‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 2 sur 162 · HOTEL DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

HOTEL DE LA SOCIÉTÉ

« La Société impériale et centrale d'horticulture de France met en location les diverses salles de son hôtel : pour leçons, cours, conférences, assemblées de charité, etc....

« Le Conseil d'administration a décidé que des concessions importantes, sur les prix habituels de locations, seraient faites aux personnes qui voudraient les occuper pour des réunions ayant pour but tout ce qui .concerne le progrès de l'art des jardins.

c La Société ne prend sous son patronage aucun des cours faits dans les salles de son hôtel; les personnes autorisées à y occuper une salle ne pourront s'en prévaloir dans les annonces publiques ; elles devront se borner à indiquer que les réunions qu'elles dirigent ont lieu dans l'hôtel de la Société. »

Notre but est atteint. En annonçant ces conférences sous lés auspices de la Société, nous voulions tout simplement déjouer les projets de quelques industriels, qui comptaient transformer la Société d'horticulture en grosse caisse d'annonce, et faire des dupes, en se posant en autorité de la savante compagnie. Cet avis détruit une partie de l'échafaudage sur lequel ils vont essayer de vendre leurs marchandises ; car le public est pré* venu que le premier saltimbanque venu peut y tenir des conférences sur l'art de mystifier les gens trop crédules : « La Société ne prend sous son patronage aucun des cours faits dans les salles de son hôtel. ..... »

Cet illustre corps vient de procéder au renouvellement des membres de son bureau. Ont été nommés pour 1867 :

Président : S. Ex. le maréchal Vaillant.

Premier Vice-Président : M. Ad. Brongniart.

Seconds Vice- Présidents : Andry, Pépiti, Boisduval, Hardy fils.

Secrétaire-général : Bouchard-Huzard.

Settétaire-gêtiéral-adjoinl : Verlot,

Secrétaires :. Neuiiiann, Roùillard, Barillet, Jamiiifils,

D'après l'article 4 des nouveaux statiité, lé Président, le premier Vice-Président, le Secrétaire général, et le Secrétâfre général adjoint sont élus pour quatre années, et rééligibles; ks quatre Vice -Présidents et les quatre Secrétaires, nommés pour deux années, sont renouvelés par moitié chaque atinéë, et non rééligibles avant une année d'intervalle ; de cette façon, tons les membres pourront devenir, à tour de rôle, Vice Présidents ou Secrétaires.

À cette dernière élection, il a manqué un des plus anciens sociétaires, un fondateur, M. Jacques, ancien jardinier chef du beau domaine de Neuilly. La mort vient de l'enlever à ses nombreux amis et à la science horticole., à laquelle il était tout dévoué. Il a enrichi différents journaux d'horticulture de France de nombreuses notes et notices ; et son nom est attaché I «ti ouvrage de botanique horticole, le Manuel général âe Plantes, Arbres et Arbustes. C'est un des hommes qui obt le phis contribué au progrès de l'horticulture en France. Depuis 1848, il vivait d'une modeste pension, retiré aux etivirotiS âè Paris ; mais il continuait à visiter les établissements de la capitale, t>oùr se tenir au couratit des plantes liouvelîes ; c'était pour lui un besoin. Il est mort â l'âge de 85 ans, sans âvoii' pu obtenit* une haute récompense qu'il désirait àrdemmeht, et qui a été accordée à plusieurs de ses collègues ; il n'était pas né pour cette brillante étoile

La pioche des démolisseurs crée parfois de bien belles merveille* . Elle vient de faire, de i'aflreux repaire à brigands des buttes Chanmont, le plus ravissant, lé plus splendide, le plus pittoresque jardin. Ses carrières profondes, — qui ont protégé

tant d'illustres criminels fuyant devant le tricorne des bons gendarmes, — sont devenus de gigantesques et majestueuses grottes, du sommet desquelles tombent en cascades bruyantes des masses d'eau moutonneuse qui s'écoulent ensuite, en murmurant, par des petits ruisseaux tortueux, dans un grand lac aux eaux azurées. Là elles baignent le pied de hautes falaises rocheuses, couronnées par un temple dédié à une déesse quelconque, mais qui ne doit pas craindre les coups de vent, car il domine l'immense plaine des Vertus, si riche en choux et en souvenirs militaires. On arrive à ce temple par une rampe escarpée vertigineuse, et par un escalier mystérieux taillé dans le roc, qui pourra bien protéger, lui aussi, d'heureux criminels.

