marqué à quelle latitude finissent les arbres^ etc. ; il possédait enfin tous les matériaux pour sa to^ pograpfaie botanique» et il supporta courageusement les fatigues du retour, f^ 8 décembre 1792» il rentrait à Charlestown; son absence avait duré 8 mois; et il avait mis 3 mois et i8 jours pour aller de Québec au lac Mistassin^ ayant ainsi parcouru i»rès de 150 lieues de pays inhabité.

A peine remis des fatigues d'une exploration qui n'avait pas été sans périls» Michaux présenta à la Société philosophique de Philadelphie » dont il était membre > un plan de voyage dont le but ^it de reconnaître les vastes contrées situées à l'ouest du MississipL Ce plan fut parfaitement accueilli ; une souscription fut ouverte» et en peu de temps 5»000 piastres, ou 26,000 fr.» étaient mises ii la disposition de l'infatigable explo* rateur. Mais» au moment de partir pour Texéeution de ce nou-^

veau projet, un envoyé de la République française, nommé Genest^ réclama les serviees de Michaux ^f tma llégb(Hatibn politique auprès d^un général américain, du Kentucky, qui devait s'emparer de la Louisiane^ et il devait en même temps se rendre sur les bords du Mississipi, pour traiter avec les sau- Vagei et les engager dans les intérêts dé la Finance. Le naturaliste devenait diplomate. Cette qualité èonvedait {teu AuMfietère paisible deMitfhaux Jl accepta eependaiit cette pénible ttiis* iion^et partit le 15 juillet 1793 ; traversa lésmdttts AUe^fiitti, et descendit rOhioJusqu'à Louisville. Obligé àê fêttnuiitttiNtfs mois après à iPhiladelphie, pour affaire concernant l^a ihisiioâ, Michaux s'y rendit par la Virginie^ en tfaversàat dès fbrèts sans fin, habitées uniquement par des peupladeê sauvages qui attaquent les voyageutd ; et il n'avait que doUee hoftitnM aVëc lui« Il arriva à Phîladelqhie en décembre ; ayant âii» citU] Ytiois pour exécuter la première partie de sa mission \ il avait parcouru 800 Heues de déserts, le tout en pure porte, car, à &Wi retour, l'envoyé français Genest avait été remplacé pat un autre, et Tinvasion de la Louisiane était abandonné* Miohata n*en fut pas fâché ; il retourua à CharfesioWn ; redevint jé^ dini^ } fit ses semis, et, après ayoir remi^ eti état Sdii jftftîîtl, repartit, le 14 juillet suivant, pour l'intérieur dé la Cafoliâe septentrionale, et en revint, le t octobre, pour uiettfe ëti ofdt*e les plantes qu'il deVait envoyer en France «

Pendant sa misi^ion politique dans le Kentucky, MÎChatlJt n*avait pas eu le loisir de recueillir des t>l«inieSi II rece^tnénça ce voyage, ^— 400 lieues n'étaient rien pour lui^ — engagea de nouveau sa fortune, partit pour les bords dtrMissiéslpi, et f)énétra jusque dans le pays des lllinois« Ce voyftge qui dlirttin an, lui procura une abôttdanteeirlche récolte, mais ^éiiîbletttêtit achetée, cai^ il eut à affronter biôU des dangers, k tàitiOi^Uefi dés obstacles* Si nous pouviéils rafcôntér îél tbtitëi les âvéiltur^ de Michaux pendant sdn séjour fen Amérique^ 6n teftaît pâlît

leà exploits fiJ^iileux du hérw de Daniel de Foé^ de ce bon RoUnsfOii Crusoé, si sympathique à i'enianee, et dont les prottesâes exftltebt les jeafies et ardentes imaginations* En sni^ vant Michaux dans toutes ses périUeoses eAitreprises, non-seulement Tenthotisiasme vons gagne, mais on se sent pénétrer d'uiie reUgiense admiration, (^et homme n est plds un homtne vulgaire, un aventurier hardi qui Intte contre Fadversiié pour conquérir la fprtotie ou la gloire. On le trouve partout et toujours animé du même sentiment : l'amour de sa patrie; c'est FApètre de la science qui sacrifie tout b ses denx idoles : son pays et la botanique.

I^demier voyage que Michaux venait d'exécuter^ avait épuisé ses démises ressources, et depuis sept ans il ne recevait plus rieti de la France, dont les finances, à cette époqbe, n'étaient pas prospères. Il ne lui restait d'autres moyens pour vivre« que de admettre à la solde du gouvernement américain, on de vendre les plantes dMtinées il sa patrie. Il en coûtait à cette àme d'é*lite de servir un autre pays que le stan^ et de le priver des ri* ohesses végétales qui lui avaimt coûté tant de peines et de sa* criflces. A son retour à Gharlestown, il avait trouvé son jardin dans Tétat le plus floriasant, et son habitation lui était chère, car ses pépinières possédaient des arbres précieux quMly avait acclimatés et qu'il ne pouvait emporter. Il abandonna tout, néanmoins, et quitta sa résidmce le 27 thermidor an 4, c'està-dire le 13 août 17904 après dix années de séjour^ entpor^ tant avec lui de nombreuses caisses de plants d'arbres et d^ graines.

11 allait enfin revoir cette patrie pour laquelle il avait tout sacrifié. Les côtes de la Hollande étaient en vue, lorsque le 8 tendémiaire, bue afireuse tempête éclata; le navire échoua et R'entF'oiivrit sur les rochers» Tout eût été englouti sans les se*" aouTir apportés pbr les habitants dé la côie. Midiaux attaché à une vbrgue, avait perdu colmaiësance ; on l'emporta dans cet éiât^ ehe^ un habitant du village d'Egmond^ et quand il reprit

cdnnaiasaDce quelques heures après» sa premi^ parole fut pour ses collections. Il apprit alors avec bonheur que les malles renfermant ses effets et qui se trouvaient sur le pont du navire avaient été emportées par les vagues, mais que les caisses de plants placées à fond de cale étaient retirées. Après un séjour d'un mois et demi en Hollande il partit pour la France» et arriva h Paris le 3 nivôse.

