‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 103 sur 162 · LA DORÀDILLO DES MEXICAINS · texte numérisé non relu

LA DORÀDILLO DES MEXICAINS

(Selaginella lepidophylla et Lycopodivm lepidophylltm.)

Il a été déjà question de cette singulière plante, dans la chronique d'un précédent numéro de ce journal, sous le nom de Résurrection-plant. Ce nom est réellement vrai. Non-seulement cette plante desséchée, pelotonnée, reprend une apparence de yie, en étalant ses branches, comme la Rose de Jeriko, lorsqu'on la met au-dessus de l'eau, mais elle continue de vivre, si sa base est mise en terre ou dans de la mousse humide de sphagrium. Plusieurs expériences ont été tentées depuis que la maison Vilmorin en a reçu une cargaison d'Amérique, et dans presque toutes — lorsqu'elles ont été faites avec soin — la plante est revenue à la vie, végète et développe de nouvelles pousses. Chez celte plante, la vie résiste aux plus grandes sécheresses ; l'individu ainsi desséché n'est que plongé dans une sorte de sommeil léthargique, qui cesse aussitôt que le sujet est replacé sous l'influence de l'humidité du sol et de l'atmosphère. Deux pieds de cette plante, que la maison Vilmorin m'a fait l'honneur de m'envoyer, et qui étaient dans un état complet de dessiccation, sont actuellement en pleine végétation; chacun d'eux forme une magnique plaque de verdure de 30 à 35 centimètres de diamètre.

Pour faire ainsi revivre ce Lycopode ou Dôradillo, il faut le planter dans un pot ou terrine bien drainé et rempli de sphagnum, ou de terre de bruyère tourbeuse grossièrement concassée, mélangée de terre franche ou de terreau de feuilles et de gros poussier de charbon de bois. La température des appartements suffit, lorsqu'on a une cloche en verre pour couvrir et clore hermétiquement. Dans une serre chaude humide

la reprise est beaucoup plus rapide, et la végétation bien plus luxueuse. J'en ai cependant vu un pied, cultivé ainsi par M. Groenland, dans son appartement, qui ne le cédait en rien aux individus ressuscites par le jeune Gaunot, dans les serres à multiplication de Segrez.

Le degré de persistance delà vie est incroyable. M. Bureau, an des secrétaires de la Société botanique, se livre en ce moment à des expériences des plus intéressantes sur la vitalité de cette espèce, et qu'il publiera très-certainement dans le bulletin de cette 'Société. D'après cette persistance., nous croyons que, pour bien cultiver ce Lytopode, c'est-à-dire pour en obtenir une belle végétation et de belles plaques, il faudra, chaque année, laisser cette plante dans un état complet de repos et de sécheresse, pendant trois ou quatre mois d'été, et ne la maintenir en végétation que durant la saison1 d'hiver.

F. Hbhincq.

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