‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 16 sur 162 · LES MARCHÉS AUX FLEURS DE PARIS · texte numérisé non relu

LES MARCHÉS AUX FLEURS DE PARIS

Monsieur le Directeur,

Avant d'examiner quelles seront les conséquences d'un marché couvert pour le commerce horticole, il me parait utile de donner quelques détails sur les quatre marchés de Paris; on pourra ensuite riiléux Saisir tous les côtés de la question.

Vous sam que le vieux marché, qui vient d'être transféré provisoirement place Lobau, se tient les mercredis et samedis de chaque semaine, et qu'il est le seul sur lequel les marchands sont divisés en sections ou, comme on le dit, eu catégories. ■»■ . . • , „ , - ■ i

(4) Voir numéro de février, page 50. . •

La première section comprenait, autrefois, le plateau situé entre le quai. Lepelletier, et le quai Desaix, et dont une partie est aujourd'hui occupée par le tribunal de commerce. C'est là que se vendaient les plantes en pots. Les places de cette première section ou catégorie étaient réservées aux horticulteurs producteurs, qui se livraient exclusivement au commerce des plantes en pots ou en caisses, et qui possédaient un jardin d'une contenance de 2,500 mètres au moins. On payait pour chaque place, de 5 mètres superficiels, 75 centimes, et autant pour avoir une tente ; soit 1 fr. 50 par jour, et on était à peine garanti des intempéries atmosphériques.

Ladeuxième section,, établie sur le quai Napoléon, comprenait les horticulteurs ayant droit à une place sur le plateau de la première catégorie, mais qui ne pouvaient en occuper une faute de vacance. C'était le purgatoire du marché. On payait 60 centimes pour la place, et on ne pouvait pas s'abriter. On désignait aussi cette section sous la dénomination de marché aux arrachis, parce que, primitivement, elle avait été créée pour la vente des plantes arrachées et placées dans des bourriches.

La troisième section était le marché aux arbres et arbustes, qui ne tient que pendant six mois de l'année. Le prix de la place est également de 60 centimes par jour, et il n'y a pas d'abris.

La quatrième section, enfin, était ce qu'on appelle aussi le marché forain, ou marché à cinq sous, parce que le prix de la place n'est que de 25 centimes. Il se tient 4oute l'année, mais seulement le matin, jusqu'à 7 heures en été, et 9 heures en hiver. Tel était et est encore la division et les conditions de location sur l'ancien marché.

Le marché de la Madeleine se tient tous les mardis et vendredis; le prix de la place est de 60 centimes, non compris la tenle-abri ; il n'y a pas de sections.

Celui du Chàteau-d'Eau a lieu les lundis et jeudis; les conditions sont celles du marché de la Madeleine.

D y a hien encore le marché de la place Saint-Sulpice, mais il n'est en partie occupé que par des revendeuses; le prix de la place est de 60 centimes ; il se tient les jours du marché du Chàteau-d'Eau.

Dans l'état actuel des choses, les horticulteurs qui vendent sur les marchés sont obligés d'avoir une place sur chacun des trois premiers. Or, en comptant le loyer des places et celui des tentes, d'après le nombre des jours de vente ordinaires et les fêtes, on trouve que chaque horticulteur paye — pour vendre 6 jours par semaine, — un loyer annuel de 500 fr.

linons semble que, pour ce prix, on pourrait avoir un marché qui permettrait de vendre aussi bien des plantes de serres chaudes que des plantes de plein air. On pourrait varier les cultures, et on ne tarderait pas à voir disparaître cette surabondance de plantes molles des mêmes genres, qu'on cultive parce qu'elles résistent mieux sur les marchés d'aujourd'hui. Si tous nos marchés étaient aussi bien installés que ceux de la place Lobau et de la Madeleine, avec des tentes à charpentes en fer el de bonnes toiles goudronnées, je crois que tous les marchands se contenteraient de cette modeste position. Mais il ne convient plus de laisser échapper quelques larmes de regrets sur nos marchés actuels, puisque nous avons accepté une halle aux plantes couverte. Voyons-en maintenant les conséquences et les conditions de succès. . -

Quelle que soit la modicité du prix des places sur le nouveau marché couvert, il y aura très-certainement une augmentation de loyer pour les marchands, parce qu'ils seront obligés de garder leur place à la Madeleine et au Chàteau-d'Eau, jusqu'à ce que celui qu'on va construire soit assez achalandé pour y établir une vente journalière.

Selon nous, pour que les conditions de loyer soient aussi mo-

■ — 88 — déréesque possible, il faut que la compagnie soit assurée, dès le début, de la location de toutes les places de son marché, afin qu'elle n'ait aucune perspective de non-valeur.

Deux voies lui sont ouvertes pour obtenir ce résultât. La première consisterait à admettre toutes les industries qui se rattachent au commerce des plantes : ce serait de faire, dé ce marché, une sorte de bazar de l'horticulture, réunissant plantes vivantes, bouquets, graines, oignons, librairie horticole, pots à fleurs, caisses» etc*, etc»

La seconde, qui n'admettrait que les plantes et fleurs seule* ment et qui supprimerait toutes les catégories dont vous avôk montré le ridicule.

