REVUE DES PLUS BELLES VARIÉTÉS DE FUCHSIA
PARUES EN 4866 ET DE QUELQUES-UNES DE 1868 NON DÉCRITES, PAR M. PORCHER (1).
Les variétés de Fuchsia obtenues en 1865 et 1866 par des semeurs français, anglais et belges attestent un progrès trèsmarqué. L'amélioration consiste notamment dans un développement anormal de la corolle et dans le perfectionnement de la forme florale.
Il y a quelques années, la corolle du Fuchsia était moyenne ou petite, les pétales de la plupart des variétés étaient involûtes; aujourd'hui elle est devenue d'une ampleur remarquable. Sa forme est le plus généralement campanulée, quelquefois elle est tellement évasée, qu'on la prendrait pour une fleur en roue. De ce 'nombre nous citerons la fleur du Roderick- Dhu et celle du Marvellous, dont le diamètre, lors de son complet épanouissement, mesure environ 85 millimètres.
Le développement de cet organe de la fleur du Fuchsia se' rencontre exclusivement dans une race issue du F. radicans ou de la première génération de cette espèce, le corallina.
Les variétés à calice blanc et à corolle rouge ou rose, originaires du macrostemma, n'ont pas suivi cette marche progressive. Gela tient, sans aucun doute, à ce que les horticulteurs ont négligé de semer des graines provenant de cette dernière race, pour donner la préférence aux graines issues de celle du radicans, dont la stabilité était plus ébranlée et qui avait ainsi plus de prédisposition à varier.
Il n'est pas douteux, pour nous, que si on eût persévéré davantage dans les tentatives de semis pour le macrostemma, on serait arrivé à des résultats analogues. Les quelques bonnes
(4) Nous extrayons cette revue, du Fuchsia, intéressante et utile brochure que wnt de publier l'honorable Président de là Société d'horticultuie d'Orléans.
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variétés obtenues dan& ce groupe en sont un indice certain, et nous insistons auprès ctes semeurs pour qulls s'occupent, avec ptatde peraévéïaaea, de l'antélioratioa de «attestée.
Un progrès remarquable? ft'est; aussi produit depuis deux à ' trois ans dans le groupe des variétés à corolle blanche, simple ou double. Ce fut en i 855 que deux semeurs anglais mirent au commerce six variétés de Fuchsia à corolle blanche, au nombre desquelles était celle dédiée à Mùtress Story, supérieure aux cinq autres. Ces Fuchsia, d'un genre tout à fait nouveau* firent sensation dans le monde horticole.
Une fois en possession dune variation aussi remarquable, les semeurs du continent s'appliquèrent à améliorer cette race. Leurs tentatives eurent un plein succès, et alors que les horticulteurs anglais demeuraient presque stationnâmes, ceux de Belgique et de France obtenaient en ce genre de notables améliorations.
La supériorité d'un horticulteur belge,. Cornelissen, de Bruxelles, dans l'obtention de variétés de Fuchsia à corolle blanche, est incontestable. En 1861 et 1862, il obtint deux variétés qui portent les noms de Madame et de Marie Cornelissen. Gea variétés sont vigoureuses et florifères, d'un beau port, à fleur double ou semi-double. On les rencontre dans toutes les collections. et elles sont pour le marché aux fleurs une précieuse . ressource.
En 1863, le même semeur mit dans le commerce un trèsbeau gain aous le nom un peu ambitieux de Y Empereur des Fuchsia. Nous passons sous le silence d'autres variétés, d'un mérite, moins réel, ou qui sont tellement délicates que La culture en est difficile, pour signaler les superbes produits obtenus en 1 86JS et en 1 866 par Cornelissen.
Ce fut en 1 865 que les F. Moschowitz et Monsieur Mail firent leur apparition. Le premier se distingue par sofibeacr feuillage, par sa vigueur et sa corolle double, très-pleine, d'uû blanc
pur à peine strié de carmin. Le second offre également nn beau feuillage; il est vigoureux, se ramifie bien et sa fleur est d'une bonne forme. Cet horticulteur vient de clore la série de rémission de ses gains parla vente, au printemps de 1866, de trois autres variétés non moins remarquables, à savoir : les F. Impératrice Elisabeth, Madame Panis et Madame Cambier, dont on trouvera plus bas la description.
Telle est la part que les semeurs belges ont prise dans la production des variétés à corolle blanche ;. elle est remarquablement belle. Quant à celle de nos semeurs français,, elle est également supérieure aux productions anglaises.
Les cultures nancéennes sonUpresque les seules, en France, ou Ton rencontre des nouveautés de Fuchsia à corolle blanche. D'une part, Lhuillier, horticulteur à Nancy, a contribué dans une large part à l'amélioration de cette race, en lançant dans le commerce, en 1864, les F. Auguste- Zaubùz et le Vainqueur de Puebla, arbuste qui joint à une grande vigueur une floribondité étonnante; etx en 1865, le Fuchsia dédié aux frères Hardy.
D'autre part, Crous&e, de Nancy, a produit deux belles variétés ; Tune en 1864, La Gloire des Blancs; et l'autre en 1866* Le Globe, à fleur pleine, bien faite et d'un blanc pur.