Ce nouveau square est tout simplement un chef-d'œuvre d'architecture, de terrassement et de constructions horticoles. On doit toutefois regretter que les buttes Chaumont ne soient pas au bois de Boulogne; car tout ce beau talent, ce brillant génie dépensés, resteront enfouis dans un quartier qui ne deviendra jamais le lieu de rendez-vous de personnes capables d'apprécier le mérite d'une telle œuvre. C'est, selon moi, la plus belle et la plus heureuse création de MM. AJphand et Barillet.

Et puisque nous sommes sur les promenades parisiennes» disons un mot sur les arbres de la place Royale. On fait eh ce moment une excellente opération aux malheureux tilleuls de l'allée de ceinture qui rappellent quelque peu |ces pauvres étiques mourant de faim; on déchausse leurs racines, et on les recouvre de bonne terre neuve. Ceci est très-bien ; mais il faudrait maintenant, pour obtenir de beaux arbres, recommander aux élagueurs de ne pas abuser de leur ignorance en fait de taille. Ils rabattent sans cesse sur de grosses branches qui ne produisent qu'accidentellement des bourgeons, puisqu'elles sont dépourvues normalement d'yeux constitués, et il arrive, le plus souvent, que ces branches se dessèchent et portent la mort

sur tous les membres inférieurs sur lesquels elles sont insérées ; *

de là tous ces affreux chicots qui ornent tristement les arbres

des avenues taillés en tonnelles; ils subissent le sort des saules

qa oa étêté si stupidement que l'intérieur du corps de l'arbre

fait par pourrir. L'état de dépérissement des tilleuls de la place

Royale et de la terrasse de la rue de Rivoli ne provient pas

des racines, mais bien de la tète, qui est par trop maltraitée.

Il faut tailler les rameaux, et non les branches. Pour avoir

nue belle allée couverte, on doit faire tondre le dessus à l'aide

du sécateur et non du croissant.C'est plus long sans doute, mais

* on conserve la santé aux arbres.

En fait de taille, M. Rivière vient de faire une singulière découverte; il a trouvé qne l'inventeur de la forme du cordon horizontal pour le Pommier n'est pas celui qu'on pense. L'habile jardinier du Luxembourg a rencontré, dans le jardin du château de Praslin, un vieux débris de Pommier en cordon horizontal, qui prouve que cette forme a été appliquée bien avant la naissance du savant arboriculteur qui l'a Inventée il y a une vingtaine d'années ! Le nouveau ne sera-t-il donc toujours que du vieux ressuscité?

J'ai trouvé, moi aussi, il y a 7 ou 8 ans, une vieille palmette à branches opposées, qui doit être au moins contemporaine du grand-père de celui qui se donne comme l'inventeur de cette forme. Elle existe encore dans l'ancien potager du domaine de Segrez.