Là, de cruelles décepti(ms Vattendaient. Des soixante et quelques mille pieds d'arbres qu'il avait envoyés aux pépinières de Rambouillet, il n*en retrouva qu'un très-petit nombre; Torage de la révolution avait tout ravagé. Il se consola bientôt par Tespoir de réparer facilement ses pertes. Voyant le calme se rétablir, il s'occupa aussitôt de partager les graines qu*il avait rapportées^ entre le jardin des plantes^ MM, Cek et Le* monnier, son bienfaiteur. Il adressa au ministre des mémoires sur rétat dans lequel il avait laissé ses pépinières, et demanda à retourner en Amérique. Jusque-là il avait oublié ses afEsires pécuniaires. Le gouvernement lui devait sept années d'appointements ; il les réclama; on lui accorda. •• « une légère indemnité » sous le prétexte que le gouvernement républicain était dispensé de tenir les engagements pris par le gouvernement de Louis XVI.

« Pour la première fois, dit Deleuze, Michaux sentit des inquiétudes sur sa situation; il se reprochait d*avoir consumé la fortune de son fils : en travaillant pour sa patrie, il n*avait pas songé à s'enrichir, mais il s'était flatté de recouvrer son patrimoine qu'il avait sacrifié pour ses voyages . Déchu de ses espérances, ayant en vain sollicité une commission fiour retourner en Amérique, et regardant comme un devoir de ne plus tenter à ses frais aucune entreprise, il était dévoré par le chagrin; mais il avait une âme forte, il ne se laissa pas abattre. Il se livra au travail ; s'occupa à rédiger les observations qu*il avait faites, à metti'e en ordre son histoire des Chênes; à disposer les maté-

riaox d'une flore de rAmérique septaabionale, et il vécut à Paris avec la même simplicité que s*il eût été encore parmi les sauvages. »

Michaux passa ainsi quatre ans. Enfin le gouvemement ayant décidé une expédition à la NouveUe-HoUande, Michaux accepta la proposition qui luifutfaite d'accompagner la capitaine Baudin, mais sons condition qu'il pourrait s'arrêter en route, là où il croirait pouvoir employer son temps d'une manière plus utile.

Parti de France le ii vendémiaire an 9» il arriva à l'Ile de France le 25 ventôse. Le luxe de la végétation de ce pays le transporta ; il passait plusieurs jours dans les bois, accompagné seulaoaeiit d'un nègre, ne vivant que de pain, dormant sous les arhres, sans s'inquiéter des dangers qu'il pouvait courir^ et ne revenant à bord que chargé d'abondantes récoltes. L'expédition devait séjourner six mois à l'ile de France ; Michaux fit là ce qu'il avait fait en Amérique, c'est*à-dire qu'il créa une péjÂnièrepour y réunir les productions les plus intéressantes de rUe, et les envoyer ensuite au Jardin des Plantes de Pana. Michaux désirait ardemment visiter Madagascar^ dont la Flore était à peine connue à cette époque. Jugeant que ses collègues Leschenault, Guichenot et Riedlé, suffisaient à l'exploration de la Nouvelle-Hollande, il annonça au capitaine Baudin, la veille du départ de l'expédition, son projet de se séparer de lui. Il écrivit au ministre, en France, pour lui faire part des motifs qui l'engageaient à rester à l'Ue de France, et il adressa à l'Institut des notes sur les cultures de la colonie, et sur les moyens de la rendre plus prospère.

En allant à Madagascar, Michaux n'avait pas seulement en vue d'en étudier l'histoire naturelle, il voulait encore y introduire, comme il avait fait pour les pays qu'il avait visités, la culture des légumes et des fruits de l'Europeu II partit pour sa nouvelle destination à la fin de prairial, aborda sur la côte orientale, et, avant de pénétrer dans le centre de Ftle o& il de^

vaît kkhîit sa Wfetdéïiéë, il vôtilut citéër ufl jardîti pour réunir toutes lôB plantes destinées àla Ptance. Trouvant que les ouvrière Madécasses qu*il employait, travaillaient trop lentement, il se mit à Toeuvifë ; comptant sur son tempér&ment qui avait ré- «Até aux fatigues de ses premiefs voyages, il négligea les reootnînaiidations de ses amis, et ne voulut s'assujettir à aucune pi^éoaution. Sa santé bietildt s*altétà, et au êOmniétiOenlent de frimaire an XI, àU taioment dé partit pour lé centre de Vile dfi il aurait trouvé un air salubre, il fut atteint de la fièVre dA pays et snccotnba ait Hecond accèi^ ; Michatiî était dànâ sa 84- anttée.

Ainsi tnotirtlt oe grand et dévobé hâtttMiiiste français, ffui M en même temps le bienfaiteur des peuples chez lesquclii il était allé chercher déit végétaux pour etiHchir te patrie* PaHôut ta il a vécu, il a laissé des atnis, et les traces de soii pasjtâge. EûiaotB atijôtiî*d*hui. lorsqu'oii Voyage dans ce Vaste côntîtlërf de rAm^riqué ^eptéûtripnalé^ oâ trouve des fatnilles qtii sont heureuses de montrer déâ plantés et ded arbres précieux, ed diiMnt : « Nous les devOUs à Aiidré Michau^t. »

Eu France, il ft doté le sol de- plantes précieuses qtii pourraient détenir uue gi^atide source de richesses, si elles êtàiêhl mieux apptéCiééS ; sort noni est llpeuprfeS incotinu des pôpulatibUs tUràlëa. « L'adtduiStratioii du MUséum, dit M. Deleuzë aii(|uei ttousavdns fait de hotnbreux ëmprUdié, séhtabt le prix des services qu'André Michaux a rendus aux sciences flaturelles^ et en pbrticuliel* à cet établissement, a àn^étë que sdti buste serait placé dur la façade de la serre tempérée, aveé émt de Ck)mmer8on^ de Dombey et dés autres voyageurs qui cM «ûriôhi béë collëtitioiis ; b tnàXÉ tie bUsté ue fut poiâf exéônté. Michaux, qui A Sàcfifié pôui^ iOU pays, don bonhéUi', sàfdtlune et 6à vie, attend dOttc tbùjôurd t3è faible téllioigilagé dé \A rëconnaisdâiiâe de &é§ concitoyens.