Quant aux semeurs anglais, s'ils ont acquis une supériorité incontestable dans l'obtention des Variétés à corolle simple^ rouge, violette ou bleue, il n'en est pas de même relativement à la race dont nous nous occupons en ce moment. Leur infériorité en ce point ne saurait être douteuse. En efiet, si Ton se reporte à notre tableau, page 218, on verra que nous y mentionnons seulement deux variétés anglaises : conspicua (Smith, 1863), belle variété à fleur simple, florifère; et le Puritany [Banks, 1864), variété également à corolle 3 impie, dont la fleur laisse à désirer par sa forme* mais qui se distingue par son abondante floraison. Ils n'ont donc rien obtenu qu'on
puisse mettre en parallèle avec les variétés belges et françaises.
Il est une autre race à laquelle nous devons consacrer encore quelques mots. Elle comprend les Fuchsia à fleur double, dont la corolle est bleu violet ou rouge.
Les semeurs français, anglais, belges et allemands ont soutenu la juste réputation que chacun d'eux s'est acquise dans la production des Fuchsia à fleurs doubles. En première ligne, nous citerons Lemoine, de Nancy, auquel on doit la production d'un nombre considérable de variétés, telles que Comte de M* dici-Spada de 1859, Solferino de 18<ï0, Wilhelm Pfitzer de 1860, Président Porcher et Mastodonte de 1862, La Gloire et Charles Lambinet de 1863, Ami Hoste de 1864, Béranger de 1865, enfin Victorien Sardou de 1866. — Cornelissen, de Bruxelles, s'est également distingué par ses productions dans cette race : citons son Souvenir et M. Tagliabue de 1864, Gustave Heitzf Ambroise Verschaffelt et Duc de Crillon de 1866.
Dans l'impossibilité de grouper autour de chaque nom les variétés obtenues par chaque semeur, ce qui donnerait à ces observations de trop grandes proportions, disons que Banks, Bull, Smith, Williams, en Angleterre j — Crousse et Lhuillier, à Nancy; — Henri Demay, à Arras ; — Coëne, en Belgique; — Boas, Meet, Metzel, Weinrich, en Allemagne, se sont fait remarquer par de belles productions, et que chacun d'eux a dignement soutenu le renom qu'il s'est justement acquis dans ce genre de culture.
Disons à ces semeurs zélés et intelligents que le dernier mot sur le Fuchsia n'est pas encore dit, qu'il est encore des perfectionnements qu'on est en droit d'espérer et que leurs efforts doivent tendre à les obtenir. En consultant ce que nous avons dit sur les conditions de beauté dans notre Traité sur le Fuchsia, on se rendra parfaitement raison de ce qu'il reste à faire pour obtenir ces perfectionnements, Les signes auxquels on reconnaît la beauté d'un Fuchsia ne sont pas, suivant nous, de
ample convention. Une mode passagère peut bien vouloir que la préférence soit accordée à une plante qui se fait remarquer par une sorte de bizarrerie dans la forme ou le coloris, mais les règles de Fart et du bon goût finissent toujours par prédominer. Ces règles sont exposées au § 4, page 44 de la 3* édition de notre Traité sur le Fuchsia, et ce sera, je le pense du moins, faire une chose utile pour ceux qui n'ont pas entre les mains notre modeste ouvrage, que de les retracer ici :
Le Fuchsia doit présenter un port agréable* un beau feuillage. La préférence sera accordée aux variétés florifères ; ce sont, ea général, celles d'une stature moyenne ou affectant unç forme buis*onnante. Le pédicelle de la fleur devra être assez long pour que celle-ci retombe avec grâce. La grosseur du tube sera dans une proportion convenable avec sa longueur;' s'il était trop mince, c'est un défaut capital. Les sépales ou lobes du calice égaleront à peu près la longueur du tube ; ils seront d'une bonne largeur, réfléchis, en l'arrondissant sur l'ovaire; s'ils étaient infléchis, on exigera» à peine de rqjet, qu'ils soient assez ouverts pour qu'on distingue bien la corolle* Les fleurs à sépales «étroits et allongés ne peuvent être considérées comme de premier ordre ; aux pétales de la corolle il faut de l'ampleur et une bonne tenue. Quant au coloris, on ne doit admettre que des nuances vives, éclatantes, et les couleurs ternes, fausses ou d'un effet médiocre seront proscrites. La condition essentielle est que la nuance des pétales soit en opposition avec celle du tube calcinai, de telle sorte que ces deux couleurs se fassent mutuellement ressortir. Les variétés unicolores, c'est-à-dire celles dont le tube et la corolle sont de la même nuance, ne sauraient, dans aucun cas, être considérées comme des plantes d'élite.
Telles sont les conditions de beauté dont la réunion fera considérer un Fuchsia comme une perfection, ce qui sera extrêmement rare. En effet, que de variétés à tube mince, à sé-
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paies courts, allongés et étroits, à corolle de petite dimension, apparaissent dhaque jour ! Cependant, dans les plantes qui ne réuniraient pas un tel ensemble, il s'en trouvera encore de méritantes ; on fera donc un choix parmi elles des meilleures, qui tiendront le second rang.