En effet on comprendra facilement qui si on laissait subsister le marché forain, tous les producteurs qui vendent le ma* tin iraient y vendre leurs produits pour n'avoir pas à payer un loyer au marché couvert j er$ ces producteurs étant au nombre de 50 à 60 environ, 06 serait autant de places qui restauraient à la charge de la compagnie Ferrère \ et naturellement* pour compenser ces non- valeurs, elle serait forcée d'en répartir . le montant dur les marchands qui vendent toute la journée*. • J'entends déjà crier que la suppression de ce mftrché#à 5 ëotis est impossible* Pourquoi? Qu'on me prouve qu'il est néceë* saire au progrès de l'horticulture et aux intérêts du commerce* et je me fais immédiatement son défenseur. Mais je ne vois ed lui rien d'utile, si ce n'est qu'il permet aux jardiniers en places, aux amateurs, même, qui n'ont aucune des charges Contribua tionnelles des horticulteurs, de venir vendre l'etôédaftt de lbtirs' cultures, et encore à des jardiniers-maraîchers qui, après tttie première saison de légumes faite sur leurs Couches ptinta* nières, y font des Héliotropes, des Géraniums et autres petite* plantes dont le sort — - pour la plupart — est de périr lors* que les acheteurs les mettent en pleine terre dans leurs jardiné, et vous en comprenez la raison* Sortant de ces oouôheâ de fu-

mier chargées d'un fertile terreau, ces plantes ont fait de nombreuses et fines racines, qui sont en partie brisées datas l'arrachage et dans la mise en bourriche ; dans ces conditions, il est impossible que la moitié au moins ne périsse pas.

C'est encore à ce marché nocturne que Ton vend une masse de plantée mises en pots la veille delà vente; comme le commercé se fait souvent dès la veille au soif dans l'obscurité de is nuit, oe n'est qu'au jour que l'acheteur s'aperçoit qu'il a été trompé.

L'administratioft municipale, qui veille d'un oeil protecteur à te que l'acheteur ait toute sécurité, ne peut laisser subsister plus longtemps un pareil état de choses, qui nuit au commerce loyal des horticulteur* vendant Satis crainte leurs produits au grand jôirt .

Toutes le§ marchandes de fleurs qui ont lu votre article sur les marchés, se sont égayées de l'allusion au sujet dé* caves de la caserne pour mettre les plantés pendant les jours de grands froids- M&ië tous, Monsieur le Directeur, quelle impression vous a causée la vue de ces horticulteurs couchés àU milieu de leur tnarehandibe, durant toute la nuit qui précédé les jours* de vente au quai aux fleurs? N'avez-vouS pas éprouvé un sentiment dé tristesse et de pitié en voyant des horticulteurs ainsi accroupis à lu belle étoile, sur le pont d'Arcole, recouverts, comme leurs plautes, d'un mauvais paillasson pour se garantir du fitrid ou de la pluie? N'est-ce pas déplorable de voir pareille chose à Paris, et quelle idéales étrangers, qui VOht venir visiter l'Exposition universelle, auront-ils de l'horticUl* tdté parisienne, en voyant ce triste spectacle* deux fois par sëttaine, ert sortant des théâtres de la place du Ghâtelet, ou des fêtes de l'hôtel de Ville? Àve*«vou3 interrogé qiielques-unâ de ceë marchands forains sut là position Qu'ils occupent ainsi ? Ils ont dû vous dire qu'elle n'est paô agréable; mais que, pour Î5 centimes * ils ont la faculté dé vendre plusieurs centaines de

plantes, et qu'ils n'ont pas besoin de payer une place pendant toute l'année comme ceux des autres catégories et des autres marchés. N'est-ce pas attristant? Mais, comme vous l'avez dit, s'il fallait compter sur ces industriels nocturnes pour flaire marcher le progrès horticole, nous le verrions bien vite reculer de plusieurs siècles. N'est-ce pas à la production immodérée de ces quelques genres de plantes d'une multiplication facile, qu'il faut attribuer l'état de malaise qui pèse sur le commerce des marchés depuis quelques années ? N'est-ce pas elle qui a fait disparaître toutes ces charmantes plantes variées, comme on en voyait jadis, du temps des Lémon, des Mathieu, des Paillet, des Chauvière et de tant d'autres? Il y avait alors delà variété, du choix. Aussi le quai aux fleurs attirait la foule; c'était une véritable exposition d'horticulture ; on s'y pressait pour chercher la nouveauté du jour; la vue d'une jolie fleur faisait naître le désir, et le désir, ce dieu tentateur, amenait à la possession; le commerce était prospère. Aujourd'hui les marchés sont déserts. Eh! qu'irait y faire la foule? Elle sait à l'avance qu'elle trouvera des Géranium, des Héliotropes, des Giroflées, et puis encore et toujours des Giroflées, des Héliotropes et des Géranium.

