PLANTATION DU POIRIER DA^S LES TERRES MÉDIOCRES
Un praticien des plus distingués de notre ville, M. Lanier, professeur d'agriculture à Troyes, vient de trouver, par l'effet du hasard combiné avec le raisonnement, le moyen de ftdrç réussir le Poirier dans les terrains secs, ingrats, comme, malheureusement, on en rencontre encore assez fréquemment.
Son grand remède, c'est l'emploi dii sable-gravier autour de la racine des sujets. Par là, nous entendons la grève que Ton tire des carrières ou de l'eau, et .plus spécialement destinée à sabler les allées des jardins, ou à confectionner les mortiers et crépis des constructions. Il ne s'agit donc nullement du sable plus ou moins mélangé de feuilles pourries, employé dans les composts des plantes bulbeuses, crucifères, etc.
Ceci bien entendu, voici la manière de s'en servir :
La tranchée ou le tracé étant creusé, on dépose au fond un lit de gravier épais de 0" 25, et on le recouvre d'une couche de même hauteur, mélangée de terre et de gravier. On y place l'arbre et en reterrant la racine, on y entremêle encore quelques pelletées de sable-gravier.
Le sujet, une fois planté, pourrait être pdillé de gravier semblable ou de terre.
Partout, les essais de M. Lanier ont parfaitement réussi. Il a même opéré sur un Pêcher greffé sur prunier, avec un égal succès. De nombreux chevelus s'accumulent et persistent dans ce sable.
Ainéi donc, il a recours à ce procédé toutes les fois que la nature aride du sol n'est pas favorable au Poirier sur cognassier, et quand son peu de profondeur s'oppose au développement des racines pivotantes du Poirier sur franc.
La grève est étendue sur le mauvais sous-sol, sans que celui-ci soit entamé. Mais s'il est lui-même tout gravier et trop massif, il y aurait à craindre qu'il ne soit d'une nature desséchante; alors on le pioche et l'on y enfouit des gazons et de la bonne terre végétale.
M. Lanier me faisait voir, sur une promenade de Troyes, de vieux ormes et tilleuls au pied desquels étaient accumulés depuis quelque temps des tas de grève provenant de la Seine. En les dégageant, nous avons trouvé une masse de racines chevelues perçant les vieilles écorces rendurcies, ou remontant du sol jusqu'au centre des tas de gravier, dont la moiteur constante était l'élément vital le plus positif.
Ne serait-ce pas là un indice dont il faudrait tenir compte, lorsqu'il s'agira d'affranchir un Poirier sur cognassier ou de provoquer rémission de nouvelles racines à la base d'un tronc d'arbre? 11 est certain que le sable-gravier conservant une fraicheur régulière s'y prêterait avec plus de chance que la terre ordinaire trop disposée à se dessécher.
Février 4867. 4
Enfin, voici des faits et des observation nous engageons nos lecteurs à les méditer, à faire de nouvelles expérience et à en publier les résultats*
Chaules BALtcf , .