F. Heftwc(j.

FÉœNDATION DU COBÉA.

Le Cobea scandens semé en mars sur couche chaude , et plaùté en {iteine létrô en mal, auprès d'un mur , soit au levant m âa mMî^ totijôtn» à une exposition fchàude, ne conitiience à flétirîr que Vêtis la fin de join, épôqaé où ôoiUrtlencôtii les fcrtes chaléuHi ; malgré ces conditions il eût fak que là f^eondatioti ait liett k cette épbqtte ^ c^^si à regretter, caf ai les ^litières ÛmtÉ donnaient des 'grâiiied elles âë trouveraient digitales éOfiditiotlé normales |)obr pâfvènif à la mftttiiHté. tl n'en est rien et ce n'est guère que vers le mois de sëptêmbt'ei lorsque la ffempétature est basse, qu^on voit beaucoup de fleurs qui nouent et donnent des graines, qui, h cause de la saison avancée^ ne peuvent plus parvenir à maturité. En voyant cet état de choses, on po«( se demander pourqpm il en est ainsi. Dune étude que j'ai suivie pendant trois années^ de 1862 à 1964, il m'a été démontré que pàf ttfl« ohateQr d« td à 3Ï de^ Uriê, lèB faâthèîel ^Hl ouvertes et desséchées bieil avant que le stigmate ne soit apte à recevoir le pollen ; au lieu qu'au mois de septembre, lorsque la température n'est que de 16 à 20 degrés il y a harmonie^ simultanéité, on pourrait dire, dans le développement des organes de la génératian ; Torgaae mile arrive à propos pour répandre son pollen sur le stigmate qui est alors disposé à le recevoir.

par un température élevée, comme nous l'avons ordinairement en juillet et en aoùt^ la fécondation directe ne peut avoir lieu, et comme d'autre part on tient à récolter des graines de bonne heure, oe n'est que par la fécondation indirecte qu'on peut y parvenir. Gomme chaque jour il s'épanouit de no«velles fleurs, et que quelques heures après leur épanouissement le pollen est pulvérulent et propre à la fécondation, on le transporte sur le stigmate des fleurs épanouies de la veille ou du jour précédent, qui lui aussi se trouve dans des conditions

favorables à la fécondation, de sorte qu'on est à peu près sàr d*obtenir des graines qui arriveront à leur complète matu* rite.

La fécondation est une étude sérieuse, qui exige des connaissances qu'on ne peut acquérir, que par une observation attentive des phénomènes qui président à la génération des individus. Le Gobéa est une plante dont la stérilité est bien connue, lorsqu'on Tabandonne à elle-même, et jusqu^à ce jour, personne que je sache n'en avait recherché La cause ; c'est ce qui m'a déterminé à faire connaître les résultats que j'ai obtenus.

QuÊTŒ».

{Arm. Soc, d'hort. de Meaux).

BULLETIN BIBLIOGRÂPfflQUE.

Guide pratiqtie du jardinier muttiplicaieur; par E. A. CarlOiRE.chef de^ pépinières, au Muséum d'Histoire Naturelli^,

yédit. (1).

Dans l'histoire du jardinage, il est un fait incontestable et qui n'a pas besoin d'être commenté, c'est que depuis le commencement de ce siècle et surtout une vingtaine d'années, l'horticulture, en général, a progressé d'une manière notable. Cependant il faut bien reconnaître que ce progrès n'a pas été le même pour toutes les parties dont se compose la science qui nous occupe, et qu*il offre, au contraire, des différences trèsgrandes selon qu'on envisage telle ou telle branche de l'horticulture; c'est ainsi que tout ce qui tient à romementation des jardins a pour ainsi dire subi une révolution complète dans ces dernières années.

(4) 4 vol. de 440, p. avec fig. int. dans le texte. Paris, libr. n^. S6, rue JaiiOb. PHx: 3 fr.BO.

Nou» n'avons pas la pensée d'indiquer, en comparant l'état actuel du jardinage avec ce qu'il était à la fin du siècle dernier, toutes les améliorations qui se sont produites ; nous dirons seulement que si les moyens fondamentaux dout on disposait autrefois pour propager les végétaux sont encore les mémefr que ceux dont nous nous servons aujourd'hui^ Us en diffèrent toutefois par des applications nouvelles qui^ en enrichissant la science de faits intéressants, ont simplifié, dans bien des cas. Part de multiplier certaines plantes et rendu par cela même des services importants.

Indiquer les différents moyens que la théorie et surtout la pratique ont mis à notre disposition pour perpétuer les végétaux en général, tel a été le but de M. Carrière, en publiant, BB 1856» un livre intitulé : Guide pratique du jardinier muUi' plicatew. Fait par un praticien aussi habile qu'éclairé, ceKvre fut ce qu'il devait être, c'est-à-dire un guide sûr dont les amateurs et les horticulteurs eux-mêmes ont pu tirer profit. Cependant, chose singulière, mais à laquelle nous sommes depuis longtemps habitués, tandis qu'une œuvre romanesque a chaque année l'honneur d'une édition nouvelle, on livre d'une utilité rédle et écrit par des hommes autorisés reste oublié, pour amsi dire, même des personnes les plui; intéres* sées à s'initier aux secrets de l'art qu'elles exercent • Tel est le cas du livre de H. Carrière : l'auteur a dû attendre neuf années pour publier une nouvelle édition de son Guide pratique du jar^ dinier multiplicateur^ dont nous allons dire quelques mots.