Pour que l'horticulture des marchés reprenne son ancienne splendeur, il est nécessaire que les marchés soient abrités convenablement; que le nouveau soit accessible à tous les jardiniers sans distinction de classes ou de position ; qu'il redevienne, comme par le passé, une exposition permanente, la promenade aimée du public.

Telles sont les conditions qui peuvent assurer le succès du nouveau marché couvert. Les modifications que nous venons de signaler nous ont été inspirées par notre grande habitude des marchés, et surtout par notre désir de voir renaître un commerce presque entièrement perdu.

Sans doute il n'entre pas dans notre pensée de chercher à

empêcher la vente des plantes en arrachis, qui forme une hanche de commerce aussi respectable que celles des arbres et arbustes, et des plantes en pots. Seulement, au lieu de vendre au marché forain, nous croyons nécessaireqae les marchands soient soumis aux mêmes obligations que leurs confrères, horticulteurs, pépiniéristes, qui ont tous des places au mois ou à l'année. Quant aux producteurs qui ont l'habitude de vendre le matin seulement, ils pourraient, comme parle présent, continuer ainsi leurs ventes, sans ce marché forain, où l'acheteur est presque toujours trompé, alléché qu'il est par le bon marché qu'on a l'air de lui faire.

A ceux qui prétendent que ce marché à 5 sous est le refuge des débutants dans le jardinage, je puis les adresser à des débutants vrais, qui démontreront à leur tour, par un calcul assez simple, mais très-concluant, les avantages et bénéfices qu'ils doivent retirer de sa suppression.

Pour me résumer sur cette question, je dirai donc qu'un marché couvert, dont le loyer ne dépasserait que faiblement les frais actuels, serait un véritable bienfait pour l'horticulture des marchés. Le commerce y reprendra un nouvel essort; l'acheteur ayant la certitude de trouver, sous ce marché, n'importe par quel temps, les plantes bien portantes dont il aura besoin; ces plantes s'y conserveront mieux, et avec moins de frais, puisque le papier qui les enveloppe n'aura pas besoin d'être renouvelé plusieurs fois par jour en temps de pluie. De plus, les horticulteurs pourront alors se livrer plus en grand à la culture des plantes desserre chaude, qui, jusqu'à ce jour, reste le privilège de ceux qui sont assez connus pour les vendre dans leur établissement.

Il est donc désirable que le commerce puisse en prendre possession le plus tôt possible. Nous osons encore espérer, que la commission municipale ne s'arrêtera pas en si bonne voie; et qu'elle laissera le marché du Chàleau-d'Eau jouir de la place

privilégiée qu'il occupe depuis sa ôrt ttion, Lesr abris essayés à la place Lobau et à la Madeleine semblent remplit toutes les conditions, sans gêner en rien la circulation publique, tout nous fait croire que c'est aussi l'avis de tous ceux qui savent si bien comprendre lès intérêts de l'édilité parisienne*

Emile Chatê,

Horticulteur, 9» Bentlet Sàint-Atitoifte, Ptato.

BIBLIOGRAPHIE

L'Insectologîë agricole. — Sous ce titre, vient de paraître à la librairie horticole deE. Donnaud, 9, rue Cassette, un Journal mensuel qui traite des insectes nuisibles et de leUrs dégâts, et des moyens pratiques de le$ éviter. Il parait par livraisons.de 32 pages in-8, avec une planche coloriée;; le prix de l'abonnement est de 1 0 fr. par an.

Vulgariser la connaissance des Insectes et surtout des Insectes nuisibles à l'agrictilttire, dit le propriétaire-éditeur, tel est le but de cette publicatioh. Elle s'appliquera donc à décrire minutieusement ces petits êtres, mais sans emprunter le langage affecté des faux savants.

En faisant appel à toutes les personnes qui se livrent à des études sutle3 Insectes, l'éditeur déclare que son Journal est une tribune libre, où chacun peut porter le fruit de ses études et de Ses obsertatiôtis contradictoires ; mais que les auteurs, seulement, sont responsables des assertions et des théories qu'ils pourront émettre dans le cours de cette publication. Nous ne pouvons que féliciter notre éditeur, M. Donnaud, d'avoir fondé ce Journal d'une incontestable utilité à Voici le sommaire du A" numéro, ott jugera de son intérêt :

Introduction par le propriétaire-éditeur. — Guezou-Duvalf Hannetons et vebs blancs; bénéfices obtenus par le hannetonage ; moyens de Teié-

coter par les écoles rurales; moyens de préparer l'engrais de hannetons ; résultat obtenu pas la ramassage du ver blanc. — //• #ai»*4,U gu6p$ et les moyens delà détruire; Ornithologie agricole. — V. Châtel, Utilité des oiseaux. — J. P., Travaux et chroniques gérleicoles. — H. Hamet, Trmux apicoles de la saison. — jOphowe Dubois, Inseetes nuisibles ; Tmaux de destruction à exécuter pendant le mois. — F. Hertncqei B.B.y Bibliographie insectolegique. — Boùduval, Utilité des Insectes dos l'industrie. —, Carcemc, Projet d'organisation d'une Société d'insectologie agricole, — Cours de* produit^ des ta sectes.