Si les semeurs, avant de créer de nouvelles variétés, avaient consciencieusement soumis leurs gains* à l'application de ces règles, le nombre en aurait été réduit des trois quarts au moins. ■ ' . . *
Liste des variétés par ardre alphabétique (1).
Acidalie (Henri Demay, 4865). Calice blanc; corolle rouge carminé,
Agamemnon (Williams, 1865). Fleur double*, calice rouge carmin clair; corolle violet bleuâtre, passant au rouge pur- ' purin.
Ambroise Verachaffelt (Cornelissen, 1866). Fleur double; calice rouge pourpre vif; corolle violet nuancé de rouge purpurin.
Béauty (Banks, 1866). Calice rouge pbjurpré; corolle violet lilacé pâle.
Béranger (Lemoine, 1865). Fleur double; calice rouge carminé; corolle violet pâle.
Comte de Lopineau (Crousse, 1866). Fleur double; calice rouge carminé; corolle violet bleuâtre panachée de carmin.
Consolation (Banks, 1&65). Calice rouge carminé clair ; corolle violet pâle nuancé de carmin.
Duc de Crillon (Cornelissen, 1866). Fleur double; calice rouge pourpré vif; corolle d'un violet bleuâtre panaché de
rouge purpurin.
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(4) Nous avons réduit ici la description au simple énoncé de la couleur des fleurs. F. il.
Enoch Arden (Banks, 1865). Galice rouge pourpré; corolle bleu violacé foncé»
Enoch Arden (Smith, 4865). Calice rouge pourpré; corolle violçt bleuâtre; variété inférieure à la précédente.
Eugène Baurcier (Lemoine, 4865). Calice carmin vif ; corolle bleu lilacé . Variété délicate et d'une culture difficile.
Father lgnatius (Banks, 4865). Fleur double; calice rouge pourpré ; corolle violet nuancé de rouge carminé.
Général Lee (Smith, 4865). Fleur double; calice rouge pourpré clair; corolle violet bleuâtre foncé, nuancé de rouge purpurin*
Golden chains (4865). Variété à feuilles panachées de jaune d'or.
Gouverneur Backer (Crousse, 1866). Calice rouge carminé; eorolle très-ample violet rosé.
Gustave Heitz (Cornelissen, 4866). Fleur double; calice ronge carminé; corolle violet nuancé et panaché de carmin.
Gypsies Queen (Bull, 4865). Fleur double; calice rouge pourpré ; corolle violet bleuâtre panaché de rouge.
Impératrice Elisabeth (Cornelissen, 4866). Fleur double; calice rose carminé ; corolle blanc pur.
Jeanne Benoiton (Lemoine, 4866). Calice rouge carminé; corolle violet rose pâle strié de carmin à la base.
Le Globe (Crousse, 4866). Fleur double; calice rouge carminé clair; corolle blanc pur.
Light Heart (Banks, 4865). Calice rouge pourpre vif; corolle bleu indigo nuancé de rouge purpurin.
LizzieHexam (Banks, 4866). Supérieur au précédent.
Lucy-Mills (Banks, 4865). Calice blanc; corolle rose carminé; belle variété mais s'épuise facilement.
Madame Cambier (Cornelissen, 4866). Fleur double; calice rose carminé ; corolle blanche striée et veinée de carmin.
Madame Panis (Cornelissen, 1866). Fleur double; calice rose carminé; corolle blanche striée de carmin.
Marvellous (Banks, 1865). Galice rouge carminé vif; corolle violet ; ne fleurit bien que sur des plantes de deux ans.
May-fl&wer (Smith, 1 865) . Galice carmin clair ; corolle violet clair.
Mipnie Warren (Smith, 1865)* Fleur double de premier ordre.
Monsieur Mail (Cornelissen, 1866). Fleur double; calice rouge pourpré luisant ; corolle blanche striée de carmin,
Moschkowitz (Cornelissen, 1865). Fleur double; calice rouge pourpré vif; corolle blanche avec stries carminées.
Pie IX (Cornelissen, 1866). Fleur double; calice rouge vif; corolle violet pâle panachée de rouge carminé ; variété de second ordre.
Président Paillard (Crodsse, 1866)* Calice rouge carmin; corolle rose carminé ; variété de second, ordre.
Président Van dm Hecke (Coëne, 1865). Fleur double ; calice rouge pourpré très-vif; oorolle bleu vif panaché de rouge purpurin,
Roderick-Dhu (Banks, 1865J. Calice rouge pourpré; corolle violet nuancé de carmin.
Rose de Danemark (Banks, 1865), Calice blanc un peu jaunâtre ; corolle rose lilacé, bordé de carmin.
Victorien Sardou (Lemoine, 1865). Fleur double, amarante
Vivian (Bull, 1866). Fleur double; calice rouge pourpré; corolle rouge brun •
War Eagle (Banks, 1865). Calice rouge pourpré vif; corolle violet bleuâtre strié de carmin. '