L'ordre adopté pa^r M. Carrière^ dans cette seconde édition, est celui que l'habile praticien a suivi dans la première; c'està-dire qu'il traite successivement toutes les questions qui se rattachent d'une manière intime aux procédés connus de multiplication : semiSf couchage^ marcottage, bouturage et greffe.

Prise dans son ensemble, ou même en considérant isolément les chapitres qui y sont traités, la 2* édition du Guide pratique

iu jardinier multiplicateur eyt, 901111 uii grand oomlm de points, iupéneope à TaBoianne. Les plus iiaiUMite «oui lea

y 8â deaBBS me bûii représentant les différents systèmes d0 multiplii^tion^ ainsi que les ustensiles ou auti^es objets qui en assarent raxéeutioii oatété intepcalés dans te texte.

2" Citations nombreuses d'exemples pour appuyer le dire de Tauteur;

3"" Retranchement de quelques faits inexacts et de passages plutôt philosophiques qu'horticoles;

4'' Annotation de plusieurs chapitres ou paragraphes ; poijui citefofts entre autres ;

Page 39* E0séeutian4es96mis.

. P, 4fi* Serais sous boiê* P. 79* ConMfirvation de^ ffraine$* F» 79* Pùut-mt à taidfi d» certaim earadhm, diBHn-

guer le$ batme$^ graineg?

p. iQ6, DivUion des plmtes vivaceâ aquatique». P. 116^ Educatiùn de» plante» m pmier ^ . P, i53. Des marcottages, P« 23 S» Précautiom à prendre paiir fnultiplier pendani

l'hiver les vég^^m àfmll^ caques.

p. 239f Observation relative ap (raitmerU à m^erder

aux bouturas st^ivqntles amUtiansdam le^-

quelle elles ont été prises. Pt ^61 f Greffes dfs végétc^wo momcotyUdams, P. 50P, Greffe à chevaL p. 310. Greffe^bwiJbare.

P. 3M. Greffe simultané.

P. SU). Greffe en apprçche miçptpf - P. 346, Moyen d'avancer l'aoûtag^ des bourgeons au

point de vue de la greffe»

Page. 3é7, Le mode de ffre/ft^équ'imômpUiô a-t-ilsur la réu^nie 4e$ ^efftn qudijpie ûetim parHea- Hère, peut^il contribuer au ^uechn?

p. 33». Greffe de feuille.

5* Chaûgement dans la nomençUture adopt^ç ; ^llosi :., page 84 > substitution du mol pinçage au mot pincement et^ page 249 , distinotioa précise eaive oe qu'on doit eat^oidre par greffe, sujet et greffon • i'> Chapitras coosidérahlement augmentés et iouvent il-

Page 117. Plantes de serre.

P. 1 25. Serres à multiplication.

P. 1 78. Question du milieu dans Vénumérâtion des

oircoiuitanoes qui favovîiMi la r«pme^s

boutures.

P. %i^. Boutures de feuilles.

P. 364, jPr^ai^i(m< ^c^H^ato à observer dans le 4&hûâ

des rameaux à employer pour greffons.

P. 370. Des outils ou avères accessoires dont T opération •

de lu greffé nécessite C emploi.

AÎMi qu'on peut le remarquer, le livre de M' Garrièi^ pfé* sente dee amâioriilions nombreuses, et (jui mettent i'exposi* lion de cette partie si intéressante de l'horticulture au niveau des connaissances actuelles. Nous engageons nos lecteurs à pratiqiier ce livre, non^^seulem^nt la» jardînierii de profasâion, mais encore les amateurs et les gens du monde qui n'ont avec les plantes que des rapports moins immédiats • M. Carrière est non-seulement un praticien distingué, niais encore un véritable écrivain ; la précision des faits, Içair technicité même ne l'empâcbent jamais nonrsaulament d'être fadlement intelligible, mais encore intéressant.

B. Verlot.

CATALOGUES D^HORTICULTlJRp POUR 4S66.

••VM 4ii PnUlo, à ManeiUe. Seeo)^ partie du Cfttalogae : Dahlias, Gé-

raaiums, Bambous, Bouvardia, Canqa, Oaleéolaires, Facbsia^ Héliôtropei, . LaDtanas, Pétunias, Yenreinea, Plante» yÎTaoas do pleine teire, Chryias-

thèmes, PtfnlstemoDa, Phioz, etc.

Boa^«r C^swrlère, horticulteur, rué de la Roquette, 45J, à Paris.— Ci-

Ulogue ffénérat. ~ Catalogue de Dahlias pour 4866. Bwffène Verdier lU stné, horticulteur^ 3, rue Dunois, boulevard de la

Gare, XIII* arrond.. Paria. Catalogue de Rosiers nouveaux pour 4866. €%ariM Verdi«i> flla, horticulteur, rue du Marché-aui-Chcvaux, 32, Paris.

CaUlogue de Rosiers nouveaux , actuellement en multiplication, pour étie ^ livrables è partir du 46 avril.

Travaux du mois d'Avril.

Les travaux de ce mois diffèrent peu de eeux du mois précédent.

Potager. On peut semer maintenant en pleine terre toutes sortes de léguoei^ teb que radis, raves, épinards, laitues, romaines^ chicorée d*éié, céleris, un de Milan et de Rruxelles, brocolis violets, navets bàtifs^ betteraves, haricots, |oii, potirons^ etc. On plante les laitues, cboux-lleurs, concombres, aubergines, eke., élevés sur couche; les artichauts, asperges, fraisiers, etc. On sème encore sooi chAssisdes haricots, melons, choux-fleurs, aubergines, tomates, pour obtenir des récoltes à différentes saisons.

Jardins fruitiers» On achève la taille des arbres vigoureux, et, vers la i&do mois, quand les bourgeons ont acquis une longueur de deux k trois centimètreiy of supprime œux qui sont inutiles ou nuisibles au parfut développemeni de l'arbre. On termine les greffes en fente; on veille les arbres en fleurs» afindelei protéger, par un abri quelconque, des gelées tardives qui peuvent détruire toute la récolte.