Voici une greffe de Vigne dé l'invention de M. Boisselot, de Nantes, qui ne me parait pas rentrer dans la catégorie des deux faits sus-cités; elle est bien nouvelle. On fend une bifurcation à quelque hauteur que ce soit, puis on insère un greffon absolument comme pour une greffe en fente ordinaire, avec la seule différence de laisser les deux cornes de la bifurcation qu'on ne rabat qu'après le 1er avril. Ces greffons produisent des bourgeons très- vigoureux qui portent fruit la seconde

année. Nous engageons nos lecteurs à essayer cette greffe, soit pour transformer des cépages, soit pour juger promptement et comparativement des variétés nouvelles ou des semis inconnus. Pour finir, un plat d'épinard d'Australie. Il doit être de première [qualité, car noire excellent collègue et ami, Ed. André, le transporte d'un journal à un autre, jusque dans l'Illustration. a Le nouvel épinard d'Australie, dit-il, — c'est le nom que nous croyons pouvoir lui donner, car il appartient en effet au genre qui renferme notre épinard commun, — se rapporte botaniquement au Chenopodium auricomum. » Notre ami commet, ici un lapsus quelconque. Si cet épinard appartient au genre qui renferme notre épinard commun, c'est un Spinacia et non un Chenopodium. Mais ceci ne retire aucun mérite à la chose, et nous ne doutons pas de son succès, puisqu'elle a été placée par son promoteur sous les auspices de M. Joigneaux : «: C'est une autorité, dit-il, qu'il ne faut pas négliger si nous voulons qye la plante fasse son chemin. • Espérons, pour elle, qu'elle ne suivra pas celui dans lequel a succombé le Journal de la Ferme et des maisons de campagne % dirigé par le haut et puissant protecteur qu'on lui a choisi...

F. Herincq.

PELARGONIUM A GRANDES FLEURS NOUVEAUX (Pl. I).

i Marquise de la Ferlé; 2 Marquis de Toulongeon; 3 Victor

Lemoine.

Nous avons beaucoup admiré l'été dernier, chez MM. Thibaut et Keteleôr, quelques belles variétés nouvelles du printemps, de Pelargonium à grandes fleurs; nous avons noté particulièrement ;

Marquise de la Fer té (Malet); fig. 1 . — Fleurs ravissantes par la délicatesse du coloris ; c'est un fond blanc largement nuancé de rose carmin sur le milieu des pétales, dont deux , les supérieurs, sont pourvus d'une macule couleur marron.

Marquis de Toulongeon (Duval) ; fig. 2. — Fleurs de couleurs cerise, carminé clair, à pétales bordés d'un liséré blanc;. les supérieurs maculés de marron clair; les inférieurs sont cerise vif, à centre blanc violacé.

Victor Lernoine (Malet); fig. 3. — Les fleurs sont cerise vif, à fond blanc, maculées de marron foncé, sur les cinq pétales.

Augustine Richard (Duval). Couleur orange clair, liséré blanc, à centre blanc et violacé.

Calypso (Malet). Violet foncé faiblement maculé de violet pourpre sur les cinq pétales, et à centre veiné de blanc.

Docteur Blanchet (Duval). Marron clairet carmin, à centre blanc, veiné de violet; à pétales supérieurs maculés.

Emile Chaté (Malet). Pétales supérieurs marron violacé; les nférieurs marron clair, à centre violacé et blanc.

Général Fleury (Duval). Pétales supérieurs marron pourpre volonté bordé de carmin ; les inférieurs pourpre bordé de noir, à centre blanc violacé.

Louise Rouillard (Malet). Couleur chair; les cinq pétales sont maculés et nervés de marron.

Madame André Dreux (Duval). Lilas pourpré, à centre Manc légèrement maculé et nervé marron sur les cinq pétales.

Madame Thibaut (Malet). Rose orange clair; pétales supérieurs faiblement maculés marron clair, à centre blanc.

Maréchal Vaillant (Duval). Orange vermillon, à pétales supérieurs maculés de marron noir.

Monsieur Lucy (Malet). Rouge clair, avec pétales supérieurs légèrement nervés de marron ; les inférieurs tachés do pourpre, à centre blanc.

Victorine Pinguard (Malet). Pétales supérieurs blanc macu-

lés de marron et carmin; les inférieurs de couleur carnée* légèrement maculés de carmin.

O.Lescuyer.

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867, A PARIS. Commission consultative de l'Exposition de Billancourt.

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