Cinq figures, intercalées dans le texte, représentent : le hanneton, ses œufs et ses larves à divers âges; la, coupe longitudinale d'un nid de guêpes en terre et deux espèce* de ces Insectes. La planche coloriée est consacrée au nid de guêpes de bois ; à un frelon et à une guêpe mèrej au hanneton et à sa larve.

DU CHOIX ET DE LA GULTURE D£S POMMSS Dg TERRE, par COUT-

iois-Gérard (1). Ayant eu l'occasion d'étudier à fond les nombreuses collections de Pommes de terre qui ont figuré à la grande Exposition universelle de 185$, et de vérifier les qualités de celles qui ont été proposées depuis cette époque, il a paru opportun à M. Courtois-Gérard de réunir tous les matériaux accumulés par lui, depuis fort longtemps, et de publier un petit opuscule sur cette plante» considérée à juste titre comme la plus précieuse de toutes celles que le Nouveau-Monde a données à l'Ancien. Quant à sa culture, la longue expérience àe Fauteur est une garantie de l'exactitude et de la précision des procédés qu'il indique. Nos lecteurs pourront apprécier le mérite et l'intérêt de ce petit livre par l'article Plantation que nous en avons extrait et qui est reproduit page 73.

PU CHOU ET DE IA CULTURE DES GRAMINÉES PROPRES A l'ENSE-

menceiœntdes pelouses et des prairies, par Courtois-Gérard . Pour pouvoir tirer le meilleur parti des Graminées, soit en hor-

» ■ ■ i ii i m ■ ii ' ' ■■ ■ ■ ""

(4) Un petit volume ia-32, de 76 pages. Librairie Donnatid, 9, rde Cassette, Paris. ftii;tfr.

ticulture, soit en agriculture, il faut d'abord les connaître ; mais pour les connaître, il faut les étudier, et l'étude n'est pas facile

Brome de Schrader.

pour les personnes qui ne sont pas initiées aux mystères de la science. C'est pour faciliter cette étude que l'auteur de cet intéressant et utile opuscule a fait faire tout exprès d'après nature, par le crayon si habile de M. Courtin, 17 jolis dessins comme celui ci-dessus, représentant le port des principales espèces, et qui permettront de reconnaître de suite, par la simple inspection, les Graminées les mieux appropriées aux terrains qu'on veut ensemencer. Ici, comme pour la Pomme de terre,

les notions de culture sont traitées avec les mêmes soins, avec la même simplicité, la même justesse. C'est suffisamment conclure que nous acceptons la responsabilité de notre recommandation pour ces deux petits livres.

Nous remettons au prochain numéro, l'examen des livres suivants qui viennent de paraître : Histoire des plantes (ln liyraison : Renonculacées), par M. Bâillon; — Eléments de botanique (seconde partie), par M. Duchartre; — Le Fuchsia f par M. Porcher; — Culture du Poirier, par M. Charles

Baltet.

F. Herincq.

CATALOGUES D'HORTICULTURE

POUK 4867.

A«4«Mon-fllr*m fils, à Angers. — Catalogne et prix courants des arbres fruitiers, d'ornement et d'arbres forestiers.

B<mmet, route de Mcntronge, au Petit-Vanves (Seine). — Catalogne général de* plantes annuelles, bisannuelles, vivaœs, de pleine terre et d'orangerie .

Madame Belsrive, à Orléans. Prix courant des graines potagères, fourragères et forestières.

««offre (Antoine), à Marseille (serres du Prado). — Catalogue de plantes de serres et d'orangerie; arbres et arbustes de pleine terre.

Lalse-CkMvftère. marchand grainier horticulteur, 44, quai de la Mégisserie, Paris* Catalogue des Glaïeuls, Pivoines, Fraisiers, Rhododendron, Rosiers, arbres fruitiers, etc.

L. Mesurait, marchand grainier horticulteur, 44, rue de l'Arcade, Paris. — Catalogue d'oignons à fleurs, plantes à bulbes et à tubercules.

sUnAatler, à Nancy. — Catalogue général de plantes et arbustes de serres et de pleine terre. — Plantes nouvelles, avec dessins coloriés.

Thibaut #4 Keteleêr, 446, rue de Charonne, Paris. — Catalogue général des plantes disponibles dans rétablissement : Plantes nouvelles avec figures noires.

TUtevt-Prasleat, 3, rue de la Cossonnerie, Paris. — Catalogue des oignons

à fleurs, grises et pa^es.