Jardins d^agrément» On repique en place les plantes élevées sur couche; od continue aussi la plantation des plantes vivaces ; les semis de plantes iodiqoéei au mois de mars: plus les Belles de nuit, capucines, haricots d'Espagne, Inpii»» œillets et roses d'Inde, volubilis, etc. Il faut se hâter de terminer la plantaliot des arbustes d*omement.

Serres, Le soleil commence à prendre de la force; on peut se dispenser, de faire du feu dans les serres. Il faut donner de l*air toutes les fois que le lempi le permet, et arroser en raison de la chaleur et de Téiat de végétation des plantes. On pratique les boutures et les greffes de différentes plantes.

«9CKS9

rtris. ^ Imprliiicrtc horilcole de E. Dmxaoo, ne Ctieette. 9.

SOHMAIKK DES AftTiaKS CONTINDS BANS CE NUMERO.

F. Herinco, Chr«BM|ae. — 0. Lbscoisb, CltoalhMi ••■ipieri, T&riâté Marginala elegMt (PI. V). — E. Bomaud, Be^oBla Dooreaax. — Rollaxi), laillez ros Ummlmrm. - {heuttcke Gtrttnmtuuç), de l'atilUé dei ptealea dans Iai apparUmenta. — CoORTois-GûÂfts, les P«ittBaMi de terre Donreiles. ~> Goumaih<Co mille, le Pis- !••• de Godefroy d« Bonllloo, et iti-Sequoia de CfUveraa. — F. Hirimco» lea ▼eyaceare celleelevre de rHorticaltnre (Françoia Michaux). — F. Uerinco, Malleiltt biblle- «raphr^ae. — GaUlogaes d'horticallare poar1866. ^ TraTuax da oioia de mai.

CHRONIQUE

Le domaine de Terreur ; ce qu'on y trouve ; Pommo de terre mâle el Pomme de terre femelle; Revue rétrospective sur l'horticulture anglaise, au sujet d*uu nouveau traité de la culture de l'AnaDas; Malheureuses méprises; Gomment les Indiens se nourrissent de graines de Plantain ; Un chroniqueur croit raconter Thistoire du Pommier, en traduisant Thistolre de TÂnanas; Une Pomme de 7 kiiog. ; La culture de l'Ananas (système de Meudon), appliquée au Pommier; Anecdote du Pays.

Je serais mal venfiu de parler aujourd'hui du retour du printemps et de . celui des hirondelles ; de la belle nature qui se pare sous un dais Vierdoyant^de ses plus charmants joyaux, etc. Cest fait et dit depuis longtemps sur tous les tons par les journaux de toutes les nuances. Les journaux politiques Font annoncé en do majeur ; les journaux littéraires Tout chanté en la mineur; ceux de Tagriculture ont naturellement entonné leur chant en sol; le mien ne pourrait être pris qu'en ^t. Je préfère m*abstenir, et faire^ pour cette fois, un tour dans le domaine de Terreur; ou y voit de jolies choses.

Je savais bien qu'il y avait le Chanvre mâle^ et le Chanvre femelle; mais j'avoue humblement que j'ignorais l'existence de la Pomme de terre mAle^ et de laPowme (te terre femelle. Il n'y a pas de honte à cela; on ne peut pas connaître tout.

«, La Pomme de terre a-t-elle deux sexes? • Telle est la

3fm 4866. 9

question qui vient d'être agitée dans le Journal d'agriculture pratique. Pour l'auteur même de cette question, M, Grandaday. Taffirmation ne fait pas deux plis. Dans le Poitou, qu'il habite, on a reconnu, dit-il, qa*ily a Pomme dé terre mâle et Pomme de terre femelle. On met à part, pour la semence, toufi les tn* bercules femelles^ ceux qui ont des germes gros et vigoureux, et on rebute tous les mâles^ ceux dont les germes sont des filets minces ne donnant que des embryons de Pommes de terre, qui jamais ne viennent à grosseur naturelle.

Dans le Poitou on ne sème donc, comme conséquence lo; gique de cette importante découverte, que les Pommes de lerre femelles.

Mais voici le revers de la médaille. Cette année, dans le Poitou toujours, il se trouve que les femelles sont en trèspetit nombre — (un cinquième au plus). — En présence d'un fait aussi remarquable, M. Grandaday se demande « si, après n'avoir semé que des Pommée de terre femelles qui maintenant ne produiraient pour ainsi dire que des mâles, il ne faudrait pas dorénavant, soit semer seulement des mâles pour avoir des femelles^ soit joindre aux Pommes de terre femelles une certaine quantité de mâles pour les fScmider, soit enfin de mettre à cdté Tun de Tautre, dans le noème trou^ mâle et femelle, afin que.... » Mais comme h mère permet parfois la lecture de VHortimltew français à ^ lie, je suis obligé de taire la suite qui tourne à la bouffonnerie par trop grossière. Siledi* recteur du Joimial d* agriculture pratique ne s'est pas aperçu dès le commenoement qu'on cherchait à le mystifier^ ]'acooo« plement de la fin aurait dû au moins l'éclairer sur le rôle que des plaisants spirituels veulent lui faire jouer. J'aime à croire qu'il est étranger à la confection des numéros du journal, autrement notre honorable confrère jouerait de malheur ; car, après avoir laissé passer, comme article sérieux, dans sos journal d'agriculture, ce facétieux article sur les Pommes de terre

fiiâles et femelles, il vient de tombei^y dans son journal horticole^ sur un maudit nom anglais, qui lui fait dire les choses les plus ébouriffantes de naïveté , comme on va le voir par la suite.

lin journal anglais, the Gardeners' Chroniclej a publié dans son numéro du 14 avril dernier, au sujet d'un traité de la cd) ture de l'Ananas (1), une sorte de revue rétrospective, sur Tétât du jardinage en Angleterre, qui démontre trës«clairement que nos voisins d'outre-Manche, souvent cités pour leurs connaissances horticoles, viennent parfois en France nous em* prunter nos systèmes de cultures. Voici la traduction libre de cet article.

