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MUR EN FIL DE FER

Pour la culture d'arbres fruitiers.

Nous avons vu chez M. Pichery àlné, horticulteur à Villeneuve-sur-Yonne, un système très-ingénieux, que cet habile pépiniériste appelle mur en fil de fer, sur lequel il applique deux rangées d'arbres fruitiers soumis aux formes obliques ou en espalier, et qui permet d'abriter très-facilement ces arbres pendant la période de floraison, si souvent contrariée par les gelées du printemps.

Ce mur en fil de fer de M. Pichery a 50 mètres de longueur et deux de hauteur. Il est établi avec des fils de fer galvanisé, tendus sur des montants ou supports en fer; la figure qui accompagne cette note va nous servir à faire mieux comprendre sa disposition.

A chaque extrémité, se trouve un patin en pierre (i) de 60 centimètres de longueur, 30 de largeur, enfoncé en terre de 80, et faisant saillie de 20 centimètres environ; il est pourvu de deux anneaux solidement scellés, qui servent à fixer les fils de fer.

Des montants on supports (4 et 5) sont scellés sur des pa-

tins eu pierre de 20 à 25 centimètres décote sur 15 d'épaisseur; ceux des bouts (4) ont une position un peu oblique; les intermédiaires (5) destinés à maintenir seulement l'horizontalité des fils de fer, sont parfaitement verticaux.

A tous ces montants sont fixées des traverses (7) de 2 centimètres de large sur 5 millimètres d'épaisseur, et disposées horizontalement à 32 centimètres les unes au-dessus des autres, formant ainsi une sorte d'échelle : la supérieure (B) a 50 centimètres de longueur, toutes les autres (E, F.) en ont 30. Ces traverses servent à supporter les fils de fer sur lesquels on palisse les arbres et pour établir la toile qui sert à garantir des gelées ou du soleil.

Le fil de fer employé par M, Pichery est du n° 18 pour les trois rangs inférieurs, et du n* 14 pour les rangs supérieurs ; il est tendu à l'aide de roidisseurs (9).

La traverse supérieure, avons-nous dit, est de 20 centimètres plus longue que toutes les autres, qu'elle dépasse naturellement de 10 centimètres de chaque côté. Cette longueur, en plus, est nécessaire, parce que cette traverse doit supporter quatre fils de fer : deux (B) pour le palissage, et deux plus extérieurs (C) pour former, avec le fil de fer terminal (A), la charpente sur laquelle on pose la toile (10) et la maintenir à distance des branches fleuries. Pour éviter le frottement de cette toile, qui pourrait nuire autant que la gelée à la fructification, on la fixe au sol à des piquets (11) qui la tiennent parfaitement tendue ; et pour pouvoir découvrir les arbres à volonté, on peut ajouter, au milieu de la toile, des anneaux dans lesquels on fait passer le fil de fer A, ce qui permet de la faire glisser à la manière des rideaux.

L'établissement de ce nouveau genre de mur n'est pas coûteux . Voici à ce sujet les renseignements que vient de nous adresser M. Pichery.

« Je m'empresse, Monsieur, de répondre à votre lettre»

Mon mur en fil de fer, long de 50 mètres et haut de (Jeux, m'a coûté, prêt £ recevoir mes deux rangées d'arbres, 15Q fr. ; c'est donc à raison de 75 centimes le mètre, puisque j'ai deux faces, qui font 100 mètres.

» Quant au dressage et palissage, ils ne demandent pas d'antres soins que ceux qu'on donne aux arbres en espaliers le long- des murs ou sur treillage en plein-vent .

» Lorsque mes arbres sont jeunes, je les dresse à l'aide de baguettes attachées avec de F osier; aussitôt qu'ils sont assez forts, je les fixe tout simplement après Içs fils de fer.

» Agréez, Monsieur, etc.

Pichery.

NOUVELI3 GREFFE DE hk VIGNE.