Travaux du mois de Mars.

t Viager . Ces* peodast le mois de maie que l'artiehant exige le plus de soins. Od peut eeeuteeeer vers le 45 a dégarnir las seechsa de la terre et du fanrier rtttasaés à chaque pied : la litière riche doit rester à portée pom recouvrir fi la température S'exigeait. Aussitôt que le hâle n'est plos i craindre, il faut enlever à cfcaqee soerhe les «Millions superflus et ne laisser que les deux plus beaux ; •pais cette opération, il tant arroser copieusement les artiehaels et leur domei uoe borne eouYertore de fumier. (Test anssi peodaot ce mois qifoD.sème, leboore et fume les asperges. Le fumier de cheval est le meilleur pour ce dernier Msfss mai*, dans les terrains très-secs, on doit employer le fumier de vache; Ton et rentre doit être à moitié décomposé. On plante choux-poinmés, ehooxfleurs, fraisiers, laitues, oignon blanc, oseille, poireau, romaines. On fait les semis de carotte*, chicorée sauvage, choux-fleurs, choux-cabus de Saint-Denis, de Milan, de Bruxelles, épinards, fèves* ciboules* cresson alénois, panais, persil, poireau, tous les pois, radis rose et noir, salsifis, scorsonères, pommes de terre Yen la fin da mois : céleri à couper, cerfeuil, choux Quintal et de Poraéranie* toutes les laitues, reniâmes blondes et grisée.

Les couches et châssis exigent beaucoup d'attention, car, à cette époque, les réchauds dont on entoure les couches sont trop forts : il se produit des coups de chaleur qui détruisent toute la récolte ; il faut aussi veillai aux coups de soleil, qui produisent le même effet.

On sème sur couche : concombres, melons, piments, tomates, raves, salade et fournitures diverses.

Jardin fruitier. Finir la taille, labourer et pailler les plates-bandes.

Jardin fagrémmU. Terminer les labours, travaux de propreté, la taille des arbustes divers et la plantation des plantes vivaces; taire des bouturée d'arbres et d'arbriitseaux. On sème en pleine terre : Giroflée de Manon, Adonis, Coreojtàs* Nigelles, Réséda, Nemophila, Clarkia, Gilia, Crépis roses, Giroflée jaune, Malope, Œillets de Chine, Pois de senteur, Reines-Marguerites , Capucines, Volubilis, ColUnêia bicoîor^ Siléné à fleurs roses, Balsamines, Belles de Nuit et Belles dé Jour, Muflier, Pétunia, Thlaspi, Scabieuse ou Fleur des Veuves, PhaceUa* Linaria Mpartia. On sème sur couche: Célosia Crète de coq, Amarantes, balsamines, Reines-Marguerites, Calcéolaires, Quarantaine, Martink, Cosmos»

On place aussi sur couche les tubercules de Dahlia pour déterminer la végétation des bourgeons, les séparer ensuite et les mettre en pot jusqu'au moment de les livrer en pleine terre.

Serru* C'est en mars que les Camellia sont dans toute leur beauté; il faut leur donner des arrosages modérés et entretenir avec soin la propreté des feuillages. Pour les autres plantes, même soin que pour le mois précédent ; mais on veillera pour éviter l'effet des coups do soleil; on blanchit les vitres avec de la chaux, ou Ton tend des toiles.

MM

Paris. — Imprimerie horticole de E. Do.nkaid, rue Cassette, 9.

m «meus omnm uns ci mmbt.

P. Humai, CJBirealejM. — B. Vislot. Bsalla* la fctfclUffrapJMajae. Traité éea Conterai, ptr A. Ctr rlèra. — 0. Ltscorsn, leSMarttoe »■•*»«!• (PI. IV). — A, M Tun, revic des Jmhmmbk •■«*••». — PMtan, reTnit des pin billes variétés da ftoeawl*. — H. Bâillon, air It ealtare et U floralaoa éo sMIICMft* apccto— (avea Ifore aoire). — Tunisien, Jlorafrsoi à l'air ttsre, a Cftmrbomg, éo 1>»al>Sl— 4r— argrateaam. de l'Himalaya. — F. Hbiihcq, ▼•ya^ajeara tmUmctomrm de l'hortievl* ive : Riédlé, San lier et Gekbeaot (portrait 4e Gaieheoot). — En». Bo«*a», Glarfoal* ******* • (leaate ée M. Seaehet). — Catalof ses d'herticaltare ponr 1807. — Transi da mois d'avril. *

CHRONIQUE

Exposition universelle; ouverture officielle; état du jardin d'horticulture; le* collections étrangères remisées; le chroniqueur de la partie horticole. — Expositions annoncées pour 486?. Hommage des habitants de Montreuil à M. Alexis Lepère. Nécrologie : MM. Warscewicz et le vicomte de Cussy. Abricotier à Amande douce. Les plapies comestibles annuelles de 4866; les nouveau! Parmentier. Congrès botanique international à Paris. Compte rendu de l'exposition et du congrès horticole de Londres. La volée de Bois vert de M. Joigneanx, au sujet de la mort du Journal de la ferme.