< Ceux doât rage permet de jeter un coup d'œil rétrospectif sur le jardinage d'il y a vingt ans et plos^ ont pu remarquer les différentes phases fmr lesquelles est passé le jardinage pratique^ et constater les résultats obtenus.

I» Il y a une trentaine d^années, les jardiniers les plus éminents obéissaient le plus souvent à Vaveugle empirisme de la pratique ; ils fitisaieni certaines choses parce que leurs pères ou leurs anciens maîtres les faisaient ainsi avant eux ; et ceux qui avaient une légère idée do pourquoi, étaient excessivement rares. Ce manque de connaissance et de raisonnement n^appartenait pas seulement aux praticiens qui ne s'occupaient que du travail des jardins; ceux qui aspiraient à la culture des plantes exotiques ou du jardinage de serre, étaient à peiné mieux instruits. Dn^'\î^certainy c'est que, et jusqu*à un certain point, la culture était en quelque sorte livrée au hasard et à laroutiae. Ainsi certains travaux devaient être* faits à certains jours i certaines sortes déterre devaient être employées dans de certaines proportions, et pour la direction des serres^ certaine température* devait être maintenue^ pendant la nuit aussi bien que pendant le jour^ à un degré invariable.

» Un garçon jardinier, pour avoir manqué de maintenir fixe ou pour avo!^ laissé dépasser le degré exact de température, soit dans la serre

(1)~A Practical Treatise on the culiare ofthe l^m-Apple^ by David Thomp* son, etc.

chaude, soit dans la serre auxAnan<is, se voyait fréquemment puni par un renvoi, ou réduit à retourner dans les rangs des jardiniers qui s'occupaient seulement de travaux du dehors.

» A c€tte époque, les jardiniers étaient spécialement praticiens, ils connaissaient par expérience les manipulations des différents composts; quelques-uns, des plus experts, étaient capables de rempoter une plante comme ou la rempote aujourd'hui ; quelques autres pins avancés connaissaient jusqu'à l'emploi de l'eau <^ompo8ée, c'est-à-dire de Vengrais liquide.

v Nous nous rappelons les secrets et les mystères qui avaient rapport aux changements périodiques des Ananas^ tels que la préparation de la terre, le mode de rempotage, ainsi que les parties servant à constituer les engrais liquides. Aucun apprenti n'était initié aux mystères de la culture des Ananas avant la dernière année de son apprentissage, et alors il lui était recommandé^ expressément, de ne pas divulguer les connaissances qu'il avait acquises.

» Mais notre professeur, ou plutôt notre bisaïeul, était un homme de mérite qui avait le droit d'être fier de ses succès.

» D'après un tableau à Thuile de grandeur naturelle que nous avons devant les yeux, nous constatons que déjà en septembre de l'année 4845, il coupa un Ananas Cockscomb. (connu maintenant sous le nom d'Enville) pesant environ 4 kilog. (8 livres i poids anglais), poids qui a rarement été dépassé de nos jours. Cei Ananas fut envoyé par M. Aiton, de Kew, à sa Majesté le roi George IV, et M. Alton avait également des modèles de plusieurs Ananas, de grosseur proportionnée, cultivés à peu près à la même époque, dans le même établissement. Après avoir mis à jour un chaînon (« linck »), de la culture des Ananas dans l'ancien temps nous allons passer à la culture des Ananas dans le présent et l'avenir.

» Examiner à fond les ouvrages de Speechley, NicoU, Abercrombie, ainsi que quelques autres auteurs plus anciens, ne serait que perdre du temps; ces différents ouvrages doivent être considérés plutôt comme aperçu historique de 1* Ananas, que comme traité de culture. Les premiers renseignements méthodiques de la culture de l'Ananas, d'il y a une trentaine d'années, qui soient parvenus à notre connaissance, o^t été publiés par M. Thomas Appleby dans London's Gardeners' Magazine. A peu près à la même époque, Thomas Andrew Knight et quelques-uns de ses partisans, conseillaient la culture des Ananas daus des serres ea

ferdeforiDe^iirvîl)gne>8aQ8air,ni chaleur de fond poer les racines,— système qui avait beaucoup d'inconvénients. — Il est certainement fort difficile de comprendre^ maintenant, comment un observateur de la valeur de H. Knight, qui était alors un des premiers physioldgistes de l'époque, ait pi^commettre une aussi grave erreur.

D Quelques temps après, apparut le traité de Robert Glendinning, alors jardinier de lord Rolte; puis parurent, dans le Gardeners' Magazine, les noteà pleines de bon sens de M. James Barnes, qui- avait succédé à M. Glendinning à Bicton. Ces deux traités amenèi^ent une révolution^ dans la culture des Ananas, révolution qui fut plus tard complétée lorsque M. Glendinning, de retour d'un long voyage sur le continent, donna dans ce journal (le Gardeners' Chroniclé) des renseignements sur la méthode employée à Meudon pour la culture des Ananas (thé history of the Meudon system of Fine growing). Les renseignements sur cette méthode étaient, du reste, appuyés par des spécimens d'Ananas (variété the Queen), pesant 3 à 4 kilog. (6 à 8 livres anglaises), et produits sur des plantes relativement très-faibles. (Wbich history waswell backed up by spécimens of the Queen-Pine^ 6 to 8 Ib. in weight, grown upon very small plants.) Ces renseignements furent plus tard confirmés après une visite que fit le défunt professeur Lindley à Meudon pour y voir les Ananas en question. Vint ensuite Y Ananas providence ^e^VL, Mills pesant environ 7 k. (45 livres \ poids anglais), ainsi que deux ou trois fruits plus petits appartenant à la même variété (Then foUowed M. Mills 15 Ib. Providence^ and two orthree fruits of the same variety); mais comme M. Mills n'a jamais depuis réussi à reproduire le même fait, on doit regarder ce produit monstrueux comme un accident plutôt que comme le résultat de la nouvelle méthode de culture .