L* greffe en fente et ta greffe en approche sont les plus witées pour la Vigne; dam certaines occasions, elles présentent quelque inconvénient ; par exemple, le greffage en fente doit étra pratiqué à fleur du se) et butté de terre, et î e greffage en approche exige la plantation préalable d'un nouveau cep à proximité de la souche à renouveler.

Un vigneron de la Bourgogne vient de trouver le moyen éMcuesonner la vigne avec succès; mais comme i! désire exhiber sa trouvaille à l'Exposition universelle de Billancourt, ne divulguons pas encore le secret qu'il nous a confié.

Aujourd'hui nous venons parier de la greffe en fente placée as centre des bifurcations, découverte et propagée par M. Boisselot, amateur d'horticulture à Nantes.

Le greffon, composé de sarment de l'année, bien constitué, se prépare à la façon erdkmire, et doit être incrusté au point de jonction de deux branches, c'est-à-dire à la naissance d'une branche sur une autre; on ligature et on couvre de mastic- Mars 4867. 6

Ud greffeur habile saura éviter de fendre le cep de1 part en part; et de même il saura profiter des parties coudées pour inoculer ses greffons, au lieu de choisir exclusivement les bifurcations.

Aussitôt l'opération finie, on coupe les branches de la bifurcation à 0m 25, et, dans l'été, on pince les bourgeons qui s'y développent afin de concentrer la sève vers les yeux du greffon. Un an après, on rase net ces branches de la souche désormais inutiles, et les nouvelles venues sont traitées pour la charpente ou la fructification suivant les méthodes ordinaires.

On peut donc ainsi, sur le même cep, étudier, comparer diverses variétés de raisins rapportées sur le même pied, et jouissanLalors des mêmes conditions de sol et de climat.

Si l'on aun vieux cep vigoureux dont l'espèce ne convient pas, au lieu de le détruire et de le recoucher, on le couvrira de greffons d'un cépage préférable; au bout 'd'un an, on aura une vigne nouvelle et de bons raisins, sur un vieux sujet ayant gardé seulement son âge et son ancienne envergure. Les jeunes greffes ainsi placées à la base des coursons, subiront ensuite la taille courte ou la taille longue, suivant la fantaisie du jardinier-vigneron.

M. Boisselot conseille de pratiquer ce mode de greffage à l'automne. Depuis un an, qu'il Ta enseigné, tous ceux qui l'ont imité ont parfaitement réussi. D'autres ont attendu le printemps, et, tout en se flattant des résultats, reconnaissent qu'il n'y a pas autant d'avantage qu'en opérant à l'instant où la chute des feuilles se prépare, quand la sève s'engourdit.

C'est le moment de la greffe en fente du Cerisier. Que Ton essaye encore; peut-être rencontrera-t-on quelque amélioration à ce travail déjà bon par lui-même.

Charles Baltet,

horticulteur à Troyei.

EXPOSITION UNIVERSELLE

Les exposants de l'horticulture eu France sont tellement habitués, depuis quelques années, de voir tous les lots exposés, couronnés d'une médaille quelconque, qu'ils se sont émus en voyant le nombre restreint des médailles mises à la disposition du jury horticole de la grande Exposition universelle. Ils ont manifesté, à la Commission impériale, par l'entremise de la Commission consultative, la crainte de ne pas voir leurs prodoits récompensés selon leur mérite, et ils demandaient un supplément de médailles. Au mémoire qui lui a été soumis à ce sujet, la Commission impériale a répondu par la lettre suivante adressée à M. le président de la Commission consultative de l'horticulture :

Monsieur le Président, •

J'ai soumis à la Commission impériale les observations contenues dans la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m 'adresser, le 30 novembre dernier, au nom de la Commission consultative de l'Exposition d'horticulture.