L'Exposition universelle' est enfin ouverte. La cérémonie

d'ouverture a eu lieu le lundi 1" avril; mais l'installation est

loin d'être terminée. On est encore à construire ou à vitrer les

serres, et les horticulteurs étrangers qui ont prisa la lettre les

circulaires et programmes delà Commission impériale, ont dû

demander asile, pour leurs plantes, à des amis et connaissances

de la bonne ville de Paris et des environs. Il est fort à craindre

que la floraison ne se passe dans ces réduits hospitaliers. Les

quelques lots de plantes exposées n'ont même pas encore les

étiquettes officielles; et tout porte à croire que ces étiquettes

seront remises aux exposants quelques jours après la rentrée

des plantes dans leur établissement respectif; on pourra les

conserver pour une autre occasion. Il parait que M. Thibaut-

Prudent a envoyé une magnifique collection de Jacinthes, et

Avril 486?. 7

que M. Chanta est te senl eaposant eteCamefliapour le concours spécial de la première quinzaine d'avril. Le jardinier de M. Sacken, de Saiiil-MAurrML Eugène Léveil, et non Lévêqne comme il a été imprimé par erreur dans notre dernier numéro, a/a pw er «t devoir, paralt-iï, envoyer tes siens, au Chanap-de- Macsi il a agi, je croisr prudemment. Je borne là mes réflexions, nTabstenant de tous commentaires sur cette Exposition universelle. Je souhaite que la réussite soit complète, et que, au bout de tout cela, on voie, comme dit M. Alfred d'Aulnay , tous les peuples s'embrasser après avoir échangé leurs marchandises.

Pour la suite, une personne étrangère jusqu'ici à la rédaction de Y Horticulteur français, M. Auguste Ferrie*, membre de la Société impériale et centrale d'horticulture, a bien voulu se charger de rendre compte des Expositions de quinzaines ^ iL a toute liberté d'appréciation. Nous le remercions ici et à l'avance du laborieux concours qu'il veut bien nous prêter en eette circonstance, et qui nous permettra de suivre quelquesunes des vraies Expositions qui auront lieu sur plusieurs points de te France.

— Oa annonce déjà celle de Toulouse pour le 27 de camois et qui dorera jusqu'au 30 inclusivement. L'Exposition de Caen aura lien en mai, à V époque fixée pour le concours régional. La Société d'horticohare de Picardie vonlant augmenter l'éclat du eoMoarc régional agricole qui doit avoir lieu a Amiens an mois de mai, organise aussi une Exposition pour fa même époque. A Troyes la deuxième Exposition régionale de la Société horticole, vigneronne et forestière se tiendra dans le jardin die la porte de Paris, du 5 au 12 mai. Versailles se prépare pour le i & mai ; Valognes pour le 25, et Bourg pour le 31. Dons k mois de juin ce sera celle du Mans, du 13 au 16; en Juillet, du VI a» 30, à- Cherbourg; et, pour la première quinzaine M. Camille Bernardin, membre d'une infinité de.

Sôriétér, inrtite les ataatettrt » asttistér à FExposîtôôttdè Brie- Comte-Robert. Tïy atn'ér des ôtonibutf pou* tout te taôftde S I* station dcr (îhèffiîû de fèr de Brunoy ; (fest ertgâgèâflt;

— En fait de fête horticole, Monfretrîl vient d'avoir la sîeime qn marquera dans rfristoife de ce pays renommé pdut ses pèches. Les? ârafeofls' élaréttt paVoisées comme an jfcuf & ÎS ftte patronale; les pompiers étaient sotte les armes ; et te flarfe entouré de son état-major -~ le conseil municipâl-^parcourait les rues et les squares de la cité suivi de toute la population radieuse qui avait revéttf ses habits des dimanches. L'étranger qui, ce jour-là, visitait Montrerai se demandait quel grand saint on allait' fêter. Ce saint était un simple mortel parfidtemelît vivant, qu'on voulait honorer en inscrivant âon mtar sur l'airain, pour perpétuer le souvenir des services rendus par hd à sa commune, et à la France entière . Est-il besoin de transcrire ici ce nomTNos lecteurs Font deviné : c'est bien Alexis Lepère»

Totffe la population montretrillaise était en effet aiiteî réunie pouf donner au zélé et habile propagateur dé la culture du pécher, —la richesse du paya-*- un témoigûagtfdésa vive et profonde rtecoimaissâûûe pour l'ardeur et le désintéressement avec lesquels il a perfectionné cette branche dePindustrie locale. Une médaille avait été frappée au nom de fa commune, et on allait la I tri offrir avec une pompe inaccoutumée, pour que fe souvenir en restât profoftdément'gravé dans Pesprit de dette jeune génération qùf, e&e aussi, profitera de sa science et de ses heureuses applications. Noirs nous associons à cette grande et belle manifestation des habitants de Montre uil : honneur donc à Alexis Lepére !