» Ainsi doit être considérée Thistoire delà culture de TAnanas jusqu'à une époque très^récente. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons sous les yeux un traité (celui de David Thompson) qui, d'après le peu de pages que nous avons parcourues, nous a suffisamment éclairé sur la valeur des notions toutes pratiques quMl contient; et nous sommes certains d^avance de la réussite de ceux qui le suivront. Le but que M. Thompson s'est proposé parait être de réduire la culture de TAnanas en un système par lequel on puisse produire des fruits à une certaine époque sans crainte de non-succès (M. Thompson's object appears to bave been lo reduce Pine growing to a syslem that will produce fruit at a certain time without failure, and in thad he bas

sacceed^O Ce à quoi il a rémà. Ses idées 8*«c0ordeftt Iritonnt aip^c les nôtres, que noue n'avons auoon doute ^a résnltat et que nous re- , commaçdons le livre avee la plus entière confiance. »

C'est cet article qui vient de faire commettre au chronî- •> queur de la Revue horlicoley la plus incroyable méprisé.

Je ne mQ rappelle plus le nom d'un savant éoriTain qui rapportait, un jour, que les indigènes des colooies anglaises, dans rinde, faisaient leur principale nourriture^ des graines du PlafUain; et il conseillait carrément à ses lecteurs de se mettre au régime du sansonnet et du canari. Le malheureux avait emprunté le fond de son article à une galette anglaise. Ignoi^nt que les enfants de la fièr^ Albion désignent le Banamer par le Qom de Plantc^in tree,* il concluait fièrement que les lodiens se nourrissaient de graines de Plantain comme les petits oiseaux î C'était dit si naïvement, que c'en était gentil ,

Aujourd'hui, par suite d'une pareille fausse interprétation du nom vulgaire anglais de l'Ananas, -^ Pine-^Ajjple (i), — notre confrère, du journal sus*cité, annonce à ses féaux et iidèles lec^ teurs que, grâce à la connaissance de la physiologie de la PoiiMB*-* {Apple tout court dans la nomenclature anglaise) — et de l'application du Système de Meudon, il a été possible, à des horticulteurs intelligents, de donner à son volume des proportions gigantesques, t Is. Pomme providence^ dit-il, obtenue par M. ]\fill$, pesait 7 kilograpomes I » Gomme on pourrait nom; accuser de tronquer des -phrases poup nous dqnqer le malin plai^r de critiquer à notre aise, nous allons reproduire

{^)^Fine -Apple est ua mot composé. Les Anglais donnent à Tarbre Pin le nom 4e Fine ou Pine-tree ; Apple est le nom de la pomme. Ces deux mots Hnnn dâiignent le eâne du PJn, qae nous appelons, nous aussi, Pomme ih Ppi» M^is les AP§pl<^« rappliquent ep outve à VAwmoi^ à eauts de la ressemblance^ eyparente seulement, de ce fruit evecla Pomme de Pin: souvent tnème, pour abrég^er, ils n'emploient que le premier mot do ce nom composé ; de là les noms de Çueen-Pine (Ananas de la reine), Providence fine (Ananas providcnee), Sfwine^Pme (Anan.is d'Envi lle\ etc.

Tarlicle en entieF. Nos lecteun, ea le lisant^ éproaveront oomme nous, un certain malaise, en voyant ce malheureux écrivain s'enferrer de plus en plus, pour arriver à prouver que c'est par le seul Système de Meudon que les Normands obtiendront de belles Pommes types, non destinées à être broyées pour faire du cidre. Certes» l'habile ancien jardinier du potager de Meudon;M. Pdivilain^ ne se doutait guère qu'un jour viendrait^ oti son mode de culture des Ananas serait recommandé aux habitants de TOuest pour faire pousser les Pommiers, Aujourd'hui, il est vrai, qu'il y a les Pommes de terre mâles et femelles, on ne doit s'étonner de rien.

Donc, voici en quel» termes la Bévue horticole recommande ïîiSysième deUeudon, dans son n** du 1*' maiderniep, pagel63, deuxième colonne, quatrième alinéa :

a La cuhuré du Pommier, qui est d'un si grand secours auxf opulations de Touesty du nord et du centre de la France, ainsi que d'une grande partie de TAngleterre, en fournissant la boisson usuelle des habitants, cette culture présente encore un grand intérêt, si on Tenvisage au seul point de vue de la production des fruits types, de ces Pommes savoureuses et largement développées, qui semblent appartenir exclusivement aux progrès de l'horticulture pendant les trente années qui viennent de s'écouler. Le rédacteur du Gardeners* Chronicle, à propos de la publication d'un excellent traité de M. David Thompson sur la euliure du Pommier y fait un historique intéressant de eette branche de la pomologie^ précédé d*un parallèle ingénieux entre les horticulteurs du commencement de ce nècle et les horticulteurs contemporains. Nos lecteurs nous sauront gré, peut-êtrCj d'analyser et de mettre sous leurs yeux le résumé de ces idées.

» Il y a trente ans, dit l'auteur, les professeurs eux-mêmes, les maîtres les plus accrédités, obéissaient aveuglément aux pratiques de l'empilûsme. Les détails de la culture seuls les occupaient, et encore les appliquaient-ils sans les connaître. Us faisaient une chose parce que leur maître ou leur père l'avait faite ainsi. Telle était la majorité. Quant à ceux qui devançaient leurs contemporains, demandaient à la soienea et aox inductioiis légitimes de lenrs connaissanees acquises^ des per^ fectionnements et des améliorations, ils étaient rares et dispersés.