Vous me signaliez notamment, comme insuffisant, le chiffre des récompenses destinées aux exposants eu égard au très-grand nombre de concours qui doivent avoir lieu tous les quinze jours pendant toute la durée de l'Exposition, et vous appeliez mon attention sur la différence qui existe entre la grande médaille d'or d'une valeur de 4000 francs, premier ordre de récompenses, et la rûédaille d'argent qui vient ensuite. En conséquence, vous me transmettiez, en l'appuyant de votre avis favorable, une proposition -de la tommission consistant à créer spécialement pour l'horticultufe une médaille d'or de 2* classe et à augmenter notablement le nombre des médailles d'argent et de bronze, en consacrant à l'exécution de ces diverses médailles la portion des primes en argent qui serait affectée au groupe de l'horticulture.

Enfin, Monsieur le Président, vous demandiez que, sans fixerx d'avance la marche que suivra le Jury des récompenses, il soit bien entendu que les médailles ne seront pas exclusivement accordées

d'après la quantité de priç obtenus dans les concours partiels, mais ->ien en tenant compte de l'importance de ces concours et du degré de supériorité gu/auron.t montré les expo^s.

La Commission impériale craint que les horticulteurs, <}ont la Commission est l'organe, n'aient pas exactement apprécié l'importance du concours ouvert à leur activité et la valeur relative des récompenses. Les horticulteurs rendent d'incontestables service* que je ne veux nullement méconnaître; mais cependant ils sont loin d'occuper le premier rang en importance parmi les exposants. Ils doivent donc se trouver honorés de recevoir les récompenses qui seront attribuées aux plus grands établissements industriels du monde ; et il semble qu'on amoindrirait pour eux la valeur du con. cours en créant un ordre particulier de récompenses qui leur fût spécialement affecté. Les règlements généraux de la Commission impériale s'opposent d'ailleurs formellement au désir que. voua m'exprimez à ce sujet, et elle me charge de vous ep informer. L'ii*-» térèt biçn entendu des horticulteurs aussi bien que celui des autres industriels est de ne pas chercher à augmenter' le nombre des médailles. Ce serait évidemment en amoindrir la valeur relative et l'importance. Les horticulteurs ne doivent pas perdre de vue qu'une médaille de bronze ou même une simple mention, dans l'imnaense concours de toutes les manifestations de l'intelligence et de l'activité humaines, prime toutes les médailles d'or des exportions ordinaires de l'horticulture.

Il convient donc d'une autre part de bien apprécier la valeur de la médaille d'or. C'est la grande récompense équivalente aux grandes médailles d'honneur des autres Expositions. Je désire que l'Exposition horticole soit assez remarquable pour motiver une augmentation du nombre des Médailles de cette nature qui lui sont destinées et je suis tout disposé, Monsieur le Président, à vous promettre mon concours auprès de la Gemmisskm impériale el du Jury, ai le Jury demande un plus grand nombre de ces médailles pour les horticulteur*.

Mais il est utile que les horticulteurs sachent bien que la véritable récompense des industries de toute nature, celle que les plus grands industriels du monde seront heureux d'obtenir, est la médaille d'argent. Le nombre de ses médailles sera suHsant pour donner satisfaction aux ambitions légitimes des horticulteurs) et je suis d'ail*

leurs disposé à faite, pour ces médaille», ce que je viens de vous promettre pour les médailles d'or.

En ce qui concerne les classifications du Jury, il est bien entendu que le nombre des prix obtenus dans chaque concours ne sera pas l'unique cause de l'obtention des médailles et que le Jury tiendra pand compte de l'importance relative des concours.

J'ajoute du reste, Monsieur le Président, que la Commission impériale est disposée* peur l'horticulture comme pour l'agriculture, à ajouter aux médailles, pour les expositions exceptionnelles, des dons d'œuvres d'art, par analogie avec ce qui se fait sous ce rapport dans les grands concours d'agriculture.

Je voua prie, Monsieur le Président, de donner ces explications aux horticulteurs parla voie que vous jugerez convenable, et j'espère qu'ils y trouveront l'assurance des sentiments d'intérêt que la Commission impériale porte à une industrie intéressante à tant de titres.

Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma considération la plus distinguée et de mes sentiments affectueux.

Le conseiller d'Etat, commissaire général, Signé : F. La ^lat.

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