— On homme quî, lui aussi, a bien mérité dé l'horticulture, mais qui n'a jamais reçu la moindre médaiffe de reconnaissance, vient de mourir prématurément, tué par les fatigues éprouvées pendant 10 années de voyage au travers des

vastes régions de l'Amérique méridionale. C'est M. Warscewicz, auquel on doit tant de magnifiques plantes nouvelles.

— Le demie* bulletin du Journal de la Société impériale et centrale d'horticulture de France annonce aussi la mort de M . le vicomte Fritz de Cussy, vice- président honoraire de cette Société. A ce propos M. le Secrétaire général rend un hommage public à cet homme distingué, qui n'a cessé, malgré les infirmités dont il était accablé pendant les dernières années de sa vie, de s'occuper d'horticulture; il rappelle que c'est à M. le vicomte de Cussy que Ton doit l'introduction, en France, du Paulownia imperialis*

— Nous aurons à enregistrer prochainement une autre in* traduction; celle de Y Abricotier à amande douce de Syrie. M. le ministre des afiaires étrangères, sur le désir exprimé par le maréchal Vaillant, avait chargé les agents consulaires en Syrie de se procurer des jeunes pieds de cet Abricotier fort répandu dans cette partie du Levant, et de les envoyer à la Société d'horticulture de Paris. Le gérant du consulat de France à Damas vient de donner avis à S. Exe. que, le 28 du mois de janvier, il a expédié au consul général à Beyrouth trois caisses contenant chacune deux jeunes Abricotiers de la meilleure variété et un paquet de 100 menues branches pour greffes ; elles doivent être arrivées, et la Société ne peut tarder d'en faire la distribution, n'ayant pas de jardin pour propager- les plantes qui lui sont adressées. C'est là une situation fâcheuse, qui doit faire tomber dans l'oubli une foule de plantes, que les membres du Comité d'expériences ne peuvent suivre et apprécier par euxmêmes.

— Dans sa revue rétrospective des plantes comestibles nouvelles soumises à son examen pendant l'année 18669 le Comité de culture potagère de cette société, signale peu d'introductions importantes. Le Persil à grosse racine ne paraît pas, d'après les. termes du rapporteur, posséder des qualités bien supérieures;

fii qualité mangeable même semble contestable. Le Haricot de Smyrne (Haricot d'Espagne blanc), dont les racines vivaces peuvent être mangées, est à peu près dans le même cas ; et, comme pour en obtenir des racines un peu grosses, il faudrait rentrer pendant l'hiver ce Haricot en serre, on se demande si le besoin s'en fait sentir à ce point.

Cette rage d'introduction tourne à la puérilité. N'est-il pas ridicule d'aller chercher par 'exemple un Chenopodium en Australie pour en faire un E pinard, quand nous avons, dans nos champs, des espèces du même genre, à remuer à la charrue, et qui ne feraient pas de moins mauvais épinards! Mais chacun veut devenir un* autre Parmentier, pour avoir sa statue, non dans le jardin d'une Ecole de pharmacie, mais sur la place publique de sa ville natale . C'est h cette petite et ridicule vanité que nous devons l'introduction de toutes ces herbes alimentaire» que refuseraient les lapins les plus affamés.

Les légumes chinois ne sont guère plus recommandables. Le Chou de Chang-ton, est cependant un bon légume tendre et d'une cuisson facile ; mais le Chou-navet à ses racines dures et sans saveur; ses feuilles sont inférieures au Chang-ton et même au Petsai, très-anciennement introduit, et abandonné non sans raison ; la Ciboule chinoise est notre Ciboule blanche, et l'Igname à tubercule courtf sur lequel on fondait les plus belles espérances, s'est démesurément allongée ; échec et mat; donc au total les importations chinoises valent celles d'Australie.

Enfin, le Haricot et la Laitue de M. Bossin ne paraissent pas posséder tous les caractères constitutifs des variétés distinctes. Aux yeux du rapporteur de la commission de la Société d'horticulture de Paris, son Haricot perle diffère bien du Haricot riz nain quanta la feuille, mais il ne lui est pas supérieur pour la qualité, ni surtout pour la fertilité. C'est donc un Haricot non avenu. Pour la Laitue, elle n'est pas non plus absolument, d'après le même rapporteur, identique à une ancienne; mais

elle lui ressembla tellement, au dire des jardinier q^ Youi cultivée, par la forme, U grosseur et la qwlité^u'U» ne voient pas,4isent4ls„ la nécessité de créer pour alla u& corn nouveau, comme Lfiitucus Bossvvus, par exemple, afin qu'il /soit à la portée de toutes les intelligences.

Cette question des noms latins pour les légumes va, aaa* doute, être reportée par devant le Congre* k>tanique qui va se tenir à Paris du 36 juillet «u $3 août à l'occasion del'EXjpQsitiop universelle.