Y Ce n'est pas à dire que les jardiniers d'alors fassent mauirais; pdnt du tôat. Ils savaient parfaitement que rensemoncenient, la greffe, Témondage, etc., etc., sont des opérations à faire dans certains mois et sous des conditions de chaleur et d'humidité bien définies. Mais ce qu'ils ignoraient, c'est l'action de la saison et des conditions atmosphériques convenables, et cette ignorance était inévitable à une époque où la physiologie botanique commençait à peine, et se tenait à l'écart, sans contracter avec l'horticulture le lien solide qui les unit maintenant et qui se resserre chaque jour, en enrichissant l'une et l'autre. Si ces idées sont justes et rationnelles en général, elles s'appliquent étroitement à rhistoire de la culture des Pommes depuis cinquante ans.

B C'est grâce à la connaissance de la physiologie de ce fruit, qu*il a été possible à des horticulteurs intelligents de donner à son volume des proportions gigantesques. La Pomme providence, obtenue par M. Milh, pesait environ 7 kilog. C'est le plus gros spécimen qui ait été produit. Mais on a vu fréquemment des Pommes de 3 kil. 5 à 4 kilog. et, sans prendre d^ exemples à la France, nous voyons que M. Aiton, de Rew, offrit au roi George IV une Pomme de 3 kil. 8 : c'est la variété connue maintenant sous le nom de Enville-^Pine. Quant à la France, c'est i elle que l'Angleterre doit un de ses procédés les plus féconds : M. Glendinning, de Bicton, signala le procédé connn sous le nom de Système de Meudon, à son retour du CQntinent, ainsi que le célèbre Lindley : aujourd'hui ce système est employé dans la plupart des jardins de l'Angleterre.»

Nous lecteurs comprendront que nous ne pouvions laisser passer de telles erreurs, sans les relever: c*eût été manquer à notre devoir (1).

Quelles saines semences ce savant journal répand, ainsi, dans Tesprit de ses abonnés ! Doit-on s'étonner, après cela, que son frère de Tagritulture récolte des Pommes de terre mâles et femelles?...

Une boime anecdote pour flnir. Je déclare qu'elle n'est pas

(1) Au moment de mettre bous presse' nous apprenons que le savant profesifur de culture du Muséum, M. Decaisne, a donné leeture des deux articles que nous venons de signaler, dans sa leçon de samedi dernier, 5 mai, et qu'il a châtié sévèrement les deux auteurs.

de mon invention , car on pourrait croire que cest une méchante allusion; elle est du journal Le Pays^ journal politique grave et sérieux.

« Un économiste, — dit-il, — qui prépare en ce moment un énorme ouvrage sur l'enquête agricole, se promenait Tan passé, au Gommencenient de juin, dans les environs deClermonl. Trois personnes le suivaient^ ouvrant l'oreille à ses discours, buvant ses paroles, car ses arrêts font loi,

— «Belles campagnes! murmurait le docte personnage, culture entendue^ paysages admirables ! ... »

» La compagnie approuvait naturellement. Enfin on arrive à un champ d'OacE.

— « Beau blé ! exclama Thabile homme, BU superbe !

• Les auditeurs, un peu surpris, croient à un lapsus, que la langue lui a mal tourné ; et, en gens bien élevés, ils approuvent encore. Mais voilà qu'au champ à'Orge succède un champ de blé. Le savant s'arrête, et, légèreihent inquiet, murmure :

— € C'est particulier. . . , c'est singulier

— 0 Quoi donc? lui demande-t-on.

— » Ce blé est plus haut que l'autre, oh! mais bien plus h»ut ! à quoi diable cela tient-il!

— » Mais c'est bien simple, répond un des auditeurs, qui du coupa jugé l'homme, — le blé de là-bas, c'est du blé de cette année, et celui-ci, c'est du blé de deua> ans. »

» Le savant tira son calepin, et en prit note au plus vite. •>

Pour copie conforme.

F. Herincq.

— «38 - CLIANTHUS DAMPIERI, \AVi. marginataelegans. (Pu V.)

Le genre Cli(^nthu8 appartient à la famille des Papilionacéed, et comprend des arbrisseaux à grandes Qeurs bizarres par le développemeut extraordinaire de Téleodard et de la carène» Le type de ce genre est le ClianthuspunicsM cuUiwé depuis longtemps dans les cultures eurapéennes, et autour duquel «ont venus se grouper les CliarUkus magnificus , cameus et Dampieri.

Cette dernière espèce est une merveilleuse plante à beau feuillage composé, et qui produit de nombreux bouquets de belles et graiideB fleurs rouges marquées d'une large macule d'un brun noir, à la base del'éiendard.

Lb Clianthus à fleurs blanches bordées de rouge^ que nous figurons dans ce numéro, d'aptes un dessin anglais^ est une variété de ce Clianthus Dampieri^ née, paralt-*ii^ d^iis la Nouvelle-Hollande comme le type; les graines en ont été envoyées aMMi Henderson^ horticulteurs ^glais, qui l'ont livrée au commerce, Tautomne dernier.

Elle diffère du Clianthus Dampieri^ par ses fleurs plus grandes, et qui, au lieu d'être rouges, sont blanches, avec les pétales étroitement bordés de rouge écarlatc brillant. La macule noire se retrouve à la base de Vétendard ; mais la double maculine blanche^ que signale M. Lemairede Ylllusiration horticole, comme produisant un joli effets n'existe pas dans les fleurs naturelles ; les deux petites maculines qui se trouvent dans le dessin^ ne sont que de simples effets de lumière, comme les peintres ont l'habitude d'en produire sur les cheveux les plus noirs et les bottes les mieux vernies.

Malgré l'absence de ces deux maculines blanches, le Clianthus à fleurs blanches bordées de rouge n'en produira pas

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moin^ uii.joU eSot, si ces fteurs sont telles que les repi^entela figure anglaise*

Quant à la cuUur^, il n'est pas douteux que c'est la môme que celle appliquée au type. Donc il faudra la planter en pleine terre» en bonne serre froide, h la lumière, et la laifuser se développer librement sans Tassujettir à ces tailles réglementées^ fléau aussi terrible que les.]iucerons, les hannetons et toutes les maladies que la nature inflige aux malheureux êtres du

règne végétal,

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