— La Société botaniq-ue de France fait ses ^isépajeatife pif recevoir dignement les botanistes dangers ^ui se pendront k Pàrisu Elle se dispose à faire -étudier par quelque^uns de s& membres, tous les produite Aaturels <u«é$ d# règne *4gétal /jw figurent à l'Exposition, et elle espère pouvoir publier le Béwittat 4e «es études; ce serait à'm gmtâ et haut intérêt poiir la science. Nous aimons a croire -qu'elle (b^uviera Içs moyens <&' mettre à exécution cet utile ,pr%e<t ; ,fl *&rait f&hfiux *que les Sociétés savantes 4e la France ne pussept foire <$ rfjuelont Jee Sociétés étTftagères.'.Ku HoUaude, il y *:deux laea. Je Cwgrte d'horticulUme ,et de botanique a publié jm gros volume qui écartent, «outre les pmoèsr*të&bfmx dee ïémcfôj tous les m&moires lus ou présenté*, et le.catalogw.génjéral dasrplafttes.de J'espeaition dliortioultuBe. l'Angleterre a fait de même pour son Congrès et sou exposition de 1,866. ka France ne peut faire moins sans déchoir 4e son rang.; elle:e$t, ma foi, bien assez riche pour payer sa gloire scientifique, qu'on pourra faire tenir, àJa rigueur*, dans deux volumes de 5 a 600 pa^es -chacun. .

— iLe volume publié par la Commission de l'exposition .anglaisé, et que nous avons eu l'honneur de recevoir pgs jours derniers, contient des notes et mémoires des .plus intéressants dont quelques-uns .tout à fait inédits; nous en ferons sueoeasi vernit l'analyse.

— L'amour de la vérité nous fait, souvent épçouvep que pour avoir la tranquillité il vaudrait mieux que noua gardassions Je

silmtee; mais l'éditeur qui nous a confié la direction de YUorticulteur français tient à la prospérité dé son journal et veut par conséquent que nous soyons au courant de tout 4e qui se passe de saillant on horticulture. De là des faits plus, ou moins

curieux que nous sommes exposés à décrire; des introductions

joe nous devons signaler et apprécier, etc. Dernièrement, M.Joigneaux insérait, dans un des journaux qu'il a fondés, on article sur le Chenopodiwn auric&mwm <au Epmard <d' Australie. Après avoir pris nos renseignements, nous avons cm e* nous croyons encore que c'était une assez mauvaise importation ; nous nous sommes permis de le (dire, en lui souhaitant une meilleure chance qu'au journal qui rarecoaaacnandé à l'ailention de ses lecteurs.. Emportement du rédacteur en chef de ce journal, qui nous iofljge une Viefteconreciion.

Au surplus, et afin de prouver un# fois de plus à oos lecteurs combien nous aimons la vérité, nou6 reproduisons «dans son entier l'article de M- Joigneaux contre nous, les faisant juges de l'aménité que déploiepjt souvent entre eus de soi-disant frères.

« Nous -avons promis, dit-il, de passer en revue toutes les publications spéciales, et ce doit être pour .cela que ML Herincq se recommande à notre attention dans le journal de M- Donnaud (numéro de janvier).

» Pauvre M. Herincq ! tout ce que nous pouvons faire pour l'obliger, c'est de Aqi donner acte de son désir. Si nous nous menions sur le pied de ncvus occuper de tml ee <juVm écrit en patois, où en serions-nous?

» Notre orequeinitaine de carton ne peut se consoler de la wléeée. éois de vert que lui a administrée le Journal de la ferme, à l'occasion de la première éditioaa d'un livce gâté par ses soins, et il se rattrape sur un mort. Que M. Herincq se »u vienne, rien de mieux; ce souvenir est d'une belle âme ; pour ce qui est des représailles, elles ne sont pas chevaleresques. •

M. Joigneauxme traite, comme on voit, en grand homme; il me fait trop d'honneur, car il n'y a que les hommes de lettres jouissant des faveurs du public, et les élus de l'Académie française, qui écrivent en patois; au dire, du moins, des amis fidèles et dévoués des candidats déchus, et des littérateurs ulcérés par l'envie qui écrivent en excellent français, mais qui ne peuvent décider le public à les lire.

M. Joigneaux veut se moquer. En effet, quand un adversaire en est réduit à vous lancer à la tète ce lieu commun, c'est qu'il reconnaît, en son âme et conscience, votre supériorité sur lui. Il se renferme dans cette banalité de la forme, parce que, sentant sa faiblesse, il sait parfaitement qu'il serait battu s'il avait l'imprudence de s'en prendre à la substance, ne pouvant plus compter sur les amis complaisants qui lui fournissent ordinairement les notes pour l'attaque; ces amis n'étant pas non plus de force à soutenir la riposte, dans le cas où on daignerait descendre avec eux dans l'arène de la discussion. Or, M. Joigneaux me permettra de ne pas voir en lui un de ces athlètes ulcérés par l'envie ; et ce serait duperie, de ma part, de croire que mon illustre confrère me considère, sérieusement, comme une célébrité de première qualité.

Et maintenant nous n'infligerons d'autre pufaition à M. Joigneaux que notre silence. F. Herincq.

Page 1